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Source : Site cgt-egp-dreux - http://cgt-egp-dreux.over-blog.com/

La Scop : un modèle de reprise alternatif, les salariés de PHILIPS Dreux devraient y penser. Clotilde Mathieu

mercredi 6 janvier 2010, par Comité Valmy

Le Comité Valmy qui est solidaire de la lutte des salariés de Philips, est favorable à la vision développée dans cet article.

Cela est précisé implicitement dans cet extrait des propositions de notre Comité : Dans l’état d’urgence actuel que connait la France, une économie comportant une part de mixité nous apparaît souhaitable et à l’ordre du jour, dans le contexte d’un nécessaire compromis historique républicain.

Cela se traduira par la coexistence d’un secteur public décisif et d’un secteur privé non hostile à la nation ainsi que par l’existence d’entreprises à capitaux mixtes. Le développement de la participation, prévue dans le programme du CNR et dont nous avons une vision intégrée à la lutte des classes, l’autogestion et le mouvement coopératif seront également favorisés, en particulier lors des abandons d’entreprises par les patrons et de délocalisations. CB



Voir en ligne : propositions du Comité Valmy

Encore peu connu du grand public, le secteur coopératif présente des avantages sociaux et une gestion plus démocratique que le privé en cas de transmission d’entreprise. En novembre, plus de 1 000 manifestations seront organisées en France pour promouvoir l’économie sociale et solidaire. Ce secteur encore peu connu du grand public représente 9 % des entreprises qui emploient 10 % des salariés, soit 2 millions de personnes, au travers des coopératives, associations, mutuelles, fondations, structures d’insertion. Un modèle économique pensé il y a plus d’un siècle, en pleine Commune, qui tente de tordre le coup à la « religion de la création de valeur pour l’actionnaire ».

Parmi ses nombreuses activités, la reprise d’entreprise par les salariés en Scop (société coopérative de production) constitue une réponse à l’enjeu majeur de la transmission d’entreprise. En quinze ans, ce sont 700 000 à 900 000 entreprises qui devraient être transmises, avec plus de 300 000 emplois à la clé. La reprise par les salariés (RES) ne représente aujourd’hui que 14 % des successions, contre 26 % de transmissions à un tiers et 48 % à un membre de la famille du dirigeant, 12 % d’entre elles cessant définitivement leur activité faute de repreneur. Si elle n’est pas encore entrée dans les mœurs, la RES constitue une véritable solution pour les salariés qui connaissent parfaitement le métier et ont déjà une relation avec la clientèle pour reprendre en main leur outil de travail et conserver ainsi leur emploi. Le RES se fait bien souvent sous la forme d’une Scop, particulièrement adaptée à cette forme de reprise. Régie par les principes coopératifs, au moins 51 % de ces Scop sont détenues par les salariés, qui disposent de 65 % des droits de vote. Les décisions se prennent en assemblée générale selon le principe démocratique « une personne = une voix » (il s’agit notamment de prendre les grandes décisions stratégiques de l’entreprise, d’élire les dirigeants, gérants ou le conseil d’administration). Les bénéfices vont d’abord aux salariés et à la consolidation financière de l’entreprise.

La Scop apparaît aussi comme un modèle socialement plus juste. D’une part, la création d’emplois y est beaucoup plus importante que dans la moyenne des entreprises. Sur les cinq dernières années, les Scop ont augmenté en moyenne leurs effectifs de 10 %, contre 2 % pour les entreprises classiques. D’autre part, les coopératives de salariés ont un effectif moyen de 22 salariés, contre 9 pour les entreprises traditionnelles. Enfin, les salariés touchent dans une Scop un salaire annuel moyen de 35OOOeuros, contre 30000 dans les autres entreprises.

