COMITE VALMY

Accueil du site > UNION DU PEUPLE DE FRANCE - Arc Républicain de Progrès > "ET MAINTENANT ?" Par Jean Lévy

La montée du mouvement social

"ET MAINTENANT ?" Par Jean Lévy

Jean Lévy est l’un des responsables du Comité Valmy

dimanche 1er février 2009, par Comité Valmy


Voir en ligne : blog de Jean Lévy : canempechepasnicolas

Au lendemain d’une journée de colère sociale d’une ampleur peu commune, il est utile de faire le point.

Le 29 janvier 2009 a été marqué essentiellement par le nombre de cortèges syndicaux recensés en France, et les succès que ceux-ci ont rencontré. Dans les plus petites villes jusqu’aux grandes métropoles et à la capitale, plus de 200 manifestations se sont déroulées sur le territoire, totalisant 2.500.000 participants. Du jamais vu, depuis des décennies. On peut dire que le peuple s’était donné rendez-vous pour clamer haut et fort sa colère, voire son indignation, face à l’offensive de contre-révolution sociale, menée par le pouvoir sarkozien, depuis l’été 2007.

Les salariés, les privés d’emploi, les retraités, victimes de cette politique au niveau de leurs conditions de vie - bas salaires, chômage total ou partiel, délocalisations, fermetures d’entreprises décidées ou craintes - ont convergé dans la rue avec les professions du service public, agressées et menacées de démantèlement - éducation, santé, recherche, la Poste - pour, ensemble, crier assez fort afin que leurs voix mêlées atteignent les Renseignements Généraux, les"grandes oreilles" de l’Elysée .

Les médias, peu suspects de connivence avec les manifestants, ne pouvaient pas cacher, ce matin, l’ampleur des cortèges. L’un des quotidiens de province, jouant avec leur "humour" habituel, titrait : "Journée noire...de monde !".

La question se pose donc : "Et maintenant ?" Si l’irruption du "privé" (grande distribution, métallos, banques...), dans les grèves était, hier, remarquable, il ne faut pas se cacher que les débrayages étaient encore très minoritaires. L’importance du nombre des intérimaires et des précaires dans les entreprises et la terreur institutionnalisée qui y règne, la généralisation des "fins de mois difficiles" confrontées avec les retenues de salaire pour fait de grève, compliquent la stratégie syndicale. Les arrêts de travail ne peuvent être efficaces que massivement suivis.

On peut mesurer l’impact de la législation nouvelle, imposée par le pouvoir dans les transports, concernant l’obligation de se déclarer "gréviste" avec préavis de deux jours : ce sont des minorités qui ont cessé le travail hier à la RATP comme chez les cheminots. A ce propos, la passivité des directions syndicales, en la matière, pèse lourd aujourd’hui, dans les conflits sociaux.

La CGT a laissé faire , fin 2007, sans avoir organisé avec les salariés visés par la loi scélérate, la moindre réaction collective. Donc, aujourd’hui, tous ces facteurs entravent les effets d’un mot d’ordre de grève. Est-ce à dire qu’il faut rejeter cette forme d’action ? Non, bien sûr. La grève généralisée, plus que "générale", demeure le plus efficace moyen de peser sur le pouvoir et le patronat. Faut-il que les travailleurs fasse leur ce mot d’ordre. L’exemple d’une telle grève en Guadeloupe montre qu’il peut paralyser entièrement l’île. Nous n’en sommes pas encore là sur le territoire français.

L’urgence, c’est de faire monter encore d’un cran la colère populaire. Il est nécessaire que celle-ci s’exprime dans la durée avec une intensité accrue, avec l’objectif du "Tous ensemble". En clair, la convergence des mécontentements doit s’exprimer dans la convergence des luttes. Lundi 2 février, les sept confédérations syndicales doivent faire le point après la journée du 29 janvier et décider des formes de l’action à mener sans attendre. Il ne faut pas jurer que telle ou telle organisation ne prenne prétexte d’une future entrevue avec Nicolas Sarkozy, pour retarder l’échéance des actions à venir. La CFDT et Chérèque pourraient à nouveau jouer le rôle de "briseur d’unité". Elle en a l’habitude.

Aujourd’hui, l’état d’esprit de larges couches de la population, manifestant en masse, jeudi dernier, doit prévaloir sur la recherche à tout prix de l’unité syndicale "au sommet". Des centaines et des centaines de milliers de salariés attendent "la suite". Il faut répondre à leur attente.

