COMITE VALMY

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L’accident de Marcoule
Comment le PG mange son chapeau en 24 heures...
Descartes

mercredi 14 septembre 2011, par Comité Valmy



L’accident de Fukushima nous avait donné l’opportunité d’apprécier l’indécence des antinucléaires français. On a eu droit à cette schadenfreude si caractéristique de ceux pour qui les malheurs des autres sont une bonne nouvelle. On y entendait derrière leur condoléances hypocrites pour les victimes cette prière silencieuse : "pourvu qu’il y en ait beaucoup, pourvu que ce soit un nouveau Tchernobyl...".

Malheureusement pour les vautours, cette prière n’a pas été entendue. Pire : les études d’opinion ont très vite montré que l’opinion publique avait peu apprécié cette réaction des écologistes. Mais bon, lorsqu’on a une idée fixe, il ne faut pas s’étonner qu’elle n’avance pas. Et l’accident survenu hier à Marcoule a encore permis de vérifier que les antinucléaires n’ont guère tiré les leçons de leur mésaventure. Et que l’indécence continue.

D’abord, il faut s’arrêter un instant sur l’évènement de Marcoule. Sur le site de Marcoule est installée une entreprise, la CENTRACO, dont la mission est le traitement et le recyclage des déchets d’exploitation des installations nucléaires. En quoi consistent ces déchets ? Cela n’a rien à voir avec du combustible nucléaire, qui est retraité à La Hague. Comme sur toute installation industrielle, les travaux de maintenance dans une centrale nucléaire impliquent le démontage et le remplacement de toutes sorte de pièces d’usure, de joints, de tuyauteries de ferrailles. Seulement voilà : les pièces remplacées à l’intérieur de la zone nucléaire de la centrale sont considérés (qu’elles soient ou non contaminées d’ailleurs) des "déchets" nucléaires. A ce titre, il est interdit de les mélanger à d’autres déchets et ils doivent être traités (c’est à dire fondus, incinérés ou subir tout autre traitement) dans des installations spéciales, disposant du confinement et des mesures de contrôle adéquates. CENTRACO dispose de ce type d’installations. Bien entendu, l’ensemble de ces pièces métalliques contaminées contiennent des quantités très faibles d’éléments radioactifs. Un accident sur ce type de matériel, même s’il provoquait une dispersion de matière dans l’environnement, donnerait des niveaux de contamination extraordinairement faibles.

Venons maintenant à l’accident. Il s’agit, du moins pour autant qu’on puisse le savoir à l’heure où j’écris, d’une explosion dans un four métallurgique. Un évennement qui sans être fréquent, n’est pas exceptionnel sur ce type d’installation. Bien entendu, un four utilisé pour traiter des substances radioactives, même faiblement, est soumis à des mesures particulières en matière de confinement. Mesures qui semblent d’ailleurs avoir été efficaces, puisque même la CRIIRAD, c’est dire, admet qu’il n’y a aucune pollution radioactive de l’environnement. On est donc en présence d’un accident industriel, terrible puisqu’il a entraîne la mort d’un homme et des blessures graves sur plusieurs de ses collègues. Mais est il légitime de faire l’amalgame entre un tel accident et une catastrophe nucléaire ?

Corinne Morel-Darleux, secrétaire nationale à l’écologie du PG semble penser que oui. Souvenez vous. C’est la dame s’était dejà illustrée lors de la catastrophe de Fukushima en écrivant dans un communiqué ce lapsus mémorable : "Alors que partout dans le monde, on s’apprête à célébrer le triste anniversaire des 25 ans de la catastrophe de Tchernobyl (...)". Cette adepte de la "célébration" (1) des accidents nucléaires récidive donc à Marcoule. A peine quelques heures après l’accident, elle écrit un communiqué vengeur (disponible ici). Elle commence ainsi :

Le Parti de Gauche apprend avec consternation qu’un nouvel accident nucléaire vient d’avoir lieu sur le site de Marcoule dans le Gard (...).

Lorsqu’un incinérateur de déchets hospitaliers explose, on ne parle pas de "accident sanitaire". Alors, par quel étrange abus de langage l’explosion d’un four métallurgique, fut-il chargé de métal faiblement radioactif, peut être qualifié de "accident nucléaire" ? Mais il y a plus intéressant : puisque le communiqué parle d’un "nouvel accident nucléaire sur le site de Marcoule", c’est qu’il y a eu un autre. Mais à quel "accident" on fait référence ? Y a-t-il jamais eu un "accident nucléaire" à Marcoule ? De quoi on parle ?

Mais ce qui vaut son pesant en cacahouètes, c’est la conclusion du communiqué :

Ce nouvel accident nucléaire provoquera-t-il la même réaction chez les gouvernants, politiques et lobbies ? Combien de temps vont ils continuer à rester sourds et aveugles aux dangers de cette filière ? (...) Combien d’accidents, d’explosions, de drames humains avant d’engager la transition énergétique et de demander enfin au peuple s’il est prêt à prendre ces risques ?

Une question se pose à l’évidence : quel rapport entre "les dangers de cette filière" (ie la "filière nucléaire") et l’explosion d’un four métallurgique, explosion qui pourrait avoir lieu dans n’importe quelle fonderie ? Et si demain une explosion se produisait dans un four sur une usine de panneaux solaires ou de pales d’éoliennes, Corinne Morel-Darleux nous appellerait-elle à renoncer à l’énergie solaire ou éolienne pour ne pas "prendre ces risques" ?

