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La CGT, le Front national et la droite de Sarkozy et du CAC 40 , par Jean LEVY

lundi 23 janvier 2012, par Comité Valmy


Ne viser que le Front national et établir une frontière de fait entre le parti de Marine Le Pen et la droite de Sarkozy et du CAC 40, fait le jeu de l’extrême-droite

Face à l’audience inquiétante acquise par Marine Le Pen dans les couches populaires, et à travers elle, celle du Front National, la CGT et son Institut d’Histoire Sociale ont organisé un colloque sur l’Extrême-droite le 17 janvier. Le succès remporté par cette initiative (plus de 300 militants rassemblés et interventions de haut niveau, tant à la tribune que dans l’assistance), montrent l’intérêt et la nécessité d’une telle rencontre.

En effet, quand une épidémie menace « mieux vaut prévenir que guérir ».

Encore qu’une telle attitude suppose qu’on ne néglige pas pour autant de poursuivre et d’accentuer les soins concernant d’abord la maladie qui vous affecte aujourd’hui.

Car la population souffre depuis des années d’un mal qui la ronge : la politique poursuivie en France depuis des décennies, et singulièrement aggravée par la droite au pouvoir, avec Nicolas Sarkozy.

Dans ces conditions, est-il utile d’établir une distinction entre la droite et l’extrême-droite ?

Et plus encore de "hiérarchiser" les dangers que l’une et l’autre font courir à notre peuple ?

L’histoire nous apprend que la droite porte en son sein son extrême.

Rapportons-nous au passé pas encore lointain.

Les hommes qui ont exercé le pouvoir à Vichy, de 1940 à 1944, ne sont pas tombés du ciel, au détour d’une défaite militaire. Ils occupaient déjà tout l’espace politique, tant à droite qu’à l’extrême-droite, sous la Troisième République. Et ensemble, ils préparaient la défaite.

"Plutôt Hitler que le front populaire" était pour eux plus qu’un slogan : c’était une stratégie délibérée mise en musique par la grande bourgeoisie, et jouée par leurs fondés de pouvoir et leurs hommes de main.

Cette mise à l’étrier de leaders extrémistes par la droite dite "classique", a pour bel exemple la nomination d’Adolf Hitler à la Chancellerie du Reich, le 30 janvier 33, par le maréchal Hindenburg, "conservateur pur sucre". Celui-ciavait été élu président grâce au soutien des Sociaux-démocrates…pour empêcher le Führer nazi d’accéder à la magistrature suprême.

On sait ce qu’il advint.

Mais revenons en France, il y a un tiers de siècle.

Qui a permis aux « chefs » des groupuscules, bottés et casqués, d’Occident, les Madelin, Devedjian, Novelli ou Goasguen, entre autres, d’accéder aux marches du pouvoir, aujourd’hui leaders UMP ?

Au début des années 70, Giscard d’Estaing les a recrutés pour assurer son "service d’ordre", lors de l’élection présidentielle de 1974. Pire, la métamorphose d’Alain Madelin s’est effectuée par la grâce de Georges Albertini, l’ancien dirigeant de la Collaboration (il fut secrétaire-général du RPN de Marcel Déat sous l’Occupation), qui fit de ce trublion un politicien bon chic, bon genre, en l’embauchant comme « journaliste » d’une de ses feuilles anticommunistes, puis le candidat de la « droite » à Issy-les-Moulineaux , en 1973.

Mais au-delà des « liaisons dangereuses » entre droite et extrême-droite, il y a la convergence des idéologies.

Un exemple : dans les années 80, droite et extrême-droite se sont retrouvées au sein du Club de l’Horloge, une "boite à penser" (eux se définissent comme un Cercle de réflexion *), du grand-patronat, afin d’élaborer ENSEMBLE les thèmes, qui deviendront le programme de la droite au pouvoir, en particulier celui de Nicolas Sarkozy. Parmi les sujets traités, la Sécurité Sociale.

Le débat donna lieu à polémique entre Jean-Marie Le Pen et Jacques Garello, un professeur d’Economie à Marseille-Aix 3, animateur de l’Aleps, un groupe de fanatiques ultralibéraux mis en place, lui aussi par Georges Albertini, et tenant toujours assises au siège de l’UIMM, l’Union des Industries Minières et Métallurgiques.

Quel était le différent entre le chef du Front National et cet économiste, proche du CNPF, le Modef de l’époque ?

Jacques Garello écrit alors dans le bulletin de l’Aleps ;

« Le Pen veut interdire aux travailleurs étrangers de bénéficier de la Sécurité Sociale…Il a tort ! Ce qu’il faut, c’est la supprimer, pour tout le monde ! ».

En l’occurrence, qui est le « plus à droite », Le Pen ou Garello ?

Notre bataille doit être donc A LA FOIS (et sans la « hiérarchiser »), contre la droite et l’extrême-droite.

Se battre contre le seul Front national, conduirait à penser que l’UMP « est moins pire » que le parti de Marine Le Pen. Tracer la frontière entre les deux laisserait croire que le parti du Président et du CAC 40 fait partie du "la droite républicaine", expression qui permet à certains, à gauche, de faire ami-ami avec l’autre camp…

Or, les salariés subissent de plein fouet, aujourd’hui, de la politique de Nicolas Sarkozy. Leur désigner comme ennemi principal le FN, donnerait à celui-ci toute chance de gagner encore plus d’audience dans les couches populaires.

De plus, il n’est pas suffisant de dénoncer le Front national, en tant que force fascisante. Il faut chercher POURQUOI nombre de salariés sont tentés par le vote Marine Le Pen. Ils semblent là trouver réponse à leurs angoisses, à leur désespérance, à leur rejet de toutes les forces politiques, assimilées au SYSTEME, qu’ils rejettent de plus en plus .

Osons une image : quand un homme se voit couler à pic, et qu’il tente de s’accrocher à quelques branches, il ne suffit pas de le prévenir que ces quelques bois sont pourris,et qu’ilrisque la noyade, il faut lui tendre une perche solide et visible, grâce à laquelle il pourra sortir de l’eau.

La question est là, brûlante, lui tend-on une telle perche ?

Mais ceci est une autre histoire,

que « canempechepasnicolas » se promet de traiter ultérieurement.

* Le Club de l’Horloge estime que "Tous les courants de la droite française peuvent s’unir et rassembler une majorité du peuple autour de ces valeurs" ** Pour plus d’inf ormations sur "droite" et "extrême-droite", lire

pour la période 1930-1940 :

"DE LA REPUBLIQUE A L’ETAT FRANCAIS", "le chemin de Vichy

de Simon PIETRI et Jean LEVY

pour la période 1944-1983 :

"LE DOSSIER GEORGES ALBERTINI", une intelligence avec l’ennemi

de Jean LEVY

Ces deux ouvrages sont édités par L’Harmattan au prix de 25 euros chacun.

http://canempechepasnicolas.over-blog.com/article-la-cgt-le-front-national-et-la-droite-de-sarkozy-et-du-cac-40-par-jean-levy-97597541.html


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