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Assistons-nous à la naissance
d’une nouvelle structure militaire ?
par Germán Gorraiz López

jeudi 3 septembre 2020, par Comité Valmy


Assistons-nous à la naissance
d’une nouvelle structure militaire ?

Le père de la Constitution argentine, Juan Bautista Alberdi, dans son livre Le crime de guerre (1870), affirme que « les guerres seront plus rares car la responsabilité de leurs effets est ressentie par tous ceux qui les promeuvent et les incitent », ce qui, presque un siècle avant la fin de l’escalade nucléaire, a eu son tournant dans la crise des missiles cubains et a abouti à la signature par Kennedy et Khrouchtchev de l’Accord de suspension des essais nucléaires (1962) et à la mise en œuvre de la doctrine de la coexistence pacifique.

Cependant, après le retour de la Crimée à la Russie par référendum, nous assisterons à la division de l’Ukraine en deux moitiés presque symétriques séparées par le 32e méridien est, laissant le sud et l’est du pays (y compris la Crimée) sous orbite russe tandis que le centre et la partie occidentale de l’Ukraine actuelle naviguera dans le sillage de l’UE qui signifiera « de facto » le retour à la guerre froide entre la Russie et les Etats-Unis (Cold War 2.0) avec le retrait américain du Traité INF, la réactivation conséquente de la course mondiale aux armements et une possible scission de l’actuelle Otan.

L’Otan aurait choisi d’augmenter les ressources allouées au développement militaire en plus d’informer sur ses projets de collaboration dans ce domaine avec des pays comme l’Ukraine, les Etats baltes, la Géorgie, la Moldavie et la Pologne après la crise ukrainienne et aurait accru sa présence militaire en Europe de l’Est en déployant quatre bataillons dans les Etats baltes et en Pologne ainsi que 20 avions F-16, portant le contingent total de ses troupes en Europe à plus de 75 000 membres. Cela signifiera dans la pratique la violation de l’Acte fondateur Otan-Russie de 1997, par lequel l’Otan exclut « le stationnement permanent d’un contingent substantiel et supplémentaire de troupes de combat en Europe de l’Est » et le retour à la doctrine du confinement, dont les bases ont été exposées par George F. Kennan dans son essai Les sources du comportement soviétique publié dans le magazine Foreign Affairs en 1947 et dont les idées principales sont résumées dans la citation : « Le pouvoir soviétique est insensible à la logique de la raison mais très sensible aux la logique de la force ».

Ainsi, en septembre 2009, le président Obama (sous la pression de l’establishment ou du pouvoir dans l’ombre des Etats-Unis), a approuvé la mise en place du nouveau système européen de défense antimissile, (European Phased Adaptative Approach (EPAA), qui est, en fait, un bouclier antimissile mondial dans lequel les missiles intercepteurs placés sur des plates-formes mobiles peuvent atteindre des cibles dans un espace. En cas de consommation du retrait des Etats-Unis du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI) signé par Reagan et Gorbatchev, nous assisterions à la mise en place de la cinquième phase du déploiement du bouclier antimissile en Europe (Euro DAM).

Ainsi, en mai 2016, le système de défense anti-balistique Aegis Ashore est entré en service sur la base de Deveselu (Roumanie), à seulement 600 km de la péninsule de Crimée, ce qui serait le début de la cinquième phase du déploiement du bouclier anti-missile en Europe (Euro DAM) et suite à la dynamique de la guerre froide (action-réaction), la Russie installera à Kaliningrad le nouveau missile balistique intercontinental de 100 Tm, (« le tueur du bouclier anti-missile américain » selon les termes de l’ancien vice-Premier ministre russe Dmitri Rogozine), avec lequel, selon les termes du politologue Vladimir Abramov, « la province de Kaliningrad jouera à nouveau le rôle de pistolet sur la tempe de l’Europe comme elle le faisait, il y a deux décennies ». De même, Poutine dans son message de 2019 à l’Assemblée fédérale, a émis l’avertissement que « la Russie pourrait également utiliser le missile de croisière hypersonique Tsirkon (Zircon) qui, avec une vitesse de 11 000 km / h et une portée estimée à 1 000 km et lancé à partir de sous-marins, pouvait, ainsi que le missile de croisière à propulsion Burevestnik (nom de code pour l’Otan Skyfall) et le système océanique polyvalent russe Poséidon, atteindre n’importe quel centre du commandement américain en cinq minutes ».

L’Otan a célébré son 70e anniversaire avec un sommet à Londres marqué par la distanciation de Macron par rapport à la thèse de Donald Trump. Ainsi, à la veille du sommet, dans une interview à The Economist, le président français affirme que « nous subissons actuellement la mort cérébrale de l’Otan » tout en exprimant son regret qu’à son avis « le président Trump ne partage pas notre idée de Projet européen et montre des signes de nous tourner le dos », ce qui serait en train de préparer une scission dans l’actuelle Otan. Ainsi, nous pourrions assister à la naissance d’une nouvelle structure militaire qui serait intégrée par les Etats-Unis, le Canada, la Grande-Bretagne, les Etats baltes, la Pologne, la Hongrie, la Bulgarie, la Slovaquie, la République tchèque, la Roumanie, Malte, Chypre, la Grèce et La Turquie avec l’objectif sans équivoque d’être un « bloc pour contenir les idéaux expansionnistes de Poutine » et, d’autre part, au renforcement de l’Axe Berlin-Paris, mené par la France et l’Allemagne et qui aura gravité dans son orbite d’influence vers les pays de sa zone d’influence d’origine (Hollande, Danemark, Norvège, Belgique, Luxembourg et Autriche ainsi que les pays périphériques Espagne, Italie, Portugal).

Germán Gorraiz López,
analyste politique

2 août 2020


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