COMITE VALMY

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Colombie, révélations sur l’assassinat de Raul Reyes : Il y avait des négociateurs français,

URIBE, LES ETATS UNIS ET LE CAMOUFLET A LA FRANCE Par Danielle Bleitrach

jeudi 6 mars 2008, par Comité Valmy

Cette analyse de Danielle Bleitrach est composée de trois textes. Deux d’entre-eux apparaissent sous forme de réponse au premier. La dernière partie, "au delà de la crise" mérite particulièrement notre réflexion. CB.

Il est clair que la Colombie et les Etats Unis ont beaucoup de mal à expliquer qu’il y aurait connivence entre Chavez , Correa et les FARC pour pratiquer le terrorisme international. D’abord parce que d’autres pays étaient impliqués non seulement la France mais, les Espagnols et les Suisses. Nous allons voir jusqu’à quel point. Et d’autre part la thèse de la lutte contre le terorisme international, qui justifierait tout de la part des Etats-Unis, a du mal à passer dans le sous continent Amérique latine. Ce sous continent ne cesse de subir le terrorisme d’Etat des Etats-Unis, qui soit directement, soit par le biais d’hommes de main qu’ils protègent comme Posada Carriles, assassinent des hommes d’Etat, destabilisent des gouvernements élus et installent des assassins formés à leur école.

Il faut bien mesurer que ce qui s’est passé en Equateur a soulevé l’indignation générale .En France, les médias aux ordres ont bien tenté de faire porter le chapeau de la crise andine à Chavez, aux FARC ou à tout autre victime (1) mais de toute la planète est venue la réprobation. Les Etats-Unis paraissent bien isolés avec leurs alliés criminels et voyous, Israël et La Colombie. Car ce qui vient de se passer à Gaza crée un contexte, des rapprochements : la Colombie ne serait-elle pas l’équivalent d’Israël pour l’Amérique latine, un danger permanent pour ses voisins sous couvert d’assurer sa sécurité, un massacreur d’une partie de la population autochtone au nom des droits de l’occident sur les Indigènes.

Notre presse servile tente encore de nous cacher ce qui paraît de plus en plus évident : il y avait des négociateurs français à proximité de Reyes, ils préparaient la venue de Sarkozy.

Nul n’ignore désormais que l’incursion en Equateur et l’assassinat a été préparé par l’armée nord américaine jouissant de techniques sophistiquées. Résultat sur le fond cette crise témoigne de la perte d’influence du président Bush. L’OPEP, à laquelle appartient Chavez a refusé d’augmenter la production pétrolière après la flambée des cours du pétrole malgré la demande de Bush, les pays pétroliers lui ont répondu que cette augmentation ne dépendait pas d’eux. On ne saurait être plus clair. Même attitude de l’organisation (OEA) des Etats d’Amérique, qui a longtemps été le symbole de la vassalité de l’Amérique latine aux Etats-Unis. Dans sa réunion d’urgence cette organisation a condamné l’incursion en Equateur. Et voici que la France, partie prenante dans cette affaire puisque c’est bien en préparant l’accueil du président français pour récupérer Ingrid Bétancourt que Reyes et 16 compagnons et compagnes ont été assassinés en territoire équatorien(2) , continue à discuter avec Chavez la libération de la franco colombienne. Celui-ci paraît plus décidé que jamais à otenir cette libération quitte à envoyer 10 bataillons à la frontière pour éviter un nouveau coup fourré de Uribe et de Bush.

