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La nostalgie de la Wehrmacht et de la Gestapo
de retour en Allemagne ?
par Philippe Rosenthal

mardi 13 octobre 2020, par Comité Valmy


La nostalgie de la Wehrmacht et de la Gestapo
de retour en Allemagne ?

Trente ans après la réunification de l’Allemagne, la nostalgie de la Wehrmacht et de la Gestapo serait de retour dans le pays et se trouverait dans ses structures de pouvoir, selon certains observateurs. Ce constat est étonnant du fait que depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale des lois nazies existent toujours dans le droit allemand, que les services secrets allemands de la RFA (BND) ont été construits par d’anciens nazis et que la dénazification n’a pas réellement eu lieu. Les conditions actuelles permettent aux graines du nazisme de fleurir.

Officiellement, la société allemande a mis longtemps et de façon pénible à se débarrasser de l’héritage nazi. La rééducation des Allemands a eu lieu en RFA et en RDA sous deux systèmes politiques différents qui ont pourtant fonctionné sur des bases identiques, celles de paragraphes du droit nazi. On peut parler du service d’officiers de haut rang de la Wehrmacht dans la Bundeswehr ou des milliers de nazis qui n’ont pas reçu une punition adéquate, mais les Allemands, jusqu’à un certain point, portaient honnêtement sur leurs épaules le fardeau de la responsabilité collective des atrocités de la Seconde Guerre mondiale, du moins surtout en public.

Tout le monde n’est pas d’accord avec l’ampleur du repentir allemand. Il y aura, en effet, toujours et partout des éléments radicaux exigeant encore plus de représailles. Avec la chute du mur de Berlin, l’Allemagne a connu un tournant historique. Le slogan du pacifisme allemand a réellement commencé le 29 mars 1983 lors de la constitution du dixième Bundestag avec l’arrivée des 28 nouveaux parlementaires des Grünen qui sont entrés dans la salle plénière avec des tournesols. Avec le temps, l’intensité de l’éducation antifasciste a commencé à diminuer progressivement. Il semblait que les Allemands retourneraient à une vie démocratique libérale normale. Cependant, quelque part, un interrupteur s’est enclenché et l’ultradroite a soudainement repris du poil de la bête.

Le besoin d’une croissance économique constante, d’une main-d’œuvre bon marché et l’explication officielle des faibles taux de natalité des Allemands de souche ont poussé le gouvernement allemand à faire venir une large strate de travailleurs du tiers monde. La date historique est 2015 avec l’ouverture des frontières en violant le droit international. Avec cette politique pro-migrants voulue aussi par la CDU, des faits de société ont conduit à l’émergence d’admirateurs des traditions SS et de la Gestapo dans les structures de pouvoir de l’Allemagne.

Pour l’allemand d’extrême droite, la manière de mettre en application son action politique est de servir dans la police ou dans l’armée. Au mois de septembre dernier, 29 policiers (dont 25 qui travaillaient à Essen) ont été suspendus en Rhénanie-du-Nord-Westphalie pour des commentaires nazis dans les messageries et les réseaux sociaux. Des croix gammées, des photos d’Hiltler et des photos de migrants devant les chambres à gaz ont d’abord choqué les autorités, puis les média allemands.

En 2017, les services de sécurité ont découvert la cellule Nordkreuz (« Croix du Nord ») dans l’Etat fédéral de Mecklenburg-Vorpommern qui comprenait plus de 50 responsables parmi la police et le personnel militaire. Ils n’ont pas seulement échangé des photos explicites sur WhatsApp, mais ont préparé une série de meurtres de volontaires impliqués dans l’aide aux réfugiés et planifié une tentative de coup d’Etat pour activer un régime où il n’y aurait plus de place pour les étrangers. Les cibles étaient le ministre des Affaires étrangères, Heiko Maas, SPD, l’ancien président, Joachim Gauck, SPD, et la vice-présidente du Bundestag Claudia Roth (Grünen).

Le réseau a volé des armes et des munitions dans les entrepôts de la police criminelle locale, ce qui était suffisant pour l’entraînement au tir et pour préparer des attaques terroristes. Les dirigeants listaient de manière impressionnante avec précision plusieurs milliers de victimes. Avec la rigueur typique des Allemands, les extrémistes ont acheté 200 sacs pour les cadavres et plusieurs dizaines de sacs de chaux vive pour liquider leurs cibles.

Cette histoire a eu un grand écho, mais est loin d’être la dernière. A l’automne 2020, des réseaux entiers de policiers d’extrême droite ont été identifiés dans au moins trois des seize Etats fédéraux allemands. Et une étude spéciale du contre-espionnage militaire a identifié 319 suspects ayant de la sympathie avec le nazisme dans la police et 58 personnes pour les mêmes faits dans les services de sécurité.

D’ailleurs, au printemps 2020, la ministre de la Défense, Annegret Kramp-Karrenbauer, CDU, a dû dissoudre toute une unité des forces spéciales allemandes KSK (Kommando Spezialkräfte, forces spéciales), qui montrait des sympathies pour le nazisme. L’armée allemande avait donc également son propre Nordkreuz. Les commandos d’extrême droite ont volé des armes, des munitions et des explosifs de l’unité, dans, apparemment, l’intention de poursuivre les plans de leurs « collègues » de la police criminelle de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale.

Actuellement, des questions se posent. Est-ce que le pays est dans un tel désordre que l’armée et la police ne peuvent pas suivre la sécurité des armes à feu et des explosifs ? Ou avons-nous à faire à un problème extrémiste devenu systémique et que le vol systématique ne serait-il pas encouragé de tout en haut « pour une bonne cause » ?

Philippe Rosenthal
10 octobre 2020


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