COMITE VALMY

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Colloque du 10 octobre 09 de l’Arc Républicain de Progrès

La PARTICIPATION prévue par le programme du CNR n’est pas en opposition à la LUTTE DES CLASSES - par Geneviève Blache

samedi 17 octobre 2009, par Comité Valmy


Chers compagnons, chers camarades,

D’abord, permettez-moi de vous brosser rapidement la raison d’être de « Résistance et Renouveau Gaulliste ».

Aujourd’hui, nombre de personnes se réclament du gaullisme, et nous ne pouvons que nous en féliciter. Cependant, peu nombreuses sont celles qui ont, en son temps diffusé, ou diffusent actuellement, toute la philosophie de CDG dans son essence. La connaissent-ils, seulement ? On peut alors penser que le personnel politique, toutes catégories confondues, ou presque, après l’avoir, travestie par ignorance ou opportunité, continue délibérément de le faire.

Sciemment, on a « momifié » CDG dans le rôle du héros du 18 Juin… mais, qui peut être opposé aujourd’hui à cette action patriotique ? Car, sa mystique, dans le sens de croyance absolue autour d’une « certaine idée de la France » nationale et républicaine, était bien plus élevée. Bien au-delà de l’idée, -celle sur laquelle on ne transige pas-, qu’il avait de l’indépendance nationale et du respect du peuple souverain, il espérait pouvoir ériger un vaste projet de mutation de société, englobant participation dans la politique économique et sociale. Il disait de l’économie, « qu’elle est la condition de tout, et en particulier la condition du progrès social. »

Si il y a plusieurs visions du gaullisme, sans les faire toutes siennes, on ne peut, ni ne doit, pour autant, les occulter ou les déformer.

Au début de la guerre, il a déjà analysé ce qu’il appelle une crise de société. Lors du discours fondateur qu’il prononce à Londres le 1er avril 1942, où il ébauche les grandes lignes de sa conception qu’il a de la politique, il soutient une thèse qu’il défendait déjà dans un mémorandum qu’il adressa à des personnalités civiles et militaire le 24 janvier 1940 :

« … c’est une révolution, [il parle de la guerre], que la France, trahie par ses élites dirigeantes et par ses privilégiés, a commencé d’accomplir. Et je dois dire, à ce sujet, que les gens qui dans le monde, se figureraient pouvoir retrouver, après le dernier coup de canon, une France politiquement, socialement, moralement pareille à celle qu’ils ont jadis connue, commettraient une insigne erreur ».

CDG était un révolutionnaire, d’ailleurs, ne le revendiquait-il pas ?

Lorsqu’il dit : « Si une révolution consiste à changer profondément ce qui est, notamment en ce qui concerne la dignité et la condition ouvrières, alors certainement c’en est une. Et moi, je ne suis pas gêné dans ce sens-là d’être un révolutionnaire, comme je l’ai été si souvent. »

Ou, il dit encore, lorsqu’il reçoit Jean Moulin à Londres en 1942 :

« Quand nous aurons gagné la guerre, il nous faudra rendre à l’Homme sa dignité ».

Malheureusement, force est de constater, que l’homme fut souvent trahi, surtout par les siens. La majorité qui le mit au pouvoir, espérait que, après qu’il eut réglé le problème épineux de l’Algérie, où tout le monde s’était bien empêtré, il serait alors l’otage d’une certaine classe conservatrice, et devrait céder alors à leurs exigences. Ayant fait le sale boulot, le risque passé, ou il serait de droite, ou il ne serait pas !

Mais, cela c’était sans compter sur la clairvoyance et la prescience d’une grande majorité du peuple qui le soutenait.

Dès lors, il fallu faire de CDG un homme autoritaire, d’une autre époque, ne se préoccupant pas de l’intérêt du peuple. Avec l’aide d’une partie de son entourage, dévoué au monde libéral, aux intérêts des oligarchies, on a englué le rebelle, qui disait « que la bourgeoisie avait fait son temps, et qu’il fallait associer les salariés au progrès économique et social ».