Dans tout l’Amérique latine, le 6 novembre dans toutes les capitales, y compris à Paris vont défiler des centaines de milliers de personnes pour réclamer la paix en Colombie, désigner le système mafieux et l’allégeance aux Etats-Unis de ce pays. Ces manifestants vont dénoncer le rôle de ce pays qui est devenu la plate-forme des Etats-Unis et d’un véritable terrorisme d’Etat contre ses voisins. Dans ce pays s’imbriquent des phénomènes que peu de gens connaissent en Europe, rares sont ceux qui savent les liens étroits entre les Etats-Unis le terrorisme qu’ils imposent à toute l’Amérique latine, les trafiquants de drogue et les paramilitaires payés par l’oligarchie qui font régner la terreur dans la paysannerie indigène (3). Sans cette connaissance de la région il est impossible de comprendre qui sont les FARC et comment ils ont été contraints de devenir guérilleros pour échapper à ce système qui a fait des milliers de morts de syndicalistes, de journalistes. Donc les manifestations qui auront lieu aujourd’hui réclameront la paix ,l’indépendance et la fin du terrorisme d’Etat pour la Colombie et elles prendront aussi l’allure d’un hommage à Reyes et ses compagnons autant qu’une exigence de libération des otages.

Si chez nous les milliards déversés dans nos médias, l’incurie intellectuelle de nos journalistes, et le poids d’un système de propagande peut entretenir l’idée de la criminalisation des FARC, voir d’une réaction outrée de Chavez, cette position a du mal à contenir la réalité des faits et surtout l’incontournable évidence de la condamnation unanime de l’Amérique latine et le rôle joué dans l’assassinat par la négociation avec le président français.

Les négociations entre Sarkozy et Chavez se poursuivent

« Le président de la République s’est entretenu aujourd’hui par téléphone avec le président vénézuélien, Hugo Chavez, pour évoquer la situation régionale et la question des otages en Colombie », a annoncé dans un communiqué le porte-parole de l’Elysée, David Martinon. Peu auparavant, M. Chavez a indiqué depuis Caracas avoir exprimé sa volonté de paix, dans un entretien téléphonique avec Nicolas Sarkozy. « Les deux présidents ont exprimé le souhait que les récents développements n’enrayent pas la poursuite du processus de libération des otages qui restent aux mains des Farc » (Forces armées révolutionnaires de Colombie), a précisé M. Martinon.

Selon le porte-parole, « devant la montée préoccupante des tensions dans la région andine », le chef de l’Etat français « a réitéré son appel à tous les pays de la région et à tous les acteurs concernés à faire preuve de retenue et de responsabilité, afin que soit rapidement retrouvé le chemin du dialogue et de la coopération ».

M. Sarkozy « a une nouvelle fois remercié le président Hugo Chavez pour ses efforts qui ont permis la libération de six otages », a ajouté M. Martinon.

Les conditions de l’assassinat de Reyes, l’implication française

Rafael Correa, le président de l’Equateur avait été avisé on le sait personnellement par un coup de téléphone d’Uribe de la mort de Reyes à l’occasion d’une “poursuite à chaud”, mais l’Equateur avait découvert que non seulement il s’agissait d’un bombardement d’hommes et de femmes endormis, mais que les troupes d’Uribe et les conseillers étasuniens étaient venues en territoire équatorien chercher le corps de Reyes pour l’exhiber triomphalement.

La présidence française paraît avoir été alerté par le même Uribe qui a expliqué aux négociateurs français qu’ils ne pouvaient se rendre sur le lieu fixé toujours selon la même fiction de “la poursuite à chaud” et ce quelques heures avant l’ouverture de la négociation.

” Comme l’a déclaré à la presse française l’ex-mari de Ingrid bétancourt : “Ce qui est extrêmement choquant, c’est que le 26 février, une réunion à Panama réunit les délégués des pays médiateurs (Espagne, France, Suisse, NDLR) et le haut-commissaire colombien pour la paix Luis Carlos Respreto. Les délégués annoncent qu’ils vont rencontrer Raul Reyes. Respreto répond : « Oui, faites-le, c’est important. » Et dans la nuit de vendredi, Uribe décide sciemment de faire abattre Reyes en territoire équatorien ! Sans prévenir les présidents des Etats médiateurs, ni le président Correa alors qu’il commet un acte de guerre dans son pays. Il se moque du monde ! “(4)

