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APPEL POUR LA TENUE D’ASSISES DE LA REPUBLIQUE
Comité Valmy

vendredi 24 juin 2016, par Claude Beaulieu

Datant du 22 septembre 2003, cet appel à marqué une étape dans l’expression de la volonté du Comité Valmy de contribuer à l’élaboration d’un rassemblement républicain, patriotique, social et anti-impérialiste. Cette volonté demeure et se traduit aujourd’hui, dans la contruction de l’Arc Républicain de Progrès.
Claude Beaulieu - Avril 2012


Depuis l’effondrement de l’URSS et du camp qui se réclamait du socialisme, les Etats-Unis d’Amérique demeurent la seule hyper-puissance. Ils cherchent à renforcer toujours plus leur hégémonie à travers la mondialisation. Par tous les moyens, y compris par la guerre dite « préventive », l’Empire américain entend imposer pour très longtemps sa vision géopolitique unilatérale du monde et pérenniser sa domination militaire, politique, économique, culturelle et idéologique. Tous les peuples et nations du monde, dont le peuple américain lui-même, sont menacés par cette politique dangereuse et par la volonté de généralisation de l’ultra-libéralisme économique, qui font de l’impérialisme américain le principal danger d’agression et de guerre dans le monde contemporain.

L’Europe de Maastricht, qui nous est présentée comme s’opposant à cet impérialisme ne fait que le conforter : l’opposition à l’intervention en Irak a été le fait des Etats et non de l’Union Européenne. Cette opposition n’aurait pas été possible dans le cadre d’une politique étrangère européenne commune, puisque la majorité des gouvernements de cette pseudo-Union Européenne sont sous influence américaine.

Cette Europe est un échec économique et politique redoutable. De plus, elle porte en elle le chaos et la violence, dans la mesure où se développe un modèle fédéral et régionaliste très largement inspiré par le modèle allemand.

Dans notre pays, nous observons en effet le développement de mouvements séparatistes ethniques qui utilisent les bombes et le crime, auxquels ne répond que la passivité ou la complicité d’un Etat de moins en moins républicain et national. Dès aujourd’hui, il est manifeste que les pouvoirs du centre supranational européen se situent au-delà du fédéralisme. Nous entrons dans un super-Etat, un empire, dont le centre, qui développe une nature d’un totalitarisme envahissant, est appelé à régner sur des länder.

Ces länder ou régions sont souvent conçus sur une base ethnique, pouvant englober des régions de pays différents. Ouvertement, la France, la Nation et la République, sont dans une phase de démantèlement accéléré. Il est très regrettable, inacceptable, que les responsables allemands favorisent ce type de construction néfaste à la nation française autant qu’à la République ; il est encore plus regrettable que des responsables français accompagnent cette évolution néfaste au nom de la modernité. Si ce processus antidémocratique n’était pas interrompu, il conduirait légitimement à des mouvements indépendantistes et de libération nationale.

Nous appelons le peuple de France à se rassembler pour rejeter ce type d’Europe et à la déconstruire. Nous en appelons en même temps au peuple allemand, sur la base de notre volonté d’amitié et de solidarité entre les peuples. Car si ce modèle d’organisation institutionnelle ne saurait convenir ni à la France, ni aux républicains, nous pensons que l’entente et la coopération stratégiques franco-allemandes sont nécessaires à l’organisation d’un monde multipolaire comme l’ont montré les récents évènements en Irak.

Cette vision de l’Europe fédérale des régions a été imposée jusqu’ici dogmatiquement, et à marche forcée, par une minorité politique, oligarchique, qui, à travers une manipulation politique et médiatique généralisée, partage le pouvoir alternativement entre la dr oite et la gauche fédéralistes, à l’échelle de l’Europe et en France tout particulièrement.

Cette Europe-là n’a d’autre légitimité que celle des oligarchies financières maastrichtiennes, qui disposent des appareils d’Etats et de propagande, de manipulation médiatique et idéologique. Elle doit être déconstruite par les peuples et les nations contre lesquels elle s’établit.

A sa place, une alliance européenne stratégique, non atlantiste, est souhaitable pour une longue période historique. Elle s’enracinerait sur le développement de la solidarité et sur la souveraineté des peuples et des nations, sur la conjugaison de leurs intérêts réciproques et sur la définition méthodique de leurs objectifs communs, sur la construction d’une paix juste, s’opposant tant à la domination des intérêts néolibéraux et financiers qu’aux dangers créés par la multiplication de divers fanatismes et fondamentalismes religieux et politiques.

Cette alliance, constituée sur ces réalités objectives que sont les nations, est nécessaire pour un nouvel équilibre mondial. Comme l’a démontré la résistance à la récente guerre coloniale américano-britannique contre l’Irak, la réalisation d’une avant-garde Paris-Berlin-Moscou serait l’épine dorsale naturelle de cette alliance. Cependant, elle n’a de sens qu’en s’inscrivant, avec les peuples dominés, dans le cadre du combat anti-mondialiste.

