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Le rassemblement de la Résistance en marche

samedi 8 juin 2019, par Comité Valmy


Le Comité français de libération nationale est favorable à la constitution

dimanche 10 février 2013

Résistance. En février 1943, le préfet Jean Moulin devient de fait le seul représentant permanent du général de Gaulle et du Comité national pour l’ensemble du territoire métropolitain. Délégué général du chef de la France combattante, il a comme mission de rassembler les mouvements de la Résistance intérieure pour qu’ils travaillent tous main dans la main.

Alors que les ralliements se multiplient, le Général juge nécessaire de renforcer les pouvoirs de Jean Moulin alia « Rex ». Il le lui signifie dans un courrier du 9 février 1943 : « Je suis sûr qu’une autorité accrue vous permettra de développer encore plus votre action. Vous avez toute ma confiance, nous approchons du but. Voici l’heure des durs efforts ». Lorsqu’il s’adresse à l’ancien préfet, de Gaulle lui donne du : « Mon cher ami », signe d’une authentique confiance. C’est aussi le moment où le parti communiste se rapproche du Général. Il est entré en contact depuis de longs mois avec les autorités de la France combattante par la médiation de François Faure qui est l’adjoint du colonel Rémy à la Confrérie Notre-Dame. Lorsque le député communiste de Saint-Denis, Fernand Grenier, mandaté par le parti, fait le déplacement de Londres, Rémy le coache. Il est reçu par de Gaulle qui le désigne comme conseiller au commissariat à l’Intérieur. Puisque les communistes sont dans la lutte, le Général veut les amener à servir. « Pour battre l’ennemi, il n’y a pas de forces qui ne doivent pas être employées et j’estime que les leurs pèsent lourd dans la sorte de guerre qu’impose l’occupation. »

Le Général et le Comité central

Le 10 février 1943, le chef de la France combattante s’adresse aux membres du Comité central du Parti communiste français : « L’arrivée de Fernand Grenier, l’adhésion du Parti communiste au Comité national qu’il m’a apportée en votre nom, la mise à ma disposition en tant que commandant en chef des Forces françaises combattantes des vaillantes formations de francs-tireurs que vous avez constituées et animées, voilà autant de manifestations de l’unité française, voilà une nouvelle preuve de votre volonté de contribuer à la libération et à la grandeur de notre pays » remarque-t-il. De Gaulle ne cache pas que les temps sont difficiles et que le PC doit accepter les sacrifices qui lui seront demandés comme ceux qui le sont aux autres mouvements engagés dans la libération du pays.

Il demande aux communistes de réfléchir aussi à l’unification de la Résistance qu’il appelle de ses vœux et estime comme un passage nécessaire vers plus d’efficacité partagée : « Vous savez comme moi qu’une coordination remarquable des organisations de Résistance est indispensable au but que nous poursuivons en commun : la libération de la France aussi tôt que possible avec la participation active et intense des Français. Je suis certain que les représentants que j’ai désignés trouveront chez les responsables du parti communiste français une volonté de coopération poussée jusqu’à l’esprit de sacrifice et la même loyale discipline qui existe déjà à l’intérieur de vos organisations ». De Gaulle tient à ce qu’il existe un lien de confiance aussi précise-t-il que ses représentants communiqueront les décisions qui ont été prises en la présence de Fernand Grenier.

Il ne manque pas de redire que dès son entretien concluant avec le parlementaire, il a fait acheminer en Afrique du Nord auprès des députés communistes emprisonnés puis élargis des informations utiles. Il annonce encore : « La mission de liaison de la France combattante qui doit se rendre prochainement en Afrique du Nord portera à vos camarades un message de Grenier ». Avant de conclure, il insiste sur le besoin de fédérer les énergies parce que si les forces de l’Axe reculent, elles sont loin d’être vaincues et la fin de l’occupation en métropole n’est pas pour demain : « L’heure des plus durs efforts approche. Au moment où sous les coups des vaillantes armées russes, la puissance militaire allemande chancelle, il importe que les Français patriotes prennent leur part aux côtés de nos alliés russes et anglo-saxons, à la libération du territoire national. Je sais que la France combattante peut compter sur le parti communiste français ».

