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Emir Kusturica : « On a affaire à la plus grande escroquerie de l’histoire européenne moderne ».

mercredi 21 avril 2021, par Comité Valmy


Emir Kusturica : « On a affaire à la plus grande escroquerie de l’histoire européenne moderne ».

Discours prononcé le 15 février dernier au palais Serbie à Belgrade à l’occasion de la remise de la médaille commémorant la constitution de la Serbie de 1835.

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Cinéaste de réputation internationale, Emir Kusturica est une personnalité publique importante de la Serbie actuelle. Tout le monde a en mémoire ses nombreux films où il met en scène son pays, la Yougoslavie, son histoire dramatique dont la fin tragique lui inspire deux chefs d’œuvres, Underground et La vie est un miracle. Couronné par deux Palmes d’Or au Festival de Cannes, récipiendaire de nombreuses autres récompenses, figure de premier plan du cinéma mondial, il se préoccupe néanmoins de questions plus vastes, de l’histoire et de la culture, de problèmes politiques tant au niveau de son pays d’élection – la Serbie – qu’au niveau global, questions et problèmes à propos desquelles il n’hésite pas à s’exprimer pour faire entendre une voix dissonante, originale, personnelle, en rupture avec le politiquement correct comme le montre le texte ci-dessous.

Emir Kusturica personnifie l’histoire yougoslave récente par ses origines familiales – serbes herzégoviens en partie islamisés – par ses affinités culturelles où Ivo Andrić, prix Nobel de littérature 1965, occupe une place centrale. A l’instar de son célèbre ainé, il quitte Sarajevo pour s’installer à Belgrade, autrement dit la Bosnie pour la Serbie prenant part de la sorte au mouvement général des intellectuels qui, devant l’islamisation progressive de la Bosnie dans l’après-guerre, quittent le pays. Aussi fait-il un pas supplémentaire par rapport à Ivo Andrić, en adoptant la religion orthodoxe, en se faisant baptisé et en adoptant un prénom emblématique, Nemanja (prénom des rois serbes du moyen âge). De plus, pour faire bonne mesure, à l’instar des princes serbes du moyen âge, il construit une chapelle afin d’inscrire son serment dans le réel.

Dès lors, les lignes ci-dessous, reproduisant le discours prononcé devant les plus hautes autorités de l’état serbe, en présence du président Aleksandar Vučić lui-même, expriment non seulement son point de vue sur l’état actuel de la Serbie et, plus généralement, du monde, mais font entendre également des préoccupations et des questions auxquelles on ne prête guère attention, réfractées qu’elles sont par la famille orthodoxe – cellule sociale élémentaire, selon sa conception - aux prises avec « le socialisme corporatif imposé par les dix multimilliardaires ». Et du coup, comme si de rien n’était, Kusturica de nous soumettre une thèse radicale : la globalisation néolibérale a pour base conceptuelle et organisationnelle un marxisme-léninisme dénaturé, c’est-à-dire châtré de sa dimension historique, réduit à la matérialité de l’économie et à la mobilisation des masses, vue comme pure gestion « de ressources humaines ».

Aussi, comme Emir Kustirica situe le mal, l’origine des difficultés dans les interprétations postmarxistes dues à des hommes, des militants, des philosophes prestigieux (Gramsci, Lukacs, Adorno, Marcuse etc), son propos prend la forme d’une injonction à revoir de fond en comble notre savoir présent sur les « rapports de production », sur « le développement de forces productives », autrement dit, en n’ayant pas peur des grand mots, à effectuer « un retour à Marx ». Puisse la notoriété du grand cinéaste contribuer à donner corps à cet impératif !

Le discours de Kusturica contient un certain nombre de références à l’histoire serbe. Sans entrer dans les détails on retiendra le seul terme dayi, c’est-à-dire les quatre gouverneurs du pachalik de Belgrade, partisans de l’islam authentique, intégristes avant la lettre, qui par leurs exactions provoquent le soulèvement des populations serbes en 1804.

