COMITE VALMY

Accueil du site > - DESINFORMATION, MANIPULATION MEDIATIQUE et LIBERTE DE LA (...) > Sombres perspectives C. G. Toronto (Canada)

Sombres perspectives
C. G.
Toronto (Canada)

samedi 3 septembre 2011, par Comité Valmy


Du Viêt-Nam à la Libye…

Alors que se poursuivait sans opposition la plus impudente entreprise de banditisme colonial européenne depuis Suez, le 25 août Võ Nguyên Giáp célébrait ses cent ans…

Et on ne pouvait en ce jour, tout en se réjouissant de cet anniversaire, que se demander amèrement où étaient les Giap d’aujourd’hui.

Si le Viêt-Nam n’avait pas les richesses pétrolières de la Libye, il faut se rappeler que le pays avait à l’époque dans l’esprit tordu des dirigeants étasuniens une importance au moins aussi grande, importance stratégique traduite dans la trop fameuse et fumeuse « théorie des dominos ».

Le Viêt-Nam, lui, avait un Parti communiste avec des dirigeants exceptionnels, vigilants, mais aussi expérimentés, lucides, fins politiques et dotés d’une volonté révolutionnaire et patriotique inflexible…

Mais comment donc aujourd’hui, les pays « occidentaux » peuvent-ils se permettre d’agresser sans hésitation et de dépecer à leur convenance les pays qui les gênent où qui attisent leur cupidité (Yougoslavie, Afghanistan, Iraq, Soudan, Libye…) ?

La réponse n’est pas difficile, le principal facteur est bien la tragique absence d’un contrepoids à l’impérialisme. L’absence de l’URSS se fait terriblement sentir, et si on est sérieusement « de gauche » (on en arrive à mettre des guillemets !), quoi qu’on pense ou ait pu penser de certains aspects de son histoire, de sa politique ou de sa société. C’est un fait : massif, indéniable.

Un naufrage
Août 1914 ne marque pas seulement le début du grand massacre impérialiste, de la seconde « Guerre de Trente Ans » européenne et de l’effondrement de la social-démocratie comme force révolutionnaire, il est aussi bon de se rappeler que cette date marque la naissance de la propagande de guerre moderne ; sa crudité et son intensité étonnent encore aujourd’hui ; enfin, il faudrait plutôt dire à présent et à la lumière des évènements récents, « étonnaient »…

Le 10 septembre 1915 paraissait le premier numéro d’un hebdomadaire qui allait prendre une place bien particulière dans l’histoire de la presse française, Le Canard Enchaîné. Et je me faisais, il y a quelques jours, la réflexion qu’il était quand même incroyable qu’un journal fondé en 1915 par un journaliste mobilisé et revenu blessé du front pour combattre, dans le vocabulaire de l’époque, les « bobards », le « bourrage de crânes », la propagande grossière qui soulevait le cœur des combattants du front, que ce journal en soit arrivé là où il en est !

Je sais bien que l’histoire du Canard a connu des hauts et des bas et que nous sommes bien loin de la Grande Guerre et de la Guerre d’Algérie qui firent sa réputation, que ses rédacteurs ne cessent depuis des années de relayer la propagande la plus bête sur Cuba, qu’on ne les a pas vus trop critiques sur les guerres de Yougoslavie, les deux guerres d’Iraq et même le référendum européen, mais quand même ! Sur la Libye et la Syrie, on est stupéfait de les voir « barboter » (mot qu’adore ce journal accro aux jeux de mots les plus approximatifs) aussi profondément dans toute cette boue comme un vulgaire « journal de référence » !

Encore des gens et une institution qui vieillissent bien mal ! Et pour se rajeunir le Canard recrute depuis deux, trois, quatre ans chez des anciens de…. Libération !!! « Cerise sur le gâteau » - comme on ne dit pas en français - la plus proéminente de ces recrues, Jean-François Julliard, est aussi le tout neuf « secrétaire général » de cette remarquable officine déguisée en ONG, RSF ! Fermez le ban !

J’ajoute ci-dessous un texte qui vaut d’être lu, texte trouvé sur WIKI que ces messieurs d’ailleurs critiquaient férocement il y a seulement quelques semaines : des gens qui ne font pas d’enquête ! Des gens qui ne vérifient pas leurs informations ! Le Canard fait encore rire, mais de plus en plus malgré lui et à ses dépens…

La tragédie libyenne aura été un révélateur féroce et impitoyable, « médias », « gauche de la gauche », « anticapitalistes », « altermondialistes », « socialistes », la liste des naufrages hallucine.

Présentation du numéro du Canard Enchaîné le 10 septembre 1915 Le « Canard Enchaîné » a décidé de rompre délibérément avec toutes les traditions journalistiques établies jusqu’à ce jour. En raison de quoi, ce journal veut bien épargner, tout d’abord à ses lecteurs, le supplice d’une présentation. En second lieu, le « Canard Enchaîné » prend l’engagement d’honneur de ne céder, en aucun cas, à la déplorable manie du jour. C’est assez dire qu’il s’engage à ne publier, sous aucun prétexte, un article stratégique, diplomatique ou économique, quel qu’il soit. Son petit format lui interdit, d’ailleurs, formellement, ce genre de plaisanterie. Enfin, le « Canard Enchaîné » prendra la liberté grande de n’insérer, après minutieuse vérification, que des nouvelles rigoureusement inexactes. Chacun sait, en effet, que la presse française, sans exception, ne communique à ses lecteurs, depuis le début de la guerre, que des nouvelles implacablement vraies. Eh ! bien, le public en a assez ! Le public veut des nouvelles fausses... pour changer. Il en aura. Pour obtenir ce joli résultat, la Direction du « Canard Enchaîné », ne reculant devant aucun sacrifice, n’a pas hésité à passer un contrat d’un an avec la très célèbre Agence Wolff qui lui transmettra chaque semaine, de Berlin, PAR FIL SPÉCIAL BARBELÉ, toutes les fausses nouvelles du monde entier. Dans ces conditions, nous ne doutons pas un seul instant que le grand public voudra bien nous réserver bon accueil et, dans cet espoir, nous lui présentons par avance et respectueusement, nos plus sincères condoléances. 10 septembre 1915

Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP | squelette
<>