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Un point de vue communiste

Sortir la France de l’Union Européenne du grand capital ! - Texte unitaire : PRCF URCF RCC

samedi 20 février 2010, par Comité Valmy

Nous publions ce texte sur le site du Comité Valmy parce qu’il appelle fort justement, au retrait de la France de l’Union Européenne et relève de plus, d’une recheche de rassemblement des communistes de notre pays, sur une ligne politique cohérente et adaptée aux conditions concrètes de notre temps.

A titre personnel et en tant que militant communiste, je considère cependant, que certains aspects de cette analyse mériteraient d’être approfondis. Claude Beaulieu



Lors du référendum de mai 2005 sur la constitution européenne, 55% des citoyens ont voté non. Lors des élections européennes, 60% des électeurs se sont abstenus, rendant les eurodéputés non représentatifs. Il est clair que les peuples, et notamment le nôtre, REJETTENT de plus en plus la “construction européenne” sur la base de leur expérience.

En effet, l’UE est de A à Z, une construction antisociale, impérialiste, réactionnaire, et fascisante :

- « antisociale » :

Aucune mesure de l’UE n’a été favorable au monde du travail : retraites, Sécu, indemnités chômage, services publics, droit du travail, tout est ciblé par le grand capital au niveau européen avec le relais de Bruxelles ; rien d’étonnant à cela puisque « l’UE est une économie de marché ouverte sur le monde où la concurrence est libre et non faussée ». Ainsi le capitalisme, sous la forme d’un libre échange débridé pour le seul profit des trusts, interdit le “social” : avec l’UE, la classe laborieuse est condamnée à une posture défensive, à voir rogner ses conquêtes les unes après les autres, quoi qu’en disent les collabos de la Confédération Européenne des Syndicats.

- « impérialiste » :

Dès son origine, l’UE a été un cartel d’Etats impérialistes européens sous la houlette des USA dans le cadre de l’OTAN, pour consolider le système capitaliste à l’Ouest et renverser le socialisme à l’Est. Aujourd’hui, et dans la même relation aux Etats-Unis, l’UE et l’OTAN étendent leur mainmise impérialiste sur les pays de l’ex camp socialiste après la contre-révolution bourgeoise en Europe centrale et orientale, cela sans résoudre les contradictions inter-impérialistes : au contraire l’UE renforce les contradictions entre les impérialismes, faisant courir le risque d’une nouvelle guerre mondiale, tandis qu’elle est tournée contre les peuples du Tiers Monde, dont les populations sont traitées comme des néo-colonies, dont les richesses naturelles sont pillées, et dont les ressortissants sont discriminés ;

- « réactionnaire » :

L’intégration européenne est une arme politique contre l’expression des souverainetés populaires, comme en témoigne le mépris du suffrage universel que constitue le refus des résultats des référendums en France, aux Pays-Bas et en Irlande. C’est le sens des attaques idéologiques permanentes contre l’héritage de la Révolution démocratique bourgeoise française , de la volonté de placer l’UE sous la référence au christianisme, de criminaliser le communisme pour effacer de la mémoire des peuples la Commune de Paris, la Grande Révolution socialiste d’Octobre, le Front populaire, la résistance armée antifasciste des FTP, la victoire de l’URSS contre le nazisme, les acquis de 1945/47,obtenus grâce au rôle central du PCF pour faire appliquer le programme du Conseil National de la Résistance.

Il s’agit par là d’empêcher que les peuples s’approprient la seule alternative possible au capitalisme, le socialisme. Et si, malgré tout, c’était le cas, l’OTAN se déchaînerait. Comment pourrait-il en être autrement, alors que l’UE est conçue par le capital financier et les monopoles pour la gestion exclusive, égoïste, apatride de leurs intérêts ? C’est ainsi que chaque oligarchie financière se partage des segments économiques, au mépris des intérêts populaires et nationaux. L’impérialisme français qui, avec l’impérialisme allemand, cogère l’Union européenne, sacrifie tout ce qui n’apporte pas la rentabilité attendue, donnant la priorité aux prétendus services et à l’exportation des capitaux, entraînant la casse industrielle.