Enfin, il semble important, afin de compléter le bref portrait de la personnalité considérable qu’est Emir Kusturica, de faire état de sa générosité et de l’ampleur exceptionnelle de ses activités. Au rebours des stars du show business, préoccupées par la seule promotion de leur personnalité, Kusturica est un homme avant tout concerné par son temps, les problèmes qui assaillent les gens et les questions qui en résultent. Engagé dans la cité, patriote serbe, il est citoyen du monde. Ces partis-pris nourrissent ses ambitions. Elles sont démesurées et donnent lieu à des réalisations exceptionnelles pour lesquelles il ne ménage pas ses efforts y compris en contributions financières. Ainsi il a construit un village en Serbie centrale en reproduisant les habitations traditionnelles. Dévolu au tourisme écologique, il y organise toutes sortes de manifestations culturelles, notamment un festival de cinéma international. Par ailleurs, en disciple, voire continuateur – par d’autres moyens d’expressions -, d’Ivo Andrić, il a bâti une ville, nommée Andrićgrad, en contre-bas du célèbre pont sur la Drina à Višegrad. Hommage au célèbre auteur, la ville est désormais la vitrine culturelle de la République serbe de Bosnie.

Profondément inscrits dans le réel balkanique, les films d’Emir Kusturica parlent à tout le monde. Il en va de même de sa parole, ancrée dans l’histoire de son pays, servie par une intelligence exceptionnelle, elle s’adresse à un chacun d’entre nous.

Alain Jejcic

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Je dois commencer en vous disant que n’ai jamais obtenu si facilement une récompense. J’ai toujours envisagé les médailles sur le revers des uniformes des combattants, et moi, reclus dans la montagne parmi les ours, les loups et quelques touristes improbables, voilà que je reçois une médaille, une médaille des plus importantes. On n’en a pas discuté avec moi, il en va de la médaille commémorant la création de l’état serbe. Issue de l’insurrection ou, comme le dirait Milorad Ekmečić, de la Révolution qui depuis, sous la forme de principauté, monarchie ou république, a subsisté et, ce qui est le plus important, n’a jamais été assujettie. Nous sommes ainsi, les Serbes, un des rares peuples au monde qui n’a jamais été soumis. Espérons que, si nous sauvegardons le Kosovo et la Methohie, la République serbe de Bosnie, après nous, celle-ci va continuer et que ce nous vivons actuellement ne va être, en fin de compte, qu’un long et pénible épisode d’une série télévisée tournée sur le territoire intégralement préservé de la Serbie.

Pour commencer, je pourrais me demander quel est le capital moral que nous avons hérité de nos ancêtres et en quoi nous pouvons nous identifier positivement à l’article 118 de la Constitution de la Sainte Rencontre (Sretenjski ustav) de 1835, dont nous pouvons voir l’original dans le hall de ce bâtiment. On y trouve inscrit notamment : « Lorsque l‘esclave met le pied sur la terre serbe, il est libre qu’il soit venu seul ou accompagné ». Partant, on pourrait développer un raisonnement dialectique pour considérer comment ce capital a pu être dépensé pour satisfaire aux standards européens qu’on impose à la géographie de l’Europe du sud-est. Cependant, avec le temps qui passe, au-delà de l’Europe, on perçoit de plus en plus comment le règne du camarade Tito et le titisme sont parvenu a totalement anesthésier le capital moral pour porter atteinte à la Serbie.

Aussi, on peut se demander de savoir pourquoi il y’a concordance entre la Première insurrection serbe et la lettre rouge de la Sainte Rencontre ? Pourquoi les deux événements tombent le même jour ? Dans notre histoire il y a peu de dates qui ne soient pas inscrites en lettres de sang. La tradition séculaire et la tradition ecclésiale sont inexorablement liées puisque tout ce qui est séculaire prend son origine dans l’expérience positive de la morale chrétienne, ce qui veut dire que s’il n’y avait pas eu de théocratie il n’y aurait pas non plus eu de démocratie. Le cycle de Kosovo dérive de la bataille de Kosovo en tant que capital moral immémorial ; l’attachement à la tradition de Saint Sava constitue la donnée subjective foncière de notre histoire contemporaine où la défaite militaire ne veut pas dire destruction définitive de la nation comme la perte de la bataille des Thermopiles n’impliquait pas la disparition de la communauté des cités grecques. Notre capital moral est aujourd’hui souvent mis en question en divers occasions par des professeurs d’universités, par des intellectuels, par des quidams qui se plaisent à distinguer entre la Serbie céleste et la Serbie réelle. La meilleure réponse aux provocations, que je sache, a été formulée par notre patriarche retraité Paul. Il a dit : « Le tzar Lazar n’avait rien contre l’empire d’ici-bas mais, contraint à choisir entre le ciel et la terre, il a opté pour l’empire céleste ».

