COMITE VALMY

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Source : Horizons et débats 2 juin 2009

La régionalisation pour dynamiter les Etats - Par Pierre Hillard

samedi 24 mai 2014, par Comité Valmy


L’Europe des ethnies dessinée par les waffen SS pendant la deuxième guerre mondiale préfigure l’Europe fédérale des Länder d’aujourd’hui, l’actuelle zone euro qui est en réalité une zone mark.

Dans un cas comme dans l’autre, il s’agit de rechercher un leurre pour tenter de camoufler la volonté nationaliste de domination de l’impérialisme allemand. CB

hd. L’article ci-dessous montre qu’en se cachant derrière des slogans comme « struc­tures fédérales » ou « davantage de pouvoir pour les régions », l’UE a des visées centralistes. Il s’agit d’aplanir les différences nationales, également dans le système bancaire. Pour Pierre Hillard, les attaques contre la Suisse font partie de cette politique de Bruxelles et de Washington. Les attaques de Peer Steinbrück obéissent à une conception transatlantique du pouvoir qui a pour objectif de détruire la diversité et d’établir un contrôle centralisé.

Le principe de régionalisation en Europe va bien au-delà d’une simple réorganisation du vieux continent. En fait, il s’agit d’octroyer des pouvoirs politiques, économiques et financiers aux régions, ces dernières traitant directement avec les instances bruxelloises. Ce phénomène est dû aux volontés politiques allemandes qui ont su insuffler ces mesures dans le cadre de la construction européenne. Comme le rapporte le professeur en sciences politiques, Rudolf Hrbek dans la revue « Documents, revue des questions allemandes » : « Le point de départ de cette nouvelle série d’initiatives fut la résolution de la conférence des ministres-présidents d’octobre 1987 à Munich, où fut fixé comme objectif une Europe aux structures fédérales. Deux ans plus tard, les ministres-présidents des Länder créèrent un groupe de travail de leurs chancelleries d’Etat en lui commandant un rapport sur la position des Länder et des régions face aux développements futurs de l’Union européenne ».

Tous ces travaux ont trouvé leur impulsion grâce à l’action du gouvernement du Land de Basse-Saxe en 1996. A l’époque, dirigé par le ministre-président Gerhard Schröder, le député socialiste du Land de Basse-Saxe, Peter Rabe, est à l’origine de l’élaboration de la recommandation 34 (1997) du CPLRE (Congrès des Pouvoirs locaux et régionaux d’Europe). C’est ce document qui autorise une recomposition politique de l’Europe. Le principe en lui-même est simple. Il s’agit d’octroyer le maximum de pouvoirs aux régions, celles-ci traitant de plus en plus avec l’Union européenne (UE) au dépens des Etats. Dans cette construction, l’élément intermédiaire, en l’occurrence l’autorité nationale, est complètement court-circuité. Ce principe poursuit l’objectif de démanteler les Etats au profit d’une Europe des régions, plus exactement d’une Europe des eurorégions. La création de ces dernières consiste à mettre sur pied des entités territoriales rassemblant plusieurs régions de différents pays. C’est le cas de l’eurorégion Alsace/Pays de Bade ou encore Pyrénées/Méditerranée.

Cette politique conduit à déstructurer les Etats européens afin de les broyer. Il va de soi que des pays n’appartenant pas encore à l’UE comme la Suisse doivent tôt ou tard entrer dans la danse. Comme le rapporte René Schwok, titulaire de la Chaire Jean Monnet à l’institut européen de l’université de Genève, la Suisse subit déjà l’attraction de Bruxelles. Il souligne avec satisfaction que les lois suisses sont à près de 50% issues des directives européennes. Cette évolution est logique. En effet, compte tenu de la volonté de créer un bloc européen unifié selon un modèle unique, il s’avère nécessaire de faire rentrer tous les Etats dans le même moule dans tous les domaines. Les attaques du ministre allemand des finances, Peer Steinbruck, à l’égard de la Suisse entrent dans cette volonté de casser le particularisme bancaire suisse afin de mieux l’absorber dans un cadre régi par les mêmes lois.

L’objectif officiel qui consiste à faire la guerre aux paradis fiscaux est le prétexte pour essayer d’abattre un modèle qui échappe aux eurolâtres de Bruxelles. Dans cette volonté d’assujettir le modèle helvétique, Peer Steinbrück se garde bien de condamner la maison mère contrôlant la plupart des paradis fiscaux … la city de Londres. Comme c’est étonnant. Cette caractéristique est à relier à la volonté d’intégrer toute l’Europe à un vaste bloc euro-atlantique qui doit, théoriquement, voir le jour en 2015.
Dans cette immense restructuration politique, économique et financière, il est nécessaire d’uniformiser l’ensemble. N’oublions pas que des échéances importantes se présentent devant nous : l’effondrement du dollar qui doit être suivi de la création d’une nouvelle monnaie dont le nom n’est pas encore officialisé (amero ou dollar nord-américain). La création d’un bloc nord-américain politique, économique et militaire (North American Union) réunissant Etats-Unis, Canada et Mexique dans le cadre du Partenariat pour la Sécurité et la Prospérité (PSP) doit voir le jour théoriquement en 2010.

Ce bloc devant s’associer à l’Union européenne afin de constituer en 2015 une « Union atlantique » pour reprendre l’expression du fondateur de la Paneurope, Richard de Coudenhove-Kalergi, doit impérativement contrôler les dernières niches fiscales et bancaires. Pour cela, la Suisse doit passer à la trappe et se fondre dans ce nouvel ensemble transatlantique destiné à constituer un pôle occidental unifié.

*Pierre Hillard, professeur en relations internationales à l’Ecole Supérieure du Commerce Extérieur (ESCE), auteur de « La Fondation Bertelsmann et la gouvernance mondiale », Paris 2009.

Mise en ligne CV : 13 mars 2010

3 Messages de forum

  • Deux articles complémentaires à la conclusion de celui de Pierre Hillard :

    - La création de l’Union atlantique se précise

    - Richard de Coudenhove-Kalergi ou l’illustre inconnu du Jardin du Luxembourg

    Salut et Fraternité.

    Voir en ligne : La création de l’Union atlantique se précise

  • J’ai grand plaisir à lire les illusions des "grands". Ils cherchent à organiser le monde selon leur "référence" idéologique. Bien sûr j’ai conscience que je perds mon temps mais c’est si drôle !

    Oui, j’ai bien l’intention de "refonder la politique et l’économie" mais sur d’autres principes que l’argent et le gouvernement. Je préfère l’effort collectif qui génère de la justice. Il n’y a pas de paix sans équité, pas d’équité sans vérité et pas de vérité sans exigence de justice. Voilà, c’est simple, c’est de notre travail que doit jaillir la justice.Donc tout ce qui était préconisé en vue de.... dans le but de... est entrain de s’effondrer et chacun se pose la question : quel sens donner à mon existence ? Voyons si nous accepterons de nous dessaisir de nos privilèges (que nous appelions "droits") pour amorcer une renaissance à un autre monde ?

  • La régionalisation pour dynamiter les Etats - Par Pierre Hillard

    19 mars 2010 19:18, par Jacques Kotoujansky
    Bravo encore une fois à Pierre Hillard, notre vigie ! Bien entendu, c’est ce qu’il décrit qui est dans le tuyau... Faire échouer la chose : voter adroitement et prendre un certain pouvoir dans les médias. Le récent rachat de France-Soir par des intérêts russes pourrait ouvrir une fenêtre. Pierre Hillard, et d’autres belles plumes, saisissez-vous de cette opportunité !... JK

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