COMITE VALMY

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« Immigration afghane irrégulière :
mon inquiétude de maire »
Par Arnaud Murgia

mardi 24 août 2021, par Comité Valmy


« Malgré les efforts mis en œuvre par l’État à la frontière franco-italienne, le flux migratoire est continu », écrit le maire de Briançon. Jean-François OTTONELLO/PHOTOPQR/NICE MATIN/MAXPPP

« Immigration afghane irrégulière :
mon inquiétude de maire »

FIGAROVOX/TRIBUNE - Selon le maire LR de Briançon, plus de 40% des 250 mineurs isolés étrangers pris en charge par le département des Hautes-Alpes depuis le 1er janvier sont afghans, alors qu’ils étaient quasi-absents les années précédentes.


Arnaud Murgia est maire Les Républicains de Briançon et vice-président du Département des Hautes-Alpes.


La crise migratoire que vit l’Europe depuis 2015, si elle ne s’est jamais interrompue, a pour le moins changé de nature. Alors que voilà encore cinq ans, elle provenait en majorité de l’Afrique subsaharienne, elle est désormais le reflet très exact des bombes à retardement qu’ont été les conflits des années 2000, en Afghanistan et en Libye. Car c’est paradoxalement au moment où les guerres s’achèvent que les mouvements migratoires s’amplifient.

Briançon et les Hautes-Alpes sont en la matière un bon exemple de ce que l’avenir, à quelques mois près, nous réserve.

En 2019 et en 2020, Briançon a subi à sa frontière
avec l’Italie plus de 11.000 passages illégaux
par an.

Arnaud Murgia

La crise migratoire a durement touché la France à sa frontière italienne notamment, d’abord sur les côtes méditerranéennes – on connaît la situation de Menton – puis sur les cols (alpins). En 2019 et en 2020, Briançon a subi à sa frontière avec l’Italie plus de 11.000 passages illégaux par an. Cet afflux de population a laissé les élus locaux et les pouvoirs publics démunis face et il n’est pas sans conséquence sur le plan sécuritaire, social et financier dans notre ville, notre département, notre région et finalement notre pays.

Or, nous observons déjà depuis plusieurs mois, et très exactement depuis l’annonce de la décision de retrait des troupes américaines en Afghanistan, un changement de la région d’origine des migrants. En 2018, 96 % des mineurs isolés accueillis par le département des Hautes-Alpes étaient issus d’Afrique de l’Ouest et pour 1% d’Afghanistan. Or le phénomène s’est désormais inversé : plus de 40% des 250 mineurs isolés étrangers pris en charge à ce jour en 2021 par le département sont afghans.

Des familles, des femmes et des enfants en bas âge ont remplacé les hommes, essentiellement de jeunes adultes d’Afrique subsaharienne cherchant à bénéficier du statut de « mineur isolé », devenu l’une des voies privilégiées de l’immigration. Mais ces migrants sont en réalité en transit. Ils ont pour destination Londres et sa banlieue (via Calais), où l’emploi leur est permis.

Briançon subit depuis des mois maintenant cette situation de manière concrète : malgré les efforts mis en œuvre par l’État à la frontière franco-italienne, le flux migratoire est continu, par nos sentiers, par nos cols. Mes prédécesseurs avaient consenti à l’ouverture d’un refuge associatif dont j’ai exigé la fermeture sous sa forme actuelle, ainsi qu’un encadrement clair, un respect des règles d’accueil du public et des responsabilités bien définies. Ce dernier n’a pour autant jamais désempli de personnes de passage, souhaitant monter dans un train pour d’autres cieux, ceux, souvent, des campements du XVIIIe arrondissement de Paris ou du bord de la mer du Nord, à Calais.

Malgré les efforts mis en œuvre par l’État à la frontière franco-italienne, le flux migratoire est continu , par nos sentiers, par nos cols. Que se passera-t-il si ce flux quotidien double dans les prochains mois ?

Arnaud Murgia

Que se passera-t-il si ce flux quotidien double dans les prochains mois ? Qui assumera les décisions et prendra en charge l’impact quotidien ? Le maire, qui doit rendre des comptes à ses administrés ? Les associatifs ? L’État, qui souffre d’un mal chronique à tenir une politique de fermeté sur ses frontières et d’une incapacité souvent réelle à faire quitter le territoire français aux personnes non éligibles au droit d’asile comme le montrent les statistiques peu encourageantes sur les Obligations de quitter le territoire français (OQTF) ?

Quand les responsables associatifs réclament des places d’hébergement d’urgence supplémentaires, qui prendra la responsabilité de dire oui, ou non, en fonction de la qualité administrative des ressortissants concernés ? Et qui, in fine, aura à répondre à la grogne, qui se transforme chaque jour un peu plus en colère, de nos populations qui peinent à comprendre ?

Le maire que je suis lance aujourd’hui non pas un appel, mais un cri d’alarme. Ces exemples locaux démontrent que les grandes décisions internationales ont un impact concret, réel, direct, sur nos territoires, nos populations. C’est le fameux « effet papillon ». À force de dévoyer la notion de droit d’asile et de ne donner plus aucune force aux décisions liées à l’occupation illégale du territoire, l’État – et la justice ? - se privent à la fois d’une efficacité à tenir les frontières et d’une capacité à vraiment aider ceux qui en ont besoin. Car à vouloir aider tout le monde, on finit par n’aider personne.

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Si territoire par territoire, ville par ville, la France ne veut pas voir ses populations locales se crisper, se replier, vivre une sorte de fracture, à la fois sociale et politique, ce que démontrent les taux de participation de plus en plus faibles aux élections, une seule attitude s’impose : se donner les moyens de faire respecter ses lois pour pouvoir en faire appliquer les contreparties.

Si nous voulons aider demain les Afghans qui ont aidé la France et ses alliés – et eux seuls – à trouver une seconde vie chez nous, et c’est une obligation morale, nous devons faire enfin en sorte que l’accès au sol européen et le maintien sur le territoire français soient réellement assortis de contraintes et de règles réelles, applicables et appliquées. À l’évidence, une refonte globale du droit d’asile (qui n’a plus rien à voir avec ses fondements initiaux), du statut de « mineur isolé », occasion de nombreuses fraudes, et, d’une manière générale, de notre politique migratoire (qui doit tenir compte de l’intérêt collectif de notre pays et non de celui des seuls individus) s’impose.

Réconcilier les Français – qui ont pour principales préoccupations, dans l’ordre : la sécurité, l’emploi et l’immigration – avec la politique et les amener au bureau de vote commence par l’idée que les lois qui régissent notre vie s’appliquent, au quotidien. Avant l’arrivée potentielle d’un flux migratoire de, peut-être, 200.000 Afghans vers l’Union européenne, nous devrions y réfléchir.

24 août 2021


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