Dénonciation de la culture. Voilà un commencement pathétique … J’ignore, mes sœurs et mes frères, si vous avez remarqué, mais le spectre du socialisme corporatif hante la planète. Si d’aucun préfère le néo-communisme au capitalisme totalitaire, soit l’un, soit l’autre, ou bien le premier et le second voire une troisième version, il est, quoi qu’il en soit, confronté au hurlement des plus puissants mégaphones mondiaux où une dizaine de multimilliardaires vocifèrent les mots d’ordres néo-communistes pour démembrer nos familles, pour nous enjoindre d’abandonner nos conditions paternelles et maternelles, pour nous persuader que désormais nous ne sommes ni hommes, ni femmes, ni frères, ni neveux, ni nièces … Le Great Rock’n’Roll Swindle s’est transformé pour devenir le Great Leftist Swidle. Pour les moins bien informés des affaires du monde contemporain swindle veut dire tromperie. On a à faire à la plus grande escroquerie de l’histoire européenne moderne, la plus grande tromperie qu’ait connue la civilisation occidentale. Alors que pendant nos offices dédiés au Covid nous discutons du futur patriarche, en Hollande les églises sont vendues pour être transformées en résidences secondaires alors qu’en Angleterre le professeur Will Holland perd son emploi après avoir vanté les vertus des valeurs patriarcales. Ici, en Serbie, malheureusement, Čirjaković a connu semblable destiné pendant qu’en France des intellectuels s’opposent désespérément aux médias qui tentent d’imposer la toute nouvelle théorie cancel culture, autrement dit préconisent d’abandonner la culture. Nous n’avons plus de films pour enfants, comme en produisait naguère Disney, dans le nouveau paysage il n’y a plus de place pour ce à quoi nous étions habitué, c’est cela cancel culture. Leurs authentiques penseurs, et non pas Bernard-Henri Levy et d’autre individus qui viennent nous voir pour se faire admirer, témoignent du fait que le passé n’est pas uniquement constitué de guerres napoléoniennes et de crimes de guerre, mais d’accomplissements culturels formant la civilisation avec laquelle on ne saurait rompre de même qu’il importe qu’on oublie pas ici que Brigitte Bardot était une femme, qu’elle le demeure et que François Truffaut était un homme.

S’agirait-il des dayis belgradois à l’origine de l’insurrection serbe de 1804 ?
Cette interrogation m’indique une bonne manière de poursuivre. D’abord, je remarquerais qu’en Serbie l’éthique n’est pas un vain mot ! Elle continue, valeur capitale. Durant l’ouragan qui s’est abattu sur les Etats-Unis à l’occasion des élections, les manipulations qui les ont entourées afin que Trump perde les élections alors que l’infection géopolitique se propageait à travers le monde, les électeurs ne se sont pas limités à uniquement briser les vitrines des magasins pour emporter les marchandises exposées. Beaucoup d’entre eux, en effet, s’en sont pris aux monuments pour les détruire. Lors d’un tel acte de vengeance, visant la statue commémorant un héros local de la Confédération, un individu sorti de la meute a été grièvement blessé lors de la chute de la statue mettant sa vie en danger. Le mouvement de destructions – soutenu par un célèbre financier -, qui après avoir touché de nombreuses villes états-uniennes, s’est propagé en Grande Bretagne. Là-bas, les partisans du Brexit ont tenté de sauver ce qui pouvait l’être. Et c’est ainsi que Churchill, condamné par la meute pour racisme, a pu échapper à la vindicte de la masse révolutionnaire grâce à des menuisiers qui ont protégé ses statues à l’aide de planches et de madriers. A peu près au même moment, à Belgrade, nous avons inauguré le monument à Stefan Nemanja. Œuvre du grand sculpteur Roukavichnikov, la statue exprime la pérennité morale de l’état serbe du Moyen âge. Nous sommes en droit d’en être satisfaits et fière à la fois.

