COMITE VALMY

Accueil du site > E - Elections EUROPEENNES 7 juin 2009 > UMP, où est ta victoire ? (II)

Source : Blog international du Collectif « Indépendance des Chercheurs » (France)

UMP, où est ta victoire ? (II)

dimanche 21 juin 2009, par Comité Valmy


Le 21 juin, en pleine période de crise, une dépêche AFP rapporte que le Congrès de Versailles de lundi coûtera plus de 230.000 euros d’après la Présidence de la république, et entre 500.000 euros et un million d’euros d’après d’autres sources. Soit, quelques centaines de fois le salaire minimum interprofessionnel de croissance (SMIC) qui ne devrait progresser que de 1.25%. Tout semble indiquer que Nicolas Sarkozy s’apprête à y annoncer la suite de ses prétendues « réformes », se parant d’une « victoire » supposée aux dernières élections au Parlement Européen où en réalité les listes de la « majorité » n’ont obtenu qu’un nombre de voix équivalent à moins de 11% des électeurs inscrits. Une rude défaite, pour peu qu’on examine de près le résultat. C’est pourtant au nom de cette « légitimité », que l’actuelle équipe dirigeante entend poursuivre sa politique de démantèlement des acquis de la Libération dans un contexte de crise dans précédent causée, précisément, par cette même politique. Les services publics (CNRS, organismes publcs de recherche, Santé, universités, éducation nationale, fonction publique en général...) et les acquis sociaux (salaires, retraites, stabilité d’emploi...) restent la cible de cette stratégie, dont il s’agit à présent d’accélérer l’application.

Aux critiques sur la crise économique qu’elles ont elles-mêmes déclénchée par deux décennies de destruction de l’économie des pays jadis appelés « riches », les « élites » de ces pays répondent que la manière de sortir de la crise est de poursuivre la même politique. De manière accélérée d’ailleurs, afin de déboucher sur une soi-disant « sortie de crise » rapide, comme souhaité par les milieux d’affaires.

Il ne semble pas qu’il faille attendre autre chose du discours de Nicolas Sarkozy devant le fort coûteux Congrès de Versailles.

Des dispositions nouvelles permettant de démanteler plus vite les services publics et de licencier des fonctionnaires seront mises place ; le demantèlement du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) et de l’ensemble de la recherche publique se poursuivra ; les universités seront privatisées, de même que l’éducation nationale et la Santé...

Précisément, les missions essentielles et l’existence même du CNRS se trouvent menacées par un projet de contract d’objectifs quadriennal et par un projet de décret sur son organisation et son fonctionnement. Au point que, pour en délibérer, le Conseil d’Administration du Centre a été convoqué en territoire suisse loin des agents du Centre.

De même, début juillet un projet de loi ouvrant la voie à des licenciements massifs de fonctionnaires sera examiné par l’Assemblée Nationale.

En somme, les services publics disparaîtront pour laisser la place à des « services » marchands contrôles par les mêmes multinationales et les oligarchies financières qui se trouvent à l’origine de l’actuelle crise économique par leur politique de délocalisations et de dumping social à l’échelle planétaire.

Les responsables de la crise n’auront de compte à rendre nulle part, mais la population devra « travailler plus » avec un niveau de vie qui continuera à s’effondrer et des prestations sociales en voie de disparition.

Le droit du travail et l’ensemble des droits sociaux seront anéantis, les licenciements « pour sortir de la crise » s’intensifieront.

Etc...

Nicolas Sarkozy osera-t-il, au milieu de ses annonces devant le Congrès, remercier les Français de la « confiance » qu’ils lui auraient fait lors des élections du 7 juin ? Tentera-t-il de plaider que lors de ce scrutin la population a « choisi les réformes » ?

Dans nos articles du 7 juin et du 9 juin, nous avions mis en évidence le caractère démagogique des proclamations une prétendue « victoire » de Nicolas Sarkozy et de l’UMP aux élections européennes. La réalité est que les listes de la « majorité » ont dépassé de justesse le dixième des électeurs inscrits (4.799.908 suffrages).

D’ailleurs, même si on rassemble les voix obtenues par les partis qui ont traditionnellement soutenu la « construction européenne », le tout ne dépasse pas treize millions de suffrages, soit moins d’un tiers des inscrits.

Les médias et le monde politique effacent vite la mémoire de ce qui déplaît aux « décideurs ». Il arrive même qu’ils n’en parlent guère, ou point. Mais les chiffres officiels des élections européennes de juin 2009 sont :

http://elections.interieur.gouv.fr/FE.html

44.282.823 inscrits,

26.290.662 abstentions (59.37% des inscrits),

17.992.161 votants (40.63% des inscrits),

773.547 bulletins blancs ou nuls (1.75% des inscrits),

17.218.614 suffrages exprimés 38,88% des inscrits.

L’abstention et les votes blancs ou nuls représentent donc 61.12% des électeurs inscrits.

Les listes « majorité » (4.799.908 suffrages) + Parti Socialiste (1.041.911 suffrages) + « Centre - Modem » (2.838.160 suffrages) + Verts (2.838.160) totalisent moins de douze millions de voix, soit à peine un peu plus d’un quart des inscrits.

Signe du rejet par les électeurs de la « politique unique » des deux dernières décennies, dont à présent les ravages n’échappent à personne.

D’autant plus que tous les électeurs du Parti Socialiste ou des Verts n’ont sans doute pas entendu soutenir par leur vote la prétendue « construction » des institutions européennes.

Mais il ne semble pas que la question de l’acquiescement des citoyens compte vraiment pour les « décideurs » actuels français, européens et d’autres contienents qui, après avoir plongé de nombreux pays dans une crise économique sans précédent, comptent bien continuer à imposer la même politique et à défendre les mêmes intérêts. Quant aux responsabilités encourues, le dossier semble classé et archivé, voire même enterré.

21 juin 2009

2 Messages de forum


Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP | squelette