COMITE VALMY

Accueil du site > - ANALYSES MARXISTES, documents et apports communistes > Elections régionales : l’analyse du PRCF après le deuxième tour

Elections régionales : l’analyse du PRCF après le deuxième tour

mardi 23 mars 2010, par Comité Valmy


Le régime UMP rejeté, Sarkozy délégitimé, un système UMPS en crise explosive, un retour dangereux du FN ; le devoir des vrais communistes et des vrais républicains est de s’unir et de passer à l’offensive ! Le second tour des régionales confirme globalement les résultats du premier.

L’abstention massive, très majoritaire dans les quartiers populaires et la jeunesse, se maintient pour l’essentiel malgré l’enjeu plus direct du second tour.

De plus en plus, notre peuple rejette le système de l’UMPS, où les choix politiques essentiels sont verrouillés (privatisations, désindustrialisation, fin de la souveraineté nationale, casse de la laïcité, précarisation du travail, destruction accélérée des retraites et de la Sécu...) puisqu’ils sont fixés par l’U.E. du capital, et puisque les gouvernements maastrichtiens de droite et de gauche (cf la Grèce ou l’Espagne) et les présidents de région sont chargés de décliner cette politique avec des nuances.

Certes le PS et ses alliés sociaux-libéraux d’Europe-Ecologie ont bénéficié de l’énorme ras-le-bol du monde du travail, ouvriers, enseignants, paysans, etc. ; il faut à la fois se féliciter de l’isolement croissant, potentiellement explosif, de l’odieux et fascisant régime sarkozyste, même s’il faut mettre en garde les travailleurs contre l’illusion que le PS puisse représenter une véritable alternative. Il est d’autant plus lamentable que les dirigeants PCF se soient majoritairement couchés devant le PS , que ce dernier a tout fait à la Réunion pour que le Parti Communiste Réunionnais perde l’élection au profit de la droite...

Comme prévu, après s’être dissout au premier tour dans le Front de gauche, le PCF officiel a (sauf en Limousin) achevé de s’effacer derrière la social-eurocratie au second tour. En région parisienne, le PCF s’est lamentablement rallié à Huchon, le "socialiste" qui propose d’en finir avec nos spécificités nationales, en privatisant les services publics, en passant outre la loi laïque de 1905, et qui ne cache pas son mépris pour le PCF. Du reste, les dirigeants du PCF muté n’ont pas eu honte de candidater sur les mêmes listes que Cohn-Bendit qui a signé à Bruxelles, comme Gollnisch (FN) un texte criminalisant l’URSS de Stalingrad à l’égal de l’Allemagne nazie !

Le score du FN est très élevé et en progression : dans le cadre de la fascisation structurelle du régime bourgeois, de la surenchère xénophobe de l’UMP, du désespoir créé par le système maastrichtien de l’UMPS, du refus total de la fausse gauche, des dirigeants eurocommunistes du PCF et des euro-trotskistes de défendre le "produire en France", le vote FN risque de s’enraciner en terre ouvrière, notamment dans le Nord, en acquérant une légitimité nouvelle. Plus que jamais, les vrais communistes et les francs républicains doivent prendre leurs responsabilités et défendre comme Ferrat l’a fait la "France des travailleurs" et le patriotisme ouvrier et républicain. Pour cela il est indispensable que, rejetant à 100% le drapeau clérical de l’UE du capital, ils associent le drapeau tricolore au drapeau rouge pour défendre le "produire en France", combattre le racisme, appeler la France à sortir de l’UE, lutter pour une République sociale, laïque, fraternelle en marche vers le socialisme.

Face à la crise politique qui monte, la France est à la croisée des chemins. Sarkozy et sa clique font la sourde oreille, annoncent avec arrogance l’accélération des contre-réformes ; ce faisant ls créent, malgré les directions syndicales euro-formatées, les conditions d’une explosion sociale, car, dans le cadre de la crise chronique du capitalisme. La situation des travailleurs va s’aggraver. La responsabilité des vrais communistes est plus importante que jamais. Loin de se mettre à la remorque des dirigeants mutants du PCF, les vrais communistes, membres ou pas du PCF, doivent engager ensemble une grande campagne contre le régime sarkozyste, dénoncer l’illégitimité de ce président ultra-minoritaire, appeler ENSEMBLE à sortir la France de l’UE du capital, combattre ensemble à boulets rouges la campagne de criminalisation du communisme dont la direction du PCF est totalement complice au risque de favoriser indirectement la réhabilitation du fascisme.