Je pourrais poursuivre en invoquant la cause « de la Révolution serbe », telle que l’a nommé Milorad Ekmečić, dont le déclencheur, comme c’est bien connu – du moins jusqu’à présent -, ont été les dayis et le Massacre des knez (Seča knezova) par eux organisé. Me demander que faire de la vérité que tente d’établir aujourd’hui les chercheurs en interrogeant l’ADN sur les territoires où vit notre peuple pour ne trouver pas le moindre gène d’origine turc. Faut-il, en suivant leurs conclusions, se demander qui sont en vérité les dayis, les knez, les voïvodes qui n’ont pas permis à Karageorges de conduire l’Insurrection à son terme ? Dès lors se pose la question : qui étaient les dayis, ont-ils véritablement existé en tant qu’ennemis venus de l’étranger ou bien, à vrai dire, auraient-ils été là depuis toujours parmi nous ? Lorsque Ilija Garašanin, ministre de police dans le gouvernement du knez, puis du roi Milan Obrenović, a édité sa Proposition (Načrtanje), celle-ci avait été déjà publiée dans le magazine politique du Foreign affairs alors que pour son élaboration elle avait bénéficié de l’aide de Robert Urkvart et d’un Français dont j’oublie le nom. C’est ainsi qu’il en va lorsqu’une petite nation, née directement de la Révolution française, entreprend de se libérer du joug séculaire d’un empire en perdition et des pays chrétiens alliés pour sauvegarder sa souveraineté et sa culture. Dans le tourbillon de notre histoire il y a beaucoup de haine, de sang venu d’ailleurs. Aujourd’hui, leurs porte-paroles nient les crimes commis à Jasenovac, dénient la valeur de nos savants et avec eux portent atteinte à nos mythes, à notre histoire en nous rendant coupable notamment du déclenchement de la Première guerre.

Si le père Maho était encore en vie. Au cas où il en irait d’un début de film, alors je ne saurais penser qu’à la scène du film « Te souviens-tu de Dolly Bell ? » (le premier long métrage d’Emir Kusturica, tourné en 1981 et primé à Venise l’année suivante, en 1982) Lorsque le père Maho (personnage central du film), après avoir abusé de la bouteille, dit : « Il faut détruire la famille », il ne se doutait certainement pas en ces années soixante qu’il exprimait en partie les conceptions de l’oligarchie mondiale actuelle. Basées sur une interprétation abusive du marxisme, elles fondent son combat, comme nous le rappellent les télévisions, contre … le capitalisme patriarcal. La réponse de la femme de Maho était : « Rassemble tes affaires et range les ! ». Maho n’a pas aboli la famille non pas seulement à cause du peu de biens qu’il possédait mais aussi à cause des mots qu’il prononçait avec véhémence, mots devenus des sortes de mantras grâce aux descendants de Marx, Gyorgy Lukacs, Adorno, Marcuse et Gramsci, à la fin. Tous les héritiers de la pensé marxiste ont critiqué la famille pour insister qu’il fallait la supprimer. Ceci, je pense, n’est pas théoriquement réalisable mais, pour autant, on y travaille au niveau planétaire de manière des plus sournoise. Si le père Maho était encore en vie, il y aurait vu que, mis à part le fait que son rêve n’a pas été réalisé en l’an 2000, le communisme n’a guère conquis le monde. Cependant, sagace, il n’aurait pas manqué de voir comment les dix multimilliardaires mentionnés sont en train de construire le socialisme corporatif mondial. Le nouvel ordre qui formate les mouvements qui à leur tour nous apprennent ce que nous savons déjà et ce que nos ancêtres avaient inscrit dans la constitution de la Sainte Rencontre, à savoir qu’il importe que nous reconnaissions l’égalité des hommes et qu’il faille mettre un terme aux injustices faites aux femmes dans la vie sociale et dans la conduite des affaires publiques. Quand Marx considère ses Allemands socio-démocrates, conscients de leur place dans la société, il ne pouvait certainement pas imaginer que le sentiment d’appartenance à une classe sociale allait être remplacé par l’appartenance au Heimat, c’est-à-dire à une terre et identifier l’idée social-démocrate avec la politique du Kaiser et, lorsqu’il fallut mettre ses pas dans ceux d’Hitler, passer à l’extermination des nations avoisinantes. C’est ainsi que nous butons sur l’élite corporative qui organise des manifestations sur base racialiste afin de séparer les gens, à rendre impossible la satisfaction de leur communes exigences, à la solution de leurs problèmes existentiels et à la réalisation de leurs objectifs sociaux.