Peuple de France,
Depuis des années, les responsables politiques français au pouvoir bafouent la République dont ils se réclament. Depuis des années ils la déconstruisent, ils en détruisent l’unité et les principes, notamment la laïcité. Ces principes sont pourtant le fondement de notre Constitution et le fruit de notre histoire. Comme corollaire de cette pratique antirépublicaine, ils travaillent également, et tout aussi méthodiquement, à détruire la Nation qui serait, selon eux, dépassée.

Ils prétendent parler au nom du peuple mais ne tiennent aucun compte de la volonté de celui-ci. La démocratie, le suffrage universel, piliers de notre société politique, ne sont plus que des faux-semblants que ceux qui prétendent nous représenter ignorent dès que la réponse donnée par les électeurs n’est pas celle qu’ils souhaitaient. La Souveraineté populaire et nationale serait progressivement rejetée dans les poubelles de l’Histoire et disparaîtrait totalement, si notre peuple ne trouvait pas le chemin de la résistance pour mettre un terme à cette politique de trahison de la Nation et de la République.

La prochaine phase de ce renoncement national et républicain est l’élimination par étapes de notre Constitution nationale. Celle-ci serait à terme remplacée par une constitution européenne qui prédominerait. Cette perspective de la disparition programmée de la France au profit d’un super-Etat européen est illégitime et inacceptable. Il est impératif de mettre fin à la pensée unique et au totalitarisme insidieux qui s’installent derrière l’invocation incantatoire des droits de l’homme.

Cette Europe ne correspond en rien à ce rêve qui fut porté par des générations d’idéalistes tels que Victor Hugo. Elle n’est plus qu’un instrument servile aux mains des apôtres d’une société mondialisée, uniformisée et dominée par les seules lois du marché.

La monnaie, particulièrement depuis la création de l’Euro, est au service des intérêts de la finance mondialisée. Le progrès social n’est plus qu’un slogan creux, toujours contrecarré par les soi-disant impératifs économiques. Dans le domaine économique et social, notre pays régresse. Le secteur nationalisé, base économique de l’indépendance nationale et outil de progrès social, est bradé, et les services publics démantelés.

La France, dans ce cadre, n’est plus que l’ombre d’elle-même, une marque déposée utilisée de façon intermittente par les hommes politiques, lorsqu’un besoin de soutien populaire très temporaire leur est nécessaire. Mais le pouvoir est de plus en plus illégitime, marqué par des élections sans grands enjeux entre des partis cherchant plus à être au service d’intérêts économiques minoritaires qu’à celui des citoyens et du peuple, du bien public.

Vouloir retrouver le sens et la portée de la République n’est, dans ce cadre, ni idéaliste, ni dépassé ; c’est tout simplement vouloir rappeler qu’au-dessus des contraintes réelles de la vie politique, au-dessus des divergences d’appréciation bien naturelles au sein d’une collectivité humaine, la souveraineté populaire est le fondement même de la démocratie.

Le peuple français, à plusieurs reprises, a marqué son inquiétude, puis son rejet des orientations qu’on lui impose : le résultat du référendum sur Maastricht ne fut favorable que de justesse aux fédéralistes ; la dernière élection présidentielle indiqua la chute vertigineuse des grands partis fédéralistes (ensemble, J. Chirac et L. Jospin ne rassemblèrent au premier tour, sur leur programme commun maastrichtien, qu’environ 25% des inscrits…) ; le référendum en Corse vient d’indiquer, malgré les pressions, les mensonges et les chantages, qu’il est possible de dire non.

Ce non, il faut trouver le moyen de l’exprimer collectivement. Aucun avenir n’est possible pour notre peuple, pour la France aussi bien que pour une autre Europe, sans retour aux principes de base de la République et de la démocratie, au premier rang desquels la souveraineté réelle du suffrage universel ; les responsables politiques français, en le rejetant, deviennent indignes des fonctions qu’ils occupent.

En ce 60ème anniversaire du Conseil National de la Résistance et de son programme exemplaire, rassembler majoritairement, au-delà du clivage gauche-droite, autour de la Patrie en danger, les républicains, hommes de conviction et de progrès, respectueux de leur peuple, est une urgence politique, éthique et de salut public. L’élaboration d’une Charte Nationale Républicaine, la recherche d’un compromis historique, ouvrent la voie à la convocation aujourd’hui prioritaire d’Assises de la République pour retrouver le sens de la citoyenneté, pour lui redonner sa force et pour qu’elle puisse à nouveau exprimer sa légitimité politique.

Le Comité Valmy appelle, au-delà du clivage gauche-droite, tous les républicains et tous les patriotes de toutes les sensibilités de l’arc républicain, à organiser ensemble les Assises de la République qui traceront une alternative politique nécessaire et crédible.

Comité Valmy
Paris, le 22 septembre 2003.

2 Messages de forum

  • APPEL POUR LA TENUE D’ASSISES DE LA REPUBLIQUE

    17 janvier 2007 18:25, par Christine TASIN
    Bravo et merci pour cet appel... mais qui, aux présidentielles de 2007, est susceptible d’en porter les couleurs ? Ce discours est absent, montré du doigt comme archïque, alors que nombreux sont les Français à penser la même chose. Nous sommes gouvernés par une pensée unique relayée par les médias et les hommes/femmes politiques qui confisquent le débat.. Voyez-vous poindre des solutions ?

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