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COMMENT ET AVEC QUI, FRANCOIS HOLLANDE A PREPARE SON PROGRAMME...Jean Lévy

lundi 2 juillet 2012, par Comité Valmy


COMMENT ET AVEC QUI,

FRANCOIS HOLLANDE A PREPARE SON PROGRAMME,

PRESENTE LE 3 JUILLET A L’ASSEMBLEE NATIONALE

par Jean LEVY

Le Monde, daté du 29 juin 2012, a publié un « récit », c’est le terme employé par Dominique Gallois et Frédéric Lemaître – ses signataires -, d’un dîner offert par le président de la République, François Hollande, le 11 juin dernier à l’Elysée, à quelques grands patrons du CAC 40, du côté français, et du BDI, le Medef allemand.

La délégation d’outre-Rhin est menée par Gerhard Cromme, président des conseils de surveillance de Siemens et de Thyssen-Krupp, assisté de Peter Löscher (Siemens), Paul Aschleitner (Deutsch Bank), Johannes Teyssen (E.ON), et de Hans Peter Keitel, président du BDI (le Medef allemand).

Du côté français, cornaqués par M.BEFFA, ancien PDG de Saint-Gobain (et membre du conseil de surveillance du Monde, c’est le journal qui le précise…), se retrouvent Pierre-André de Chalendar (Saint-Gobain), Gérard Mestrallet (GDF-Suez), Jean-Pascal Tricoire (Schneider), Thierry Breton (Atos), et Henri de Castries (Axa).

Ce déjeuner fait suite à une semblable réception accordée, début mars, par le candidat Hollande à ses commensaux patronaux, alors dans un lieu discret et non relayée par nos médias. On les comprend…A ce premier entretien, assistaient Emmanuel Macron, associé-gérant chez Rothschild et Cie, aujourd’hui secrétaire-général adjoint de l’Elysée, et Stéphane Le Foll, devenu depuis ministre de l’Agriculture…

Comme l’écrit justement Le Monde, « Cette rencontre vaut symbole ». Et le journal poursuit : « ‘Il n’y avait aucun propos polémique, tout a été dit de façon constructive’, résume l’un des patrons. Tous sont d’accord, il faut sauver l’euro ».

Dans cette ambiance d’aimable complicité, les représentants de la grande industrie allemande font la leçon au candidat socialiste à la présidence de la République, lors de leur première rencontre, en mars dernier :

« Soyez le Gerhard Schröder français, monsieur le Président ».

Cela se traduit, dans le langage policé de ces messieurs, par :

« Nous avons fait un tour d’horizon de ce qui s’était passé en Allemagne depuis la réunification (l’annexion pure et simple de la RDA par la RFA), afin d’expliquer comment la pays affaibli avait été remis sur la bonne voie grâce aux réformes de Gerhard Schröder, entamées en 2002 ».

La politique à suivre est donc claire : réaliser en France la casse de toute la protection sociale, à l’instar de ce qu’a fait en Allemagne l’ex-chancelier du Reich.

Le Monde décrit la scène :

« Chacun y va de sa réflexion, évoquant la différence des charges salariales entre les deux pays, vantant le modèle allemand de l’apprentissage ou le recours au chômage partiel et la flexibilité du travail ».

Et de poursuivre :

« ‘Nous sommes face à un président qui écoute et prend des notes’, confirme un participant. ‘Et qui n’hésite pas à se faire préciser tel ou tel point ‘, renchérit un autre ».

La conclusion du quotidien du soir vaut morale de l’histoire :

« Quoi qu’il en soit, a composition du tour de table ‘ressemblait un peu à celle d’un conseil d’administration de Saint-Gobain avec quatre d’entre eux : Jean-Louis Beffa, Pierre-André de Chalendart, Gerhard Cromme (patron de Siemens et Thyssen-Krupp, rappelons-le), et Gérard Mestrallet’, relève un participant. Sans parler du conseiller technique industriel de l’Elysée, qui vient aussi de cette entreprise ».