Signalons également le résultat préoccupant de la Corse où l’impasse séparatiste a marqué des points dans un contexte où la droite est désavouée et où la gauche établie n’emporte pas l’adhésion.

Le PRCF appelle d’ores et déjà à participer à l’action décidée par l’Arc Républicain de Progrès le 29 mai à Paris pour confirmer le Non à l’UE supranationale de mai 2005, dénoncer l’UE, condamner le régime UMP et appeler au rassemblement citoyen sur la base des principes immortels du CNR.

Le PRCF confirme sa proposition publique, adressée à toutes les forces communistes, progressistes, syndicalistes et républicaines, dont certaines ne sont guère pressées de répondre, d’organiser ensemble une première manifestation nationale unitaire contre Sarkozy et l’ensemble de sa politique, y compris sa politique de soumission à l’UE et à l’OTAN, y compris en ayant enfin tous le courage républicain de proclamer que Sarkozy et son régime sont illégitimes.

Les militants franchement communistes, les vrais républicains sont tous au pied du mur. Il faut désormais arrêter de parler du tous ensemble, il faut le construire concrètement et par l’action quitte à rompre avec le sectarisme et avec le suivisme envers la petite gauche antilibérale.

Dimanche 21 mars 23 h

3 Messages de forum

  • Je crois qu’il y a, le 27 mars, une presque réponse à votre texte, c’est le No Sarkozy Day.

    Or, j’écoute un peu partout, que c’est là, un cheval de Troie de Sarkozy, dans la Résistance Populaire...

    Il y a des articles sur Alter Info qui sont franchement hystériques à propos de ce jour...

    Je suis étonné. Ce que vous proposez est quasiment là. J’aimerais savoir pourquoi vous ne l’évoquez point...

    Est-ce le fait que vous n’en êtes pas les organisateurs ?

    Voir en ligne : http://www.amaranthes.fr/

    • Elections régionales : l’analyse du PRCF après le deuxième tour 28 mars 2010 01:16, par Jean-Michel Dariosecq

      Je ne sais pas qui a organisé ce (petit) événement, mais il me parait plutôt bon signe que Sarkozy suscite des réactions allergiques et que son cynisme donne la nausée à de plus en plus de monde.

      Cependant, la personnalisation de la révolte risque de faire oublier que l’adversaire de classe a de multiples têtes potentielles : si besoin, le CAC40 et les multinationales US peuvent décider demain que Sarko, usé à force de pitreries médiatiques, a désormais fait son temps. Et financer la prochaine fois un remplaçant, soit dans son équipe (UMP) soit dans l’équipe soit-disant adverse (PS).

      C’est pourquoi je préfèrerais un "Ni Sarko Ni StraussKo Jour" !...

  • L’analyse du PRCF est, certes, intéressante. Cependant on peut regretter que l’analyse de l’abstention soit un peu courte, sur un seul paragraphe, et sur le mode du constat désapprobateur : elle « se maintient pour l’essentiel, malgré l’enjeu plus direct du second tour ».

    C’est pourtant le fait politique nouveau, et selon moi, majeur, de ces élections régionales.

    Prenons l’exemple du Nord Pas de Calais : entre 2004 et 2010, le nombre d’inscrits sur les listes électorales a augmenté d’un peu moins de 100 000 personnes (2 791 231 en 2004 et 2 872 314 en 2010) : on n’est pas (encore) dans une crise des inscriptions ! Mais en 2004 il y a eu environ 1 000 000 d’abstentionnistes (c’était déjà beaucoup, mais personne, à l’époque, n’a soulevé le problème !) et en 2010 on est monté à 1 500 000 abstentionnistes, majorité absolue !

    Entre 2004 et 2010, tous les partis de la même triangulaire ont perdu des voix : 180 000 pour la gauche, 130 000 pour la droite et 30 000 pour le FN ! (les pourcentages masquent souvent la dure réalité des chiffres !). Tous les partis adoubés par la presse bourgeoise perdent donc de grosses plumes ! C’est-à-dire que les espoirs portés par ces partis sont tous en régression dans la population : n’est-ce pas plutôt réjouissant ?

