COMITE VALMY

Accueil du site > - ANALYSES MARXISTES, documents et apports communistes > DECLARATION D’ANDRE GERIN Présidentielle de 2012 : Dernière chance pour le (...)

Source : Réveil Communiste - 22 mars 2010

DECLARATION D’ANDRE GERIN Présidentielle de 2012 : Dernière chance pour le PCF

lundi 22 mars 2010, par Comité Valmy


Photo : André Gerin, Xavier Mathieu, Élie Domota à la fête de l’Huma 2009

22 mars 2010

L’élection présidentielle, en 2012, sera la dernière chance pour l’avenir du PCF. La victoire du PS et des verts dans les régions confirme la marginalisation du PCF avec, cerise sur le gâteau, la promotion de Jean-Luc Mélenchon avec le Front de gauche*. A l’Ile de la Réunion, le PS a préféré la division pour donner la région à la droite, pour battre le communiste Paul Vergès. Et je ne parle pas de l’alliance du PS avec la responsable de l’UMP à la Guadeloupe.

Une volonté boulimique de participer à l’exécutif des régions, hormis dans le Nord Pas de Calais et, peut-être, le Limousin, nous entraîne tout droit sous les fourches caudines du PS. On nous joue le mauvais remake de notre participation au gouvernement Jospin, de 1997 à 2002 et notre fatal alignement pendant ces cinq ans.

Tout se met en place pour 2012, autour du PS. Martine Aubry poursuit une politique sociale libérale. Elle obtient le renfort des verts qui prônent la décroissance et reçoit la caution de Marie-George Buffet qui est devancée par les Robert Hue et autres Gayssot.

Je veux d’autant moins bouder le résultat de dimanche que le champ, l’espace sont ouverts pour un parti communiste régénéré. A condition de tourner la page des abandons, des mensonges, des couleuvres que nos dirigeants nous ont fait avaler depuis le congrès de Martigues, en mars 2000, il y a dix ans jour pour jour, avec la contribution active des refondateurs. De la mutation de ces années, il ne reste que la mutilation de tout ce qui fait les valeurs, les idéaux, les symboles, les racines du Parti communiste français. En fait de modernité, nous avons vécu une décennie de déglingue.

Le résultat électoral dépasse le décompte des présidents de région. L’absence du PCF ouvre la voie à l’émergence d’une gauche à l’américaine, d’une gauche refondée qui n’a plus pour seule ambition que la gestion loyale du capitalisme, se distinguant à la marge des pratiques de la droite.

Les faits sont là. La baisse du nombre d’élus communistes dans les régions s’ajoute à la perte de 30 villes, en 2001, dont vingt villes de plus de 30 000 habitants. Nous en avons regagnées quelques-unes unes dont Dieppe et Arles. Mais la plupart ont été données aux socialistes ou laissées à la droite. N’oublions pas non plus les résultats calamiteux des présidentielles de 2002 et de 2007. Rappelons-nous la perte du conseil général de la Seine Saint Denis, livrée aux socialistes. On voyait les choses venir depuis longtemps. Mais aucune analyse, aucun enseignement n’a été tiré. Rappelons-nous, enfin, les pertes des villes importantes comme Calais, Montreuil, Aubervilliers Peyrefitte, Denain, en 2008. On tourne la page et basta.

Nous vivons confrontés à la dureté et à l’injustice sociale des politiques conservatrices à l’œuvre depuis 30 ans, avec actuellement un président pétainiste au service de l’argent, accompagnant une concentration inédite des pouvoirs autour des décideurs du capital économique et financier. Cette politique est mise en cause y compris par une partie de la droite française, sa frange humaniste et républicaine.

Le vote de dimanche 21 mars, nous engage, cristallise l’inquiétude face au désastre du système capitaliste.

- Va-t-on avoir le courage de prendre en compte le vote FN dans lequel, on le sait, se retrouve un tiers des électeurs communistes des années 1970, 1980 ?

- Va-t-on avoir le courage d’affronter la tempête de l’abstention dans les milieux populaires ?

- Va-t-on enfin avoir le courage, l’honnêteté de dire que les politiques menées depuis 15 ans, place du Colonel-Fabien ont abandonné le combat, ont abandonné les classes populaires pour un parti communiste édulcoré, dans des problématiques électoralistes se fondant dans les institutions, des cuisines d’appareil et de marketing ?

Je veux le dire haut et fort, les premiers dirigeants du Parti communiste français portent une lourde responsabilité dans l’effacement de notre parti du paysage national. De fait, ils ont une part de responsabilité dans le vote FN et l’abstention. Nous avons laissé un grand vide, une friche sociale et politique. En abandonnant un parti communiste de combat, c’est la France, la Nation, le projet d’émancipation engagé en 1789 par les humanistes que nous avons mis de côté.