Ainsi, par deux fois, sans que l’évènement soit divulgué, durant la campagne électorale et, une fois élu, à l’Elysée, le président de la Républiquese fait dicter son programme par des grands patrons des deux côtés du Rhin !

Cela n’apprend rien à tous ceux qui ne sont jamais fait d’illusions sur le « changement » annoncé par François Hollande, à tous ceux – et ils sont des millions et des millions – qui n’ont pas voté pour lui au second tour, ou qui ont utilisé leur bulletin de vote pour, d’abord, chasser Sarkozy.

Mais la relation des rencontres élyséennes devrait ouvrir les yeux à tous ceux qui pensent que la « gauche » au pouvoir, c’est moins pire que la droite.

Une fois de plus, nous répétons que ceux qui gouvernent effectivement ici comme dans tous les pays européens, sont ceux qui détiennent la pouvoir économique, l’oligarchie industrielle et financière, qui a fait main basse sur nos richesses pour en tirer le plus grand profit.

Le grand capital - il faut l’appeler par son nom - comme la noblesse avant 1789, pille le Trésor public, impose ses hommes aux leviers de commande et considère la France comme son bien propre.

Ce n’est pas la couleur de l’équipe qui les sert qui fera changer les choses.

Le Monde vient d’en faire la démonstration.

1 Message

  • Cette description des "petits meurtres entre amis des États-Nations" est une confirmation, pas une surprise. Mais les citations des grands patrons --- qui sont donc désormais la classe dirigeante --- doivent être rapprochées du texte suivant, de Walther Rathenau et datant de... 1909 :

    Sur le champ d’action le plus démocratique et le plus impersonnel qui soit, où le public souverain, réuni en Assemblées d’actionnaires, décide statutairement des nominations et des mises à pied, il s’est formé au cours d’une génération une oligarchie aussi fermée que celle de l’ancienne Venise. Trois cents hommes, qui se connaissent tous, dirigent les destinées économiques du continent et se cherchent des successeurs parmi leur entourage.

    Pour Rathenau, les frontières, les nations devaient être supprimées, et le monde devait être réduit à un assemblage de consommateurs gérés par une élite mondialisée. Le résultat de cette politique imposée à une Allemagne qui s’apparentait, entre les deux guerres, à une marmite des sorcières, a été la révolte des Allemands contre cette marche forcée, et le fait que les Allemands, dans un pays déboussolé, réduit à la misère et secoué par les Coups d’État, se sont précipités dans les bras d’une organisation qui avait certes pris le levier du nationalisme, de cette révolte et de ce dégoût, mais pour imposer une doctrine messianique, raciste et expansionniste : le nazisme.

    On nous rebat les oreilles du retour de la "zheure sombre de l’histoire". Et on nous parle des conséquences, qu’on identifie sur des ressemblances superficielles. Mais si nous parlions plutôt des causes ? La meilleure façon d’éviter les mêmes conséquences, c’est d’éviter les mêmes causes qui produiront les mêmes effets. Or cette soi-disant Europe(TM), qui n’est qu’une possibilité d’organisation politique, et non pas la seule, et qui ne peut que par totalitarisme prétendre représenter l’unique solution, est tout simplement la remise en place de ce qui a conduit au chaos.

    Et c’est parce que dans l’Allemagne de l’entre-deux-guerres, la soi-disant "élite" a rejeté la culture, la Nation par doctrine pour instaurer le règne de l’économique et réduire l’humain à un individu isolé consommateur, que des extrémistes ont pu récupérer l’aspiration humaine à autre chose que l’argent et la consommation : la culture, donc la nation, et coupler cette aspiration légitime, parce que humaine, à des haines et à des extrémismes.

    Ce sont les responsables du désastre de la Deuxième guerre mondiale qui nous présentent comme une nouveauté et une solution ! ce qu’ils avaient déjà essayé de mettre en place par coercition et qui a conduit à l’explosion.

    Les mêmes causes produiront les mêmes effets, si la défense des États-Nations est abandonnée aux extrémismes. Mais les responsables principaux sont ceux qui remettent en place les mêmes causes : la leur ; la cause de la finance apatride.

    Voir en ligne : http://perso.kergis.com/tlaronde/


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