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11 mai 2014

ZRR éclairées par Alstom : Protéger le Patrimoine National ou préparer son bradage ?
Jacques Maillard , élu à la CA du SNCS

vendredi 7 juin 2019, par Comité Valmy


ZRR éclairées par Alstom :
Protéger le Patrimoine National ou préparer son bradage ?

Une apparente contradiction semble exister entre la paranoïaque création de « Zones à Régime Restrictif » dans tous les laboratoires de recherche du CNRS et de l’Université, et la vente systématique de toutes les capacités industrielles de notre pays à des intérêts étrangers.

D’un coté, dans la plus grande opacité (« secret militaire » oblige), sont imposées des « zones à régime restrictif » dont l’accès est totalement restreint, hypermilitarisé : demande préalable 15 jours au moins pour toute visite, avec vérification par les autorités militaires, demande d’autorisation préalable pour toute publication (en violation du code de l’éducation qui prévoit « totale liberté d ’expression pour les chercheurs, enseignants et enseignants chercheurs), poursuite pénale avec peines de prison et amendes en cas d’infraction... Ceci dans le but de « protéger le patrimoine scientifique et technique national ».

D’un autre côté, des activités fondamentales pour la nation sont bradées, vendues, démantelées, au nom de l’Europe, de la libre concurrence, du marché, et ce bradage sera accéléré par le traité en cours de « négociation » entre Bruxelles (qui a reçu un mandat en blanc de tous nos gouvernements , qui feront hypocritement porter toute la responsabilité sur l’UE une fois les conséquences imposées) et les USA.

Le démantèlement d’Alstom est typique .
On nous présente une seule alternative :

-Siemens d’un coté, alors que l’Allemagne s’apprète à fermer toutes ses centrales nucléaires. Or la partie classique et le transport d’énergie sont des pièces cruciales, stratégiques du système de production d’énergie.

-General Electric de l’autre, qui produit des centrales « à eau bouillante » (l’eau du cœur est envoyée directement dans la turbine du réacteur), cherche manifestement à s’installer en France. Rappellons que ce type de centrale fut vendu par General Electric à TEPCO pour la centrale de Fukushima...
Dans les deux cas, la distribution de l’électricité et à terme sa production, passeront sous contrôle de multinationales étrangères. Et avec elles, les collaborations que la recherche publique peut avoir avec les entreprises et services publics aujourd’hui.

Le traité EU-USA demain et les traités européens exigeront de la France, après avoir exigé privatisation et démantèlement, mise en concurrence avec toutes les multinationales : je parie, comme dans une autre affaire nucléaire (le projet appellé « Rubbiatron »), qu’une grande partie des opposants à l’énergie nucléaire, approuvera alors cette énergie, s’il est lié à un choix d’une multinationale étrangère.

L’argument sur la « protection du patrimoine scientifique et technique » est donc non crédible. Si on exclut la préparation d’une guerre très proche, il ne reste qu’une possibilité : Pour préparer la mise en œuvre de ce grand bradage de tout le potentiel scientifique et technique de la recherche publique (qui a déjà été fait dans beaucoup d’autres entreprises et services publics), il faut alors empêcher que les personnels, en premier les chercheurs, s’apercevant de cette destruction/abandon/bradage, résistent et ne mettent des bâtons dans les roues en publiant ce qui pourrait être publié, ou en publiant des articles critiques qui gêneraient les prochains acquéreurs, etc.

Ce grand bradage s’accompagne aussi de son démantèlement, de sa destruction, s’il s’avère que ce patrimoine mettrait en danger, même à l’état comateux, la puissance de l’empire dominant. Ainsi s’explique cette volonté de maintenir, de multiplier, en matière scientifique, le recours systématique et unique à l’anglais pour tous les cours scientifique, au mépris de la constitution, des intérêts nationaux, de notre culture, de l’instruction de la population. Imposer la langue des seuls pays qui aujourd’hui refusent l’usage du système métrique à notre pays qui mit en place le système de mesure international (et dont la langue internationale est le français), montre bien le niveau de corruption, de trahison et d’inculture de nos dirigeants, scientifiques, politiques, économiques.

Nous avons donc aux commande du pays des personnes qui sont des « liquidateurs », après en avoir organisé la faillite.

Note :Ce dispositif est aussi en opposition avec toutes les traditions scientifiques et académiques, qui nécessitent ces échanges, ces discussions, permanentes, libres et ouvertes.

Dans la fin du XVIIIème siècle, en particulier lors des conflits de la révolution et de l’empire, les scientifiques avaient des laisser-passer valables en temps de paix et guerre. L’amiral Jurien de la Gravière raconte dans ses mémoires qu’il revint en France en 1794 en passant par Londres, au retour d’un voyage d’exploration dans les îles du Pacifique.

Alexandre de Humbolt, dans sa relation de voyages en Amérique du Sud à la même époque, relate aussi être passé de vaisseaux de guerre espagnols à des bâtiments anglais, en transportant son matériel scientifique. Enfin la convention envoya une délégation de savants au parlement de Westminster pour convaincre ce dernier d’adopter le système métrique... Après la seconde guerre mondiale, des conventions furent adoptées pour que les données produites par des expériences sur les réacteurs et les accéllérateurs soient publiques, sans secret, pour que toute l’humanité puisse progresser, sans qu’un Etat ne s’approprie des avancées dangereuses. C’est donc une fable que de prétendre protéger le patrimoine scientifique en étouffant sa vie et son développement. Il est évident qu’il y a des zones de travail scientifique et techniques qui pour des raisons diverses (terrorisme, militaires, économiques, biologiques...) doivent rester protégées et secrète. Mais leur généralisation, en temps de paix (nous prépare-t-on à la guerre ?) est contre productive, même en terme de sécurité.

Jacques Maillard , Comité Valmy, élu à la CA du SNCS,
11 mai 2014


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