    Alors comment décrire la population du Nord Pas de Calais maintenant que l’on sait ? Une moitié d’abrutis, plus un quart de sociaux démocrates, un huitième de réac et un dixième de facho ? C’est un peu court !

    Ce serait surtout ne pas se placer du coté du peuple. Je préfère voir, dans le Nord et le Pas de Calais, quatre millions de personnes, qui, toutes, méritent notre amitié (à part une petite poigné d’exploiteurs endurcis, environ une centaine, avec leurs familles et leurs proches lieutenants). Dans un épais brouillard, la population essaie de défendre ses intérêts terriblement malmenés depuis trente ans ! Et personne n’aide beaucoup !

    Ils s’y prennent mal ? Et alors ! C’est à nous de transformer cette situation, à nous d’expliquer et d’organiser.

    Bien sûr, certains pensent, en votant à droite, que défendre les intérêts des nantis fera progresser leurs propres intérêts : ils se trompent, sans aucun doute. Ils n’ont pas encore compris l’antagonisme de classe. C’est surtout la preuve de notre faiblesse argumentaire. Il nous faut expliquer que les profits et les salaires sont pris sur la même plus value, et que ce partage est antagonique.

    D’autres ont voté pour la social-démocratie et leur alliés, pensant que battre la droite, c’est changer de politique. Ils se trompent aussi sans aucun doute, puisque la gauche et la droite, depuis trente ans ont mené la même politique, exactement, de bas salaires, de haut profit, d’agression sur les acquis de la libération, en privatisant les entreprises publiques, en liquidant les services publics, y compris au niveau régional, en brisant les solidarités nationales du programme du CNR. Cependant leur haine de la droite est déjà salutaire. Pourront nous la transformer en haine du capital ?

    D’autre on vu dans le Front National une alternative positive à la domination de l’étranger, sans comprendre que l’immigration n’est pas une cible, mais est dans le peuple.

    Et la majorité n’a pas voté. C’est en fait un stade assez avancé de la connaissance politique. Remarquons d’abord qu’aucune des listes en présence ne défendait réellement les intérêts populaires. N’est-ce pas déjà une bonne raison de ne pas voter !

    Mais surtout, le capital domine depuis deux cents ans en ayant appris à domestiquer le suffrage universel, c’est-à-dire en imposant la démocratie bourgeoise, avec ses rites et ses dogmes, son clergé et ses églises ! Le rite est dans les séquences électorales, avec ses conflits mineurs, surtout de partis et de personnes, le dogme est que l’issue des élections désigne les dirigeants qui mèneront légitimement la politique du capital. Le clergé est l’armée des sondeurs et journalistes commentateurs, perpétuant le rite et le dogme, les églises sont les médias du capital tenus par son clergé, là où est donnée la bonne parole. Une nouvelle religion en somme, qui dit, comme la précédente : « ayez confiance, on s’occupe de tout ! ». Il faut s’en défaire, comme le peuple s’est défait de la précédente à l’aube de la Révolution Française !

    Il y a donc, entre 2004 et 2010, un saut qualitatif significatif. Quand l’abstention devient majoritaire, c’est-à-dire quand on ne peut plus la discréditer comme un manque de civisme, un phénomène nouveau apparait, qui est une sorte de perte de la foi ! Quand on a la foi dans la démocratie bourgeoise on est convaincu que, si les bonnes listes ou les bonnes personnes sont élus, les choses vont vraiment changées ! Puis on s’aperçoit, expérience faite, que la situation continue à se dégrader. Alors on progresse en se disant que, décidément, il ne faut plus allerà la messe ! L’étape suivante est dans l’organisation du peuple lui-même, pour lui-même, pour qu’il prenne enfin ses affaires en mains.

    C’est le rôle des communistes organisés à aider à cette tache.

    En somme, il faut vanter l’abstention majoritaire, et dire : « vous ne croyez plus aux partis bourgeois, vous avez raison ! »

    « Ils sont tous européistes et atlantistes. Ils adulent le capital et vous méprisent. Organisez vous à l’échelle de l’entreprise, du quartier, de la commune, du pays. Ecrivez vous-même vos cahiers de revendications, discutez en, et mettez les en œuvre ! »


Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP | squelette
<>