COMITE VALMY

Accueil du site > UNION DU PEUPLE DE FRANCE - Arc Républicain de Progrès > L’IDENTITE NATIONALE Robert Clavijo

L’IDENTITE NATIONALE
Robert Clavijo

vendredi 3 février 2012, par Comité Valmy


Végétaux et animaux s’adaptent à la diversité des milieux par modification génétique. Les hommes, eux, s’adaptent aux changements de milieux par modification culturelle : ils changent leurs comportements et leur mentalité. Entre l’ours blanc de la banquise arctique et l’ours des cocotiers grandes sont les différences génétiques. Ce sont deux espèces distinctes. Mais il n’y a pas de différences génétiques, seulement des différences culturelles entre Français de l’hexagone, immigrés français de Louisiane et Québécois. Si chaque peuple est culturellement différent de tous les autres c’est parce qu’il est le produit d’un territoire particulier et de l’ histoire singulière vécue sur ce territoire. Quelles sont les particularités culturelles qui singularisent le peuple français et constituent son identité ?

1- Le monde entier nous considère comme un peuple indocile, rebelle, insoumis, presque ingouvernable et pour cette raison plusieurs fois révolutionnaire : révolution de 1789, révolution de 1830, révolution de 1848, révolution parisienne de 1871 dite « Commune de Paris », etc. Contrairement aux Suisses, aux Danois, aux Hollandais dont la vie politique est un long fleuve tranquille, les Français, entre 2 révolutions, engagent souvent des bras de fer avec leurs dirigeants : 1936, 1968, 1995, crise du C.P.E., crise des régimes spéciaux de retraite en 2007, etc. A Bruxelles les dirigeants européens disent que les Français, contrairement au reste de l’Europe, ont une culture politique de la confrontation.

2- Habitués à lutter contre les oppressions, les Français ont été les premiers à proclamer les droits de l’homme et du citoyen. Le monde entier considère la France comme le pays natal, la patrie des droits de l’homme.

3- Parmi les oppressions contre lesquelles nous avons lutté figure au premier plan l’oppression religieuse. Les artisans bâtisseurs d’églises et de cathédrales qu’on appelait alors « francs maçons » s’organisèrent dès le Moyen Age pour résister à leur employeur : l’église. Cette résistance, de type purement syndical à l’origine, évolua progressivement en critique des dogmes religieux tandis que la confrérie s’ouvrait à d’autres professions et devenait philosophique. Au 18ème siècle les encyclopédistes et d’autres intellectuels s’élevèrent contre le fanatisme et l’obscurantisme religieux. La révolution commencée en 1789 ne fut pas dirigée seulement contre l’absolutisme royal et les abus de la noblesse mais aussi contre les privilèges de l’église et sa complicité avec le trône. D’où la « sécularisation » (c’est-à-dire la nationalisation) des biens du clergé et l’adoption d’un calendrier laïc.

A partir de 1871 tous les républicains s’opposent à l’église qui souhaite la restauration de la royauté. C’est notamment pour mettre la jeunesse à l’abri de la propagande royaliste pratiquée dans les écoles catholiques que le gouvernement de Jules Ferry crée l’école publique gratuite et laïque. En 1905 la France se singularise en séparant légalement l’Etat de toutes les églises. Partout ailleurs en Europe, à la seule exception (récente) du Portugal, le christianisme (catholique, anglican, orthodoxe, ou protestant) est aujourd’hui encore religion officielle, religion d’Etat.

En Grande Bretagne le roi est automatiquement chef de l’église anglicane. Une confusion totale entre pouvoir temporel et pouvoir spirituel, entre politique et religion. En Italie, en Allemagne, en Belgique et dans d’autres pays les leviers de l’Etat sont souvent aux mains de partis politiques religieux (dits « démocrates chrétiens »). Chose impensable en France. Nous ne sommes pas seulement la patrie des droits de l’homme mais aussi le berceau de la laïcité, un mot qui n’a pas d’équivalent dans les autres langues d’Europe tant cette notion est particulière au peuple français.

4- La lutte contre les inégalités est, en France, une constante de la vie politique. A l’étranger on se contente plus ou moins d’une égalité formelle : l’égalité des droits juridiques. En France on va plus loin : on exige aussi la réduction des inégalités économiques. Les Français s’indignent quand ils apprennent que tel PDG gagne mille fois le SMIG, alors qu’aux USA les milliardaires, considérés comme des hommes « qui ont réussi », sont admirés et populaires. Aussi, en France, les plus riches savent qu’ils doivent dissimuler leurs signes extérieurs de richesse alors qu’aux USA les milliardaires font étalage de leur luxe. Si Johnny Halliday, diverses vedettes du spectacle et d’autres riches contribuables ont émigré à Londres, en Belgique, en Suisse ou à Monaco, c’est pour échapper au fisc qui, en France, exonère les plus pauvres et taxe les plus riches. A l’impôt les Français ont ajouté un autre instrument de réduction des inégalités économiques et sociales : les services publics. Ainsi l’Education nationale assure à tous les enfants, gratuitement, une instruction qui, abandonnée aux écoles privées à but lucratif, ne serait accessible qu’aux plus riches.

