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Sorce :Blog international du Collectif « Indépendance des Chercheurs » (France)

UMP, où est ta victoire ? Par André Bellon

samedi 13 juin 2009, par Comité Valmy


Un triomphe médiatique basé sur le vote de 10,83 % des inscrits

Le 9 juin, alors que la Coordination Nationale des Laboratoires en Lutte (CNLL) s’est réunie à Paris, les médias continuaient à parler d’une « victoire de l’UMP » aux élections européennes. Une telle « victoire » légitimerait d’après certains la poursuite par Nicolas Sarkozy et son gouvernement du démantèlement des services publics français : CNRS, INSERM, Universités, éducation nationale, Santé... C’est oublier allègrement que cette prétendue « victoire » de l’UMP aux élections au Parlement Européen a été obtenue sur seulement 38.88% de suffrages exprimés parmi les électeurs inscrits. Un record d’abstentions et de votes blancs et nuls. De surcroît, le 28% des suffrages exprimés obtenu par l’UMP s’accompagne d’une débâcle de la « gauche » prêteuse de ministres et de conseillers. Ensemble, l’UMP et le Parti Socialiste (PS) obtiennent un total de 44,35% des sufffrages exprimés, soit 17.24% des électeurs inscrits. La situation n’est guère différente dans l’ensemble de l’Union Européenne (UE). Plutôt qu’une quelconque résussite électorale, le bilan réel de l’UMP et plus globalement de la « politique unique » est un vaste rejet de cette politique par la grande majorité des Français, mais aussi des citoyens des autres pays européens.

Y aura-t-il une vie après la destruction générale des services publics et des conquêtes sociales du XX siècle ?

La majorité des Français ne semble pas le penser, à en juger par le taux d’abstentions et de votes blancs ou nuls sans précédent au élections du 7 juin : un total de 61.12%, dont 59.35% d’abstentions et 1.76% de votes blancs ou nuls (chiffres du Ministère de l’Intérieur). Des abstentions dont, vu la crise économique actuelle et ses lourdes conséquences pour les populations des pays de l’UE, le sens dépasse de loin celui de la simple « sanction » de tel ou tel parti politique.

Sur 44 282 679 électeurs inscrits, 26 282 225 ne se sont pas déplacés au bureau de vote et 781 480 ont déposé des bulletins blancs ou déclarés nuls. Les listes de la majorités ont obtenu 4 798 921 voix, et celles du Parti Socialiste, 2 837 674.

Un total UMP + PS de 7 636 595 voix, soit 17.24% des électeurs inscrits comme indiqué plus haut. De quelle représentativité peuvent-ils se targuer ? Le résultat du 7 juin acte en réalité deux décennies de politique imposée aux populations par des mesures de plus en plus autoritaires avec des « explications » et des promesses de plus en plus démagogiques.

Il s’agit en réalité d’un résultat globalement désastreux pour les deux partis qui depuis les années 1980 ont pour l’essentiel conduit la politique française. Et qui ont en particulier mis en place la politique de l’Etat en direction de l’Union Européenne (UE) et de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), jusqu’à la mise en application de l’Accord Général sur le Commerce des Services (AGCS) de l’OMC qui se trouve à l’orgine de l’actuel massacre des services publics. Plus le processus de Bologne (1998-99), la stratégie de Lisbonne (mars 2000, la LOLF (août 2001)...

Par cette abstention massive, la France n’a d’ailleurs fait que suivre la tendance générale de la plupart des pays membres de l’Union Européenne. El País rappelle la décroissance progressive du taux de participation global aux élections européennes depuis 1984 (58,98% en 1984, 42,94% en 2009). Le même journal montre que l’abstention en Catalogne a été encore plus élevée qu’en France : 61.87% dans la province de Barcelona, 65.86% dans celle de Girona, 63.64% dans celle de Tarragona et 63.80% dans celle de Lleida.

Précisément, la Catalogne a connu dans la période récente un mouvement dans le domaine de l’éducation et de l’enseignement supérieur, encore plus puissant qu’en France. Voir nos articles du 22 mars et du 22 avril. L’abstention à ces dernières élections européennes n’a donc pas été un signe d’indifférence politique, mais bien de rejet des « ménus » proposés.

Dans l’ensemble de l’Union Européenne, les citoyens ne veulent pas de la « politique unique » qui leur est imposée depuis deux décennies avec des « alternances » de pure façade et le discours récurrent « de toute façon, les réformes il faudra les faire ».

C’est sans le moindre fondement que le 9 juin, El País et bien d’autres médias influents des pays membres de l’UE parlent d’une « nouvelle étape dans la construction européenne ». Sauf à vouloir imposer coûte que coûte la politique du Traité de Lisbonne. Car le vote de dimanche dernier a marqué un rejet général de cette « construction » par les citoyens des Etats qui forment l’UE. Un désaveu basé sur une longue et douloureuse expérience, que les européens ne sont pas prêts d’oublier.