Ce qu’il faut savoir et que notre presse servile nous laisse ignorer alors que toute la presse d’Amérique latine et du monde en fait état est que, en total accord avec Uribe, le président Sarkozy avait trois envoyés personnels en Colombie. Depuis octobre dernier, ils menaient la négociation avec Reyes pour obtenir la libération de la franco-colombienne et ex-candidate présidentielle Ingrid Betancourt. Les trois négociateurs français étaient installés dans une zone proche de celle où l’attaque s’est produite. Le mois dernier, un autre envoyé personnel de Sarkozy avait maintenu une réunion avec le Commissaire pour la Paix, Luis Carlos Restrepo, qui fait partie du gouvernement de Uribe. À ce qu’il semble, samedi, les trois négociateurs se trouvaient à 200 kilomètres de la zone de l’attaque et se dirigeaient vers une réunion avec Reyes quand ils ont reçu l’appel téléphonique. Le Commissaire pour la Paix les a prévenu de ne pas s’approcher du point de rencontre dans les heures suivantes. Le même Carlos restrepo qui s’était engagé au Panama.

Alors que Uribe avait donné des garanties pour qu’ils traitent de la libération des otages, il a violé sa parole avec l’aide des Etats-Unis dont il est l’homme des basses oeuvres. D’ailleurs seul Washington a soutenu le président colombien.

La presse latino américaine fait état de la présence des négociateurs français, du processus engagé, donc le camouflet a donc été infligé non seulement à Rafael Correa et à Chavez mais à la France.

Il faut toute la vassalité française aux Etats-Unis pour qu’il n’y ait pas d’incident diplomatique. Le coups de téléphone à Hugo Chavez était bien le moins que le président français puisse faire surtout s’il voulait réellement récupérer ingrid Bétancourt. Il semble que Nicolas sarkozy a sciemment ou plus vraisemblablement par légéreté politique entraîné tout le monde dans un piège qui visait à développer l’insécurité dans la région tout en prétendant par félonie décapiter les FARC .

L’isolement d’Uribe et des Etats-Unis

L’entretien téléphonique est intervenu le jour même où l’Organisation des Etats Américains (OEA) se réunissait à nouveau à Washington pour tenter de trouver une issue diplomatique à la crise, déclenchée par un raid colombien mené samedi en territoire équatorien contre la guérilla des Farc.

La Colombie s’est retrouvé isolée avec les Etats-Unis, Uribe d’ailleurs n’a cessé avec le même embarras que Bush de soufller le chaud et le froid, appelant à la paix et au dialogue et l’instant d’après sortant les accusations les plus outrées et les plus fantaisistes contre Hugo Chavez et les FARC.

Face aux annonces de mobilisation de troupes vénézuéliennes et équatoriennes à la frontière avec la Colombie, Uribe a dit qu’elle ne mobiliserait pas ses force. Ce qui ne veut strictement rien dire vu que l’armée colombienne flanquées de “conseillers” étasuniens est de toute façon en permanence à la frontière et y protège les incursions de voyous paramilitaires voire de terroristes contre le Venezuela. Après , il a provoqué les présidents du Venezuela et d’Équateur en les accusant de ”connivence” avec la guérilla des FARC. Alors qu’il avait donné sa parole de ne pas intervenir.

On n’imagine bien qu’ un tel contexte soulève l’indignation de toute l’Amérique latine et des gouvernements du monde entier. Même si les grandes orgues médiatiques font tout pour créer une situation d’égalité entre l’agresseur et la victime, en entretenant l’opacité et le flou sur la réalité.

Le président vénézuélien Hugo Chávez, accusé Uribe d’être un “assassin” et un ”mafieux”,ce qui est rude mais parfaitement exact. Même le président du Pérou, Alan Garcia, qui est lui-mêmes suspect des mêmes tares que Uribe, a appelé au dialogue mais il a précisé qu’il n’était pas possible de ne pas critiquer la violation de la souveraineté territoriale équatorienne.

