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Nicolas Maduro, Président du Venezuela !
Jean Lévy

lundi 15 avril 2013, par Comité Valmy


Nicolas Maduro,

Président du Venezuela !

"canempechepas nicolas"

fait part de sa joie

et de ses premières réactions

par Jean LEVY

VICTOIRE SERRÉE ET CONTESTÉE DE MADURO AU VENEZUELA

La nouvelle nous est parvenue ce matin : Nicolas Maduro a été élu hier président du Venezuela. Cette nouvelle nous réjouit, naturellement. Le peuple a choisi un successeur à Hugo Chavez chargé de poursuivre la politique de libération nationale et sociale du « commandante », mise en chantier en 1998 et poursuivie depuis quinze ans.

Nicolas-Maduro

Cependant, victime de l’annonce répétée sondages très largement favorables à Maduro, nous ne pouvons cacher une première réaction de déception, face au score annoncé : moins de 1% sépare le vainqueur du vaincu.

Ce qui amène à un recomptage des voix.

Le camp de la réaction, au Venezuela comme en France, chante presque victoire : la marge électorale serait si faible qu’elle est est présentée – y compris par nos médias – comme une défaite du « chavisme ».

Soyons sérieux : si le résultat de consultations électorales était remis en cause du fait se l’étroitesse de la marge, nous serions alors, dans notre pays, en droit de considérer nulle est non avenue l’élection de Giscard d’Estaing à la présidence en 1974, gagnée là aussi par moins d’1% des suffrages.

Et sans que personne n’envisage alors un recomptage des voix.

Plus décisive serait la comparaison avec l’adoption du traité de Maastricht, également acquise, en 1992, avec le même score. Et pourtant, ce vote a conduit la France , de traité en traité, à perdre son indépendance, et notre peuple, sa souveraineté.

Pour 1% d’écart de voix !

Nous n’avons pas entendu le chœur des pleureuses de la « démocratie » émettre, alors, la moindre observation. Plus grave, quand en 2005, les Français ont rejeté par 55% le traité européen, les gouvernements n’ont tenu aucun compte du scrutin : ils ont, à l’inverse, eu recours à un coup de force contre la démocratie en faisant voter par le Parlement, le texte rejeté par le peuple.

La campagne médiatique tendant à mettre en cause l’élection présidentielle au Venezuela, du fait des résultats serrés, prend tout son sens : la hargne de toute classe, de l’UMP au PS, face à l’élection de Nicolas Maduro.

Mais se contenter simplement se saisir la mauvaise foi de l’ennemi de classe pour nous rassurer et saluer la victoire du nouveau président, serait fermer les yeux aux véritables problèmes à l’origine de l’étroitesse du score obtenu par lui.

D’abord, Nicolas Maduro n’a pas l’aura dont Hugo Chavez pouvait se revendiquer.

C’est compréhensible, l’ancien président semblait, depuis quinze ans, l’acteur unique du bouleversement qui a projeté les masses populaires au cœur de la politique « bolivarienne ».

Sa présence permanente sur le terrain comme dans les médias, sa forte personnalité, son passé de combattant de la liberté assumé dès avant sa présidence, comme militaire proche du peuple, de révoltant contre l’ordre établi, conduisait à identifier l’homme et la Révolution , la personne d’Hugo Chavez et la libération du Venezuela du joug étranger, la personnalité reconnue dans toute l’Amérique latine comme le leader de l’indépendance de celle-ci, face à la domination yankee.

Cette situation finissait par inquiéter : que se passerait-il si, brusquement, le « libertador » disparaissait ? se poursuivre ?Avec d’autres, sans son charisme, l’expérience révolutionnaire pourrait-elle se poursuivre ?

D’autre part, la réalité politique au Venezuela était estompée du fait de la suprématie médiatique du Président. En effet, Hugo Chavez rassemblait des forces diverses allant de l’extrême-gauche aux secteurs de la bourgeoisie nationale, moins enclins que les masses déshéritées à soutenir un programme socialiste.

Hugo Chavez pouvait, du fait de sa personnalité, maintenir l’apparence d’un front uni.

Qu’en serait-il s’il disparaissait brusquement ?

Hugo Chavez avait conscience du problème.

C’est pour cette raison, qu’il pesa de toutes ses forces, se sentant mourir, pour adouber la candidature de Nicolas Maduro, le présentant comme son meilleur successeur. Or, Maduro, ancien dirigeant syndical, lié aux luttes populaires, ancien ministre des Affaires Etrangères, ami fidèle de Cuba socialiste, semble la personnalité la plus engagée dans la voie de la révolution sociale.

Ce qui en fait un ennemi déterminé de la grande bourgeoisie vénézuélienne, mais qui ne comble pas d’aise non plus la fraction de la bourgeoisie, jusqu’ici favorable par intérêt à Hugo Chavez pour son combat contre la domination économique du capital américain.

Ces forces auraient sans doute préféré un autre candidat à l’élection de dimanche. Peut-être ne se sont-elles pas mobilisées comme il aurait fallu pour Nicolas Maduro…

Cependant celui- est élu.

Et sa victoire est notre victoire

Soutenu par les masses populaires, premières bénéficières de la « révolution bolivarienne »,Nicolas Maduro est déjà confronté à l’hostilité frontale des classes antagonistes, avec l’aide ouverte de l’impérialisme US.

A nous militants du socialisme en France, de soutenir la nouvelle victoire du peuple vénézuélien, en exprimant notre solidarité fraternelle avec ses combattants, au premier rang desquels Nicolas Maduro !


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