Et pourquoi pas une "montée à Paris" un samedi de février ? Mais, les mots d’ordre centraux et nationaux, s’ils sont utiles pour fédérer les mécontentements, ne sont pas les seuls à envisager, surtout dans la perspective de la durée. Des rassemblements locaux interprofessionnels répétés dans une localité, dans un quartier, sont du domaine des possibilités. Il faut réfléchir à unir les centre-villes et les cités.

Pensons-y : pour exprimer la solidarité avec le peuple palestinien, des dizaines de milliers de manifestants, venus des banlieues, ont sillonné Paris des samedis durant. La grande majorité d’entre eux, était d’origine maghébine. Nous ne les avons pas retrouvés de la Bastille à l’Opéra, le 29 janvier. Pourtant, ce sont des salariés comme ceux qui ont défilé, avec les mêmes colères et les mêmes revendications, et souvent, en plus, d’autres raisons d’avoir "la rage".

Il faut réunir l’ensemble des travailleurs, les uns avec les autres. C’est la condition de la victoire !

4 Messages de forum

  • "ET MAINTENANT ?" Par Jean Lévy

    2 février 2009 21:04, par BA

    Que s’est-il passé il y a un an ?

    Il y a un an, le 4 février 2008, à Versailles, un coup d’Etat a eu lieu.

    Il y a un an, Nicolas Sarkozy a bafoué le vote du peuple français.

    Il y a un an, Nicolas Sarkozy a osé faire passer le traité de Lisbonne par voie parlementaire.

    Il y a un an, Nicolas Sarkozy a violé le vote NON qui avait eu lieu le 29 mai 2005 par référendum.

    Il y a un an, 560 parlementaires français se sont rendus complices de ce coup d’Etat perpétré par Nicolas Sarkozy.

    Il y a un an, 560 parlementaires français ont osé voter OUI au coup d’Etat perpétré par Nicolas Sarkozy..

    Un an après ce coup d’Etat, nous n’avons rien oublié.

    En juin 2009, en mai 2012, en juin 2012, nous battrons et nous ferons battre les 560 traîtres qui ont voté OUI au coup d’Etat.

    Pour savoir qui a voté quoi, c’est à cette adresse :

    Voir en ligne : http://www.assemblee-nationale.fr/1...

  • "ET MAINTENANT ?" Par Jean Lévy

    2 février 2009 23:51, par Sébastien NEAU

    Bonjour camarade,

    J’approuve en grande partie ton analyse. L’idée d’une grande montée à Paris est intéressante.

    Cependant, une fois de plus, on s’en prend à la Centrale qui se remue certainement le plus en France, la CGT, dont je suis adhérent, et modeste militant, au sein de la fédération des cheminots.

    Tout d’abord, tu parles de la nouvelle loi sur le service minimum : elle ne concerne à la SNCF, que les agents des postes d’aiguillages, les conducteurs voyageurs et les contrôleurs soit 1/3 des effectifs environ (à peine 50 000 des plus de 150 000 cheminots SNCF).

    Cette loi n’empêche pas les agents des billets, de l’Escale ou de l’entretien matériels ou voies de faire grève ? Ils n’ont pas à se pré déclarer grévistes 48h00 avant celle-ci. Connais-tu cette spécificité ?

    “Ce sont des minorités qui ont cessé le travail hier à la RATP comme chez les cheminots.” dis-tu !

    Il y avait plus de 43 % de grévistes le 29 à la SNCF ! Avec des grandes disparités régionales, Bordeaux, Toulouse, Limoges ou Montpellier ont dépassées les 60 % de grévistes dans les catégories exécutions et maîtrises.

    Que dire aussi de la propagande médiatique et gouvernementale pour minimiser ou étouffer l’action des cheminots : le 29 au soir, j’ai vu un reportage sur France 2 où les journalistes nous expliquaient que la grève avait eu peu d’impact, qu’il y avait peu de gens sur les quais (ils étaient à la manif, normal !) d’une grande gare parisienne prise au hasard, et qu’ils avaient droit à un train toute les 50 minutes : royal, non ? Les banlieusards ont du appréciés le rythme effréné du cadencement ferroviaire ce jour là. Pour un peu, celui qui n’y connaît rien, il a l’impression que c’est un jour normal.