Mobiliser les mouvements

En URSS plusieurs généraux soviétiques citent en exemple auprès de Staline ces pilotes français volontaires du Normandie qui se battent désormais à leurs côtés et témoignent des mêmes objectifs de libération. Le Kremlin qui n’est pas insensible au geste du général de Gaulle et à l’héroïsme des premiers pilotes du « Normandie » sait aussi donner quelques signes importants aux communistes français. Cette mobilisation de la Résistance fait l’objet de plusieurs lettres qui sont envoyées par le Général auprès des responsables des mouvements Liberté, Egalité, Fraternité, Cercle, Lorraine, Ceux de la Libération, Ceux de la Résistance. A ce dernier mouvement dont l’un de ses membres Manhès dit « colonel Frédéric » est chargé par Jean Moulin d’une prospection en zone nord, il écrit : « Le compte rendu de votre action que le colonel Frédéric m’a apporté en même temps que votre adhésion me convainc une fois de plus que, par leur discipline et leur union, les patriotes français de l’intérieur pèseront d’un poids essentiel dans l’œuvre de libération de notre payis ».

Même s’il est convaincu d’avoir été entendu, il ne néglige pas une piqûre de rappel très utile pour que le fond de sa pensée ne soit pas déformé par des commentaires opportunistes : « Il est superflu que je vous répète les assurances que j’ai déjà fournies d’une libre consultation démocratique dans le cadre de la République.

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Par l’effort conjugué de tous les patriotes, la France de demain sera digne de sa tradition millénaire et reprendra, dans l’honneur et la dignité, son rang de grande puissance ». Il tient à ce que tous ceux qui sont impliqués dans la lutte clandestine aient la fierté au cœur, un amour inaltérable de la patrie et qu’ils additionnent leurs forces pour conduire le Reich à l’effondrement. Il achève par cette note complice : « Je sais que les représentants de la France combattante peuvent compter sur votre concours discipliné ».

Renseigner et harmoniser

Aux responsables du réseau de renseignement « Centurie », il affirme toujours le 10 février 1943 à leur chef Marcel Berthelot dont le pseudonyme est Lavoisier : « J’ai été très heureux d’apprendre de manière détaillée, l’œuvre que vous avez entreprise et le chemin déjà parcouru dans le sens de l’unité dans la lutte pour la libération. Je profite de cette occasion pour vous dire toute mon estime. A mesure qu’approche l’heure de l’action décisive, la tâche de chacun devient plus lourde et l’union disciplinée est chaque jour plus impérieusement nécessaire. Je sais que je puis compter sur vous ».

Il encourage également le Comité d’action socialiste dans un courrier également rédigé le 10 février 1943 à son secrétaire général, Daniel Mayer : « Les manifestes de votre Comité m’éclairent complètement sur la position patriotique et républicaine que vos amis et vous-même avez adoptée à l’endroit de la libération de la France ». Avant d’ajouter : « J’apprécie pleinement votre politique d’effectifs pour les mouvements de résistance et vous demande de persévérer dans cette voie ».

Et de conclure dans un esprit conciliant et habile : « Ainsi que je viens de l’écrire au plus éminent de vos amis, il est normal et même souhaitable que la Résistance, tout en demeurant unie et cohérente, se teinte et se nuance de tendances politiques traditionnelles et diverses. La nouvelle formule adoptée et qui vous sera communiquée, vous donnera, je pense, satisfaction ».

http://www.lunion.presse.fr/article/autres-actus/le-rassemblement-de-la-resistance-en-marche

Mise en ligne cv : 14 février 2013


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