COMITE VALMY

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Tribune écolo souverainiste

PETIT LEXIQUE A L’USAGE DES CITOYENS
Robert Clavijo

dimanche 8 janvier 2012, par Comité Valmy


Quand vous discutez avec quelqu’un, vous ne donnez pas le même sens que lui aux mots que vous employez tous les deux. Bien des malentendus viennent de là. A un journaliste qui demandait : « Maître, est-ce que vous croyez en dieu ? » Einstein répondit : « Définissez-moi d’abord ce que vous entendez par dieu et je vous dirai ensuite si j’y crois. »

Commençons donc par définir les mots que nous allons utiliser.

PEUPLE : Groupe humain dont les membres se sentent assez d’affinités, d’histoire commune et de valeurs communes pour vouloir vivre ensemble dans le cadre d’un Etat bien à eux. Les Corses sont-ils un peuple ? Oui s’ils veulent majoritairement se séparer de la France. Mais comme seule une petite minorité de Corses revendique l’indépendance, les Corses font partie du peuple français.

NATION : Peuple qui a réussi à bâtir un Etat bien à lui. Nous avons vu le peuple algérien, le peuple tunisien conquérir leur indépendance, bâtir un Etat et devenir nations. Les Tibétains, simple composante de la Chine, aspirent-ils à construire leur propre Etat ? La réponse n’est pas évidente. Dans l’affirmative ce serait un peuple, pas encore une nation. Les Kurdes, dont le territoire est partagé entre Turquie, Iran et Irak, aspirent plus ou moins à construire leur propre Etat. Ce peuple deviendra peut-être un jour une nation. Tant qu’un peuple ne possède pas son propre Etat, il ne peut être admis à l’ONU (Organisation des Nations Unies). C’est pourquoi le peuple palestinien, malgré la sympathie et le soutien dont il bénéficie à l’ONU frappe à la porte de l’ONU mais ne peut encore en être membre à part entière.

IDENTITE NATIONALE : Un peuple se forme progressivement à partir d’un territoire commun et d’une histoire commune.

On ne vit pas du tout de la même manière sur la banquise arctique et dans le désert du Sahara. En s’adaptant au climat, aux ressources et aux contraintes de son territoire, un groupe humain acquiert progressivement une attitude envers la nature, une façon de travailler et de vivre, des comportements sociaux, une mentalité qui lui sont propres. A ce modelage par un territoire s’ajoute l’histoire commune, les épreuves subies ensemble, les luttes menées ensemble qui tissent des liens de solidarité, construisent une mémoire et une expérience communes, donc des valeurs et une mentalité propres à ce groupe.

Territoire particulier et histoire singulière forgent progressivement un peuple différent des peuples voisins. Cette spécificité constitue l’identité d’un peuple ou d’une nation.

SOUVERAINETE POPULAIRE : Chaque peuple aspire à la souveraineté c-à-d à être seul maître de son avenir, seul maître de son territoire et à se gérer sans ingérence étrangère.

Le droit international reconnaît le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, le droit de chaque peuple à l’autodétermination. C’est au nom de ce droit que les peuples colonisés et soumis par les Etats impérialistes ont obtenu leur indépendance. Et c’est en violation de ce droit que s’est constituée l’Union européenne : elle dépouille les peuples européens de leur souveraineté. Notre sort est décidé à l’étranger (notamment à Bruxelles) par des organismes étrangers que nous n’avons pas élus. Ils n’ont pas de comptes à nous rendre et ne modifient pas d’une virgule la politique qu’ils nous imposent quel que soit le vote des Français et des autres peuples aux élections européennes.

L’Union européenne, c’est la négation de la souveraineté populaire, c’est la violation permanente du droit de chaque peuple à l’autodétermination.

SOUVERAINISTES : En grec « demos » veut dire peuple et « cratie » signifie le pouvoir . La démocratie est le régime politique où le pouvoir est détenu non par quelques-uns (un roi ou les nobles ou les riches) mais par le peuple tout entier. Il n’y a démocratie que si le peuple est souverain. Souveraineté populaire et démocratie sont donc 2 termes de même sens.

Un peuple qui n’est pas indépendant peut-il être souverain ? Evidemment non : Le peuple français ne redeviendra souverain que le jour où il ne sera plus gouverné par Bruxelles et où il se gouvernera lui-même. Sans indépendance nationale, pas de souveraineté populaire, pas de démocratie possibles. Les souverainistes sont ceux qui exigent la souveraineté et donc l’indépendance pour chaque peuple, pour chaque nation. Bien entendu « souverainiste » n’est pas une appellation d’origine contrôlée. N’importe qui peut se prétendre souverainiste sans l’être vraiment et la presse qualifie souvent de « souverainistes » des politiciens critiques envers l’Union européenne mais qui ne vont pas jusqu’à vouloir l’indépendance des nations membres de l’U.E.

Remarque : la plupart des partis politiques en France sont partisans d’un Etat européen. Ils tournent donc le dos à la souveraineté des peuples d’Europe. Seuls les souverainistes méritent le titre de démocrates.

LA PATRIE : C’est le pays de nos ancêtres, le territoire qu’ils ont façonné, qui porte la marque de leurs travaux et où sont leurs tombeaux.

PATRIOTISME : Amour que nous ressentons pour le pays où vécurent nos ancêtres. Cet amour n’est plus du tout à la mode. Il est pourtant aussi naturel et aussi respectable que l’amour des enfants pour leurs parents et pour la maison familiale.