La Colombie s’est retrouvée isolée avec les Etats-Unis qui ont du néanmoins faire profil bas pour éviter d’être directement impliqués . Le porte-parole du Conseil National de la Sécurité Gordon Johndroe, qui a exprimé sa surprise “pour l’étrange réaction du président Chávez“. Et plus tard, une déclaration officielle du département d’État disait :” Nous soutenons le gouvernement de la Colombie dans son combat contre les organisations terroristes qui menacent la stabilité et la démocratie “.

Mais Uribe a tenté d’impliquer plus franchement son allié nord-américain, craignant que celui-ci ne le lâche, et le directeur national de la police colombienne, Oscar Naranjo général, a révélé dans une conférence de presse, que la localisation de Reyes a été possible grâce à une information fournie par la CIA. Selon Naranjo, l’agence nord-américaine avait détecté un téléphone cellulaire que Reyes utilisait sporadiquement. Le chef policier a souligné que l’information a été délivrée aux forces colombiennes environ dix jours avant samedi. Comme l’a souligné le quotidien El Païs qui rapporte ces faits, “il confirmait que l’opération avait quelques jours de préparation, tandis que se développait y compris la la négociation des français avec les FARC et qu’il ne s’agit pas d’une réaction défensive comme l’a argué le gouvernement colombien dans un premier temps.”

Ureibe est allé jusqu’à se plaindre du changement d’attitude du président Correa calme à le samedi quand il lui avait téléphoné et “furieux” le dimanche. Il oubliait de signaler que entre temps Correa avait découvert qu’il ne s’agissait pas d’une poursuite à chaud comme le lui avait dit Uribe. Entre temps Correa a été informé que les guerrilleros dormaient quand leur campement a été bombardé et après de brèves consultations avec d’autres gouvernements il en est arrivé à la conclusion que l’attaque était planifiée depuis longtemps. Uribe avait menti et lui avait caché durant tout ce temps quil préparait une incursion sur le territoire de l’Équateur.

Tous les gouvernement, celui d’Argentine, celui du Brésil ont déployé une intense activité qui a abouti à cette condamnation unanime de l’OEA. Parce qu’il s’agissait d’établir les véritables responsabilités pour éviter une guerre que semblent souhaiter les Etats-Unis et la Colombie. C’est d’ailleurs le seul sens que l’on puisse donner à cette expédition meurtrière et en violation de toutes les paroles données. Il s’agissait d’un piège pour destabiliser la région et tenter d’arrêter le processus de libération et d’unification bolivarienne qui ne cesse de gagner du terrain. Dans cetre affaire les Etats-Unis et la Colombie n’ont pas réussi à entraîner les gouvernements dits “modérés” derrière eux, et le rôle positif joué une fois de plus par Lula et christina kichner doit être souligné.

Correa avait sollicité une réunion urgente de l’Organisation des Etats Américains (OEA) pour discuter de la crise mais les Etats Unis ont essayé e’ampêcher la convocation. Finalement les chancelleries sud-américaines, surtout celles d’Argentine, Brésil et Chili ont obtenu qu’elle ait lieu et qu’elle aboutisse à cette condamnation et à l’isolement de ceux qui souhaitent que la violence ne s’arrête jamais ici comme au Moyen-orient, parce qu’elle est la garantie de leur domination et de leur pillage.

Nos médias fauteurs de guerre qui cachent ces réalités deviennent de plus en plus criminels dans une monde où montent les dangers.

Danielle Bleitrach

(1) on aura tout lu y compris que Chavez était lié aux FARC par le trafic de drogue. Quand on connait un peu la région il y a pourtant des évidences, la drogue ne peut quitter la Colombie que par les zones totalement contrôlés par les paramilitaires et Uribe a des liens avec ces paramilitaires tranfiquants de drogue. Alors que Chavez subit de la Colombie voisine des incursions de ces mêmes paramilitaires trafiquants qui déstabilisent le Venezuela, assassinent les syndicalistes et les paysans.

