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Communiqué du Collectif communiste Polex

Le Collectif communiste Polex demande l’arrêt de l’offensive de l’armée française au Sahel
C’est aux Maliens et à l’Union africaine de rétablir la sécurité dans la région

, par Comité Valmy



Communiqué du Collectif communiste Polex

Le Collectif communiste Polex demande l’arrêt de l’offensive de l’armée française au Sahel
C’est aux Maliens et à l’Union africaine de rétablir la sécurité dans la région

• Les communistes ne peuvent avoir aucune complaisance pour les groupes armés intégristes qui ont imposé par la terreur leur volonté aux populations du Nord-Mali. Cette nébuleuse de groupes armés, formés de combattants et de chefs de guerre de diverses nationalités, est bien armée grâce aux bénéfices des trafics qu’ils pratiquent au Sahara depuis des années (de migrants, de drogue, d’otages rançonnés) et à l’aide financière des monarques pétroliers arabes du Golfe, d’inspiration intégriste (et proches des USA et de l’Occident), le Qatar et l’Arabie Saoudite. Les groupes « djihadistes » du Nord-Mali, très divers, ont en commun l’idéologie intégriste, instrumentalisation de la religion musulmane au profit d’une vision politique ultra-réactionnaire. L’intégrisme « djihadisme-islamisme » n’est pas une variété de l’Islam, c’est une forme de fascisme contemporain au pays musulman, dirigé avant tout contre les peuples du continent africain et du Moyen-Orient, avec la complaisance, et parfois le soutien direct des puissances politiques et financières de l’Occident (Qatar, et derrière lui, les USA !) : ce fut le cas au Maghreb, en Egypte ; c’est le cas en Syrie et au Sahara malien aujourd’hui.

• Nous comprenons fort bien le désir de la grande majorité des Maliens de se débarrasser, y compris par les armes, des bandes armées et délinquantes qui ont envahi le nord du pays. Mais cela ne peut nous faire approuver l’intervention militaire de la France, qui a affirmé dès les premiers jours aller bien au-delà de l’aide ponctuelle annoncée par le Conseil de Sécurité de l’ONU : le Président Hollande et le gouvernement Ayrault mènent une guerre, avec des milliers de soldats français, dont les objectifs affirmés sont la reconquête de l’immensité saharienne, sans limitation dans l’espace ni dans le temps. La France, puissance impérialiste en déclin, veut y restaurer ses prérogatives de « chasse gardée » militaire (bases, et accords d’encadrement et d’ingérence), diplomatique, et plus encore économique (minerais et sources d’énergie). Toujours imprégnée de son passé colonial, la France officielle, qu’elle soit dirigée par la droite ou le Parti Socialiste, veut écarter de ce pactole les nouveaux concurrents, surtout les Chinois (déjà présents au Niger, ou en Algérie), y compris par la guerre, comme en Libye.

• Ces objectifs de l’impérialisme français sont aventureux sur le plan militaire : malgré les coups de clairon nationalistes des journalistes dévoués à tous les pouvoirs, droite et PS, la guerre au sol peut durer des années face à une guérilla intégriste. Nous ne pouvons que nous féliciter de voir le syndicat des journalistes dignes de ce nom, SNJ-CGT, dénoncer courageusement le « ton va-t-en-guerre » et les « images d’Épinal » que nous déversent tous les jours les télévisions et radios publiques et privées.
Les objectifs français sont tout autant irréalistes sur le plan géopolitique. La France impérialiste n’a plus les moyens de mener cette reconquête africaine avec ses seuls moyens et à son seul profit. Comme ce fut le cas à l’issue de la guerre en Libye, cela ne pourra aboutir qu’à la création d’une zone d’influence sahélo-saharienne au profit de l’Occident en général, et en premier, de l’impérialisme étatsunien dominant.

• Nous n’ignorons pas les concurrences entre impérialismes occidentaux en Afrique du Nord-Ouest. Mais cela ne peut en aucun cas nous entraîner à approuver l’impérialisme français contre celui de Washington, Doha et Riyad, instrumentalisant les mouvements intégristes. Nous sommes opposés à toute forme d’impérialisme, à commencer par celui de notre propre gouvernement.

• L’entrée en guerre de la France est une hypocrite manipulation de l’opinion : le pouvoir socialiste a lancé et poursuivi, seul, la guerre au Mali pour redorer son blason en faisant oublier dans une aventure consensuelle (avec l’appui de la droite et du Front National !) la politique d’austérité, de destruction des industries, de « flexibilité », dont il est responsable.

• A l’issue de deux semaines de guerre, l’offensive des groupes armés intégristes vers le sud du Mali, qui a servi de justification initiale à l’intervention française, n’existe plus. Nous sommes donc, plus encore qu’auparavant, opposés à la guerre de conquête menée par la France au Sahara.

• La capacité de nuisance des groupes armés intégristes au Nord-Mali reste grande. La France, ex-puissance coloniale, n’est pas qualifiée pour reconquérir cet espace à son profit, pas plus que les autres puissances occidentales, ou leurs affidés africains de la CEDEAO (Ouattara, Compaoré, etc.).

• Les seuls qualifiés à décider du sort du Mali sont les citoyens maliens et leurs représentants librement désignés, dès que possible.

• Le rôle des partenaires extérieurs, France, USA, CEDEAO, ne peut être en aucun cas de profiter de l’état de faiblesse de l’état malien pour s’en rendre maîtres. Elle peut être tout au plus d’aider à la reconstruction des forces armées du pays, à sa survie économique, et plus tard à son développement économique et notamment industriel : n’oublions pas que l’effondrement des états africains a été, notamment au Mali, la conséquence des privatisations et de l’austérité budgétaire imposées par le FMI. Et le sous-développement, le chômage, la pauvreté et l’émigration qui en découlent sont la source de l’intégrisme.

• L’action pour débarrasser le Nord-Mali et le pays dans son ensemble des groupes armés intégristes ne peut être le fait que des Africains qu’ils menacent, sous le strict contrôle de l’Union Africaine et non pas de la seule CEDEAO, et concertée entre tous les pays riverains concernés (Mali, Mauritanie, Algérie, Niger, Nigéria, etc.), en aucun cas soumise aux volontés des puissances occidentales. La Chine, la Russie, l’Amérique Latine, l’Afrique du Sud, etc. sont tout aussi concernées par cette situation que la France ou les USA, et doivent pouvoir l’exprimer dans le cadre de l’Assemblée Générale de l’ONU.

Collectif communiste Polex
Paris, le 31 janvier 2013


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