Le moment est venu de rompre avec trente ans de démarche programmatique sous peine de devenir seulement une sensibilité communiste sans saveur, sans colonne vertébrale, dans le magma de l’hégémonie socialistes-verts.

Il faut un PCF d’opposition, dans l’opposition, dégagé délibérément d’un système politique à bout de souffle et mortifère, où PS et UMP se tiennent par la barbichette, avec des dirigeants qui se moquent comme d’une guigne de la France profonde et laborieuse.

Il faut Un PCF qui élabore un projet neuf de rupture, un projet de société en correspondance avec la souffrance et la révolte qui gronde :

- Construire une révolution sociale dans l’union du peuple de France.

- Revenir à nos fondamentaux marxistes, à nos valeurs et aux idéaux du communisme, nos principes philosophiques générateurs d’idées neuves qui puisent leur inspiration dans les attentes de notre peuple, bafoué, frustré, mutilé par la voracité du capital.

- Reconstruire un parti communiste français de notre temps, fidèle aux choix de classe décidés à Tours, en 1920 avec une stratégie nouvelle à l’échelle nationale

Il faut rompre avec cette dérive organisée. C’est la stratégie de la dernière chance.

Il y a deux impératifs immédiats :

Premier impératif :

à son départ, en juin prochain, Marie-George Buffet, doit être remplacée par un collectif de personnalités charismatiques pour diriger, organiser, redonner au PCF sa vocation de parti du peuple et de la Révolution. Toute autre hypothèse avec d’autres dont Pierre Laurent, au-delà de l’estime personnelle, conduirait à un enterrement de première classe. Pour ce qui me concerne, je serai à nouveau candidat à la candidature au poste de secrétaire national. Il faut organiser une consultation nationale, voire même un référendum pour que les adhérents puissent décider.

Deuxième impératif :

Décider tout de suite du principe d’une candidature du PCF aux présidentielles de 2012. Décider tout de suite d’un programme élaboré avec les acteurs de notre pays, en retissant nos liens avec les classes populaires. Soyons la gauche authentique et décomplexée avec un projet porteur de l’idée communiste. Il n’y a pas de fatalité à la bipolarisation. Il suffit de se rappeler ce qui s’est passé aux élections présidentielles de 2002. Le PCF doit affronter l’obstacle : présenter un candidat à l’élection présidentielle et de le faire de manière conquérante, sans attendre. Cette élection est l’élément central de la vie politique française, il faut aborder cette échéance sous nos couleurs. Rompre avec le capitalisme de l’échec est un défi considérable. Ce défi magnifique à relever concerne au premier chef le PCF, ses militants, ses adhérents et les dizaines de milliers de communistes qui n’ont plus – ou pas encore – leur carte.

Premières réflexions à chaud. Je prépare une suite pour définir des pistes et des axes d’action politique pour un PCF de combat.

Vénissieux, le 22 mars 2010

* Toute critique du Front de gauche fait l’objet, dans certaines fédérations, d’attaques personnelles contre les camarades qui émettent ces critiques, voire de menaces d’exclusion. (Se rappeler que des dirigeants qui ont appelé à voter Bové aux présidentielles sont toujours en place.)