Mais ce modèle, qui montre des avantages sociaux importants, souffre d’un important problème de financement, souvent à l’origine de défaillances d’entreprises et d’une tendance générale au sous-investissement. D’abord parce que l’autofinancement y est insuffisant. Les coopérateurs sont souvent réticents à investir leurs économies dans l’entreprise. Ensuite, les investisseurs sont rarement intéressés par les coopératives. Reste l’endettement. Mais bien souvent les banques ne prêtent que si la Scop peut financer une partie de ses investissements grâce à ses fonds propres. La boucle est bouclée. Une appréciation à nuancer cependant, une étude d’Oseo, la banque publique de financement, indiquant qu’un ancien salarié de l’entreprise a deux fois plus de chance de réussite qu’un repreneur extérieur.

Clotilde Mathieu

3 Messages de forum

  • Nous posons la question : pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ?

    Quelle est l’entreprise où, les salariés, tous les salariés, seraient d’accord pour se saborder en délocalisant l’outil de travail dans des pays où les dits salariés sont encore plus exploités qu’il est prévu qu’ils le soient, grâce à la mise en oeuvre, si on peut dire !, du traité de Lisbonne et de ce qu’il offre comme (non) avenir au monde du travail, quelqu’il soit, dans l’empire euro-germano-atlantique.

    Nous savons très bien que l’Europe sociale n’existera jamais, car, les 26 pays qui font cette mosaïque de nations ne sont pas et ne seront jamais d’accord sur une politique de progrès social telle que nous l’avons vainement espéré, et telle que nous avons commencé de la mettre en pratique à la Libération.

    Soit nous réfléchissons, mais vite, à la construction d’une mutation de société, une réelle mutation, soit, nous allons à notre perte définitive de liberté et serons rapidement et de plus en plus, dans une société d’esclaves, au service du seul profit financier, du productivisme et du consumérisme, voulue et organisée au seul profit des sociétés transnationales...

    Où est le peuple, assez fou, assez suicidaire pour refuser l’essai d’un autre choix de société, tant sur le plan politique que social, si on le lui propose ?

    La question ne vaut-elle pas la peine d’être posée ?

    http://www.comite-valmy.org/spip.php ?article413

    Soyons pour la République du demos et non du cratos...

    Geneviève

  • Je suis partante pour offrir quelques soussous aux Scop. J’ai de l’argent à la Nef, je peux faire le transfert. Attention, je n’ai pas 800 euros de retraite mais en attendant que cela cesse, ayant des revenus réguliers, il me semble nécessaire d’être solidaire (et n’oubliez pas de faire de la place aux sans-papiers) La terre appartient aux humains et non aux institutions comme les Etats, les entreprises, et ceux qui veulent commander.
  • Je suis favorable, séduit par le modèle SCOP, notamment sur le volet un homme égale une voix. Mais il y a des réserves...cf la chute de cette analyse :

    Le contrôle ouvrier mis en place par les camarades de Philips doit être soutenu pour ce qu’il est : une arme de lutte radicale, porteuse de l’idée d’un avenir différent et surtout meilleur. Mais il ne doit pas laisser croire qu’on pourrait ainsi réformer le capitalisme. Les SCOP (qui reviennent bien à la mode) sont des entreprises capitalistes comme les autres, soumises au marché et à la concurrence, où la division du travail est parfaitement capitaliste. "En France, les SCOP sont nombreuses, fonctionnent comme des entreprises capitalistes, avec dirigeants et exécutants, recherche de marchés, limitation des salaires, utilisation de la précarité (CDD, intérim), comme n’importe quelle entreprise. Normal quelque part : on est dans le jeu de la concurrence et du marché ! Alors ne nous trompons pas, ne fantasmons pas... L’économie dite "sociale" (dont les SCOP font partie) n’est qu’un des volets de l’économie capitaliste."

    Lire l’intégrale ici :

    http://ouvalacgt.over-blog.com/article-controle-ouvrier-pour-l-emploi-a-philips-dreux-c-est-le-capitalisme-qui-est-en-cause-42838145.html

    Voir en ligne : contrôle ouvrier


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