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Le devoir de désobéissance du gendarme Roblin de la brigade Bletterans (Jura)

lundi 16 avril 2012, par Comité Valmy


La disparition de Raymond Aubrac, grand résistant, donne l’occasion à la rédaction d’Armée-media de revenir sur un épisode mineur de son exfiltration vers Londres avec son épouse Lucie, décédée en 2007, et leur jeune fils. L’histoire reste significative de l’esprit de résistance dans la Gendarmerie pendant l’occupation.

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Pour ceux qui ne se souviennent pas, Raymond Samuel, qui a pris le pseudonyme d’Aubrac est arrêté le 23 juin 1943 dans la villa du Docteur Dugoujon à Caluire et Cuire en banlieue de Lyon. Il est un des chefs du mouvement de résistance « Libération ». Il est emprisonné au fort Montluc à Lyon.

Sa femme Lucie, enceinte, n’accepte pas que son mari puisse être fusillé ou déporté. Elle organise et participe à un coup de main audacieux le 21 octobre 1943 en plein Lyon.

Ensuite, il s’agit pour eux de rejoindre Londres par un avion de liaison. Ils rejoignent donc la région de Lons le Saulnier dans le Jura.

A Bletterans, le couple et leur jeune fils sont hébergés pendant une dizaine de jours par le gendarme Roblin et son épouse, logés dans leur maison.

Lucie Aubrac, dans son livre « Ils partiront dans l’ivresse » décrit l’hospitalité du gendarme et expose parfaitement le cas de conscience de l’intéressé :

" … A Bletterans, John est emmené seul chez un habitant isolé où il sera facile à camoufler. Notre petite famille est confiée à un gendarme. M et Me Roblin habitent en plein bourg une jolie petite maison avec un jardin. Ce sont des gens près de la retraite, qui ouvrent pour nous la porte de leur logis et acceptent du même coup de rompre avec une vie sans histoires.

Je repense aux garçons de mon Goupe-Franc, certains avaient été membres du Parti communiste, d’autres avaient milité à la CGT. Pour eux le chemin de la désobéissance était relativement aisé : jeunes, habitués aux luttes politiques ou syndicales, la Résistance était dans la continuité de leurs actions passées. Mais pour un gendarme presque en fin de carrière, dont la vie a été consacrée au respect de l’ordre, quel problème de conscience que cette décision de basculer dans la Résistance, le mensonge, la clandestinité !

Nous sommes émus quand il nous dit, le soir au dîner : « Je considère qu’il est de mon devoir de militaire de ne pas accepter la défaite et l’Occupation, donc il est tout à fait normal que je vous cache chez moi, je deviens receleur. »

Un receleur ! M Roblin ne trouve pas un autre mot pour se qualifier. « Vous n’êtes pas des bandits après tout. Si vous êtes des hors-la-loi, c’est parce que la loi est faussée, ce n’est pas ma loi, celle que j’ai fait respecter pendant toute ma carrière. Vous êtes des gens honorables. » Il ne sait comment se justifier et ajoute : « Ça va peut-être nous coûter cher, à ma femme et à moi, mais je suis content de vous avoir chez nous."

Mais le cas du gendarme Roblin n’est pas isolé. Un peu plus loin, Lucie Aubrac nous raconte un déjeuner à la brigade de Bletterans, à l’occasion duquel : « Nous apprenons ainsi que tous les gendarmes sont de notre côté ».

http://www.armee-media.com/2012/04/12/le-devoir-de-desobeissance-du-gendarme-roblin-de-la-brigade-bletterans-jura/


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