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Traduction intégrale de l’interview accordèe par le président al-Assad à une chaine de télévision

jeudi 30 août 2012, par Comité Valmy


Le président al-Assad accorde une interview à la Télévision Addounia

30 Août 2012

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Damas / Le président Bachar al-Assad a accordé une interview à la TV syrienne Addounia. L’interview a eu lieu au palais du peuple à Damas et a été diffusée par la chaîne mercredi soir.

Répondant à une question sur la situation à Alep, le président al-Assad a indiqué qu’il est impossible de séparer la situation à Alep de celle de la Syrie, avec la différence qu’Alep et Damas sont les plus grandes villes et les plus importantes, l’une est la capitale politique et l’autre est la capitale économique. "L’évaluation du citoyen ordinaire de la situation en général, dont Alep, s’est faite d’après l’escalade. Quand il voit une escalade, il estime que la situation est mauvaise et quand il voit une sorte d’accalmie, il considère que la situation est meilleure, mais la question ne se mesure pas de telle sorte. La question est une bataille de volontés en premier lieu, ces parties ont la volonté de détruire le pays, elles ont commencé à Deraa pour passer ensuite à Homs, à Damas, à Alep, à Deir Ezzor, à Lattaquié et dans tous les gouvernorats".

Le président al-Assad a fait savoir que les batailles menées par les forces armées du point de vue technique, tactique, et stratégique sont des plus compliquées, mais qu’en dépit de cela, elles avaient réalisé de grands accomplissements dans ce domaine. "Tous souhaitent trancher cette bataille en quelques semaines, en quelques jours ou en quelques heures. Ceci est illogiques, car nous menons une bataille régionale et mondiale et on a certainement besoin du temps pour la trancher. Je peux résumer en disant qu’on réalise un progrès et que la situation est meilleure mais on n’est pas encore arrivé à trancher la bataille", a-t-il indiqué.

A une question sur la position de l’Etat syrien envers des pays voisins, notamment ceux qui facilitaient, entraînaient, finançaient et armaient les gangs terroristes armés, le président al-Assad a dit : "Certains pays voisins soutiennent la Syrie, mais ils ne peuvent contrôler l’afflux du renfort logistique aux terroristes et certains ferment les yeux et prennent leur distance, alors que d’autres contribuent dans ce sens. Il faut faire la distinction entre ce que nous voulons, Syrie et peuple syrien, de ces pays. Est-ce que nous cherchons une bonne relation ou un différend avec l’Etat ou avec le peuple. La Turquie par exemple, la position de l’Etat turc est bien connue, c’est elle qui assume la responsabilité directe de l’effusion de sang en Syrie, mais quand nous avons commencé à développer nos relations avec la Turquie, nous n’avions pas vu cela comme un lien avec une personne ou un gouvernement passager, mais nous avons eu regard à l’histoire des relations tendues et troublées pendant environ neuf décennies. Nous voulions l’effacer. Est-ce que nous faisons marche arrière en raison de l’ignorance de certains responsables turcs ou avoir une relation avec le peuple turc ? D’autant que ce peuple nous avait pratiquement soutenu lors de la crise et ne s’était pas enlisé en dépit de l’intox médiatique et matérielle pour qu’il aille dans le sens inverse. Nous devons penser en 1er lieu aux peuples, car les gouvernements sont passagers de même que les problèmes, il ne faut pas s’emporter et réagir dans ce sens et nous devons préserver les relations avec les peuples, car ce sont ces peuples qui nous protégeront sur le terrain : le renfort logistique reste faible quand il ne trouve pas un accueil populaire".

Quant à la position de ces peuples vis-à-vis de leurs Etats et l’attente par les Syriens de leur mouvement tant que la politique de leurs pays nuit aux pays voisins, le président al-Assad a dit : "Cela est vrai, mais on a besoin de temps et n’oublions pas que ces mêmes peuples sont ceux qui mènent des batailles contre ces gouvernements. Les batailles sont évidemment politiques et cela a besoin de temps. Il faut qu’on soit objectif, mais on doit calculer le pour et le contre. L’hostilité des peuples ne réduit pas l’approvisionnement des terroristes en armes, au contraire cela va l’accentuer davantage. On doit améliorer les relations et aider ces peuples et leur transmettre les faits, quand la vérité de ce qui se déroule en Syrie et la position de leurs responsables sera dévoilée, ils seront plus fort dans leur bataille politique et la durée de ces gouvernements et de ces responsables dans l’action politique sera courte. Nous pouvons supporter et nous adapter avec cette courte durée en attendant le fait de trancher la bataille en Syrie".

A propos de la situation à Homs et le fait qu’elle n’a pas encore pris fin, le président al-Assad a souligné : "On ne peut séparer la situation à Homs de celle d’autres gouvernorats. Pour le retard de mettre fin à la situation dans la ville, ceci est dû, comme chacun le sait, au fait que les forces armées en menant des combats à l’intérieur des villes, prennent en considération deux choses, la 1ère les vies humaines, la 2ème les biens. Les forces armées, si elles ont voulu utiliser leurs capacités militaires, y compris leurs capacités de feu, peuvent écraser l’ennemi dans peu de temps, mais cela est inacceptable et ne réalise pas les résultats escomptés. Ce genre d’actes a besoin du temps. D’un autre côté, il ne faut oublier l’assistance persistante aux personnes armées, en particulier à Homs, car ils estimaient que Homs est le centre via lequel leur victoire sera réalisée, en plus Homs est limitrophe des frontières libanaises.

Questionné si on peut le considérer comme zone tampon, le président al-Assad a fait noter que : "La majorité des gouvernorats syriens est frontalière, Deir Ezzor, Hassaké, Raqqa, Alep, Idleb, Lattaquié, Daraa et Soueida, et même Homs qui dispose d’une partie jouxtant l’Irak. Cela pourrait être une raison (Pour que certains y établissent des zones tampons), mais je ne peux pas analyser à la place des planificateurs. Pour nous, qu’ils pensaient aux zones tampons ou pas n’est point important. La zone tampon est une zone qui s’établit avec l’aval de l’Etat selon des accords donnés entre deux pays. Nous, en tant qu’Etat, nous n’avions à aucun moment décidé d’envisager une zone hors du contrôle de la Syrie. Si l’armée veut entrer dans un secteur, elle est capable de le faire. Eux, ils avaient estimé que beaucoup de zones en Syrie sont hors du pourvoir de l’Etat, alors que l’armée est entrée facilement dans la majorité de ces régions, ce qui veut dire qu’ils ne pouvaient pas créer cette zone, c’est pourquoi je crois que parler des zones tampons est en 1er lieu inexistant sur le terrain et en 2ème lieu irréel même pour les pays qui jouent un rôle hostile".