(2) Des rumeurs insistantes font état du fait que c’est en localisant les appels de Chavez à Reyes pour la libération d’Ingrid bétancourt que l’armée américaine a pu assassiner le porte-parole des FARC. De même aujourd’hui Chavez a décidé d’employer les grands moyens d’envoi de troupes pour mettre en place la récupération des otages et la protection du chef historique des FARC qui paraît s’impliquer lui-même dans cette opération comme pour affirmer la volonté de paix des FARC.

(3) Quand je lis des sondages sur l’opinion de la population colombienne contre les FARC ou le soutien à Uribe, je ne peux m’empêcher de penser à toute cette population, environ 40 % qui vit dans des conditions de sous développement abominables, depuis les enfants des rues de Bogota, drogué et prostitués, jusqu’aux pauvres peons des zones rurales frappés, violés, menacés par les paramilitaires de l’oligarchie et je me demande qui a répondu aux sondages.

(4) Propos recueillis par Isabelle Horlans pour le journal France Soir, le jeudi 6 mars 2008. Selon Fabrice Delloye,lex-mari d’Ingrid bétancourt, le président Alvaro Uribe se comporte en saboteur à des fins personnelles. L’ex-époux d’Ingrid place son dernier espoir dans les Farc. http://www.francesoir.fr/dossier/20…

2 Messages de forum

  • Quel est exactement le rôle de la France ?

    Notons deux faits : j’inscris ici un article argentin parmi tous ceux que je reçois journellement et qui disent la même chose sur la crédibilité d’ uribe dans cette affaire. Si nous prenons la presse française dont on sait à quel point elle est désormais tenue en laisse par le pouvoir jamais une telle analyse ne transparait, on s’interroge au meilleur des cas sur la crédibilité des documents trouvés dans l’ordinateur, mais jamais n’est posé la question de ce qu’a réellement fait uribe, il s’agit de montrer des latinos excessif et un Chavez hors de lui alors que cela ne le concerne pas. Uribe devient plus ou moins un simple maladroit, la caution des Etats-Unis le protège. Jamais il n’est fait état du rôle réel de la France ou alors c’est une petite phrase égarée.

    la question que l’on peut pourtant se poser est celle de savoir si la france n’agit pas en liaison avec les Etats-Unis pour créer ce piège, en inventant un président humanitaire soucieux des otages et confronté à la fois aux méchants Farc et à l’irresponsable Chavez mais dans les faits ayant contribué au piège qui produit actuellement une crise d’une grande gravité en Amérique latine dont ici il n’est pas question. Quand est-ce que la gauche, les communistes vont-ils se décider à poser une question au gouvernment français sur son rôle réel dans ce drame ? Qui est complice de quoi ? danielle Bleitrach

    Alvaro uribe ne veut pas la libération des otages Por Luis Bruschtein

    Même à l’époque des dictatures militaires les dictateurs n’ont jamais accompli d’actes comme celui fomenté par Uribe en equateur. Malgré la parenté idéologique, les militaires étaient sensibles la présence de forces d’autres pays dans leurs territoires. Pour pouvoir le faire, ils ont créé une infrastructure spéciale nommée Opération Condor. Chaque fois qu’un prédateur entrait dans un pays voisin, il l’annonçait et coordonnait l’intrusion avec les locaux. Ce qu’a fait le dirigeant colombien, Alvaro Uribe, n’aurait pas été permis même par ces dictatures qui s’appuyaient sur une idéologie (la doctrine de la sécurité nationale et la troisième guerre mondiale) assez proche de l’actuelle guerre contre le terrorisme de George Bush. Le président équatorien Rafael Correa a eu une réaction furibonde parce que l’opération antiguerrillera a été exécutée alors que se déroulait un processus de négociation, qui avait été accepté par le même Uribe, il était commencé par plusieurs pays, en particulier la France et l’Equateur, utilisant comme porte parole et contact le président venezuelien Hugo Chavez. Tous sans complaisance avec les FARC. Les forces armées de l’Équateur ont démontés plus de 40 campements guerrilleros à la frontière. Personne ne peut dire que le président conservateur de la France, Nicolas Sarkozy, est pro guérilla. Et même Chávez a été très critique avec la guérilla colombienne.