L’UE permet de légiférer en dehors de la pression des peuples dans ce sens exclusivement. C’est pourquoi, par exemple, 80% des lois votées au parlement français sont des transpositions des directives de Bruxelles dictées par les monopoles ; l’UE organise les privatisations (poste, EDF…), ordonne la destruction du système de retraite, interdit de combattre les délocalisations et les privatisations des grandes entreprises par la nationalisation pour maintenir et relancer l’emploi.

C’est aussi pour faire passer la pilule de cette politique régressive - dont toutes les données sur le ressenti de l’UE par les masses populaires montrent qu’elle est rejetée massivement - que l’UMP, qui s’évertue à casser la souveraineté nationale par la soumission à l’UE, utilise aussi la xénophobie et le racisme d’Etat pour diviser les travailleurs. Pour cela, le scandaleux ministère de l’identité nationale et de l’immigration a pour rôle objectif de stigmatiser les Français d’origine non européenne en niant l’enrichissement que leur présence apporte à la nation.

- « fascisante » :

des forces politiques poussent à l’utiliser comme une machine à réprimer les communistes et les syndicalistes. Alors que l’extrême-droite se développe de l’Italie (où les néo-mussoliniens sont au pouvoir) aux Pays baltes (où les ex-Waffen SS paradent), des textes européens prétendent criminaliser les PC et la lutte anticapitaliste ; le Pape, ancien des Jeunesses hitlériennes et admirateur de son prédécesseur fasciste Pie XII, prend une place majeure dans le dispositif idéologique de l’UE ; l’armée européenne est conçue comme une police contre les peuples d’Europe ; l’”Europe blanche” traque les travailleurs venus d’Afrique tout en laissant les milliardaires européens exporter sans limite leurs capitaux ; quant aux scrutins disant NON à l’UE, ils sont contournés et ignorés (France, Irlande, Pays-Bas…) ; le caractère policier des Etats se renforce et, au nom de l’UE, se met en place un appareil répressif sans aucun contrôle.

Quitte à pourrir la vie de 80% du peuple de France, les Sarko, Parisot et Cie veulent co-piloter l’Europe avec A. Merkel pour permettre au CAC 40 de gagner plus en exploitant plus. Fidèles gestionnaires du Capital monopoliste, les dirigeants du PS comme Strauss-Kahn et Lamy gèrent la mondialisation capitaliste (FMI, OMC) ; les autres - comme Jospin en son temps mettant en place les privatisations (France Télécom, Air France…) et l’euro - s’apprêtent à continuer la même politique que Sarkozy en s’abritant derrière Bruxelles. Les Verts, derrière Cohn-Bendit, sont prêts à leur prêter main forte, pour tous les mauvais coups en préparation. L’Europe « sociale » n’est qu’un mensonge, dont les états-majors syndicaux se font le relais, pour leurrer les travailleurs. On ne “démocratise” pas une construction réactionnaire de A à Z, on la combat.

L’extrême droite ment quand elle se dit anti-européenne, alors que le FN a voté l’Acte unique européen en 86. En fait, pour récupérer les acquis sociaux, l’industrie, les services publics, la souveraineté, pour la défense de la culture, cela nécessite un combat politique conséquent pour SORTIR de l’UE, cet instrument au service de l’oligarchie financière.

Refusant le combat pour sortir de l’UE, les « euro-constructivistes » n’auront d’autre alternative que de plier devant les diktats de l’UE et à terme, comme le PS, de se mettre au service des intérêts des trusts en Europe abandonnant leur programme, comme le PS l’a fait en 81 puis en 1997…

La lutte pour la sortie de l’UE est indissociable de la lutte pour le socialisme, une société où le travailleur est au centre de la vie politique au lieu d’être traité comme un mouchoir jetable. C’est une condition sine qua non pour que la volonté populaire, la souveraineté, puisse être respectée !