Je pourrais enfin débuter en considérant la vision de l’avenir que partagent les historiens occidentaux. Arnold Toynbee, en 1952, envisageait le conflit culturel où l’Amérique sortirait victorieuse de la confrontation avec la Chine, l’Inde, la Russie et le monde islamique. Samuel Huntington a écrit par la suite un livre où il indique qu’il ne saurait être question de conflits culturels mais de « choc de civilisation ». Dans ce « choc de civilisation », sans même évoquer l’étendue de ses prévisions, Huntington mentionne, entre autres, la culture chrétienne orthodoxe qui, naturellement, contient tous les attributs de la vie séculaire. Dès lors, si nous préservons notre entre soi et si nous conservons notre culture, nous pouvons espérer survivre aux côtés des bouddhistes, des musulmans et tous ceux qui, en Asie et en Amérique, selon l’avis du célèbre professeur, sont suffisamment intelligents pour se ménager le salut. Tous les autres, d’après Huntington, n’ont guère de perspective.

Les sept points repérés dans l’hebdomadaire belgradois Pečat . Que peut faire un quinquagénaire, un illuminé des années soixante, qui sort dans la rue avec une paire de pantalons, des chaussettes, deux complets-vestons, de travail et de représentation ? Il s’effondrerait, hier comme aujourd’hui mais, pour autant, et j’en suis sûr, il ne succomberait pas au nouveau dictat imposé par les dix milliardaires. Les romans comme les films ne cherchent qu’à anéantir la famille. On ne parle, qu’il s’agisse de série TV ou autre spectacle grand-public que de la disparition de la famille. Mais, elle ne saurait jamais être abolie puisque sa partition est l’émotion, elle ne ressort et non pas la décision de qui que ce soit, Trotski ou d’autres individus mentionnés, ou des créateurs du socialisme corporatif contemporain. L’homme est tout de même inscrit dans le monde, dans le monde naturel y compris. Comment le loup pourrait-il exister sans la meute ? Comment l’abeille pourrait-elle prospérer sans la ruche ? D’aucune manière ! C’est ainsi que mon père ne pouvait subsister sans famille. C’étaient des jours de grandes espérances, nombre d’illuminés peuplaient nos rues. Mon père me disait que d’ici l’an 2000 le communisme serait réalisé. Toutefois, dès cette époque, ce mot d’ordre apparaissait peu crédible, voire ridicule. Mais on ne voyait pas qu’elle cachait, qu’elle reproduisait la thèse de Gramsci selon laquelle la famille représente, exemplaire de la désobéissance, le centre où naît l’idée de l’autorité, la cellule matricielle antidémocratique de la société. C’était l’idée, copiée du théoricien, communiste italien qui nous induisait dans cette direction.

Pour la fin, voilà les sept points, glanés dans le numéro 652 de Pečat du 12 février 2021. C’est en fait un extrait du livre de Jovan Dušanić « L’économie postmoderne et le néolibéralisme ».

Selon Gandhi, l’homme occidental court à la catastrophe parce qu’il :
1/ souhaite des richesses qui ne résultent pas du travail ;
2/ veut jouir hors conscience ;
3/ sépare le savoir de l’honnêteté ;
4/ aime la politique hors principes ;
5/ conduit les affaires hors morale ;
6/ sépare la science de l’intérêt pour l’homme ; 7/ incline à la croyance dépourvue de sacrifice.
Voilà, j’ai terminé mon discours avant même de l’avoir commencé.

Emir Kusturica.


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