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Le Figaro & la bataille virtuelle de Damas
Par Guy Delorme, le 30 janvier 2012

lundi 30 janvier 2012, par Comité Valmy


L’Armée syrienne libre a remis à plus tard la prise de Damas, et laissé le terrain à l’armée syrienne tout court


L’opposition syrienne et Le Figaro communient dans la propagande, privilégiant résolument le virtuel et le wishfull thinking à la réalité, il est vrai souvent décevante de leur point de vue. En titrant, en une de son édition du 30 janvier, que « la bataille pour Damas a commencé« , le grand quotidien atlantiste-sarkozyste s’offre – et offre à ses lecteurs – un grand frisson, réminiscent de la chute de Saïgon.

L’ASL ne peut lancer que des offensives médiatiques

Les agences de presse parlaient, dimanche 29 janvier, de combats à moins de cinq kilomètres de Damas. La tonalité générale des articles étant que les insurgés étaient aux portes de la capitale, assiégeant littéralement le pouvoir..

Ce genre de « mise en scène » est à rapprocher du tout récent hoax (cyber-bidonnage) qui répandait sur la toile la « nouvelle » d’un départ précipité de Damas, et même de la Syrie, de Bachar al-Assad et de sa famille. Comme si, à force de mentir, on allait finir par créer une nouvelle réalité..

Quelle est-elle la réalité, au fait ? L’ASL ne dispose pas d’une force cohérente et structurée conséquente. Ce n’est pas, en dépit de son intitulé martial, une armée, mais plutôt un agrégat de groupes locaux, des bandes agissant à l’inspiration du petit chef local. Cent, deux cents de ces hommes peuvent tour à coup surgir à bord d’un convoi de véhicules, ouvrir le feu sur des points de contrôles ou des soldats et des policiers isolés, parader bruyamment sur une grande artère ou la place principale et lancer des communiqués triomphalistes, immédiatement repris par l’OSDH puis les médias français, selon lesquels telle ou telle ville a été « libérée« . Mais les troupes régulières arrivant très vite à la rescousse, les ASL ou assimilés évacuent très vite le terrain : c’est le scénario observé tout récemment à Douma, dans la périphérie de Damas. Ou à Zabadani, sur la frontière libabaise, où la résistance des insurgés a fait long feu. Bref, face à une armée régulière nombreuse – 400 000 hommes -, bien équipée et tenue en main, l’ASL fait ce qu’elle sait faire, ou peut faire : du harcèlemernt. Et du buzz médiatique..

Ces dernières 48 heures, des groupes armés se sont donc infiltrés dans des villes situées à une dizaine – ou moins – de kilomètres à l’est et au nord-est de Damas : Douma, déjà citée, Harasta, Saqba. On parlait aussi de villages comme Ain Tarma et Kafar Batna (limitrophe de Saqba). Le pouvoir, lancé depuis bientôt une semaine dans une vaste opération de reprise de contrôle des zones et quartiers dissidents, a réagi assez vite, dès ce week-end, envoyant 2 000 hommes de renfort dans le secteur : toutes les localités énumérées plus haut sont, aux dires mêmes de l’AFP, sous contrôle des forces régulières ce lundi 30 janvier, avec colonnes de chars et de fantassins quadrillant le secteur, et, « tous les 300 mètres« , points de contrôle bardés de sacs de sable et hérissés d’armes automatiques, où tous les véhicules sont systématiquement contrôlés. il ressort encore de l’article de l’AFP que les troupes de l’ASL semblent s’être volatilisées ; et seuls des impacts de balles sur la façade d’un édifice public témoignent qu’il y a eu une incursion ennemie, et des échanges de tirs. L’AFP précise que toute la zone Douma/Harasta/Saqba est désormais « encerclée » par « des centaines de soldats lourdement armés » qui imposent un « contrôle serré » des déplacements..

Comme l’explique d’ailleurs le reporter de l’AFP, de part et d’autre de l’autoroute qui, venant de Damas, file vers le nord-est et contourne Douma par le nord, « le tissu urbain laisse souvent la place à des champs et des vergers qui facilitent l’infiltration et l’évasion des déserteurs » de l’ASL. Un simple coup d’oeil à une carte Google montre qu’en effet que le secteur n’est pas densément urbanisé, et encadré de zones vertes. Un habitant de Harasta explique du reste au journaliste de l’AFP la « stratégie » des groupes ASL : " Ils se cachent le jour et attaquent la nuit"..

Et voilà donc à partir de quoi le Figaro nous propose son remake de l’offensive du Têt lancée en 1968 par le Viet Cong et l’armée nord-vietnamienne contre Saïgon ! Prendre ses désirs pour des réalités, et ses lecteurs pour des imbéciles, c’est plus que jamais la ligne éditoriale du Figaro sur la Syrie..

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