Répondant à une question sur la présence de l’armée syrienne à l’intérieur des villes et non sur le front du Golan, le président al-Assad a dit : "La tâche de l’armée et des forces armées de par le monde est la protection de la patrie. La protection de la patrie ne signifie pas uniquement la protection de l’extérieur, mais aussi de l’intérieur. Vous devez défendre votre patrie contre n’importe quel ennemi venant de tout lieu via les institutions concernées, notamment l’armée et les forces armées. Cette fois-ci l’ennemi a agi de l’intérieur et non pas de l’extérieur. Vous diriez qu’ils sont Syriens, et moi je vous dis que n’importe quel Syrien exécutant un plan étranger hostile se transforme en ennemi et ne devient plus Syrien. Un Syrien accusé d’espionnage, son jugement dans la loi est la peine capitale. En vérité, toute personne exécutant un plan ennemi sera considérée comme un ennemi. L’ennemi a agi de l’intérieur, c’est pourquoi les forces armées sont entrées en action.

A la question de savoir si la présence de l’armée dans les villes se contredit avec la logique de la résistance, le président al-Assad a dit :"Au contraire la Syrie adopte l’idée de la résistance, mais l’autre thèse est : si la Syrie adopte la résistance, donc pourquoi elle n’avait pas agi au Golan, cela peut être la thèse que vous signifiez, la résistance se présente quand l’Etat renonce à ses responsabilités de récupérer la terre, ce qui n’est pas le cas en Syrie, comme ça l’était au Liban du fait de la guerre civile, et en Palestine où il n’y avait pas un Etat susceptible de récupérer les droits, la présence alors de la résistance était indispensable. Quand on abandonne notre objectif de récupérer la terre en tant que foi, politique et forces armées, la résistance s’imposera".

Répondant à une question sur le besoin de la Syrie du feu vert pour exécuter ce qu’elle fait actuellement sur ses territoires, le président al-Assad a fait savoir qu’à chaque étape on parlait de feu vert, surtout quand la Syrie était intervenue au Liban en 1976, mais que la vérité est que la Syrie n’a pas besoin de feu vert ni des amis, ni des ennemis ni des adversaires quand il s’agit des questions de souverainté, des questions locales et des questions nationales. "Si nous ne possédons pas notre feu vert, ce n’est pas la peine d’exister en tant que patrie et Etat", a fait noter le président al-Assad.

Questionné sur les dire que la mouvance en Syrie est devenu armée seulement au mois de Ramadan de l’an dernier, le président al-Assad a répondu que ceci est inexact pour la simple raison, que "si ce mouvement n’était pas armé, comment on peut expliquer qu’à la 1ère semaine des troubles et des événements, des martyrs étaient tombés des forces de l’ordre et de la police. Comment ces martyrs avaient perdu la vie ?, par les cris ! par les fréquences sonores des manifestants ; ces propos sont illogiques ; ceux-ci étaient tombés par des tirs d’armes, mais la nature et l’objectif de l’armement étaient différents. A ce moment-là, l’objectif principal était la provocation du peuple en tirant sur les manifestants, sur les forces de la sécurité et sur la police, pour que la police et les forces de la sécurité ripostent et tuent davantage de civils, et par conséquent la propagation d’un état d’hostilité à l’Etat", a expliqué le président al-Assad.

Le président al-Assad a ajouté : "Après l’échec de ce projet, ils ont passé durant Ramadan dernier à l’action armée via laquelle ils avaient accédé à des régions rebelles où l’Etat ne pouvait pas entrer, dont Baba Amr et autres régions. Mais nous y étions entrés et la tactique des personnes armées avait alors changé.

Actuellement, et après que l’armée entra à Baba Amr et la chute de leurs sites dans les autres gouvernorats qu’ils considéraient comme des sites fortifiés, ils sont passés à un autre moyen englobant davantage d’assassinats, de terrorisme et de punition des citoyens en barrant les routes, interdisant l’acheminement de la farine pour le pain, le mazout et les autres matières principales à la vie quotidienne. En vérité, les personnes armées étaient apparues dès les 1ers jours et les séquences qui ont été diffusées par la TV syrienne sur ce qu’était arrivé à Daraa, notamment les tirs de feu par les personnes armées, étaient vraie contrairement à ce qu’ils avaient prétendu.

Au sujet des propos sur le retard de l’Etat pour trancher la situation, et l’implication de beaucoup qui avaient cru que l’Etat est faible pour passées ensuite aux armes, le président al-Assad a affirmé que l’Etat n’avait pas tardé, la preuve est que les forces armées, quand elles avaient senti l’escalade à Daraa au début des événements, elles s’y étaient rendues.

"Nous n’avons pas hésité un moment à trancher la situation, mais avec chaque pas pris par l’Etat, il y avait une évolution dans leurs actes, et l’Etat avait, en contrepartie, besoin de davantage pas. Certain voulaient qu’on traite ladite étape comme on traite celle d’actualité. C’est illogique, car l’étape est différente de même que la manière de leur réaction, la conjoncture politique et la compréhension populaire. Beaucoup de gens ont été trompés au début ; ils croyaient que ce qui se déroule est un état émotionnel et une vague de printemps arabe qui influe sur la Syrie, qu’il n’existait pas de personnes armées et que l’Etat fabrique toutes ces choses qu’on entendait", a indiqué le président al-Assad.

Le président al-Assad a ajouté : "Pour nous, en tant qu’Etat, l’absence de la compréhension populaire posait un problème…Ce qui avait aidé l’Etat à trancher la situation ces derniers mois, c’est que l’image pour la grande partie des citoyens syriens a été clarifiée. Un changement des circonstances politiques a eu lieu de même que dans les circonstances sécuritaires elles-mêmes ; il y a aussi un changement dans l’humeur populaire à l’égard de ce qui s’est passé et à l’égard des personnes armées en découvrant que ce qui se passe n’est pas une révolution, ni un printemps mais des actes terroristes au propre sens du mot… le facteur extérieur qui n’était pas clair au début a été mis en évidence… après mon 1er discours à l’Assemblée du peuple et mes propos sur un complot et un affrontement, beaucoup de gens s’étaient interrogés de quel complot et de quel affrontement. Ils nous ont accusés de parler de tout comme si c’était du complot et estimé que ce qui s’était déroulé n’était qu’un état émotionnel et que si le président avait dit quelques mots bons et sentimentaux le problème aurait été réglé. Je leur ai dit alors que le problème n’avait pas commencé par l’émotion et n’en finira pas par l’émotion, il y avait un plan et des outils intérieurs. Nous avons pris notre décision de trancher la situation car l’image était claire, mais le moyen de trancher diffère suivant les étapes de la crise.

