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Source : Courrier international

En Europe, un jeune sur cinq au chômage - Sven Astheimer - Frankfurter Allgemeine Zeitung - 03.09.2009  

samedi 19 septembre 2009, par Comité Valmy


Les moins de 25 ans sont particulièrement touchés par la récession. Et leursort n’est pas près de s’améliorer.

La génération montante pourrait bien être la grande perdante de la crise mondiale. Avant qu’elle ne survienne, les jeunes étaient déjà trois fois plus exposés au risque de chômage que leurs aînés. “C’est la raison pour laquelle il est à craindre que la crise ne frappe les jeunes plus durement que les autres”, prédit l’Organisation internationale du travail (OIT). L’institution genevoise prévoit une augmentation du nombre des demandeurs d’emploi de l’ordre de 30 millions à travers le monde, le chômage touchant ainsi près de 240 millions de personnes. Les femmes et les hommes de moins de 25 ans sont deux fois plus touchés que la moyenne, avec une hausse pouvant atteindre les 15 %. Les spécialistes dépeignent un scénario très sombre pour les pays industrialisés, en particulier en Europe, alors que l’évolution du chômage devrait être plus modérée en Asie ou en Amérique latine.

Les derniers chiffres d’Eurostat, l’Office statistique des communautés européennes, confirment cette hypothèse. Près de 5 millions de jeunes de moins de 25 ans se sont inscrits comme demandeurs d’emploi dans l’Union européenne au premier trimestre 2009, soit près de 1 million de plus qu’à la même période l’année dernière. Résultat : le taux de chômage des jeunes dans les 27 pays membres a bondi de près de 4 points, pour atteindre 18,3 %. A titre de comparaison, le taux de chômage global n’a pris que 2 points et s’est établi à 8,8 %. “Une hausse aussi brutale et aussi uniforme, c’est du jamais-vu en Europe”, commente Ingo Kuhnert, d’Eurostat. En temps normal, on constate toujours quelques exceptions. Or, ici, à part un léger recul en Bulgarie, tous les pays ont enregistré une progression du chômage sur la période de référence. C’est en Espagne que la situation est la plus critique : à l’heure actuelle, un jeune sur trois y est à la recherche d’un emploi. Depuis longtemps déjà, les organisations internationales comme la Banque mondiale conseillent à Madrid de réformer ses structures, sclérosées, qui compliquent l’accès au marché du travail, en particulier pour les jeunes. Au sein des frontières de l’UE, ce sont les Pays-Bas qui s’en tirent le moins mal, avec un taux de 6 % chez les jeunes. Avec un chômage global inférieur à 3 %, le pays frise le plein-emploi. La plus forte dégradation s’est produite en Estonie, en Lettonie et en Lituanie, dont les économies ont subi la crise de plein fouet. Dans les Etats baltes, un jeune sur quatre en moyenne est sans emploi. En Suède et en Italie, près de 20 % des jeunes sont concernés.

La situation est plus stable en Pologne et en Allemagne. Proche de 10 %, le taux de chômage des jeunes est outre-Rhin l’un des plus faibles d’Europe. L’écart avec les autres tranches d’âge y est également moins important. Néanmoins, comme ailleurs, les jeunes salariés allemands se voient souvent proposer des contrats à durée déterminée. Et, lorsqu’un plan social débouche sur des licenciements, ils sont souvent les premiers à devoir partir. Pour le directeur de l’Agence fédérale pour l’emploi, les chances des jeunes sur le marché du travail dépendent en grande partie de leur niveau de formation et de leurs qualifications. Selon la Confédération des syndicats allemands (DGB), le système de formation par alternance est un atout pour l’Allemagne. Cette première incursion des jeunes dans le monde de l’entreprise au cours de l’apprentissage améliore leurs chances de décrocher plus tard une embauche. Cependant, l’économie offre de moins en moins de places en apprentissage, déplore une syndicaliste. Et, comme beaucoup de jeunes occupent un emploi précaire, ils sont directement menacés par la crise : “La politique et l’économie doivent revoir leurs stratégies. Faute de quoi, nous allons au-devant de gros ennuis.”


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