La rupture de notre pays avec cette prison des peuples susciterait la sympathie de millions de travailleurs sur tout le continent. Cette construction impérialiste serait frappée au cœur, et l’initiative passerait du côté des peuples, pas seulement en France.

Notre pays pourrait nouer de nouveaux accords internationaux progressistes, respectueux du progrès social, de l’équilibre écologique, de la culture et de la souveraineté des peuples. Loin d’être un repli nationaliste, ce serait un acte d’internationalisme prolétarien.

Une vie meilleure est possible pour les travailleurs : l’alternative anticapitaliste est indissociable du combat contre l’UE, du combat pour le socialisme en France et en Europe !

10 Messages de forum

  • L"histoire a déjà répondu. En 1981 le Programme commun, n’a pas tenu un an sous la pression de la contrainte extérieure (la mondialisation libérale existait déjà depuis 1973, comme l’avait signalé J.P. Sartre en 1977, que vous avez justement rappelé. Trois dévaluations successives ont contraint Mauroy a ouvrir la parenthèse (jamais refermée) ! La France seule ne peut rien faire. L’Europe est une nécessite. Heureusement l’Europe existe, et avec l’Euro. Evidemment, comme les peuples le disent quand on les interrogent directement, il faut une autre Europe ! Appliquant en particulier la"préférence communautaire". Il est, hélas, bien tard ! Claude Laigle http://socialismeenavant.monsite.orange.fr
    • En effet, l’Histoire a déja répondu...

      A moins que vous ne teniez pour rien la période 1958-1969 durant laquelle la France, seule, a reconstruit son économie, son indépendance et son avenir pour les deux décénies qui ont suivi...

      Seriez-vous négationiste ???

      Pas très cdt, Yves 93.

      • Excusez-moi, mais 1958-1969 c’était avant 1973. Avant la mondialisation libérale, le libre-échange généralisé, le monde zône unique de libre-échange, l’économie ouverte, etc.. Revenez sur terre ! (Je suis de gauche et soutient Dupont-Aignan)
      • ouais, plutot facile pendant les 30 glorieuses, la plupart des pays du monde ont fait la même chose... mais en effet l’histoire nous montrent bien les résultats catastrophiques en matiere d’ecologie (pauvre danube, mais le rhone et le rhin sont à peine mieux) de respect des peuples et des cultures (dur dur po les mongs, les amerindiens, les homos, les mystiques...) etc...etc... dsl mais l’union fait la force sortir du grand capital : oui , mais s’isoler c’est aller direct à la faillite et au totalitarisme. n’oublions pas ce vieil adage, tres utilisé aujourd’hui : "diviser pour mieux rêgner"
        • Plutôt "unir pour mieux rêgner", dans ce cas ! L’Union Européenne est un carcan dans lequel les nations se retrouvent dans un cadre absurde et anquilosé, à la merci d’un directorat vendu au grand capital et au néolibéralisme.

          Ne savez-vous donc pas que les États-Unis ont été derrière la construction européenne à tout moment, depuis le début de la guerre froide en passant par Kissinger et Bush jusqu’a ce cher Obama qui félicitait les eurocrates pour avoir obtenu le Traité de Lisbonne ?

          L’union européenne n’est qu’un carcan absurde qui sape les forces des peuples et des pays. Voyez plutôt : La croissance de l’économie dans la zone euro est la plus basse de la planète, et la crise y a été la plus forte. Encore heureux que l’euro nous "protège" !

          L’UE et l’OTAN sont les deux fils d’une épée néolibérale au service du grand capital.

  • Je rappelle en complément que la Préférence européenne communautaire qui était très contraignante et reconnue par la Cour de Justice européenne a été abandonnée en 1973 à l’arrivée de la Grande-Bretagne sur sa demande ! Terrible année 1973 où sont apparus le chômage (devenu rapidement de masse) et le déficit public (c’est-à-dire l’impuissance publique). Il y a près de quarante ans ! De moins en moins de gens s’en souviennent. Claude Laigle
  • Depuis que notre pays est atteint par toutes ces plaies (délocalisations et chômage, privatisation des services publics et étranglement de ceux qui restent, rentabilité flexibilité avec suicides à la clé, dérèglementation, mise à mort du code du travail, hausse des prix, j’en passe et des meilleures...)je ne vois pas la touche BIENFAISANTE de l’UE !