Ce communiqué montre à l’évidence combien les antinucléaires procèdent par amalgame. Tout est bon pour proclamer leur idée fixe. Peu importe que l’événement n’ait qu’un lointain rapport avec le nucléaire, peu importe les circonstances exactes, la question est de faire peur au populo. Et si pour cela on utilise sans vergogne les morts d’un accident industriel, tant pis, la fin justifie les moyens. D’ailleurs, c’est tellement flagrant dans ce cas, que même le PG a eu le souci de rectifier le tir. Dans un communiqué publié aujourd’hui, le ton n’est plus du tout le même. Cela vaut la peine de le publier in extenso :

Selon la CRIIRAD, il n’y a pas eu de hausse de la radioactivité enregistrée autour de Marcoule. L’autorité de sûreté nucléaire ouvre une enquête sur les causes de cette explosion qui pose une nouvelle fois la question de la sécurité de l’installation, et l’Agence Internationale de l’Energie Atomique a demandé à la France de fournir des éléments. Espérons que ce nouvel accident ouvre la voie à plus de transparence dans le nucléaire dans le strict respect des lois en vigueur en matière d’environnement et de protection de la santé des travailleurs et des populations.

Tiens, tiens... finalement, qu’est devenue la question perfide de Corinne Morel-Darleux sur la "transparence" ? Faut croire que la "transparence" n’a pas été trop mal assurée, puisque la CRIIRAD - autant dire l’oracle de Delphes des antinucléaires - confirme finalement ce que les nucléocrates ont dit depuis le départ. Et loin du titre exalté du premier communiqué ("Explosion à Marcoule : on ne peut plus attendre") et de sa conclusion vengeresse ("Pour nous au Parti de Gauche, c’est non. Il faut sortir du nucléaire ! D’autres choix énergétiques sont possibles, on ne peut plus attendre !"), on se contente d’espérer que "ce nouvel accident ouvre la voie à plus de transparence" et que les lois en vigueur soient "strictement respectées"). Mais c’est qui est encore plus intéressant dans le deuxième communiqué, c’est la signature. Alors que le premier était signé de Corinne Morel-Darleux, seule comme une grande, le deuxième porte la signature suivante :

Martine Billard (co-présidente du Parti de Gauche) et Corinne Morel Darleux (Conseillère régionale Rhône Alpes et Secrétaire Nationale à l’écologie)

On dirait que quelqu’un à sonné la fin de la récréation et que la belle et ambitieuse Corinne a été obligée de manger son chapeau en co-signant un communiqué qui, en comparaison avec celui qu’elle avait signé toute seule la veille sonne comme une rétractation...

La politique en général et la politique nucléaire en particulier est quelque chose de trop sérieux pour être abandonnée à des personnages capables d’écrire n’importe quoi pour faire avancer leurs petites affaires. Si la direction du PG a finalement réalisé le mal que ce genre de "communiqué" peut faire à sa crédibilité, tout n’est pas perdu.

PS : Je me suis laissé dire par des amis que Corinne Morel-Darleux ne me porte pas dans son coeur depuis que je me suis moqué de son "Fuckushima" (sic) et qu’elle a dit de bien méchantes choses sur moi dans les couloirs... je doute que ce papier améliore les choses. En tout cas, comme disait Guitry, "si les gens qui disent du mal de moi savaient ce que je pense d’eux, ils en diraient bien davantage".

Descartes

(1) Je rappelle ici pour ceux qui n’auraient pas compris que le terme "célébration" ne s’applique normalement qu’à un événement heureux. On "célèbre" les victoires, on "commémore" les défaites. Que les antinucléaires "célèbrent" la catastrophe de Tchernobyl n’est donc pas innocent...

http://descartes.over-blog.fr/article-comment-le-pg-mange-son-chapeau-en-24-heures-84194060.html

3 Messages de forum

  • Il est vrai que l’accident industriel dans l’usine Centraco est dramatique pour les personnes qui y ont été directement exposées Une analyse sérieuse des causes de cet accident est nécessaire afin de prendre les mesures de défense appropriée pour un événement par nature soit imprévisible soit relevant d’une "faute". Il était aussi inévitable que les antinucléaires s’en emparent amplifiant les conséquences, en faisant volontairement l’amalgame : Marcoule site nucléaire - explosion. Tous les procédés sont bons pour toucher l’opinion public et parvenir à ses fins. Qu’est-ce qui anime les antinucléaire ? Est-ce la peur, est-ce par ambition politique, est-ce par une véritable conviction écologique scientifique ? Il faut que la vérité soit. Merci pour cet article
    • Bonsoir. Suivant le type de calcul, on peut estimer à 700 milliards de cancers, le potentiel total des produits radioactifs qui ont été répandu par l’homme sur notre unique planète... aucune peur de ce chiffre... car sur 100 000 cartouches de AK47, combien font de mort ? Très très peu ! Qui a peur d’une rafale de 700 000 000 000 de cartouches d’AK 47 ? Personne ! Donc, on peut continuer à être très très intelligent... et donc pro nucléaire. MD Ps : nous sommes 7 milliards d’humains env.
  • Nucléaire mon amour

    20 septembre 2011 01:33, par Jean-Michel Dariosecq

    L’indécence des fanatiques du nucléaire, qui même vitrifiés persisteront à nier les dangers de cette source d’énergie (naturelle mais dispersée, et concentrée par l’Homme) n’est pas mal non plus !

    Que des profiteurs du nucléaire (financiers ou professionnels) qualifient de "vautours" ceux qui ne veulent tout simplement pas vivre avec cette épée de Damoclès permanente au-dessus de leur tête, ce n’est pas de l’indécence ?

    Certes, les politiques utiliseront toujours les événements qui apportent de l’eau au moulin de leur programme. Mais le seul programme raisonnable pour les humains, c’est bien la sortie du nucléaire.


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