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Biden a reconnu pour la première fois en quoi
les États-Unis perdent du terrain face à la Chine
par Guennadi Ziouganov.

dimanche 4 avril 2021, par Comité Valmy


Ziouganov : les Etats-Unis face à la Chine

Biden a reconnu pour la première fois en quoi
les États-Unis perdent du terrain face à la Chine

Ce compte-rendu d’une conférence va bien au-delà des dires de Biden, il commente le contexte celui des faits que nos médias semblent ignorer. Et le principal d’entre eux c’est que monte une puissance socialiste, héritière de l’URSS qui impose au monde, y compris aux États-Unis un nouveau type de développement scientifique comme de relations internationales… Et même dans leur bellicisme, leur calculs égoïstes ils sont obligés de suivre… C’est un peu le constat que je fais par ailleurs de nous moroses, individualistes, désorganisés français sommes obligés de suivre la vitalité cubaine (note de Danielle Bleitrach et traduction de Marianne Dunlop)

Aux États-Unis, après deux mois complets de mandat, Joe Biden a tenu sa première conférence de presse pour les journalistes. Ses prédécesseurs, comme Trump, Obama et Bush Jr., n’avaient pas tant retardé leur prise de contact avec la presse.

Presse libre

https://kprf.ru/party-live/cknews/201423.html

2021-03-28

Pourquoi Biden a-t-il passé si longtemps à rassembler ses forces, on se le demande bien. Mercredi, l’un des journalistes a demandé si le président était prêt pour la conférence de presse de jeudi. Il a été surpris : “Quelle conférence de presse ?”

D’une manière ou d’une autre, Biden a pris la parole et a répondu aux questions qui préoccupaient les Américains. Il a déclaré qu’il avait atteint l’objectif qu’il s’était fixé précédemment – vacciner 100 millions d’Américains contre le covid au cours des 100 premiers jours de sa présidence. Le nouvel objectif est de 200 millions de vaccinations d’ici mai. Biden a également promis une croissance sans précédent de l’économie américaine – 6% du PIB en 2021.

Il n’a mentionné la Russie qu’une seule fois – dans le contexte de la confrontation entre les États-Unis et la Chine. Selon Biden, la Chine et la Russie sont des autocraties. « Je vous prédis que vos enfants et petits-enfants défendront leur thèse de doctorat sur ce qui a réussi – l’autocratie ou la démocratie ? Parce que c’est ce qui est en jeu actuellement. Pas seulement avec la Chine. Regardez le monde … Et il est évident … qu’il s’agit d’une bataille entre les démocraties du 21e siècle et les autocraties », a déclaré le dirigeant américain.

Il a ajouté : Les États-Unis doivent prouver que « la démocratie fonctionne ». Dans le cas de la Chine, Washington et les “démocraties alliées” tiendront Pékin pour “responsable” de Taiwan et du conflit dans la mer de Chine méridionale. Comment il a l’intention de traiter avec Moscou, Biden ne l’a pas expliqué.

– La conférence de presse de Biden était très bizarre, on n’avait jamais rien vu de tel, – dit le chef du Parti communiste de la Fédération de Russie Guennadi Ziouganov . – Tout d’abord, les journalistes avaient été strictement sélectionnés pour l’occasion. Presque tous étaient des femmes, il n’y avait qu’un seul homme – afro-américain.

On aurait pu croire que pour une première conférence de presse, il serait logique de répondre à des questions clés : que faire avec la crise ? Comment construire des relations avec l’Union européenne ? Quelles sont les perspectives avec la Russie ?

Mais Biden n’a mentionné que l’Ukraine et le Moyen-Orient, et une seule fois – la Russie. La plupart de son discours sur l’agenda international a été consacré à la Chine.

Les journalistes n’étaient pas seulement triés sur le volet. Ils posaient également des questions convenues au préalable. Les représentants de la presse étaient été numérotés et Biden, avant de répondre, cherchait ses fiches – apparemment, avec le numéro correspondant et les éléments de la réponse précédemment préparée.

Je n’ai jamais rien vu de tel.

“SP” : – Qu’y avait-il encore de surprenant ?

– Biden a choisi la migration comme sujet principal. Permettez-moi de vous rappeler que Trump allait construire un mur avec le Mexique, et maintenant environ 30 millions de Latino-Américains se sont massés de l’autre côté de la frontière américaine qui veulent s’installer aux États-Unis. Si Biden leur permet de le faire, l’afflux des migrants sera une solide épreuve pour l’économie américaine, la sphère sociale et les forces de l’ordre.

La vice-présidente Kamala Harris a assisté à la conférence de presse, ce qui ne s’était jamais produit auparavant. Elle n’était pas là par hasard, mais en tant que doublure de Biden, qui acquiert de plus en plus de vrais pouvoirs.

“SP” : – Pensez-vous que le pouvoir est déjà transféré à Harris ?

