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Etats-Unis : la CIA, « label » au bois dormant du terrorisme
par Jean LEVY

lundi 2 mai 2011, par Comité Valmy


Une photo truquée de Ben Laden mort, diffusée par des télévisions du monde entier


La CIA, et ses « réseaux dormants » opérant en territoire étranger – le Pakistan – vient de d’offrir le meurtre d’Oussama Ben Laden au président des Etats-Unis.

Chacun sait bien que le chef d’Al Qaida, à l’origine, agent de la Centrale US de renseignement, fut l’intermédiaire agréé de Washington, dans la guerre menée par les Talibans contre les Soviétiques en Afghanistan.

L’affaire du 11 septembre 2001, l’attentat des tours jumelles de Manhattan, en fit le Démon défiant l’Occident, à la tête d’un réseau mondial du terrorisme, Al Qaida. Etendant son emprise sur une nébuleuse d’organisations « labellisées », en Asie comme en Afrique. Ben Laden était devenu, disait-on, « l’ennemi n°1 » de l’Occident…On le disait caché, hirsute, dans une grotte d’un massif d’Afghanistan, ce qui conduisit George Bush à entreprendre une croisade contre ce pays, il y a dix ans. Or, les dépêches américaines de ce jour, annoncent qu’il vivait dans une retraite dorée, sise dans un quartier cossu, proche d’Islamabad, la capitale du Pakistan.

Et cela depuis des mois et des mois…

La CIA vient donc de mettre un terme au mythe créé, il y a une décennie, bien pratique pour mener la fameuse croisade du Bien contre le Mal, croisade menée également sur le plan intérieur avec le USA PATRIOT Act,* édicté par George Bush. On en connaît le sinistre bilan pour le peuple afghan.

C’est l’habitude, aux Etats-Unis, les agents de la CIA, qui croient pouvoir voler de leurs propres ailes, sont traqués sans merci, où qu’ils se trouvent. Manuel Noriega, promu par la Maison Blanche, président du Panama, semblait vouloir s’affranchir de la tutelle étatsunienne. Sans hésiter, en 1989, l’US Air Force bombarde la capitale, massacre au passage 2000 Panaméens, et ouvre la voie aux GI’s. Noriega est fait prisonnier. Le pays et son canal stratégique rentrent dans le rang.

Aujourd’hui, le « terrorisme » n’est plus, pour les Etats-Unis, le premier objectif à éradiquer. « L’ennemi » porte d’autres noms, montre d’autres visages, Mouammar Kadhafi, Bachar al-Assad. Ils ne traitent plus leurs affaires au seul marché occidental. Ils veulent ouvrir leur pays aux concurrents chinois. C’est intolérable !

Ils deviennent, de ce fait, des« dictateurs » (« sanglants », le plus souvent), des « tyrans » pour leurs peuples. La mode n’est plus à qualifier obligatoirement les ennemis de « fanatiques musulmans ». Au contraire, comme en Libye et en Syrie, la police traque les « islamistes extrémistes », ces derniers deviennent « nos amis », car ils sont entrés dans l’opposition violente au régime.

La nouvelle croisade occidentale s’habille en « démocratie ».

A Washington, on a changé de président…

Et les médias emboîtent le pas. Le Monde explose de joie. Son édition datée du 3 mai, qui consacre huit pages entières à la mort d’Oussama Ben Laden, titre en Une « Justice est faite ! ». C’était sans doute, pour le journal, la sanction nécessaire pour venger les morts du 11 septembre 2001.

Mais pour toutes les victimes des guerres perpétrées, sur tous les continents, par les Etats-Unis, Le Monde a-t-il montré autant de compréhension ?

Des interventions militaires multiples en Amérique latine jusqu’à l’Irak et ll’Afghanistan, en passant par le Viet Nam, combien de morts à venger ?

Ils se comptent par millions. Le Monde ne sait pas compter jusque là.

Pire, le quotidien « oublie » les cadavres gênants. Ceux des trois petites filles de Mouammar Kadhafi, tuées samedi à Tripoli, par des missiles occidentaux. L’article qui signale la mort du fils, ne mentionne même pas celle de ses enfants.

Ainsi font nos médias, soumis au Dieu marché et à ses représentants sur terre.

Ce n’est plus de l’information, c’est de la propagande.

* Le ÉUSA PATRIOT Act (qui signifie : Uniting and Strengthening America by Providing Appropriate Tools Required to Intercept and Obstruct Terrorism Act ou en français : Loi pour unir et renforcer l’Amérique en fournissant les outils appropriés pour déceler et contrer le terrorisme) est une loi anti-terroriste qui a été votée par le Congrès des États-Unis et signée par George W. Bush le 26 octobre 2001. L’un des axes centraux de ce long texte (132 pages [1]) est d’effacer la distinction juridique entre les enquêtes effectuées par les services de renseignement extérieur et les agences fédérales responsables des enquêtes criminelles (FBI) dès lors qu’elles impliquent des terroristes étrangers. Elle crée aussi les statuts de combattant ennemi et combattant illégal, qui permettent au gouvernement des États-Unis de détenir sans limite et sans inculpation toute personne soupçonnée de projet terroriste


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