NATIONALISME : Exaltation du sentiment national. Cette exaltation se manifeste dans 2 cas :

1er cas : Quand un peuple se sent opprimé, humilié par une puissance étrangère, il réagit en affirmant sa dignité, en cultivant, en exaltant son identité. C’est systématique chez les peuples colonisés qui luttent contre la puissance colonisatrice. Ce nationalisme des opprimés ou nationalisme de défense n’est évidemment pas condamnable.

2ème cas, inverse du premier : Les USA interviennent militairement un peu partout pour imposer leur domination au monde entier. Les dirigeants américains cherchent à justifier cet impérialisme en prétendant que les USA sont l’empire du bien et qu’ils ont pour mission divine d’être le gendarme du bien, le gendarme de dieu sur toute la planète. Ce nationalisme-là, qui flatte le peuple américain, est la manœuvre machiavélique d’un Etat, d’une classe dirigeante pour entraîner tout un peuple dans des guerres impérialistes. En Irak des soldats américains ont cru mourir pour apporter liberté et démocratie aux Irakiens. Ils sont morts en réalité pour les compagnies pétrolières US avides de mettre la main sur le pétrole irakien.

Autant le nationalisme des opprimés est justifiable, autant le nationalisme des oppresseurs est condamnable. Ne confondons jamais les deux.

INTERNATIONALISME : Au milieu du 19ème siècle naquit la première internationale ouvrière. Elle théorisait et pratiquait la solidarité internationale entre membres du prolétariat. Son slogan était : « Prolétaires de tous les pays unissez-vous ! »

En application de ce principe, à l’approche de la guerre de 14-18, l’internationale criait aux ouvriers français et aux ouvriers allemands : « Ne vous entretuez pas : on croit guerroyer pour la patrie. On meurt pour des industriels qui se disputent les empires coloniaux comme des hyènes se disputent une charogne. »

Cet internationalisme fraternel et pacifiste n’est nullement un rejet des patries ou des nations. Ainsi Jean Jaurès, le plus illustre internationaliste de cette époque, était un patriote fervent. Dans son livre « L’armée nouvelle » il écrivit ceci : « La volonté irréductible de l’Internationale est qu’aucune patrie n’ait à souffrir dans son autonomie…Internationale et patrie sont désormais liées. C’est dans l’Internationale que l’indépendance des nations a sa plus haute garantie ; C’est dans les nations indépendantes que l’Internationale a ses organes les plus puissants…Un peu d’internationalisme éloigne de la patrie ; beaucoup d’internationalisme y ramène. »

Jean Jaurès préconisait la solidarité entre nations indépendantes. Il conjuguait internationalisme et souverainisme. Ces 2 notions, loin de s’opposer, s’impliquent mutuellement. Si je suis un vrai souverainiste, je n’accepterai jamais que mon pays occupe, soumette, colonise, opprime l’Algérie ou l’Indochine. En luttant pour l’indépendance, pour la souveraineté des peuples opprimés par la France, je suis inséparablement internationaliste et souverainiste.

SUPRANATIONALISME : C’est le refus des nations comme cadre de la vie politique. C’est la volonté d’effacer ce cadre au profit d’un ensemble plus vaste, multinational. C’est la volonté de remplacer des nations par un empire. Ainsi les partisans de « l’Europe politique » sont en train de fabriquer un Etat impérial qui remplace progressivement les Etats nationaux et dépouille de leur souveraineté les peuples d’Europe .

Dans toute société inégalitaire, l’idéologie de la classe dominante est l’idéologie dominante. Ce qui signifie qu’elle s’impose à la classe dominée. Ainsi dans la société antique, l’esclavage était considéré comme indispensable et juste non seulement par les grands propriétaires fonciers mais aussi par les esclaves eux-mêmes. Ils étaient contaminés par l’idéologie esclavagiste de leurs maîtres. Dans la société féodale, l’exploitation illimitée, par les nobles, des paysans serfs taillables et corvéables à merci n’indignait personne, même pas les serfs. Lorsqu’éclatait une révolte d’esclaves ou de serfs, c’était toujours contre un maître particulièrement dur ou cruel, mais jamais contre le principe même de l’esclavage ou du servage. L’idéologie dominante en France, au début du 20ème siècle, était patriotique et même nationaliste. Si actuellement l’idéologie dominante est devenue tout le contraire, c’est parce que les grandes entreprises sont devenues des géantes multinationales et que la grande bourgeoisie est devenue apatride.

Mais si les multinationales n’ont plus de patrie, les petites gens, eux, en ont une.

Ne confondons jamais l’internationalisme prolétarien et le supranationalisme du big business. L’internationalisme ou solidarité entre nations suppose l’existence de nations et respecte leur indépendance, leur souveraineté. Le supranationalisme au contraire refuse, rejette, piétine les nations, l’ indépendance et la souveraineté des peuples.

La plus grande partie de la « gauche » française juge les nations dépassées, préconise l’intégration européenne et la mondialisation. Cette « gauche » peut sembler ainsi fidèle à l’internationalisme prolétarien. En réalité elle sombre dans le supranationalisme de la grande bourgeoisie. Au lieu de servir le prolétariat elle ne sert que le grand capital mondialisé. D’où la crise et le discrédit dans lesquels s’enfonce la « gauche ».

Un écolo souverainiste

Robert Clavijo
1 bis rue Auber 34500 Béziers


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