En juin 1968, il disait encore « La propriété, la direction, le bénéfice des entreprises dans le système capitaliste n’appartient qu’au capital. Alors ceux qui ne le possèdent pas, se trouvent dans une sorte d’aliénation, (…) Non, le capitalisme du point de vue de l’homme n’offre pas de solution satisfaisante. (…)elle, [il parle de la participation] change la condition de l’homme au milieu de la civilisation moderne. (…) C’est la voie dans laquelle il faut marcher. »

Avec d’autres gaullistes de l’Arc Républicain, nous considérons que la participation, telle qu’elle était prévue dans le programme du CNR, non seulement ne s’oppose pas à la lutte des classes que nous constatons en permanence, aussi bien à l’échelle nationale qu’internationale, mais qu’elle est, dans la réalité concrète du combat contemporain pour le progrès social, indissociable de celle-ci.

Il est certain que, l’homme d’État qui considérait que « le libéralisme était devenu une chose inconcevable et insupportable », ambitionnait de combattre la loi d’airain du capitalisme par sa politique sociale. Il représentait un danger pour une grande partie du microcosme politique de la droite à la gauche, ainsi que pour le capital, et la finance, tout cet univers aidé dans sa désinformation par la presse de toutes sensibilités, et de certains syndicats inféodés financièrement à la CIA. D’ailleurs, nous n’ignorons pas qu’après le référendum perdu de 1969, la Bourse a salué l’événement par une envolée des cours spectaculaire, tandis que les spéculateurs s’enrichissaient !

Au Conseil des Ministres du 12 décembre 1962, le Président de la République décline la marche à suivre de l’équipe gouvernementale :

Alors le 1er Ministre de répliquer en aparté :

« ils ont farci la tête du Général de leurs rêveries », [dit-il en parlant de Gilbert Grandval, alors Ministre du Travail, René Capitant et Louis Vallon,] et il ajoutera « il faut le mettre à l’abri de ces billevesées. »

Je ne peux pas terminer mon propos, sans dire quelques mots concernant ce général atypique et inclassable en politique, dont le philosophe marxiste Louis Althusser dit : « Le père de Gaulle, tout de même, il faut y aller voir d’un peu plus près ».

Si, ayant embrassé la carrière militaire, afin de servir la France, il sait désobéir à bon escient le 18 juin, montrant le chemin de la Résistance, qui permettra à la France et aux Français, de ne pas sombrer dans le déshonneur, il sait aussi, à travers son action internationaliste et anti-impérialiste parler aux peuples du monde entier, que ce soit à Phnom Penh, à Mexico, ou le peuple le porta en triomphe, au Liban où, atterrissant à l’aéroport de Beyrouth, on voyait que, pour rendre hommage à sa politique, son effigie y était installée, sans oublier le « Vive le Québec libre », que peu on compris.

CDG, homme universel, rend la France universelle !

Oui, le peuple était fier de l’image de la France, non-alignée, dans une sorte de neutralité, en quelque sorte tiers-mondiste et, internationaliste. La voix de la France était partout reprise, France digne des Lumières et de sa Révolution, sur laquelle le monde entier prend encore exemple.

D’ailleurs, ne dit-il pas à Malraux :

« Il y a un pacte vingt fois séculaire entre la grandeur de la France et la liberté des autres… »

ou encore :

« Si les États-unis deviennent consciemment maîtres du monde, vous verrez jusqu’où ira leur impérialisme. »

J’aimerai donc encore vous citer cette démarche importante, un extrait d’une note qui fut remise le 6 juin 1942, par CDG à Alexandre Bogomolov, ambassadeur de l’URSS à Londres auprès des gouvernements alliés, tirée des archives soviétiques et citée par Henri Christian Giraud. Cette note est destinée à Molotov qui est le ministre des Affaires étrangères de l’URSS en guerre auquel elle a été effectivement transmise.