    Mais il y en a encore qui croient en elle comme on croit en Dieu !!! C’est merveilleux, les travailleurs eux-mêmes se réclament d’elle. Quel besoin aurait le Capital de faire de la publicité, les victimes elles-mêmes sont consentantes et satisfaites.

    Quant au problème de l’édification de cet impérialisme il faut être très prudent car le choc des impérialismes est toujours possible et nous ne sommes pas sûrs d’en sortir vainqueurs.

    Où sont les côtés positifs ?

  • Pas d’accord, aussi longtemps que nous n’aurons pas imaginé un nouveau type d’économie sans argent. Beaucoup de nos contemporains imaginent que l’argent est une richesse, alors que ce n’est à l’origine qu’un outil. Définissons d’abord ce qu’est le travail sans faire référence à la rémunération. Parce qu’on ne travaille pas "pour de l’argent" mais pour donner sens à sa vie, ou encore pour être ensemble sur un projet commun, pour coopérer à l’amélioration des conditions d’existence. A cause de l’argent, tout effort est annulé soit parce que le PIB est prioritaire, soit parce que le plan comptable utilisé n’est pensé qu’en fonction de la consommation.

    En 2002 j’ai osé voté pour le pen uniquement parce qu’il voulait sortir la F. de l’U.E. et que je me suis dit que si la F. revenait à son franc, ça déséquilibrerait si fort l’économie mondiale que nous détruirions le "grand capital". Ayant appris mon calcul, il a précisé au 2ème tour qu’il ne changerait pas de monnaie !

    Comme je ne veux plus d’argent sur la terre (je lui attribue tous les vices) ce matin je suis allé à l’ANPE pour suggérer que nous cultivions les bas-côté des routes. En effet, je constate que les plus démunis ont peur pour leur survie. Ils semblent avoir bien compris mon message puisqu’ils m’ont suggéré de passer une annonce "embauche pour faire la révolution"(mais personne n’a bougé) Ce qui m’importe c’est que les politiciens prennent la mesure du désespoir. Je ne cherche pas à faire LA révolution je cherche à transformer le monde, à y installer la justice.

  • L’Europe a été construit par et pour les bourgeois qui voyaient surtout un intérêt économique à la fusion des nations capitaliste les plus riches du monde. Pas une Europe sociale pour la prospérité des masses. Je doute que les types qui ont construit l’Europe ou qui la construise, imagine seulement, la réalité du quotidien avec un salaire minimum ou des allocations chômage. C’est à nous de saisir l’opportunité européenne sans complexe pour construire une internationale sociale alternative a l’internationale libérale capitaliste. constituant pour cela, au sein du parlement européen avec les élus de gauche, des alliances économique concrètes avec les pays socialistes ou communistes émergents d’Amérique du sud, d’Afrique et d’Asie, sur tous les secteurs de la production des biens et des services, en passant par les assurances sociales et les conventions syndicales. Court-circuitant sans scrupule les accords libéraux délétères pour les services publics et le bien être des populations, à coups de milliards de yuans chinois, de millions de barils de pétrole vénézuélien ou de millions de tonnes de gaz bolivien.
  • Je suis d’accord avec l’ensemble du texte mais je pense vque dans un premier temps il est nécessaire de rassembler les forces de la vraie gauche : c’est à dire ceux qui ont appelé à voter contre aastrich, contre la constitution européenne mçemer si nous n’avons pas tous la même vision philosophique de l’avenir, nos divergences pourront s’affiner ultérieurement. Il est urgent de sauver et de retrouver les acquis sociaux donc se débarrasser localement et nationalement des requins et des faux-jetons. c’est pourquoi j’irai voter pour un rassemblement de gauche même si dans ce premier temps ce n’est pas la panacée. éliane

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