COMITE VALMY

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Source : DECAP’ACTU

Appel pour un audit de la dette grecque
« Une commission publique contribuerait à mettre le peuple grec en charge de l’économie »

jeudi 10 mars 2011, par Comité Valmy



sur le web : Campaigners call for Greek Debt Audit

Aujourd’hui, plus de 200 personnalités grecques et internationales lancent un

Aujourd’hui, plus de 200 personnalités grecques et internationales lancent un appel pour un audit des dettes de la Grèce. Les économistes, des militants, des universitaires et des parlementaires du monde entier réclament l’établissement d’une Commission chargée d’examiner les dettes qui sont à l’origine de la crise de la Grèce. La Commission se pencherait sur la légalité et la légitimité de ces dettes, en vue de négocier de meilleures conditions et de demander des comptes aux responsables des dettes injustes. Des audits de la dette ont été utilisés à travers le monde pour permettre à la société civile de demander des comptes aux responsables des dommages causés par l’endettement de leur pays. Un audit en Équateur en 2008 a encouragé le président Correa à faire défaut sur certains éléments les plus injustes de la dette de l’Équateur, conduisant à une réduction de la part des emprunteurs. Deux anciens ministres équatorien ont signé l’appel à l’appui d’un audit en Grèce, aux côtés des membres du Parlement européen, les économistes internationaux et des universitaires et des représentants de la société civile.

Les militants sont en colère parce que la dette de la Grèce a explosé depuis la crise financière en 2008, et croient que les niveaux de la Grèce des dettes ne sont pas viables. Ils font valoir que les mesures d’austérité forcent les plus pauvres de la société de payer pour les problèmes économiques causés par l’effondrement financier en 2008.

L’appel, qui sera lancé à Athènes à 12h00 (heure d’Europe centrale) stipule que :

« La Grèce a été à l’avant-garde des programmes de sauvetage de l’UE, mais le peuple grec ont été tenus dans l’ignorance quant à la composition et les modalités de la dette publique. Le manque d’information représente un échec fondamental du processus démocratique. Les gens qui sont appelés à supporter les coûts des programmes de l’UE ont le droit démocratique de recevoir des informations complètes sur la dette publique. Une Commission de vérification peut commencer à corriger cette lacune. »

Nick Dearden de Jubilee Debt Campaign, a déclaré :

« En Grèce comme ailleurs, les gens ordinaires sont réduits à payer pour l’imprudence et l’avidité des banques par des sévères mesures d’austérité.

Les banques ont été autorisées à jouer avec la vie et les moyens de subsistance des pauvres depuis trop longtemps.

Il est temps que les gens se dressent contre le pouvoir de la finance et de se remettre en charge de leurs propres économies. En Grèce, comme partout dans le monde en développement, une commission d’audit de la dette est une étape essentielle vers un système financier plus juste. »

Øygunn Brynildsen du Réseau européen sur la dette et le développement, a déclaré :

« Ne pas demander aux prêteurs de rendre des comptes de leurs comportements irresponsables - ceci combiné avec un manque de transparence - encourage les prêts pourris et les mauvais investissements, et, finalement, la dette injuste chronique. »


NOTES :

1. Le Jubilee Debt Campaign est la campagne de la coalition au Royaume-Uni aux fins d’annulation à 100% de la dette injuste et impayable des pays pauvres. Pour plus d’informations, voir : http://www.jubileedebtcampaign.org.uk/.

2. L’appel exige un audit de la dette de la Commission sur un plan international, comprenant des vérificateurs de la dette et fiscales, des experts juridiques, des économistes, des représentants des organisations syndicales, et les participants des groupes de la société civile. Elle devrait être indépendante des partis politiques, même si elle ne devrait pas exclure les hommes politiques de leur adhésion à condition qu’ils acceptent ses objectifs. La Commission devrait veiller à la possession de connaissances spécialisées, tout en garantissant la responsabilité démocratique et de contrôle. Elle devrait examiner toutes les dettes, y compris : les émissions obligataires, bilatéraux, multilatéraux, et d’autres formes d’engagements de la dette et de l’État.