« L’impérialisme américain se manifeste sous des formes multiples et diverses. Certains de ses représentants raisonnent en terme de domination des USA sur le monde occidental. Ils appellent à la remise directe par la Grande-Bretagne de ses possessions américaines, en particulier sur celles sur lesquelles ont été organisé des bases américaines. D’autres représentants de l’impérialisme économique, désirent que les USA instaurent un mode de vie pour le monde entier, qu’ils contrôlent et gèrent partout les ressources et le commerce. »

Il est plus que temps que le compromis historique se fasse autour de la nation et de la République, en conséquence de quoi, nous pensons que c’est dans le programme du CNR, dont je me suis permis de réactualiser la dernière phrase, que se trouve, à ce jour l’exemple à suivre :

« En avant donc, dans l’union de tous les Français rassemblés autour du programme réactualisé du CNR, selon l’élaboration qu’en ont faite ses membres inspirés par CDG et Jean Moulin, ainsi que par la Résistance intérieure. En avant pour ce combat et sa victoire, afin que VIVE LA FRANCE ! »

Geneviève Blache Résistance et Renouveau Gaulliste Colloque de l’ARP - Paris le 10/10/2009

9 Messages de forum

  • Comme je regrette de ne pas avoir pu assister à ce colloque des forces Patriotiques !,heureusement internet est la qui maintien des liens ,je voudrai dire ce qui a fait de moi un Gaulliste.J’ai été scout et mon Chef scout (Robert Salerno) était un Gaulliste authentique c’était un ami personnel de Christian Fouchet aprés le cessez le Feu du 19 mars 1962 il a tous fait son possible pour ménager les liens entre la France et l’Algérie,l’OAS a essayé heureusement en vain de l’abattre.Pendant cette période je l’avait perdu de vue ,je l’ai retrouvé apres l’indépendance et je me souviens qu’il avait tenu à m’encourager a faire preuve de Patriotisme envers l’Algérie.C’est comme cela que je conçoit le patriotisme.Quand on aime sa Patrie on doit comprendre que les autres aiment leur Patrie c’est aussi cela l’Internationalisme. Vivent les GAULISTES ET LES COMMUNISTES
    • Cher compagnon, merci pour ce message, les encouragements de nos concitoyens nous mettent du beaume au coeur.

      Rejoignez-nous dans le combat, je vous donne mon courriel à toutes fins utiles : pgblache@wanadoo.fr.

      Bien cordialement, G B

    • Je ne comprends pas bien, votre patrie est-ce la France ou l’Algérie ? Je vous pose la question parce qu’un jeune m’a dit en me montrant sa carte d’identité française :"ce n’est qu’un papier, je suis algérien !" . Je serai toujours étonnée par ce rejet de la France, pays d’accueil . Si je me sentais si peu intégrée je suis sûre que je quitterais ce pays, personne ne vous obligeant à y demeurer .
      • "Tout homme a deux patries,la sienne et puis la France"disait Benjamin Franklin.Cette magnifique citation repond parfaitement a l interrogation de Germinal.Pourquoi diable voudrait -on qu un citoyen francais "de preference" selon la belle expression d Aragon ,c est a dire francais par choix et non par naissance renie son pays d origine,celui ou il est ne ?La France n est pas une nation ehnique reposant sur des criteres raciaux ou geographiques mais une nation de citoyens reposant sur l adhesion a des valeurs universelles,la liberte,l egalite et la fraternite. Pourquoi le fait de garder l amour de son pays natal,fut-il l Auvergne, serait-il considere comme un obstacle a l integration dans la Republique Francaise ,son pays d adoption et la preuve d une haine a son egard ? Seuls les nationalistes etroits qui haissent les autres peuples pensent cela. Germinal devrait mediter cette definition du patriotisme et du nationalisme que le general de Gaulle donna a Romain Gary,ce compagnon de la Liberation qui n avait pas une goutte de sang francais dans les veines :"le patriotisme,c est l amour des siens,le nationalisme,c est la haine des autres peuples"On peut etre patriote sans etre nationaliste.C est pourquoi le francais de souche patriote que je suis felicite le franco algerien Marat el Mokrani d avoir deux patries,"la sienne et puis la France".
      • Ma PATRIE c’est LA FRANCE ET L’ALGERIE ,je suis né en algérie et j’ai été élevé dans une culture métissée Franco arabo bérbére,c’est mon histoire et,c’est aussi le résultat de l’HISTOIRE partagée entre l’ALGERIE et LA FRANCE .je peux aussi ressentir les sentiments de n’importe quel citoyen du monde quand sa patrie est attaquée injustement. VIVE LA REPUBLIQUE ET VIVENT LA FRANCE ET L’ALGERIE.
        • Personnellement, je peut très bien comprendre les sentiments exprimés dans son message par Marat el Mokrani car ayant vécu la partie la plus consciente de ma jeunesse au Maroc, je dis souvent que ce pays est ma deuxième patrie. De plus nous sommes à la fois patriotes et internationalistes. Par ailleurs sur ce site particulièrement, nous devons veiller à nous respecter et travailler ensemble au rassemblement populaire et à l’amitié entre les peuples. CB
        • Que faites-vous en cas de guerre entre la France et l’Algérie ou entre la France et un pays musulman ?

