COMITE VALMY

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Les usuriers menacent la Grèce
par dimitri

mercredi 16 mai 2012, par Comité Valmy


Je cherche un Homme

Diogène transportait une lanterne en plein jour
à la recherche d’un homme honnête

Les usuriers menacent la Grèce

par dimitri

Le Figaro résume bien la position de l’axe germano-français : « Le pays le plus malade de la zone euro reçoit des injections financières massives de la part du Fonds monétaire international et de l’Union européenne. Combien leur a-t-on déjà versé ? Qu’arriverait-il si l’aide était suspendue ? Combien la Grèce a-t-elle reçu ? » Der Spiegel fait mieux dans la saloperie mais Le Figaro a une obligation de réserve pendant les négociations de contrats d’armes de destruction massive avec les ministres grecs de la défense (actuellement le socialiste est en prison pour commissions occultes et blanchiment d’argent).

1. L’aide

La banque vous prête de l’argent pour acheter un logement. La banque vous aide et vous devez la remercier. N’est-ce pas ?
La banque prête de l’argent à la Grèce. La banque aide la Grèce. La Grèce doit remercier la banque.

2. Le pays est malade

C’est toujours le terme médical qui revient lorsque le peuple se révolte. Le dictateur Papadopoulos en 1967 et l’obsédé DSK en 2010 se sont proposé de guérir le malade.

3. Le pays le plus malade

Grèce : 10,8 millions d’habitants, 300 milliards de dettes (octobre 2009) ; France : 65 millions d’habitants, 1800 milliards de dette (septembre 2012, date de premières mesures possibles de Hollande). Le même déficit par habitant.

4. Injections financières massives

Ces injections massives vont où ? Dans la poche des créanciers (usuriers, banquiers, fonds de pension) pour remboursement de la dette. Par exemple, l’Etat français a inscrit dans le budget 2011 la somme de 200 millions d’euros, intérêts du prêt de la Société Générale dont l’Etat est actionnaire et du prêt de 11,5 milliards. Le président Hollande va rendre cet argent aux Grecs par solidarité socialiste et pour la quote-part des entrées au Louvre (Venus de Milo est le sponsor du tourisme français).

5. Combien leur a-t-on déjà versé ?

240 milliards (à venir si le Grecs votent bien). On leur prête de l’argent pour rembourser les banques françaises, allemandes, grecques et les autres. Avant la crise : dette 300 milliards, après la crise 440 ! Sans compter l’austérité imposée par la Troïka européenne et la Troïka grecque.

6. Qu’arriverait-il si l’aide était suspendue ?

La Grèce ne pourra pas rembourser ses créanciers, c’est-à-dire les banques. Les impôts (mêmes d’un bas niveau à cause de la politique clientélisme et néolibérale de la droite et du PASOK) suffisent amplement pour payer les fonctionnaires dont le nombre est inférieur à celui de la France.

7. Quelles sont les conséquences de la sortie de l’euro de la Grèce ?

Si la sainte Alliance (PASOK-ND-LAOS) reste au pouvoir une réorientation vers le « protecteur » traditionnel, les Etats-Unis et éventuellement la Russie (orthodoxe !). La dette sera honorée. Si la gauche arrive au pouvoir il n’y aura pas de conséquences pour les Grecs. Pour la France, deux ou trois banques feraient faillite. Le système risque de devenir instable. Si la Grèce devient compétitive, le solde du commerce extérieur France-Grèce sera négatif ! (La Grèce est le seul pays de l’Europe qui achète plus qu’il vend à la France).

8. Pourquoi la Grèce ne souhaite pas sortir de l’euro

L’absence d’une bourgeoisie nationale donne une certaine primauté aux couches supérieures de la petite bourgeoisie (ingénieurs, avocats, médecins,…). Les cadres politiques de la droite et du PASOK ont été formés aux meilleurs universités (au sens de la classification de l’université de Shanghai) des Etats-Unis, Angleterre, Allemagne. La culture du peuple grec n’a jamais été « européenne » (c’est-à-dire américaine). La petite bourgeoisie pro-américaine, humiliée par la dictature américaine (1967-74) s’est tourné vers l’Europe et adopte progressivement son modèle de consommation et son style de vie. L’entrée de la Grèce à l’Europe a été conclu, à l’époque de la dictature des colonels, entre Karamanlis et Giscard à Paris entre deux parties de golf.

* * *

Si l’eurozone se dissout, les pays de l’Europe, surtout les plus petits, seront maîtres chez eux et souverains. Au bout du compte, être pauvre n’est pas une malédiction surtout quand on veut être libre et garder sa dignité. Le paradoxe de la dignité nationale est que c’est une valeur universelle qui ne dépend pas de telle ou telle nation.

Le cadre national, certes provisoire, est le cadre le plus pertinent pour l’exercice de la souveraineté populaire.

Les Grecs ne demandent pas de l’aide (ne pas confondre avec la classe supérieure qui veut se maintenir au pouvoir). Les Grecs réclament la liberté, l’indépendance, la dignité, l’égalité. L’Europe de Metternich, de Napoléon, de Hitler, du pacte germano-français n’est pas celle que les Grecs ont imaginé.

* * *

« François Hollande va devoir choisir entre Berlin et Athènes … Ca veut dire pérenniser ou non le poids de l’économie française dans l’Europe », a déclaré le 14 mai Jean-François Copé. Il confirme l’analyse de notre billet précédent.

Le 15 mai, « Merkel et Hollande : harmonie sur la Grèce. » Comme avec Merkel et Sarkozy.

Le 15 mai, Alain Minc, le descendant de Metternich et supporteur de l’Europe du Congrès, expliquera à sa presse docile la source du soif de liberté des Grecs qui ont « mal voté » le 6 mai et risquent de freiner la bonne marche du Capital : « C’est la faute de Lord Byron ; il ne fallait pas créer un Etat grec ! »

Lors du soulèvement armé du peuple grec après quatre siècles d’occupation (1453-1821) le “gouverneur” de l’Europe Metternich déclarait : « un peuple n’a pas à se soulever contre son maître, fut-il étranger ».

http://dimitri-blog.fr/2012/05/les-usuriers-menacent-la-grece/


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