    Le processus de négociation pour la libération des otages a nécessité des contacts, des transactions (économiques et politique), et de ce fait, dans un processus de négociation on doit éviter les déclarations publiques qui peuvent leur nuire. Uribe savait parfaitement le contenu de tous les contacts et discussions avec les FARC dont le porte-parole était Raoul Reyes.

    . Il y avait des précédent . Quand a eu lieu le premier échange sur les preuves de vie de vie des otages, Uribe a tendu un piège aux messagers et rendu caduque ce début de négociation. Quand a eu lieu l’Opération Emanuel, les forces armées colombiennes ont bombardé durant un mois et demi la zone où devait se faire la remise des premiers otages et l’opérationn’a pas pu se faire. Les Français disent que la négociation avait avancé à nouveau avec la libération d’autres otages la semaine dernière. Pour eux, l’accord pour libérer Ingrid Betancourt et d’autres otages était imminent. C’est à ce moment là que s’est produite l’attaque où a été assassiné le négociateur de la guérilla, qui pour accomplir sa mission s’était placé en situation très vulnérable. Bien que l’opération eût été planifiée depuis quelques jours avant sa réalisation, Uribe n’en a pas prévenu Correa, qui en liaison avec Uribe négociait également avec les FARC. Après l’attaque, Uribe a menti à Correa, en lui disant que l’action était une réponse défensive et Correa a réagi dans un premier temps avec résignation, en attribuant sûrement la responsabilité des faits à une attitude de provocation déraisonnable de la part des FARC. Peu d’heures plus tard, il s’est rendu compte que l’attaque sur son territoire avait été planifiée depuis un certain temps, que en premier lieu Uribe la lui avait cachée et que de surcroît il lui avait menti et que lui même comme Chávez avaient été les acteurs involontaires du piège .

    De fait Uribe a été déloyal avec tous parce qu’il a présenté le contenu des négociations -auxquelles il avait consenties et dont il était informé- comme unecomplicité avec la guérilla. "Nous sommes fatigués des mensonges des FARC", dit Uribe pour empêcher toute possibilité de négocier une sortie pacifique avec la guérilla. Le paradoxe est que tout au long de ce processus sur déjà plusieurs mois, celui qui apparaît comme le protagoniste le moins fiable est Uribe lui même. Traduit par danielle Bleitrach Luis Bruschtein, Pagina/12 (Argentine), 6 mars 2008.

  • Au-delà de la crise de la Colombie, il faut s’interroger sur les solutions, inventer la démocratie.

    Publié 2008 mars J Amérique latine Modifier Maintenant que le stade aigü de la crise paraît un peu dépassé, je voudrais que nous réflechissions ensemble à ce qu’elle nous enseigne. Ma propre position politique n’est pas une adhésion sans condition aux méthodes des FARC, loin de là. Fondamentalement tous ceux qui mènent le processus révolutionnaire bolivarien en Amérique latine à commencer par Chavez n’adhèrent pas plus à la stratégie des FARC et on ne peut pas les accuser d’apporter un soutien au FARC, alors que comme nous allons le voir la proposition de Chavez est d’en finir avec ce type de lutte.