          Personnellement, je débarque un peu et la mentalité des immigrés des anciennes colonies me laisse tout-à-fait perplexe ! Ils se sont battus pour leur indépendance, très bien, je l’admets, mais maintenant que font-ils ici ? Pourquoi ne sont-ils pas sur leurs terres qu’ils ont libérées du colonialisme français ? Et les Algériens, ce sont ceux qui m’épatent le plus ! Comment après avoir renvoyé de chez eux les Pieds-Noirs (je ne sais plus combien) se sont-ils empressés de les suivre ? Pourquoi ne se battent-ils pas , dans ce pays qu’ils ont reconquis par une lutte sans merci, pour le libérer de ses actuels dirigeants et y établir un régime démocratique ? Pays si riche qu’ils pourraient développer ?

          Moi, la première chose que je demanderai au futur gouvernement néo-gaulliste c’est d’interdire la double nationalité, de demander aux immigrés de choisir clairement entre la nationalité française et la nationalité de leur pays d’origine. Je trouve ça trop facile ! Je trouve qu’on a trop tiré sur le cœur généreux des Français, trop abusé de l’esprit d’ouverture de la république, ect. ! Très bien pour lutter avec les peuples opprimés pour leur libération, et pour les aider à édifier leur pays, mais pas d’accord pour les aider à fuir leurs responsabilités !

  • N’oublions pas cependant que c’est C.DG qui a fait de la fonction de Président de la République ce qu’elle est à présent et dont profite sans vergogne notre président actuel (article 49 ter inclus)ainsi que le projet de régionalisation qui nous amène à la dissolution de notre Nation aujourd’hui . Tout celà n’enlevant rien au mérite de son combat durant la dernière guerre .
    • N oublions pas non plus ,cher Germinal ,que le general de Gaulle, contrairement a Sarkozy, a toujours respecte la souverainete du peuple auquel il soumettait ses decisions les plus importantes par referendum,une pratique democratique totalement abandonnee aujourd hui par son lointain et lamentable successeur,lequel se prend pour un monarque absolu oublieux des principes republicains,un roi soleil au petit pied ,pratiquant le nepotisme en toute impunite et considerant qu il n a aucun compte a rendre au peuple,a un peuple dont il a confisque la souverainete a son profit personnel .N oublions pas ,cher Germinal que le general de Gaulle quitta le pouvoir en 1969 apres un referendum perdu ,donnant ainsi une formidable lecon de democratie a tous ses successeurs,une lecon qu aucun d entre eux ne suivit .N oublions pas ,cher germinal, que le general de Gaulle fut aussi a son epoque le champion international universellement reconnu du droit des peuples a disposer d eux memes ,du refus de toute hegemonie et de l independance nationale,principe qu il affirma constamment de Phnom Penh a Montreal apres avoir reconnu au peuple algerien le droit a l autodetermination .C est grace au general de Gaulle et toujours au nom de ces principes sur lesquels il ne transigeait pas qu il retira la France du commandement integre de l OTAN .Cela doit-il etre oublie ?

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