Questionné sur les personnalités qui s’étaient données à la corruption au cours de cette période, profitant de la crise et contribuant à son attisement, le président al-Assad a indiqué qu’il faut faire la différence entre les marchands de crises qui apparaissent dans toutes les crises dans n’importe quel pays que ce soit au sens économique ou matériel, et les personnes qui exploitent la crise pour leurs propres intérêts, à l’intérieur ou à l’extérieur de l’Etat, et aussi les erreurs apparues au cours de la crise et qui n’ont rien à voir avec le prolongement de la durée de la crise. "Il y avait des erreurs qui s’étaient produites, il y avait des agressions, des violations et des vols dont certains ont été dévoilés, mais ce sont des cas limités, ces personnes ont été traduites en justice depuis quelques mois. Il faut demander des comptes à toute personne ayant commis une faute et qui avait perpétué la durée de la crise pour de différentes raisons. Cette question est tranchée et n’a fait l’objet d’aucun débat ou polémique. La question est comment peut-on identifier ces personnes, vous demandez des comptes à une personne identifiée pas à une personne inconnue, la majorité des procès intentés et des plaintes ont eu lieu contre (x). Les cas où les personnes ont été identifiées et jugées, c’étaient les plaignants qui avaient apporté le nom exact de la personne pour qu’une enquête soit diligentée par la suite et après la confirmation du délit et du criminel ces personnes seraient traduites en justice", a souligné le président al-Assad.

Le président al-Assad a ajouté : "le défi principal est de savoir qui sont ces personnes, surtout dans les circonstances sécuritaires et le chaos où le processus d’enquête reste plus difficile à faire. Par principe, sans doute, il fallait demander des compte à ces personnes, même après la fin de ces conjonctures et le retour à la normal".

Le président al-Assad a poursuivi : "Quand vous n’avez pas de preuves mais des indices, vous pouvez donc limoger la personne pour manque de confiance, "mais quand on a une preuve tangible sur cette personne d’avoir commis quelque chose, il faut la traduire directement en justice".

Répondant à ceux qui disent qu’il y avait un dysfonctionnement dans le mécanisme de nomination de certaines personnes non qualifiées, le président al-Assad a dit qu’il avait un côté objectif et un autre non objectif dans cette thèse, "le côté objectif est que jusqu’à présent nous n’avions pas en Syrie une gestion de ressources humaines, au sens scientifique du mot, ce qu’on fait actuellement en mettant les dernières retouches au projet relatif à la fonction publique, capable d’évaluer cette personne depuis son entrée en service jusqu’à sa sortie, avec un parcours complet déterminant le développement de son travail. Il se peut qu’une personne intègre vienne, disposant d’une évaluation correcte, mais après une période elle se dévie.

Le mécanisme d’accès est en lui-même insuffisant. Or, si on dit que cette personne est venue sans qu’elle fasse preuve d’efficacité selon l’actuel mécanisme en l’absence d’une gestion des ressources humaines, il ne vous reste que l’expérience à tester pour savoir si cette personne va échouer ; quand est-ce qu’il échoue et que vous serait en mesure de le remplacer, où en est le problème ? Naturellement cela demande du temps mais vous n’avez pas d’autres choix", a souligné le président al-Assad.

Le président al-Assad a poursuivi : "Il y a des cas où une personne réussit dans un poste et on suppose que son succès dans son poste se soldera par son succès dans un autre, et on découvre après l’expérience que ce n’est pas le cas. En vérité, en l’absence de ressources humaines, du point de vue scientifique, on n’avait d’autre option que de passer à l’expérience, ce qui compte est de ne plus se taire sur une personne commettant des erreurs ou d’échecs. Par contre, il y en a une personne qui échoue dans un poste non parce qu’elle est mauvaise mais tout simplement le poste ne lui convient pas et quand vous la mutez à un autre poste il se peut qu’elle réussisse".

Questionné sur le rôle conséquent des médias dans le contrôle de la prestation gouvernementale, le président al-Assad a souligné la nécessité de contrôler les responsables d’en haut et d’en bas par la base populaire ; " jusqu’à présent le contrôle des responsables était uniquement d’en haut et ceci est insuffisant, peut-être ce serait suffisante à des niveaux de la responsabilité : ministre, directeur centrale et ainsi de suite, mais aux niveaux subalternes comme les fonctionnaires, il faut le contrôle populaire et là les médias jouent un rôle principal. Les médias avaient tentés de jouer ce rôle au cours de différentes phases, mais ce rôle ne se concrétise pas par des articles évoquant des questions générales, or le rôle de l’information est de préparer un cas complet, preuves à l’appui. Alors, il ne reste aux responsables que de transférer ce cas à l’enquête, ensuite à la justice. C’est ce qui manque aux médias. Naturellement, pour que l’information réussisse dans ce sens elle a besoin de plus de transparence de la part de l’Etat, car la personne concernée tentera de verrouiller toutes les portes devant les médias qui doivent rester persévérants et résolus dans ce sens. Évidemment, le président de la république est responsable de l’Etat tout entier et ne peut se dérober ou dire qu’il est non responsable d’un segment donné de l’Etat, mais il reste que personne ne peut voir toutes les palettes du pays", a fait noter le président al-Assad.

A propos de son insistance sur l’institutionnalisation et de la nécessité pour chaque responsable de jouer son vrai rôle, le président al-Assad a dit : "Tant que les institutions demeurent insuffisamment mûres, le rôle de n’importe quel responsable, y compris celui du président de la république, reste insuffisant. Le président de la république supervise d’une manière générale les politiques des institutions et intervient dans certains cas, mais ici on traite quotidiennement avec des milliers de cas et de questions ayant lien avec les citoyens dont le suivie quotidien est impossible que s’il y a un état institutionnel ou une sorte de participation avec les citoyens à la gestion des affaires de l’Etat".

Au sujet de l’existence d’un mécanisme assurant un rôle plus grand aus médias en leurs permettant davantage d’intervenir dans les affaires qui peuvent être du ressort du contrôle, le président al-Assad a dit : "La question est plus que celle d’autorisation ; pour moi, en tant que responsable, je réussis si vous avez fait votre devoir et votre rôle est un succès pour moi et j’ai intérêt personnel dans le succès de l’information dans ce sens, de même qu’il y avait un intérêt national puisque la patrie réussit, les institutions réussissent et le citoyen réussit. Dans cette question, on est tous gagnants quand vous jouez votre rôle ; le fait que les médias jouent leurs rôles n’est pas une question d’autorisation ou pas, mais c’est la question de savoir comment assumez-vous ce rôle d’une manière objective, et que l’information n’exploite pas tel cas ou que son rôle soit au service de fins personnelles.

Finalement, Les médias est un des pouvoirs et n’importe quel détenteur de pouvoir est capable d’exploiter ce pouvoir pour son propre intérêt et cela dépend en 1er degré de la déontologie de la profession".