    Même les Cubains qui ont pris le pouvoir avec une guérilla et l’ont longtemps prônée ne sont pas en accord avec les séquestrations d’otage. On peut dire qu’aujourd’hui les révolutionnaires et les communistes d’Amérique latine pensent que les FARC ont commis des excès dans une lutte de guerilla de quasi un demi siècle. Leurs motifs pour la lutte sont nobles et valables mais la séquestration d’otages politiques, peut les isoler. Pourtant dénoncer les FARC sous ce seul prétexte est une sacrée hypocrisie. Qui connaît un peu la réalité colombienne, sait que les paramilitaires ne séquestrent pas, ils assassinent et les chiffres de leurs meurtres, viols, massacres de syndicalistes, de journalistes, de pauvres paysans et d’enfants des rues sont considérables. Durant tout le temps où a duré la guérilla il y a eu de nombreuses tentatives pour promouvoir la paix en Colombie. Mais toujours la violence a repris sous une triple influence, celle d’une oligarchie qui veut continuer à exploiter, des trafiquants de drogue et surtout des Etats-Unis qui savent que ce chaos est la meilleure chance pour avoir une base pour leurs mauvais coup dans toute l’Amérique latine. Le thème de la Colombie comme Isräël du sous continent a été omniprésent dans cette crise. Et cette exaspération des tensions internes et de la violence envers ses voisins ne date pas d’aujourd’hui, c’est pourquoi les Etats-Unis portent la responsabilité entière de ce qui se passe depuis cinquante ans en Colombie. ils ont trouvé en Uribe un valet docile tant qu’on le laisse lui et l’oligarchie continuer ses trafics. L’assassinat de qui les gêne est la forme naturelle d’un tel pouvoir.

    La conclusion me paraît donc être celle que l’on trouve déjà dans le dernier texte de Fidel, il ne faut jamais faire ce que veut l’adversaire, ce qu’il veut c’est la peau de Chavez pour en terminer avec le processus d’unification révolutionnaire bolivarien, et pour cela il lui faut la guerre : donc il faut lui imposer la paix. C’est comme cela aussi qu’il faut analyser l’apparente réconcialiation du sommet de Saint Domingue, quelques clés d’analyses. Danielle Bleitrach

    Avec l’arrivée d’ Uribe, la volonté active des Etats-Unis de tabler sur les paramilitaires et mafias, a trouvé son homme : ils ont en quelque sorte été placés à la tête du pays. Ce n’est un secret pour personne, les paramilitaires ont affirmé qu’ils “n’ont aucune divergence avec l’Etat, et travaillent avec les mêmes objectifs” l’imbrication est surtout forte avec l’armée, ils sont actifs là où l’armée est présente.

    A partir d’une campagne médiatique feroce contre les guérillas et la gauche et avec la participation approximative de seulement 20-30% des votants, dans les dernières élections le pole Démocratique d’uribe était assuré de la victoire. Il y eut seulement 5% de votants dans les zones paysannes qui sont en majorité celles des guérillas.

    Pour la population cela s’est traduit par des drames, plus de 60% des Colombiens vivent dans la pauvreté et la racine de la violence est là. La population fuit les exactions, on estime à 3 millions le nombre de déplacés sans compter ceux qui se sont réfugiés à l’étranger environ 4 millions.

    La Colombie est devenue le fer de lance contre une Amérique latine rebelle et en train de construire processus d’unité bolivarien . Elle ne peut l’être que dans une situation de violence qui n’est pas produite par les FARC mais dont ils sont le résultat. C’est dans un tel contexte que se place le processus d’échange des otages dans lequel sont impliqués personnellement le président français et venézuélien. ce dernier ne cesse de subir la pression de la Colombie, d’où partent de multiples tentatives de déstabilisation, des incursions de sabotage et même des enlèvements.

    Chavez cherche depuis toujours à en finir avec la menace que les Etats-unis font peser sur lui via la Colombie , il propose une solution de paix, le vendredi 11 janvier 2008 il propose devant l’Assemblée vénézuélienne “la reconnaissance des Forces armées Colombie (FARC) comme force belligérante.” Il ouvre ainsi non seulement un débat sur la Colombie mais sur bien des situations dans le monde. Il s’agit de faire des forces dites terroristes les FARC mais aussi le Hamas, le hezzbolah, des acteurs politiques et de les intégrer donc à un processus de négociations politique.

    Une telle position part d’une analyse qui n’est pas dite mais qui considère que ce qui produit le terrorisme est la misère, la négation des droits des populations et à ce titre l’ingérence des multinationales et des milieux financiers est un terorisme bien plus préjudiciable. De surcroît dans la définition du terrorisme que veulent imposer les nord-américains sont confondus des organisations criminelles et d’autres qui loin de nuire à leur population ont en vue l’indépendance nationale. C’est sur cette vision du monde que se regroupent des pays qui en Amérique latine ont décidé de reconquérir indépendance et développement endogène avec des méthodes parfois différentes mais avec une volonté plus ou moins commune.

