COMITE VALMY

Accueil du site > COMITE VALMY ANALYSES ET PROPOSITIONS - > A propos des commentaires sur les interprétations de la « rafle du Vel’ (...)

A propos des commentaires sur les interprétations de la « rafle du Vel’ d’Hiv’… »
D’UNE COLLABORATION A L’AUTRE…
Jean Lévy

jeudi 26 juillet 2012, par Comité Valmy


Le discours tenu par François Hollande sur « le crime commis par la France », évoquant la rafle du Vel’d’Hiv’, celle de la population d’origine ou de confession juive, effectuée par les policiers français le 16 juillet 1942, à Paris, a provoqué beaucoup de commentaires politiques.

Pour sa part, « canempechepasnicolas » a tenu a exprimer clairement son opinion sur les responsabilités de ce crime.

D’autres voix ont protesté contre le "Tous coupables " du président de la République, exonérant de ce fait, par ses propos, la responsabilité de la classe dirigeante de l’époque qui, pour des raisons de classe, avait choisi la « collaboration avec l’ennemi » contre son propre peuple.

Cela dit, l’affirmation que « la vraie France était à Londres" conduit à réduire à peu de chose la résistance mené en France même dès l’été 40, en particulier celle des militants communistes, telle celle du jeune Guy Môquet, arrêté en août, répondant à l’Appel du PCF du mois de juillet.

Rappeler ce fait historique ne réduit en rien l’importance historique des courageuses et clairvoyantes déclarations du général de Gaulle, faites au micro de la BBC à Londres, dès le mois de juin.

Mais Charles de Gaulle fut condamné à mort par ses pairs, les généraux en grande majorité, fidèles à Pétain. On peut dire que de Gaulle, alors bien seul en Grande-Bretagne, était par patriotisme, « en rupture avec sa propre classe » en choisissant la France.

D’autre part, condamner les propos de François Hollande ne peut conduire à se reconnaître dans l’analyse inverse de François Mitterrand.

D’abord du fait du passé douteux du futur président de la République, d’abord admirateur de Philippe Pétain, décoré par lui de la francisque, et ami de l’un des acteurs du drame du Vel’ d’Hiv’, René Bousquet, le responsable de la police de Vichy, ne font pas du politicien des IVème et Vème Républiques, le témoin de moralité qualifié pour porter jugement sur cette époque de notre histoire.

Plus grave, en passant sous silence la collaboration avec l’ennemi de l’appareil d’Etat - la police, l’armée, les préfets, les juges et la haute fonction publique – tous ceux qui seront le fer de lance de la répression contre la Résistance – Mitterrand, et ceux qui se reconnaissent dans ses propos, ont tenté de réduire la Collaboration à quelques traitres et quelques seconds couteaux, qui n’engageaient pas la France…

Cette interprétation des évènements a permis à la classe dirigeante économique et politique, globalement passée du côté de Vichy et de la trahison, de se faire rapidement une virginité nouvelle, lui permettant, en peu d’années, de reprendre tous les leviers du pouvoir.

Et de troquer son ancien parrain allemand pour la nouvelle collaboration, cette fois avec les Etats-Unis, tout en préparant un retour à ses premières amours berlinoises à travers la « construction européenne »…

Toujours pour ses intérêts de classe !


Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP | squelette
<>