Pour ce qui en est du feu vert qu’avait obtenu les médias dans le cadre du contrôle et du service de la patrie, le président al-Assad a dit : "Effectivement, mais par le biais de passer du rôle culturel à celui de l’investigation et que le rôle des médias dans un cas soit l’investigation pour trouver des preuves, et proposer des solutions pour aider la justice et les parties qui enquêtent et en même temps et pour en profiter dans nos décisions à l’avenir".

Répondant à une question où en est les médias syriens, avec le ciblage politique et sanglant des médias en Syrie, par l’extérieur, l’interruption de la diffusion satellitaire des chaînes syriennes, le minage de nombreux bâtiments et l’enlèvement des journalistes et leur liquidation ? Le président al-Assad a fait noter que la réponse se trouve dans la question, "et cela nous mène à un point très important, nous devons cesser de nous flageller. En dépit du manque dans tous les domaines, dont les médias, et nos souhaits que les choses soient meilleures ; seulement si cet outil était obsolète comme certains le prétendaient celle-ci n’aurait pas été ciblée, si elle était mauvaise, nuisible et obsolète, ils lui auraient octroyée, en tant qu’information nationale, publique ou privée, gratuitement des chaînes satellitaires ; ce qui confirme que les médias syriens les ont démasqués et frappaient de plein fouet les vrais empires médiatiques derrière lesquels se trouvent non seulement les fonds mais aussi la décision politique dans les grandes capitales du monde, ceci est, en lui-même, une preuve de succès des médias syriens. Normalement, on peut être plus fort et plus performant, on n’est pas parvenu à notre ambition, de même que vous, en tant qu’information et à tous ceux qui disent que les médias avait échoué, on leur dit en voici la réponse", a-t-il fait savoir.

A propos des défections intervenues et de la préoccupation de la société syrienne par cette affaire et les dires de certains que si ces dissidents n’avaient pas vu un avenir obscur de la Syrie, ils n’auraient pas pris la fuite, le président al-Assad a répondu : "Sans entrer dans les noms, et supposons que l’avenir est obscur, cela est-il un prétexte pour quitter la patrie ? Quelle thèse incomplète ! C’est une accusation de non patriotisme. Clarifions le concept, en 1er lieu, ils parlaient de défection, la défection est celle d’une institution d’une autre plus grande que vous présidez ou celle d’une partie d’une institution de l’institution mère et à la tête de cette institution se trouve une personne ou des personnes qui se rebellent contre leurs supérieurs ou contre la partie mère de ces institutions, ceci n’était, ce qui était arrivé c’est que des personnes qui occupaient des postes avaient pris la fuite hors du pays. Ceci est cas de fuite et non une défection. La défection est un acte intérieur et point extérieur, une rébellion contre l’Etat à l’intérieur du pays, et ce n’était pas le cas. Donc, ces opérations sont des fuites hors du pays et ce qui prend la fuite est un homme qui avait reçu des fonds pour sortir ; donc c’est un corrompu ou une personne lâche menacée par des terroristes ou d’autres parties, on peut dire que cette personne n’avait pas l’espoir d’un avenir brillant c’est pourquoi elle avait eu peur et fui vers l’extérieur, ou une personne ambitieuse qui croyait devoir obtenir des acquis, des avantages ou des postes, mais elle ne les avait pas obtenus, et décidé de prendre la fuite".

Et le président al-Assad de poursuivre : "Il y avait d’autres raisons, mais en conclusion celui qui prend la fuite est une personne faible ou mauvaise, car la personne patriotique et bonne ne prend pas la fuite hors de la patrie. Cette opération est enfin positive, c’est une auto purge de l’Etat en 1er lieu et de la patrie en général, c’est pourquoi, il ne faut pas s’en gêner. On ne savait pas que beaucoup de ces personnes sont ainsi, elles avaient elles-mêmes dévoilé leur vérité et c’est positif".

"Plusieurs personnes avaient dit vouloir fuir hors de la Syrie, que leur on avait fait ?", a indiqué le président al-Assad, ajoutant : "A ceux qui nous l’avait appris, nous avons dit facilitons sa fuite et laissons les partir, c’est une question positive. Évidemment, on n’était pas certain de tous les cas, mais dans certain notre certitude était entière et malgré cela on ne s’y était pas opposé. Bien que beaucoup de personnes aient proposé de fuir hors de la Syrie sous le titre de la défection, l’Etat aurait-il arrêté quiconque d’eux ?, non car on estime la chose positive".

Le président al-Assad a fait noter : "Dans certains cas, nous avions des informations et de forts doutes, pas une complète certitude, la question posée alors par les institutions concernées que ferions-nous ? L’Interdirons-nous ? L’orientation était de l’interdire, mais nous leur avions dit que l’interdiction est incorrecte, leur sortie est la bonne chose pour deux raisons : la 1ère est de mettre à nu ces personnes devant le citoyen syrien et la 2ème est que toute personne qui sort de la patrie est finie. S’il avait une ambition politique c’est fichu, pour la simple raison que le peuple syrien ne respecte pas ceux qui fuient. Le peuple syrien ne peut être conduit à distance et eux ne peuvent le conduire de l’extérieur. Cette question est tranchée historiquement c’est pourquoi je peux dire à tout citoyen connaissant une personne hésitante et berce le désir de prendre la fuite de l’encourager à le faire".

Et à la question de savoir si on prévoit davantage de fuite, le président al-Assad a indiqué que la fuite de ce genre de personnes est un cas positif et qu’il est normal que telle genre apparaissent dans les crises, chose qu’on doit prévoir et en être optimistes et non pessimiste.

A la question de savoir pourquoi ce ciblage de la Syrie par cette quantité de médias et de moyens politiques et d’autres, le président al-Assad a fait savoir que cela fait partie de l’histoire de la Syrie, le conflit était imposé à la Syrie même quand on était partie de l’empire ottoman, "car la région de Bilad al-Cham est stratégique et après l’indépendance et l’évacuation française, tous les coups d’état étaient financés par l’extérieur pour contrôler la Syrie et la politique syrienne et l’entraîner dans les axes de l’époque, et ceci avait continué jusqu’à ce que la Syrie aient commencé à adopter une politique indépendante, après la révolution de 8 mars, puis après le mouvement de redressement. Alors, l’offensive contre la Syrie est devenue plus soutenue et déterminée qu’auparavant. Nous payons le prix de différentes positions dont certaines sont relatives aux politiques de principe liés aux droits de la Syrie, à la résistance, au lien avec l’Iran c’est-à-dire avec cet axe qui ne plait pas à l’Occident. On paie aussi le prix de nos dernières positions, notamment notre position contre le bombardement de la Libye, position unique au sein de la Ligue arabe, rejetant l’exclusion aérienne par un non et non pas une abstention, car nous comprenions alors que cette exclusion signifiait le début d’une agression contre la Libye, ce qui était".