– D’après mes estimations, la transition n’a pas eu lieu dans son intégralité. Le groupe qui avait décidé d’infliger un KO à Trump lors des élections a prévalu. Apparemment, ils espéraient que Biden poursuivrait une certaine ligne convenue pendant deux-trois ans. Mais les événements évoluent différemment que prévu.

Lors de la conférence de presse, l’unique journaliste masculin –l’Afro-américain – a demandé : comment les relations avec la Chine vont-elles évoluer ? Ce qui a, comme on dit, déclenché les vannes.

Biden a déclaré que la Chine prétend être un leader mondial et veut évincer l’Amérique de cette position, ce qui est absolument inacceptable pour les États-Unis. La confrontation le long de la ligne Washington-Pékin, selon Biden, est une bataille titanesque entre le totalitarisme et la démocratie, et les États-Unis n’ont pas le droit de perdre cette bataille.

Mais voici ce qui, à mon avis, est la clé. Biden a souligné que la Chine investissait plusieurs fois plus que l’Amérique dans la science et l’éducation, dans la production et les infrastructures. Et cette situation, selon le dirigeant américain, doit être corrigée d’urgence.

Il y a de nombreuses écoles aux États-Unis sans climatisation, et il y a beaucoup de travailleurs qui ne pensent qu’à subsister au jour le jour et ne pas perdre leur maison », a-t-il déclaré. « Les États-Unis peuvent être la puissance n ° 1, ou ils n’existeront plus du tout », a résumé Biden.

Qu’est-ce qui est important ici ? Pour la première fois, Biden a formulé directement ce qui fait la supériorité de la Chine. De plus, il a déclaré ouvertement qu’une lutte idéologique très dure est menée entre les États-Unis et la Chine. Je voudrais noter que ces derniers temps, les représentants du Kremlin et du ministère russe des Affaires étrangères ont insisté sur le fait que de nos jours, il ne saurait y avoir de bataille idéologique à grande échelle, de nouvelle guerre froide. Mais ils ont tort.

La conférence de presse de Biden a clairement montré que la lutte des mondialistes pour l’Amérique, pour leur capital et leur leadership, d’une part, et la Chine communiste, d’autre part, est une réalité politique.

Dans cette réalité, la Maison Blanche attribue également une place à la Russie – la place de l’ennemi numéro 1. Tout simplement parce que la Fédération de Russie possède un arsenal nucléaire, hérité de l’URSS, et est capable de répondre à n’importe quel agresseur.

“SP” : – Quelle conclusion en tirer ?

– La conférence de presse a montré que l’Amérique est extrêmement préoccupée par le rythme du développement de la Chine. Et les autorités russes devraient accorder la plus grande attention aux propos de Biden – ce qui doit être investi dans la science et l’éducation, dans la sphère sociale.

Permettez-moi de vous rappeler que la Chine remporte des succès aussi colossaux grâce à l’expérience de l’URSS. Depuis 1925, le pays soviétique a investi dans l’éducation 12% du côté dépenses du budget, avant la Grande Guerre patriotique – près de 15%, après la Victoire – près d’un quart des dépenses du budget !

Immédiatement après la conférence de presse, notez bien, Biden a eu une réunion en ligne avec les dirigeants européens. Les sujets annoncés étaient la Russie, la Chine et la Turquie. En fait, l’agenda international est passé à la trappe – ils n’ont discuté que de la situation avec le coronavirus : vaccination de la population, lock-out, problèmes connexes. Dans le même temps, personne n’a évoqué l’existence de vaccins russes, ce qui souligne l’attitude ouvertement russophobe de l’équipe de la Maison Blanche.

Nous devons absolument tirer des conclusions de cette situation. Au premier chef : toutes les forces de l’État et de la société doivent viser à assurer notre souveraineté politique et économique face à la pression croissante de l’extérieur. Il est nécessaire d’ajuster le cours socio-économique en fonction de cette tâche essentielle. Ce n’est qu’alors que nous pourrons donner une réponse digne à ceux qui nous déclarent leur ennemi et contre qui ils sont décidés à mener une guerre de destruction. Nous faisons tous nos efforts pour mettre en œuvre notre programme de développement.

Récemment, le Parti communiste de la Fédération de Russie a organisé des auditions parlementaires sur la démographie, le budget du développement et l’éducation, au cours desquelles il a esquissé des moyens de sortir la Russie de l’impasse actuelle. Ces décisions s’inscrivent également dans le cadre du mouvement “Pour l’URSS* – pour une Russie forte, juste et socialiste !” Le large soutien de ce mouvement nous permettra, j’en suis sûr, de renforcer nos positions et de sortir le pays de la crise.

* Ici, il y a une espèce de jeu de mots intraduisible, car « une Russie forte, juste et socialiste » peut aussi se décrypter comme “URSS” !

30 mars 2021


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