    Il y a donc une volonté de paix assortie d’une réflexion en profondeur sur les conditions réelles de la démocratie. Le gouvernement colombien a rejeté immédiatement la proposition de reconnaissance des FARC comme force belligérante et a insisté sur la voie militaire pour les extirper comme « un cancer » afin que la Colombie devienne « un pays sans terroristes » en 2010. L’initiative de Chavez a été critiquée comme constituant une intervention dans les affaires internes de la Colombie. Le porte-parole du Département d’État des etats-Unis Sean Mc Cormack, a rejeté le 14 janvier la proposition de retirer les FARC de la « liste des organisations terroristes ». L’Europe a suivi.

    Quand on ignore ces enjeux et le contexte, on ne comprend pas la situation et les multiples tentatives de destabilisation menée par les Etats-Unis avec l’aide de la Colombie. Avec Raul Reyes les terroristes d’Etat ont assassiné le médiateur, le négociateur de la Paix et ils ont retardé et compliqué la libération d’Ingrid Bétancourt, qui était en train d’être négocié avec un envoyé du président français et Chavez, Uribe envoya un message : il ne laisserait jamais s’installer la paix nuisible à ses intérêts personnels, à ceux de sa classe et de son maître étasunien. C’est au peuple Colombien à demander des comptes à Uribe. Ses voisins peuvent oeuvrer pour la paix sans prendre position sur ce qui est une affaire interne, mais ils ne doivent pas tolérer la moindre incursion pour porter la guerre hors des frontières.

    Je ne peux m’empêcher de voir la main de Cuba dans la manière dont cette ligne a fini par être adoptée par tout le monde à partir du moment où une victoire avait été remportée, en effet si l’ennemi veut la guerre il faut lui imposer la paix, mais une paix qui te laisse maître et souverain de ton propre pays, sur cela ne céder à aucun prix. Cela fait pratiquement cinquante ans que Cuba mène cette stratégie. Dans un état de dyssimetrie total, l’île n’a jamais cédé un pouce de souveraineté et imposé le respect à l’énorme adversaire. Elle a obtenu que ne soit pas livré une bataille inégale, gagné un combat sans avoir à combattre par la construction d’un rapport de forces et l’extrême mobilité de ses réactions.

    cette bataille a été menée de la même manière :
    - Victoire des peuples avec l’audience des défilés contre les paramilitaires et pour la paix, en Colombie plus de 300.000 participants dans des conditions dont nous venons de voir les difficultés et la peur.
    - Victoire de l’unité d’un continent, grâce à la fermeté, à la dignité du jeune président équatorien rafel Correa la démonstration a été faite des mensonges d’Uribe et de sa volonté de guerre. Il a du s’engager à respecter la frontière de ses voisins. Les etats-Unis ne sont pas arrivé à diviser les “durs” et “les modérés”, le processus d’unification n’a pas été brisé. Et ce malgré un déchaînement sans précédent de la presse et des médias aux mains de l’oligarchie, la pression a été considérable sur les chefs d’Etat, ils ont tenu bon. rencontre du sommet du groupe de Rio à Saint domingue

    http://www.youtube.com/watch ?v=FScY… Regardez bien cette video et vous comprendrez que c’est Chavez qui a gagné en imposant la paix : “Nous avons encore le temps d’arrêter un tourbillon que nous pourrions tous regretter”.

    C’est une étape, un pas comme le disent les latinos, mais il est bien évident que rien n’est réglé, les FARC ont perdu deux de leurs dirigeants mais pour la première fois leur cause a commencé à briser le mur de mensonge érigé autour d’eux et du drame venu par les Colombiens. Il est probable qu’il va y avoir d’autres épisodes, ici et dans le reste du monde mais c’est une ligne politique suceptible de rassembler qui s’est dessiné, elle nous concerne aussi. danielle Bleitrach


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