Et le président al-Assad d’ajouter : "on paie le prix de ces positions et l’ouverture de l’Occident sur nous en 2008/2009/2010 que certains s’étaient trompés quand ils avaient cru que cette période était une vraie ouverture alors qu’elle était une phase à travers laquelle l’Occident avait projeté de changer le moyen de traiter avec la Syrie par le satisfecit afin de parvenir aux objectifs escomptés, conspirer contre la résistance, notamment au Liban, et frapper le lien entre la Syrie et l’Iran qui nous soutient et le droit arabe. Et quand ils ont échoué à l’époque, le slogan du printemps arabe était le nouveau prétexte pour eux devant leurs peuples pour conspirer une fois encore contre la Syrie. De toutes ces raisons, on paie le prix".

Quant au refus de la Syrie d’exécuter les choses demandées d’elle au cours de la phase d’ouverture et de la séduction entre les années 2008 et 2010 et au changement qui avait eu lieu dans la manière et les moyens, le président al-Assad a répondu : "Oui, ils nous ont demandé d’une manière claire de prendre nos distances d’avec l’Iran, et notre réponse était claire : Tant que l’Iran nous soutient et nos droits, sans hésitation, alors comment peut-on prendre nos distances d’avec lui ? Sur le plan de principe, il est inacceptable de rejeter ou de faire volte-face à une partie ou à un pays qui vous est fidèle. Du point de vue d’intérêt, comment peut-on tourner le dos à un pays qui avait transformé l’ambassade d’Israël en ambassade de la Palestine et qui avait soutenu le droit palestinien, et nous en tant que pays arabes nous ne parlons que du droit palestinien, tou d’un coup nous lui tournons le dos !?". Le président al-Assad a ajouté que les tentatives qui a avaient eu lieu à cette époque-là étaient liées aussi au complot dans la question nucléaire iranienne bien qu’on ne soit pas partie pris dans ce dossier et l’Iran n’avait pas demandé de l’aide dans ce sens, "car ce sujet est débattu sur la scène internationale et non régionale.

Ce qui était exigé de la Syrie est de convaincre l’Iran des choses qui ne versent pas dans son intérêt. On avait vu ce sujet en tant que sujet relatif à nos futurs intérêts et notre sécurité nationale à l’avenir, car ce qui est exercé sur l’Iran en tant que pays œuvrant pour obtenir l’énergie nucléaire pacifique, sera appliqué sur nous dans l’avenir, surtout que cette énergie est essentielle dans l’avenir et l’Occident veut monopoliser la connaissance et l’interdire au monde en voie de développement", a précisé le président al-Assad.

Et le président al-Assad de poursuivre : "Il y a un autre aspect relatif à la résistance, c’était de conspirer contre la résistance en Palestine et la résistance au Liban via certaines mesures qui pourraient se produire au Liban pour réduire la résistance, mais nous les avions rejetés. Ils s’appuyaient sur le principe d’ouverture et des visites échangées et sur le vacarme de l’information occidentale contre la Syrie dont le président était, d’après leurs médias, en 2005 un criminel, suite de la question de Hariri, et qui est devenu tout d’un coup un pacificateur. Ceci vous donne une image sur l’hypocrisie de l’Occident, et après cette phase le printemps arabe était l’opportunité pour en finir avec la politique syrienne".

Quant au moyen de surmonter les sanctions qui avaient visé le peuple syrien et la diffusion des nouvelles selon lesquelles par le biais des pressions économiques, la Syrie s’écroulerait économiquement, le président al-Assad a fait savoir que ce genre de sanctions affectent sans doute la Syrie, mais à des taux donnés qui s’appuieraient sur la manière de s’adapter à ces conjonctures. "Voyez-vous l’Iran qui progresse à l’ombre des sanctions drastiques depuis des décennies, nous sommes un peuple d’intelligence possédant une capacité élevée d’adaptation. Nous avions vécu au cours de notre histoire des crises, et les phases d’accalmie étaient limitées dans l’histoire syrienne. Il n’y a aucun doute qu’on possède la capacité de s’adapter avec ces sanctions, surtout qu’on est un pays producteur, et nom importateur, producteur dans différents domaines agricole, artisanal et de petites industries. On doit redéfinir notre économie d’une manière compatible avec cette nouvelle donne et dans ce cas on peut réaliser des acquis", a-t-il expliqué.

Le président al-Assad a fait savoir que l’industrie syrienne s’était développée à l’ombre de l’embargo dans les années 80 où on ne disposait même pas des matières de première nécessité. "La conjointure était plus difficile et on ne disposait alors dans nos banques même pas du minimum de réserves en devises et malgré cela on avait pu développer l’industrie. Aujourd’hui on possède de grands potentiels qui ont besoin d’un peu de réflexion et certains plans opérationnels sur le terrain, non pas la théorisation. Je crois que nous allons nous en profiter et les résultats seront plus visibles au terme de la crise en s’appuyant sur nous-mêmes et en s’écartant des habitudes de consommation qui ne sont pas nécessaires et auxquels nous nous sommes habitués peut-être au cours des années de prospérité. Nous avons la capacité de rester et de se développer et ce qui compte est de rechercher la meilleure formule pour notre économie".

En ce qui concerne la manière du traitement de l’Etat avec l’appel au dialogue depuis la conférence tenue l’année dernière, le président al-Assad a indiqué que c’était une longue histoire, que bien que la durée n’est qu’un an et demi, mais elle était très riche et beaucoup de gens ne savaient comment les choses s’étaient produites, la vérité sur la question du dialogue, la position de l’Etat et celle de l’opposition.

"Au début de la crise, nous avions demandé de dialoguer avec toutes les forces et les personnalités, y compris les novices dans la politique et nous avions élargi la contribution pour toucher les personnalités culturelles, sociales et autres. Nous avions considéré que la question n’est pas du seul ressort des hommes politiques, car chacun en Syrie est concerné par le règlement de cette crise. La question du dialogue a été soumise à tous les niveaux des différentes parties et des pays qui étaient venus pour nous conseiller que ce soit de bonne ou de mauvaise intention, et de la part des forces présentes en Syrie qui avaient voulu exploiter la crise et dont certaines avaient voulu occuper une vraie position nationale, c’est pourquoi on avait dit que l’idée est bonne et commencé à œuvrer en sa faveur. Ici on a commencé le tri, en particulier pour les forces de l’opposition, il y avait de l’opposition nationale qui avait voulu mettre de côté leurs intérêts qui faisaient l’objet de désaccord avec nous, mettre l’intérêt de la patrie en 1er lieu et aller vers le dialogue. Cette opposition avait pris part ensuite au processus politique et parmi elle, celle ayant pris part aux élections, adhéré à l’Assemblée du peuple et participé au gouvernement", a fait noter le président al-Assad.