    Ensuite, tu parles de “passivité des directions syndicales” au sujet de cette loi sur le service minimum : la FD Cheminots CGT ( comme toutes les autres centrales) a appelé à manifester le 31 juillet 2007, lors du vote de cette loi scélérate, nous étions une centaine à Châlons devant la préfecture, et il y avait plus de 3000 manifestants à Paris, et ce un 31 juillet ! Par ailleurs, une de nos revendications en novembre 2007, était d’abroger cette loi et son décret. Nous ne sommes malheureusement pas parvenu à cela car deux tiers des agents ne sont pas concernés, mais aussi, parce qu’à l’usage, elle ne gène que ceux qui ne sont pas vraiment motivés puisque cette déclaration peut être verbale auprès de son agent de commande et non auprès de son supérieur hiérarchique. De plus, cette loi n’a pas empêché l’action de novembre 2007, combat mené par les cheminots contre tous les médias de France et d’ailleurs, alors que le nain soleil se trouvait au zénith des sondages.

    D’ailleurs, durant les 9 jours d’action, on l’a peu entendu, il a laissé les autres faire le sale boulot à sa place, pour éviter de morfler médiatiquement, après quelques déclarations à coté de la plaque aux ateliers SNCF du Landy (sur la décote notamment). Notre action aura eu le mérite de le faire taire pendant quelques jours, il avait trop peur de notre secrétaire fédéral. D’ailleurs, notre régime spécial existe toujours, et ce, grâce à notre action, pourtant son sort devait être réglé en 15 jours dixit l’omni président.

    Enfin, parce qu’il est tard, je finirais par l’exemple de la grève du 12 mars 2008, 12 % de grévistes pour nos revendications sur la pénibilité, au seul appel de la CGT, c’était pour nous une grève dite de militants. Et pourtant, nous avons gagné en 4 mois ce que les salariés du privé n’ont toujours pas obtenus en 6 ans de négociations : une listes des métiers pénibles à la SNCF (1/3 des métiers !), des compensations financières et en temps (Cessation Progressive d’Activité) autant d’avancées qui sont désormais des points d’appuis pour nos revendications mais que les médias ne se pressent pas de divulguer, de peur de donner des idées à nos camarades du privé.

    Ce qui compte et comptera toujours, c’est le rapport de force et la détermination des grévistes, salariés du public ou du privé doivent le comprendre et ne pas se laissé berner par des ersatz de syndicats.

    Fraternellement. Sébastien Neau.

    • "ET MAINTENANT ?" Par Jean Lévy 4 février 2009 18:51, par Jean LEVY
      Cher camarade, "je ne m’en prends pas à la CGT", étant depuis 1944, adhérent à cette centrale. Et plus tard, DSN CGT au Crédit du Nord, membre du Bureau fédéral de la FD des Employés. Aussi, c’est avec tristesse que je constate que MON organisation n’a plus les valeurs pour lesquelles j’ai combattu et continue de combattre. Quans le Secrétaire-Général croit pouvoir dire en 2003, en pleine grève pour les retraites : "Je ne suis pas là pour paralyser la France", quand, en novembre 2007, au premier jour de la grève immense des cheminots, il court discuter avec Sarkozy, quand la CGT approuve les orientations de collaboration de classse de la CES, je ne peux être que mécontent et hostile à cete orientation. Ceci dit, je crois toujours que les syndicats CGT, leurs militants sur le terrain,font du bon boulot et que ce sont les seuls syndicats qui se battent contre les patrons et le pouvoir. Nous sommes bien d’accord à ce niveau. Reste que 1/3 des effectifs de la SNCF sont contraints de signaler leur volonté de grève deux jours avant, je considère que cette grave atteinte au droit de grève n’a pas été suffisamment combattu A Saint-Lazare et à Nice, les copains font grève comme ils l’entendent. Je te réponds avec toutes mes amitiés, considérant qu’entre camarades, le débat est toujours utile et fructueux. Jean LEVY .

      Voir en ligne : Et maintenant ?

      • "ET MAINTENANT ?" Par Jean Lévy 10 février 2009 16:44, par Germinal
        Cher camarade, je trouve, comme toi que les dirigeants syndicaux dévoient les luttes ou, en tous cas, essaient d’éviter qu’elles n’aboutissent à la grève générale illimitée . Je veux apporter ici un témoignage . J’étais à Marseille à la manifestation sur les retraites . Nous criions tous en choeur :"grève générale !!" B. Thibaut arrive sur le podium pour annoncer froidement :"je ne dirai pas ce que vous attendez que je dise !" Tu imagines le silence de mort qui s’en est suivi . Maintenant, si nous voulons que nos revendications aboutissent il faudra nous extraire des syndicats qui nous enchaînent(c’est ma conviction profonde) et ne compter que sur nous-mêmes en nous aidant peut-être des moyens modernes de ommunication . Qu’en penses-tu ?

Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP | squelette