COMITE VALMY

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Zone euro : il faut une hausse massive du pouvoir d’achat
Pierre Lévy

lundi 18 juin 2012, par Comité Valmy


Le 13 juin, François Hollande a reçu la Troïka qui dirige les sociaux-démocrates allemands (SPD). Tous ont appelé de leurs vœux une « stratégie de croissance ». Mais ni le premier ni les seconds n’ont l’intention de mettre en route le seul moteur qui serait efficace à cet égard : une hausse massive du pouvoir d’achat, à commencer par celui des fonctionnaires.

Du coup, l’hôte de l’Elysée a évoqué des pistes qui se veulent innovantes. Il propose en particulier de lancer des « euro-obligations », autrement dit des emprunts qui ne seraient plus nationaux, mais bien communautaires. Il a pour cela l’appui notamment du chef du gouvernement italien et du président de la Commission européenne.

Angela Merkel, pour sa part, s’y oppose… Du moins tant que les gouvernements nationaux disposent encore d’une petite marge de manœuvre sur leur propre budget. Ça tombe bien : le président de la BCE, de même que son prédécesseur, et, justement, le ministre allemand des finances veulent en finir avec cette incongruité. Avec d’autres, ils plaident désormais ouvertement pour un « saut fédéral ». Pour sa part, le président de la Banque centrale allemande, Jens Weidmann, a illustré l’affaire de manière imagée : « on ne confie pas sa carte de crédit à quelqu’un si on n’a pas la possibilité de contrôler les dépenses ». Conclusion imparable : « le fédéralisme est l’autre face de la communautarisation de la dette ». La chancelière elle-même déclarait le 7 juin : « nous devons, pas après pas, céder des compétences à l’Europe ». Comme le résumait sans ambages le président de la très influente fondation d’outre-Rhin Bertelsmann (Le Monde du 11/05/12) : « le temps où, dans cette Union, chacun était libre d’opérer ses propres choix (…) est révolu ». Au moins, c’est clair.

Dans l’immédiat, la Commission européenne, qui avait publié le 30 mai les feuilles de route pour chacun des pays, a certes tancé la France, mais a laissé jusqu’au début de l’été au nouveau pouvoir pour annoncer les efforts nécessaires. Il semble que les directions syndicales considèrent que l’arrivée de François Hollande soit plutôt favorable au monde du travail. Au même moment, les marchés financiers témoignent de leur satisfaction en achetant des emprunts d’Etat à des taux qui n’ont cessé de baisser depuis quelques semaines, pour atteindre aujourd’hui leur plus bas historique.

Forcément, l’une des deux parties se fait des illusions. On ne devrait pas attendre trop longtemps pour savoir laquelle. Si on a encore un doute.

Pierre Lévy Rédacteur en chef de Bastille-République-Nations, mensuel progressiste radicalement eurocritique

Source : marianne2.fr


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