Il a ajouté : "Par contre, il y a une opposition non patriotique dont on n’avait pas directement mentionné auparavant. Je ne vais pas définir qui était cette opposition, le peuple syrien va découvrir un jour qui est-elle. Il faut déterminer minutieusement ce qui était arrivé, cette opposition avait proposé au début un processus de réforme, la réforme des lois, le changement ou l’amendement des lois et l’amendement de la constitution. Celle dernière croyait que nous allons rejeter cette logique. Elle avait évoqué cela publiquement et en même temps, elles nous fait du marchandage en catimini affirmant qu’elle ne s’intéressait pas à cela, que ces dires sont uniquement pour la consommation médiatique et populaire et qu’elle voulait participer au gouvernement".

Le président al-Assad de poursuivre : "Du point de vue de principe, on avait dit nous n’avions aucun problème quant à la question de la participation au gouvernement, car celui-ci n’est pas le monopole à une partie, le gouvernement est pour tout le peuple et nous, en toute évidence faisons participer des indépendants. Peu importe qu’elles viennent d’autres forces de l’opposition pour participer au gouvernement, mais nous n’acceptons pas le chantage. Le traitement avec n’importe quelle partie est fondé sur l’aspect moral et de principe. Nous avons poursuivi le dialogue et ces forces qui appelaient au dialogue, nous étions surpris de leur refus d’y prendre part, je rappelle que je parle d’une partie de l’opposition. Pourquoi avait-elle refusé de venir au dialogue ? C’est qu’elle avait proposé avant le dialogue que celui-ci se ferait exclusivement entre l’Etat et ce groupe sans la participation d’autres parties, et ce, pour la simple raison de se montrer comme le défenseur du peuple syrien et son seul représentant et de nous présenter comme ceux qui sont contre le peuple. Ces forces n’ont pas de base, c’est pourquoi elles avaient tenté d’occuper une position politique d’une manière opportuniste pour négocier avec l’Etat. De ce fait nous avions refusé ces dires et appelé les différentes forces au dialogue et on avait organisé un dialogue avec la participation de plus de 100 personnalités, je ne me souviens pas exactement du nombre, lesquelles représentaient les différents courants de la Syrie. D’un autre côté, certaines de ces forces avaient un contact permanent avec les chancelleries occidentales qui œuvraient en toute activité en Syrie à l’époque, qui leur avaient dit de ne pas prendre part au dialogue car la durée de cet Etat ou du soi-disant "régime" (ce mot est inacceptable) est pour quelques semaines ou mois. Il y avait d’autres parties qui s’étaient rendues en Egypte et touché de l’argent par certaines parties du Golfe via la Ligue arabe ou à l’aide des responsables de la Ligue pour ne pas participer au dialogue".

"Il y avait d’autres raisons, car ces forces avaient proposé la question de réformes. J’ai rencontré des groupes de ces forces qui m’avaient parlé de la constitution, de l’article VIII et des lois. Avant le dialogue d’environ un mois ou peu j’ai prononcé un discours à l’université de Damas et annoncé les réformes. Quant à ces forces, elles voulaient proposer la réforme au cours du dialogue pour nous mettre devant deux options : si on accepte, elles allaient dire au peuple qu’elles avaient apporté la réforme sous la pression des négociations avec l’Etat, et si on refuse, elles allaient lui dire que cet Etat est contre la réforme c’est pourquoi il faut la combattre, et ce, en vue d’accaparer cette base populaire en se présentant comme le défenseur des droits du peuple. Les questions étaient claires pour nous, ces groupes sont dans leur majorité des opportunistes et nous les avions négligés pour passer après le dialogue à la 2ème phase", a indiqué le président al-Assad.

"Eux avaient persisté dans leur position et leur pari sur les chancelleries et les forces du Golfe au sein de la Ligue arabe et ils les avaient contactés jusqu’à ce qu’ils ont perdu l’espoir. On avait entendu récemment qu’ils avaient commencé à parler du dialogue", a poursuivi le président al-Assad ajoutant : "Mettons l’opportunisme de côté, on doit supposer la bonne intention pour dire : venir tard mieux que ne pas venir, mais si vous arrivez en retard, il faut que vous soyez sincères et non venir une nouvelle fois d’une façon opportuniste en montant la vague, voyant que le navire n’a pas fait naufrage, c’est pourquoi il fallait s’en assurer une place. On parle actuellement du rejet de la violence et des armes par toutes les parties et ces propos sont proférés de temps en temps par certains. Si vous avez reconnu l’arme et l’armement, pourquoi l’aviez-vous donc rejeté depuis un an ? Est-ce que vous viendriez pour dire en toute clarté que vous aviez eu tort ou que vous aviez menti au peuple. On n’attend pas d’eux le 2ème, mais au moins le 1er, "qu’ils ne savaient pas, qu’ils avaient tort, qu’ils avaient mal calculé, qu’ils disent n’importe quoi, mais ne faites pas comme si rien n’était arrivé, car ces propos sont inacceptables, cet opportunisme, nous le rejetons".

Et le président al-Assad d’ajouter : "C’est quand ceux qui croyaient ne pas avoir trouvé de places dans l’autre navire, et que ce navire avait chaviré via les Conseils de l’extérieur, la découverte par l’extérieur que cette opposition est opportuniste et n’a pas de place en Syrie et ne joue aucun rôle, leur pari sur l’action militaire armé terroriste et l’échec de celle-ci récemment en Syrie pour réaliser de résultats palpables mais l’inverse s’est produit, c’est une marche arrière, une dégringolade, qu’ils commençaient de changer. Ceci est inacceptable pour nous d’une part, et d’autre part de nouvelles initiatives ont fait leur parution".

"Nous refusons de traiter avec opportunisme et notre politique est de principe. Ce que nous avions dit au début de la crise nous le disons aujourd’hui : Nous n’avons absolument pas changé notre position vis-à-vis des événements et toutes les circonstances qui les entouraient. Nous disons que notre traitement avec les initiatives se base désormais sur ce qui suit : Quelle est la partie qui propose l’initiative ?...quels sont les outils qu’elle possède ?...et quel est son poids à l’intérieur de la Syrie, s’il est question de pays ? Comme se fait actuellement, pour l’initiative proposée par l’Iran, dont nous avions pris connaissance et que nous avions soutenue pour plusieurs raisons : le rôle de l’Iran dans la région, l’importance de l’Iran et de ses principes et qu’il serait avec d’autres pays qui n’ont pas nécessairement les mêmes principes ou le même poids, mais qui peuvent jouer un rôle d’une manière ou d’une autre", a indiqué le président al-Assad.

Le président al-Assad a ajouté : "Nous demandons à toute partie proposant une initiative, quel est son poids ? Nous avons reçu beaucoup d’initiative de différentes parties, certaines d’entre elles viennent des associations étrangères telle que celles qui avaient parrainé la dernière initiative de Rome et ça m’étonne que des associations étrangères parrainent une initiative syrienne et par des personnes syriennes. Cela est honteux pour nous au niveau national et nous avons ignoré beaucoup de ces initiatives qui n’ont ni valeur ni poids. La crise n’est pas un espace pour que des personnes y cherchent des positions ; ceci fait partie du commerce de la crise".