Nicolas SARKOZY, conscient de cette spécificité des Français, voulait au début de son quinquennat remodeler notre mentalité sur le modèle américain. Il a tenté de blanchir le big business, a affiché son amitié avec des milliardaires, s’est offert des vacances de nabab et l’a fait savoir. Mais il n’est pas facile de nous américaniser.

5- Lénine, s’interrogeant sur les sources du marxisme, en distinguait 3 : la philosophie allemande, l’économie politique britannique et le socialisme français. Par socialisme on entendait, au 19ème siècle, la volonté de transformer la société au profit des plus défavorisés. C’est en France, terre de lutte contre les inégalités, que le mouvement socialiste est né et a pris la plus grande ampleur. Très nombreux furent en France les théoriciens socialistes, depuis Babeuf, Fourier, Blanqui et Proudhon jusqu’à Napoléon III lui-même qui écrivit dans sa jeunesse un traité sur « L’extinction du paupérisme ». D’ailleurs le premier Etat socialiste du monde ne fut pas l’URSS mais la Commune de Paris, Etat minuscule, bâti après la chute de Napoléon III et dont l’existence fut éphémère.

Patrie des droits de l’homme et de la laïcité, la France est aussi le berceau du socialisme.

6- La France, riche de 36.000 communes, en possède plus que tous les autres pays européens. Parce que nos communes sont petites, les élus y sont proches des citoyens et placés sous leur contrôle. C’est dans les communes que la démocratie fonctionne le mieux et pour cette raison elles sont des structures de résistance aux politiques désastreuses décidées à Bruxelles et relayées par Paris. L’expression « démocratie de proximité » est un pléonasme : il n’existe pas de démocratie d’éloignement. La démocratie vit de proximité et meurt d’éloignement. Malheureusement les gouvernements successifs, de gauche comme de droite, s’acharnent à faire disparaître les communes au profit de structures supracommunales : communautés de communes (en zone rurale), communautés d’agglomération, communautés urbaines, etc.

Il faut soigneusement distinguer la coopération intercommunale, où chaque commune conserve toutes ses compétences et les structures supracommunales qui dépouillent de plus en plus les communes de leurs compétences. Au terme de ce processus, les communes auront disparu, remplacées par des structures toujours plus vastes. Ainsi le SCOT du Biterrois, qui rassemble 87 communes, doit planifier l’avenir de ce vaste territoire. Georges Frêche a essayé de créer autour de Montpellier une communauté urbaine allant de Sète à Nîmes et la mairie de Béziers, en réaction, tente de créer une structure concurrente rassemblant tout l’ouest de l’Hérault. A terme les 343 communes de l’Hérault pourraient disparaître au profit de 2 supracommunalités géantes. Cet énorme recul de la démocratie permettrait d’imposer beaucoup plus facilement toute sorte de régressions. D’autre part les multinationales (Veolia, Suez, etc) qui vendent aux collectivités territoriales travaux publics, équipements et services divers au lieu de s’épuiser à négocier avec 343 mairies, préfèrent n’avoir pour interlocuteurs que 2 potentats disposant de gros budgets, plus faciles à courtiser, à persuader ou à corrompre et avec lesquels peuvent être signés de gros contrats juteux. Est-ce l’avenir que nous voulons ?

Toutes ces évolutions se font sans consultation des citoyens, placés devant le fait accompli. N’est-il pas temps de mobiliser contre un tel avenir ? Une précieuse exception française est en voie de disparition.

7- Parce que la vie politique française est intense, mouvementée, parce que la remise en cause des institutions y est permanente, notre pays a connu en 2 siècles 5 républiques et 15 Constitutions successives, élaborées pour la plupart dans l’effervescence citoyenne. L’actuelle Constitution, adoptée en 1958 et maintes fois modifiée depuis, sera peut-être bientôt refondue. Le désir grandit d’une 6ème République. La France a la particularité d’être un laboratoire institutionnel.

8- Dans les pays anglo-saxons il n’existe en général que 2 partis qui exercent le pouvoir à tour de rôle : conservateurs et travaillistes en Grande-Bretagne, républicains et démocrates aux USA. L’intensité de la vie politique française, la remise en cause perpétuelle des institutions et de la société, la richesse du débat, la diversité extrême des points de vue ont donné naissance à un grand nombre de partis politiques.

Chaque année chez nous des partis naissent pendant que d’autres disparaissent. Il n’y a que 2 candidats à une élection présidentielle américaine. Il y en avait 12 au 1er tour de l’élection présidentielle française en 2007 et bien plus encore 5 ans auparavant.

9- Pour toutes les raisons qui précèdent la France intrigue, étonne, fascine ou séduit les autres peuples. Les Français mesurent mal le rayonnement de leur pays dans le monde. Pas de ville au monde plus réputée, plus visitée que Paris. Aucun pays n’attire autant de touristes que le nôtre.

Un écologiste souverainiste

Robert Clavijo

1 bis rue Auber 34500 Béziers


Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP | squelette
<>