Doit-on s’étonner de ce rejet des tromperies politiciennes par la grande majorité des citoyens, alors que les pays de l’Union Européenne se trouvent confrontés à une crise économique sans précédent causée par les mêmes qui nous inondent de discours depuis plus de trois décennies ?

La prétendue « victoire » de l’UMP et de Nicolas Sarkozy est une véritable débâcle, insusceptible de confèrer la moindre « légitimité » a leur offensive de démantèlement des services publics. Ce constat nous semble s’imposer tout particulièrement à un moment où les passages en force gouvernementaux se généralisent. C’est ainsi, par exemple, qu’un contrat d’objectifs sans budget risque d’être adopté à la séance du Conseil d’Administration du CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique) du 25 juin et qu’un décret à ce jour inconnu portant sur son organisation et son fonctionnement pourrait être présenté à la réunion de son Comité Technique Paritaire du 18 juin. La situation est tout aussi critique dans les autres établissmeents publics de recherche, dans l’enseignement supérieur, dans l’éducation, dans la Santé et dans l’ensemble des services publics français.

Après la discrédit mortel des « alternances » politiciennes, la seule vie peut venir du mouvement populaire. Lui seul peut ouvrir la voie d’un réel avenir.

Raison de plus pour ne pas se laisser berner par les médias qui crient à la « victoire » de Nicolas Sarkozy et de l’UMP.

9 juin 2009

6 Messages de forum

  • UMP, où est ta victoire ?

    10 juin 2009 11:24, par BA

    Listes de la majorité UMP : 4 798 921 voix, soit 27,87 % des suffrages exprimés, soit 10,83 % des électeurs inscrits.

    Seulement 4 798 921 voix ?

    C’est tout ?

    Seulement 4 798 921 voix ?

    Alors que tous les médias nous ont répété que la présidence française de Sarkozy (1er juillet - 31 décembre 2008) avait été une réussite ?

    Alors que 11 448 663 électeurs avaient voté Sarkozy il y a deux ans (au 1er tour de l’élection présidentielle) ?

    Voir en ligne : http://elections.interieur.gouv.fr/...

    • UMP, où est ta victoire ? 10 juin 2009 15:46

      A quel politique faut-il faire confiance ? A droite ou à gauche ?

      F. CAMPAGNE

    • UMP, où est ta victoire ? 10 juin 2009 19:10, par bernard01
      sur pres de 400millions d’electeurs européens seulement 43,4% de votants soit plus de la moitié qui ne se sentent pas concernés.QUESTION c’est quoi l’europe aujourd’hui si 56,6% malgré le nombre de profession de foi,ne trouvent pas leur compte.60%du peuple francais,échappent a la normalisation et au controle,personne ne peut dire aujourd’hui d’ou viendra l’insurection.
  • UMP, où est ta victoire ?

    10 juin 2009 22:00, par BA

    Chers amis NONistes,

    Une mauvaise nouvelle : les 4 listes arrivées en tête étaient les 4 listes OUIstes (UMP, PS, Europe Ecologie, MoDem).

    Une bonne nouvelle : alors que les OUIstes disposent de tous les pouvoirs (politiques, économiques, financiers, médiatiques, etc.), les OUIstes ont obtenu seulement 11 894 775 voix.

    Si on compare avec les 44 282 679 électeurs inscrits, ça montre que les OUIstes ont obtenu seulement 25 % des électeurs inscrits.

    Conclusion : en France, seulement 25 % des électeurs inscrits soutiennent l’Europe actuelle.

    Voir en ligne : http://www.ipolitique.fr/archive/20...

  • UMP, où est ta victoire ? Par André Bellon

    13 juin 2009 17:35, par Peretz
    Il faudra bien un jour remettre en question le vote et son usage. Ou il faudrait revoter après un certain délai, si un quota est insuffisant, ou procéder à une désignation d’office du type tirage au sort. Et ne réserver le vote démocratique qu’à des occasions importantes. Ni le sacraliser (faire son devoir de citoyen ?) ni l’utiliser à des fins trop partisanes utiles uniquement à certains partis politiques pour s’imposer au détriment effectivement de toute légitimité.

    Voir en ligne : Pourquoi voter ?

  • UMP, où est ta victoire ? Par André Bellon

    14 juin 2009 14:39, par Germinal
    Les iraniens, avec moins de raisons que nous, se rebellent contre le résultat de leur élection . Quant à nous, on nous impose une élection tout à fait illégale puisque nous avons, avec deux autres pays rejeté le TCE et qu’ainsi cette Europe là est tout à fait illégitime avec son "parlement" ! D’autre part, il n’est pas tenu compte du taux d’abstention pour la validation de ces résultats ! C’est révoltant car il n’y a aucun respect de la volonté du peuple souverain dans les deux cas .

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