Questionné comment la Syrie reste forte et ferme avec tout ce qu’elle avait affronté jusqu’à présent, le président al-Assad a dit que tous ceux qui avaient cru que le navire est celui d’un Etat "ou une nouvelle fois du régime" avaient eu tort. "Le navire est celui de toute la patrie, la Syrie, ou bien il sombre ou il sort indemne, il faut que nous soyons clairs sur ce point, il est impossible que l’Etat chavire et la patrie reste, et ce, pour une simple raison, car en dépit de beaucoup d’erreurs, il y a un rapport étroit entre les hommes politiques de cet Etat et la foi de ce peuple. Si on se demandait sur ce qui a maintenu ce pays ferme ?, A vrai dire c’est le peuple en général. Ce peuple par sa vaste base et non ses élites. Pour être clair devant l’histoire, la large base n’accorde pas d’importance habituellement à la politique", a-t-il expliqué.

Questionné aussi si cela englobe l’ensemble du peuple, le président al-Assad a dit : "Oui l’ensemble du peuple qui ne s’occupe pas de la politique, ne possédant pas de diplômes, ne vit pas cette ambiance, mais il a un sens instinctif profond de la vérité sur la crise, dans le fond et l’essence. Ce n’est pas la 1ère fois que je découvre ou je constate cette scène, on l’avait vu en 2003 après la guerre de l’Irak et ses résultats où certaines parties avaient critiqué la position syrienne qui avait tenu tête aux grandes puissances et de son appui à l’Irak à l’époque. Cela était clair aussi après 2005 où l’Occident avait comploté contre nous sur fond de l’assassinat de Hariri au Liban et nous constatons actuellement cela, d’une manière plus claire, car la scène est la même, cette large base populaire c’est elle qui protège le pays et non l’élite, il faut que nous soyons clairs, que ces propos satisfassent certains ou les mettent en colère. Cette base est la catégorie la plus importante du peuple qui avait rendu ce pays ferme, ce sont les forces armées, avec sa sécurité et sa police qui entreprend des actes héroïques, elles sont disposées à se sacrifier. Nous avions entendu de ces sacrifices et nous croyions qu’elles étaient des cas individuels d’héroïsme et qu’elles existent dans n’importe quelle armée dans le monde, mais ce qui est surprenant c’est le caractère collectif et généralisé de cette disponibilité aux sacrifices dont certaines scènes que nous avions suivies à la TV Addounia et à la TV syrienne lors des combats qui ont fait montre de l’ampleur du courage et du succès qu’ils avaient réalisés. Sans ces succès accomplis par l’armée arabe syrienne au cours de ces circonstances difficiles, la situation dans le pays serait sans doute dangereuse. L’accueil par le peuple de cette armée est crucial et nous disons l’armée du peuple car cette armée est l’enfant de ce peuple".

Le président al-Assad a poursuivi : "Si on voit la société en catégories : médecins, intellectuels, universitaires, artisans, paysans, ouvriers etc. et si on retourne au début de la crise, qui s’était basée sur la thèse confessionnelle, ces parties voulaient au début créer un fossé confessionnelle entre les fils du peuple syrien pour ouvrir une grande brèche en Syrie en vue de faire passer en toute facilité leur plan. La thèse confessionnelle est une déviation de la religion, car les cultes, notamment l’Islam, ne peut jamais être une religion confessionnelle ou une religion de dispersion. Il y avait beaucoup d’outils et de moyens pour faire face à l’état confessionnel, en particulier la religion authentique. Aucune catégorie ne peut jouer ce rôle comme celle des dignitaires religieux ou des Ulémas, la vérité est que le rôle des dignitaires était très important et crucial au cours de la crise actuelle.

Beaucoup de gens ne savaient pas que nombreux dignitaires religieux respectueux ont été torturés et emprisonnés dans des sous-sols et certains d’autres ont été assassinés et payé le prix de leur vie, non pour leur appui à l’Etat mais pour avoir dit la mot de droit ou parlé des enseignements justes et correctes de la religion".

Et le président al-Assad de continuer : "Le fond de la crise était de créer une sédition confessionnelle et le rôle des dignitaires religieux était fondamental dans son affrontement. On parle aussi du rôle des médias qui s’il n’était pas important en Syrie, les journalistes en auraient-ils payé le prix de leur vie. Il y a nombre de catégories, il y avait des personnes dans différents postes, je n’exclue pas des catégories. Toutes ces catégories sont des personnes patriotiques et avaient payé de leur vie. Tous les adversaires et les ennemis s’étaient centrés sur des directions données, c’est pourquoi, il était nécessaire que toutes ces catégories et tous ces secteurs du peuple exercent leur devoir et ils l’avaient fait. Par contre, il y avait des dignitaires religieux délinquants qui avaient joué un rôle négatif ou bien en raison de l’ignorance de la foi ou pour des raisons politiques enfouies pour lesquelles ils avaient exploité la religion, mais les dignitaires religieux en Syrie avaient resserré l’étau sur eux, c’est pourquoi je crois que cette phase sera enregistrée pour toutes les catégories qui avaient protégé la patrie".

Quant à l’assassinat de beaucoup de personnalités, médecins, ingénieurs, professeurs universitaires et savants, dans les différents domaines, le président al-Assad a indiqué que c’est vrai mais que ce qui est exigé de toute personne dans ces catégories était limité par rapport aux grands titres proposés au début de la crise, "malgré tout je redis que tous appartiennent à ce peuple, quand j’ai commencé par dire que le peuple est le protecteur de la patrie, ce peuple englobe toutes les catégories", a-t-il précisé.

A la question de savoir : Où sommes-nous allés et où est allée la Syrie ? le président al-Assad a dit : "On prend la Syrie où nous le voulons comme peuple et nulle part ailleurs. Le facteur extérieur influe, et ceci peut accélérer l’opération ou la ralentir ou l’orienter vers une certaine direction, et nous seront capables de la remettre sur les rails. Ce qui se passe en en Syrie n’aurait pas eu lieu sans la présence de certaines groupes, limités mais influents et qui sont allés avec le plan étranger sur les plans politique ou criminel. Si tels groupes et catégories n’existaient pas en Syrie, il est certain que le complot conduit par tout le monde contre elle et auquel participe tout le monde n’aurait pas affecté l’avenir que nous voulons tracer par nous-mêmes. La réponse est brève, je dis au peuple syrien le sort de la Syrie est dans vos mains et n’est pas dans la main des autres. Quand nous allons nous débarrasser de ce problème nous n’aurions d’autres problèmes, même le conspirateur, il retournera et il changera. Les Syriens qui avaient contribué à ce problème sont eux qui avaient encouragé les conspirateurs à tramer plus de conspiration, ceci est la vérité, c’est pourquoi on doit traiter avec la situation locale. J’affirme que le complot est grand mais comme j’avais dit dans tous les discours et interviews, la base est en Syrie, et quand on se débarrasse de ces terroristes on va retourner pour examiner la raison de la présence de ce genre de crime que nous n’avions jamais cru exister en Syrie. Ceci-ci est la responsabilité de la société, la responsabilité d’une patrie complète, nous examinons les vraies raisons et nous les traitons, à ce moment-là nous serions rassurés et la Syrie retournera comme on la connaissait avant cette crise ; et je suis rassuré de cette question".