3. L’audit de la dette de l’Équateur a été créé par le président Correa en 2007 et déclaré en 2008, estimant que les dettes de l’Équateur a causé « des dégâts incalculables » pour les personnes et l’environnement du pays. La vérification a été utilisé comme justification du Président Correa en défaut sur certaines des obligations de l’Équateur que les vérificateurs ont constaté avoir été contractées illégalement. Correa s’est dit être prêt à examiner d’autres dettes de l’Équateur. Pour plus d’informations sur l’audit de la dette de l’Équateur aller à :

http://www.auditoriadeuda.org.ec/

4. Les signataires de l’appel comprennent :

- A. Acosta, Ex-Ministre de l ’Energie Minas (Equateur), Ex-Présidente de l’Assemblée Constituante, Économiste, professeur universitaire

- N. Álvarez, économiste, chercheur à l’Université Complutense de Madrid.

- Canese M., Vice-Ministre des Mines du Paraguay

- Č.p. Chandrashekhar, professeur d’économie, Université Jawaharlal Nehru, New Delhi

- F. Chesnais, économiste, Professeur Émérite de l’Université Paris-Nord

- N. Chomsky, professeur (retraité), Institut MIT

- Chountis N., membre du Parlement européen, SYRIZA, Grèce, GUE / NGL

- Cibils A., économiste, Université National de General Sarmiento, Argentine

- G. Dymski, économiste, Université de Californie, Riverside

- J. Ghosh, professeur d’économie, Université Jawaharlal Nehru, New Delhi

- JM Harribey, Économiste, Université Bordeaux IV, l’ex-président d’ATTAC

- R. Kammer, Professeur de danse classique, ex soliste à l’Opéra de Bonn, première danseuse et directrice du ballet d’Athènes

- Jean Lambert, Membre du Parlement européen, groupe les Verts

- P. Paez, ex-Ministre de l’Économie d’Équateur

- A. Puyana, professeur d’économie, chercheur principal à la Faculté latino-américaine de Sciences Sociales (FLACSO), Mexico

- J. Reis, économiste, Directeur de la Faculté des sciences économiques, Université de Coimbra, Portugal

- E. Toussaint, doctorat de science politique, Université de Liège, président du CADTM (Belgique)

- N. Villalba, Membre du Conseil Juridique international de la Présidence de la République du Paraguay

- M. Weisbrot, économiste, co-directeur du Centre de recherche économique et politique, Washington DC

- J. Ziegler, vice-président du Comité consultatif du Conseil des Nations Unies des droits de l’Homme

- S. Zizek, Institut d’études sociales, Ljubljana

1 Message

  • Il s’agit d’un texte des plus « désorientants ». Par où commencer ? Très difficile… essayons quand-même.

    Le texte de l’appel est signé –comme il est indiqué- par nombre de personnalités internationales. Le problème essentiel qui y est soulevé est que les gens qui sont appelés à supporter les coûts des programmes de sauvetage de l’UE n’ont pas reçu des informations complètes sur la dette publique comme c’était leur droit démocratique.

    Ah… bon ! Comme si les gens ne savaient pas d’où vient la dette ! Et qu’entend-on par « information » ? Que les gouvernements consécutifs qui ont contracté la dette accumulée, disent par exemple

    - « oui, j’ai emprunté 10 milliards d’euros parce qu’il a fallu payer les salaires de la fonction publique au premier semestre de 20xx » ? Ou encore
    - « oui, j’ai emprunté 2 milliards d’euros parce qu’il a fallu donner de l’argent aux Entreprises en application de la Loi d’incitation à l’exportation votée par le Parlement en 19xx » ? Ou alors
    - « oui, j’ai emprunté 11 milliards d’euros parce qu’il a fallu donner de l’argent aux Entreprises pour qu’elles créent des emplois, en application de la Loi votée par le Parlement en 20xx » ? Ou enfin
    - « oui, j’ai emprunté 15 milliards d’euros parce qu’il a fallu renflouer la caisse de retraites de la Sécurité Sociale en 20xx » ?

    et que bien-sûr, après des années de « recherches » et d’âpres débats, une « commission de vérification » arrive à la conclusion (parfaitement attendue d’ailleurs) que « tout a été contracté de façon totalement légale » ?