André GERIN

4 Messages de forum

  • Ce que dit A. Gérin pourrait constituer la base d’une force de gauche radicale bien ancrée dans les classes populaires ...malheureusement, les classes moyennes précarisées échappent largement, car elles ont déserté il y a longtmps l’horizon prolétarien d’autant plus que le PCF n’a plus fait de travail idéologique de masse. Elles vagabondent désormais entre abstention, PCF, écologisme, NPA, PS, FN. Et les classes populaires potentiellement révolutionnaires, l’électorat de base d’un vrai PCF, ont été très froidement douchées par la condescendance et l’alignement d’André Gérin sur les positions UMP-FN de Raoult, Besson, Amara et autres baudruches. Et quand je dis cela, je ne pense pas qu’à l’électorat "musulman", je pense à l’électorat populaire, en particulier jeune, qui habite au quotidien dans les cités où leurs amis musulmans sont nombreux et où ils se sentent liés avec eux, dans un radicalisme populaire, tiersmondiste, propalestiniens communs
  • Si l’on peut partager nombre de critiques émises par le camarade Gérin, peut-t-on le suivre quand on voit l’impuissance de lui-même et de ses amis qui , pourtant depuis des années se prétendent l’opposition interne mais n’arrivent pas à prendre les rênes du Parti pour le redresser d’une façon révolutionnaire. La situation est-t-elle qu’on ne peut plus rester dans le Parti sinon pour cautionner les pratiques actuelles avec une diraction qui favorise la dilution du Parti qui dans les Verts, qui dans le PS, qui dans le Front de Gauche ou autre FASE. Il faut cesser d’écarter les autres courants communistes marxistes léninistes qui sont à l’extérieur du Parti de Buffet et il faut s’engager avec eux pour la renaissance du vértiable Parti Communiste Français. Je pense notamment au PRCF, à certains de Rouges-Vifs et même à l’URCF. Et puis il faut être clair aussi par rapport à l’Europe (en sortir), à la souveraineté nationale, à l’anti-impérialisme, à la solidarité internationale des communistes.
  • Je crois que d’une part les militants véritables et les sympathisants sincères doivent envisager la possiblité que les différents dirigeants de ce parti, depuis près de quinze ans, n’aient été noyautés. Les Etats-Unis consacrent, via NED, des sommes énormes pour acheter les consciences et détruire particulièrement les communistes, sans parler de tout ceux qui y ont intérêt en France. Il est quand même frappant de constater que Buffet n’est que la dernière de la liste de ceux qu’il faut bien envisager comme des traitres : les différentes dernières têtes de liste et dirigeants du Parti.

    Aucun changement de stratégie, aucune auto-critique de ces gens-là, ils sont allés juste encore plus droit dans le mur, alors que années après années les résultats et l’audience du PCF devenaient de plus en plus petits, voire ridicules par rapport aux années d’après-guerre.

    Deuxième chose. Pourquoi vouloir construire encore une nouvelle structure ?...L’important est que des gens organisés viennent faire parler, se lever et protester le peuple entier, celui des HLM, celui qui vend ses dents, celui qui pique une flasque de whisky chez ED, celui qui a le dos cassé à trente ans par la chaîne, celuii qui rentre dans la maison poulaga, sinon c’est braquages minables et taule. Et celui qui a son petit appart un peu mieux,mais dont les prix et les revenus baissent, à moins que ce soit la vie qui devienne hors de prix et vont le faire tomber de son petit banc en classe moyenne.

    Alors, un président, qu’est-ce qu’on on en a faire ?...Se faire entendre, oui, ça s’est fondamental. Alors pourquoi ne pas s’unir avec ceux qui ont le même ennemi et qui sont eux aussi des communistes, finalement. Je parle évidemment du NPA, de LO, du PT...Effaçons les vieilles rengaines. Trois exigences fondamentales pour une action et pas un programme : anticapitalisme, dénonciation de la propagande, affirmation de l’identité globale communiste = marxiste et contre l’exploitation (par le travail, et la richesse), stratégie pour conquérir/reconquérir les médias, arme sans qui l’audience et la victoire ne seront pas possibles. J’oubliais : pas d’alliance avec le PS, qui ne remontera plus sa pente centre-droit.

    L’heure est à garder des structures identitaires mais développer ce qui n’a pas pu l’être en 2005, car les temps n’étaient pas murs et les dirigeants du PC déterminés à saboter l’alliance (le NPA n’était blanc-bleu d’accord).

    Les gens n’entendront pas l’idée ni l’action de Guérin. C’est de la politique qui échoue depuis 20 ans. Il faut l’union sur des bases simples et d’action - par exemple "fermez la Bourse", c’est pas irresponsable, c’est justifié et exigé par un Lordon, chargé de recherche à l’IHESS qd même ! - et une stratégie médiatique pour être entendu, du type de celle que souhaitait Pierre Bourdieu en parlant de l’"intellectuel collectif", à propos des interventions possibles de sociologues.

    • dans les années 7O-8O le PCF a ouvert grand ses portes pour augmenter le nombre de militants de base à des gens de tous horizons dont beaucoup n’avaient jamais entendu parler du marxisme et dont on ne s’est pas préoccupé de les encourager à participer aux ecoles du parti. Pour les autres, les anciens ils ont été mis de côté ou releguer au même rang que les nouveaux. Les dirigeants ne voulaient pas les écouter lorsqi’ils tiraient la sonnette d’alarme. Même un militant de base peut voir des signes que le Bureau Central n’est pas à même d’observer pris par des tâches "de haut niveau strategique". Et la dérive, orchestrée par des infiltrés et dénoncée par quelques uns d’entre nous n’a pas été prise en compte. Quand le PCF n’est plus marxiste il ne peut plus être crédible. Dans un parti soit-disant démocratique, le balayeur devrait être écouté, c’est lui qui a le nez sur les dechets ! amitiés à tous. Eliane Pessel

Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP | squelette
<>