Quant au rôle de la Syrie, la mère patrie, à l’égard de ses fils et à la promulgation d’une amnistie touchant des personnes impliquées, et aux dires que la Syrie n’est pas dans une position de force, que c’est pourquoi elle amnistie, le président al-Assad a répliqué : "La réponse réside dans la question, le pardon se fait au moment de la force non à un moment de faiblesse, il est une preuve de force et non de faiblesse, une expression de confiance, la confiance en nous-mêmes et en notre peuple, car l’Etat représente le peuple et fait partie de ce peuple, l’Etat c’est une confiance général et non celui d’un responsable lui-même, la confiance qu’en réalité beaucoup de ces personnes ont été trompés. Evidemment, il faut mettre les erreurs de côté. Il y avait des personnes, peut-être dans les circonstances d’action sécuritaires, qui ont été arrêtées d’une manière erronée et relâchées d’une manière individuelle ou collective, mais il y avait des cas d’implication déterminés clairement par la loi dont les délits qu’il faut suivre par la ligne de la tolérance, dans de nombreux cas de tolérance qui avaient eu lieu au cours de l’an et demi passé, avaient eu des résultats positifs".

"Si cette amnistie réalise des résultats positifs, pourquoi ne pas aller dans ce sens ; le règlement de la crise ne se fait pas uniquement par la liquidation du terrorisme ou par la force, et ceci n’est pas général mais limité, il faut utiliser tous les outils accessibles, dont la tolérance, c’est pourquoi j’ai dit que nous poursuivrons ce processus et nous le ferons vraiment", a indiqué le président al-Assad. Questionné la foi en l’arabité et ou de l’action arabe persiste après les positions de la Ligue arabe et la suspension de la Syrie, le président al-Assad a répondu : "je réitère ce qui j’avais dit dans l’un de mes discours, la Syrie est première, ceci est des évidences. Toute patrie est la première. Tout village auquel l’homme appartient est le premier, mais ce 1er n’est pas contraire au 2ème qui est la grande ville, la grande partie, le monde arabe et le nationalisme auxquels nous appartenons. Ces propos sont limités et une réaction, quand on dit que la Syrie est première et qu’on ne veut pas appartenir à l’arabité. Nous livrerons donc l’arabité à ceux-ci, moi je dis le contraire, je suis aujourd’hui plus engagé à l’arabité, plus croyant en elle, car j’ai connu après un an et demi de traitement avec certaines parties que nombre de responsables arabes à différents niveaux dont certains d’eux en tête de l’Etat, n’appartiennent point à l’arabité et je me suis rassuré qu’ils ne nous appartiennent pas et nous ne leur appartenons pas. Cela rassure davantage que l’arabité est pure même si certains tentaient de la troubler par leur présence".

Le président al-Assad a poursuivi : "Quant à la Ligue arabe elle n’est pas le critère de l’arabité qui n’est pas une organisation mais un état de civilisation. Notre région se centre sur un nombre de choses dont les plus grandes : l’arabité et l’Islam, et elle n’aurait jamais pris sa forme actuelle sans ces deux grandes bases. Si on ne croit pas en l’existence, au fondement et à l’importance de ces deux bases, nous ne croyons pas en une chose qui existe que cela nous plaît ou pas, la question n’est pas de croire ou pas, c’est une vérité qui si on n’y croit pas c’est à nous de la changer. Est-ce que nous pouvons annuler l’Arabité ? Ceci est un autre sujet. Quant à la Ligue arabe, il faut être réaliste, au cours des dix dernières années ou depuis l’an 2000, date de l’éclatement de l’Intifada (aux années 90), cette Ligue ne s’était réunie qu’une seule fois, il n’y avait eu qu’un seul sommet arabe), quelle est-elle l’action menée par la Ligue arabe en faveur de la nation arabe, en vérité, durant ma présence à tous les sommets arabes, nous n’avions aucune ambition de réaliser quelque chose, l’ambition maximale était de réduire les pertes, nous savions qu’au cours de tout sommet arabe, il y avait des bombes posées et des mines qu’il nous faut désamorcer, nous n’étions pas convaincus que la Ligue arabe fait une action réelle au profit de la nation arabe. L’une de mes plus difficiles activités politiques était d’assister au sommet arabe pour la même raison, à savoir, les batailles que nous menions pour désamorcer ces mines. Il n’y avait absolument aucune possibilités de réaliser une chose au profit de la nation arabe, car l’arabité est une chose et la Ligue arabe en est une autre, le fait que nous appartenons à la Ligue arabe ou non cela est un autre sujet".

A propos du désir de certains médias extérieurs de la nécessité que le président de la république apparait tous les jours aux écrans de la télévision pour ne pas véhiculer des rumeurs sur lui et sur le lieu de résidence actuelle, le président al-Assad a souligné :" je suis maintenant avec vous à Damas au palais présidentiel, en tout cas ces rumeurs ne sont pas absolument négatives, vous remarquez qu’on ne répond pas à la majorité de ces rumeurs, car elles sont sans valeur, la rumeur est comme des flaques de savon qui s’éternue après une période. L’avantage de ces rumeurs consiste en la mise à nue de leurs mensonges. Ces rumeurs consolident notre position. Ils lancent des mensonges et falsifient les faits. Les rumeurs rendent le citoyen un peu confus, mais elles les rendent encore plus confus, eux et leurs combattants dont ils tentaient de rehausser le moral. Hausser le moral par des rumeurs c’est vendre l’illusion à vos outils, autrement dit ces outils tomberaient prochainement en échec, ce qui est une bonne chose, c’est pourquoi il ne faut pas s’en gêner ni s’y intéresser. Je suis présent et ils ne peuvent jusqu’à présent ni me faire peur ni faire peur à la majorité des Syriens. En vérité, tous sont inquiets de leur patrie, cela est normale, mais laisser la peur s’infiltrer d’une manière ou d’une autre est une question absolument inaccessible".

Le président al-Assad a remercié tous les employés de la chaîne Addounia, qui affrontent en permanence des menaces mais qui sont restés résolus à faire leur devoir dans le dévoilement des réalités.

Bulletin français

Source :
SANA L’Agence de Presse Arabe Syrienne


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