    Il est évident que n’importe quel gouvernement, même le plus naïf, saura donner des réponses « convaincantes » à de telles questions qui visent en fait à désorienter le débat ! Cet appel conduit donc à un débat sans issue ! Il passe sous silence le fait que la dette a été contractée par des mécanismes entièrement « légaux » et « démocratiques ». Tout a été voté au Parlement par des majorités élues et non pas imposées par un quelconque coup d’état. Justement, là se trouve LE problème que l’appel en question passe sous silence. Essayons quelques vraies questions qui pourraient faire avancer le débat. En voici une :

    « Pourquoi avez-vous voté et appliqué la loi qui vous permet de verser des aides à des Entreprises qui en fait « délocalisent » en créant massivement du chômage en Grèce pour aller exploiter des travailleurs à des contrées où le prix de la force de travail est particulièrement bas ? ».

    Voici une autre question possible :

    « Pourquoi avez-vous voté et appliqué la loi qui a permis aux directions des Caisses de Retraite –nommées par le gouvernement- de spéculer en bourse avec les avoirs des Caisses ? ».

    Cette spéculation a « permis » -entre autres- la disparition du 60% des avoirs des Caisses en l’espace de deux ans. Bien-sûr, on disserte savamment sur le « trou des retraites » et on pratique des coupes claires sur des retraites de 675 euros par mois parce que « le système est dans une impasse ». Essayons une troisième question :

    « Pourquoi avez-vous, le plus légalement du monde baissé le taux d’imposition des Entreprises de 63% en 1986 et 45% en 2000 à 20% en 2011, avec pour résultat d’être obligés d’emprunter massivement pour assurer un fonctionnement élémentaire de l’Etat ? »

    Finissons avec les questions qui auraient pu être posées par l’appel en question mais qui n’ont pas été posées, au profit de revendications du type « créons une Commission qui commencera à corriger des lacunes d’information ». Pourquoi ce silence ? Tout simplement parce que poser de telles questions oblige à aller au fond des choses. Et le fond des choses est un et il est incontournable : quelle est la classe au pouvoir ! La classe au pouvoir, construit et impose sa légalité ! Il ne s’agit donc pas pour les préteurs de « rendre des comptes de leur irresponsabilité » car les préteurs ne sont pas irresponsables ! Ils sont simplement capitalistes ! La dette n’est pas « injuste », c’est une dette de classe ! Commencer à discuter sur la partie de la dette qui serait « injuste » revient à faire payer aux gens la partie « juste » sans rechigner. Et les problèmes économiques ne sont pas « causés par l’effondrement financier en 2008 ». Pour le Peuple ils existaient déjà avant. Ils ont été aggravés par la crise capitaliste actuelle, c.à.d. par une masse de superprofits accumulés qui ne trouve à se réinvestir de façon suffisamment rémunératrice. Deux chiffres seulement :

    - les avoirs de Grecs déposées à des banques Suisses dépassent les 600 milliards d’euros ; pour fixer les idées, il s’agit du double du montant de la dette du Pays. Et ils ne sont pas déposés par des travailleurs, des petits agriculteurs, des chômeurs, des fonctionnaires ou des petits artisans...
    - le gouvernement Grec a emprunté 110 milliards d’euros du consortium FMI-BCE. En même temps, il a versé 108 milliards d’euros aux banques locales pour les « soutenir »…

    Quant au « sauvetage par l’UE », il s’agit plutôt du sauvetage des créanciers de la Grèce (essentiellement des banques françaises, allemandes, britanniques mais aussi grecques) lesquels à un certain moment, ont eu peur de ne pouvoir être remboursés.

    L’ « étape essentielle vers un système financier plus juste » est un leurre. Le système financier capitaliste ne peut pas devenir « plus juste ». Il ne peut qu’être détruit !


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