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L’ennemi commun des peuples

Washington forme une nouvelle alliance
militaire à l’est de la Russie
Alexandre Lemoine

jeudi 1er juillet 2021, par Comité Valmy


Washington forme une nouvelle alliance
militaire à l’est de la Russie

Les Etats-Unis accumulent activement de l’armement dans la région Asie-Pacifique avec une aviation stratégique puissante, des groupes aéronavals et des centaines de milliers de militaires. Les Etats-Unis ont avancé dans la formation dans la région d’une nouvelle alliance militaire qui, selon les experts, deviendra un analogue de l’Otan en Asie. Et bien que l’objectif annoncé soit l’endiguement de la Chine, cela se reflétera sérieusement sur la sécurité de la Russie.

Les discussions concernant la création en Asie d’une alliance militaire similaire à l’Otan ont commencé encore à la fin des années 2000. En 2007, le premier ministre japonais Shinzo Abe a proposé d’organiser le Dialogue quadrilatéral pour la sécurité avec la participation, dans un premier temps, des Etats-Unis, du Japon, de l’Australie et de l’Inde.

D’autres pays asiatiques frontaliers avec la Chine étaient censés rejoindre cette alliance. Il est évident qu’en réalité l’idée de constituer une nouvelle alliance n’appartient pas au Japon mais aux Etats-Unis, qui considèrent la Chine comme leur principal adversaire géopolitique.

Le Japon dépend fortement des Etats-Unis : l’infanterie de marine américaine s’est installée depuis longtemps sur les îles, de puissantes bases ont été construites, Washington fournit aux Forces japonaises d’autodéfense des armes et du matériel. Un autre satellite des Américains dans le Pacifique est l’Australie, le principal allié des Etats-Unis en dehors de l’Otan. Les Australiens ont participé à la guerre du Golfe, ont combattu en Afghanistan et en Irak. Les forces armées de 80.000 hommes du pays possèdent des chars Abrams, des véhicules blindés de transport de troupes M113, des obusiers M198 et M2A2, des lance-roquettes Javelin et des fusils M4A1, ainsi que des hélicoptères Chinook et Black Hawk.

Les Etats-Unis forcent la formation d’une coalition antichinoise sur la base du Dialogue quadrilatéral pour la sécurité. Sachant qu’ils font pression sur l’Inde. Outre l’Australie et le Japon, une importance particulière est accordée à l’implication dans ce format de l’Inde, qui mène traditionnellement une politique étrangère indépendante. Washington cherche également à faire participer à cette alliance d’autres pays tels que les Philippines et l’Indonésie.

Cependant, les actions américaines pourraient conduire à la formation d’une alliance militaire russo-chinoise. L’Inde devrait alors prendre une décision difficile : se ranger du côté des Américains ou soutenir la Russie. Dans ce cas l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), dont font partie la Russie, la Chine et l’Inde, se transformerait en une alliance militaro-politique avec l’adhésion d’autres pays.

Ce qui compliquerait sérieusement la situation dans la région pour les Etats-Unis. Cependant, Washington compte tout de même établir un contrôle total sur l’Asie-Pacifique, qui deviendra à terme une locomotive de l’économie mondiale et une arène de rivalité entre les superpuissances. Toutefois, les experts disent déjà que la formation d’une nouvelle coalition militaire en Asie-Pacifique prendra des années. Pour la bonne et simple raison que les opposants à ce plan sont tout aussi nombreux que les partisans.

Ces dernières années, les Etats-Unis ont significativement renforcé leur contingent militaire dans la région du Pacifique. Les navires de guerre américains entrent régulièrement dans la zone de 12 milles marins autour des îles Paracels et Spratleys, qui font l’objet d’un litige depuis des décennies entre la Chine et plusieurs pays de l’Asie-Pacifique.

Les exercices de la marine américaine sont devenus nettement plus fréquents dans l’océan Pacifique à proximité des eaux chinoises. Ainsi, en juin, le porte-avions Ronald Reagan est entré en mer de Chine méridionale. Selon le scénario, le groupe aéronaval devait assurer la sécurité des alliés régionaux des Etats-Unis.

Depuis 2020, la marine américaine déploie dans la région trois groupes aéronavals à la fois. Des bombardiers stratégiques B-52, B-1 et B-2 sont parfois projetés sur la base aérienne d’Andersen sur les îles Mariannes. Parfois, jusqu’à 15 avions embarquant l’arme nucléaire s’y trouvent en état opérationnel.

Le Pentagone fait participer de plus en plus souvent des pays amis à ses manœuvres. Par exemple, les marins japonais et américains ont doublé l’intensité des entraînements communs. Ils se réunissaient pour la 23e fois en 2021 pour le faire. Bien évidemment, Pékin proteste. Mais les Américains rétorquent qu’ils navigueront partout où le droit international le permet.

En 2019, les Américains ont élaboré toute une stratégie dont l’objectif réside dans la supériorité grâce à la présence militaire, à l’intensification des exercices et à l’équipement des forces armées en armements modernes.

Le Pentagone a créé dans l’océan Pacifique il y a quelques années une unité d’un nouveau type, les Forces opérationnelles multi-domaines, destinées à percer la défense et à éliminer les sites clés de l’ennemi. Dans l’ensemble, la région compte plus de 200 sites militaires américains, dont plus de 50 bases militaires.

De plus, d’ici 2024, Washington compte déployer en Asie-Pacifique la 1ère flotte opérationnelle. Cette unité agira dans l’est de l’océan Indien. Cela libérera les ressources de la 7e flotte opérationnelle qui pourra se concentrer sur les missions en mers de Chine méridionale et orientale, en intensifiant l’activité militaire visant à endiguer la Chine en Asie du Sud et du Sud-Est.

Alexandre Lemoine


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