COMITE VALMY

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COUP DE TONNERRE À BAMAKO…
ET À PARIS !
par Guillaume Berlat

lundi 24 août 2020, par Comité Valmy


COUP DE TONNERRE À BAMAKO… ET À PARIS !

« La prévision est difficile surtout lorsqu’elle concerne l’avenir » (Pierre Dac). Il ne fallait pas être grand devin pour prédire que la déliquescence de la situation prévalant au Mali allait conduire à un changement à la tête du pouvoir à Bamako. Cela faisait plusieurs mois, plusieurs semaines que tous les signaux étaient au rouge. Voici ce que notre magazine écrivait, il y a un mois déjà : « Rien ne va plus. Le président Ibrahim Boubacar Keita (IBK) est de plus en plus contesté. Les frasques de son fils complètent agréablement le tableau politique intérieur. L’opposition veut à tout prix la peau du chef de l’État qui a amplement démontré que tout change pour que rien ne change. Corruption, népotisme, copinage, mauvaise gouvernance, armée incompétente… Tels sont les ingrédients favoris d’un État de plus en plus failli, de plus en plus en faillite. Ses voisins commencent à s’inquiéter du chaos ambiant. C’est pourquoi, cinq chefs d’États africains (Côte d’Ivoire, Ghana, Nigéria, Niger, Sénégal) se rendent à Bamako, le 23 juillet 2020, pour tenter de dénouer la crise politique. À l’africaine, sous l’arbre à palabres pour lancer un (improbable) dialogue entre pouvoir et opposition1. Ce qui est une excellente chose en soi »2. Aujourd’hui, nous avons été les témoins d’un coup d’état largement prévisible – sauf pour aveugles et sourds – qui devrait déboucher sur une transition politique civile laissant une communauté internationale désemparée et une France au pied du mur.

UN COUP D’ÉTAT LARGEMENT PRÉVISIBLE

Du chaos au chaos3. Ce qui devait arriver arriva un certain mardi 18 août 20204. Après avoir pris le contrôle d’une caserne, un quarteron de militaires malien s’est emparé manu militari du président IBK et de son premier ministre, le conduisant à renoncer au pouvoir5, avec l’assentiment de la population6. En effet, dans la 18 au 19 août, le président Keïta a annoncé sa démission expliquant n’avoir pas d’autre choix que de se soumettre à la volonté de son armée en révolte pour éviter que du sang ne soit versé. Il a également annoncé la dissolution du Parlement et du gouvernement en direct à la télévision : «  Je voudrais à ce moment précis, tout en remerciant le peuple malien de son accompagnement au long de ces longues années et la chaleur de son affection, vous dire ma décision de quitter mes fonctions, toutes mes fonctions, à partir de ce moment. Et avec toutes les conséquences de droit : la dissolution de l’assemblée nationale et celle du gouvernement ». Pour la petite histoire, rappelons que c’est dans cette même caserne du camp de Kati qu’avait commencé, en 2012, le coup d’État contre le président Amadou Toumani Touré. L’histoire ne serait-elle qu’un éternel recommencement au Mali ? Les observateurs français omettent de mentionner que les banderoles des manifestants réunis sur la place de l’Indépendance à Bamako critiquant « la politique colonialiste de la France et de son gouverneur » (IBK). Un caillou dans la chaussure de Jupiter ! Un de plus dans une période où les merdes volent en escadrilles. Qu’en est-il de la suite si tant est que nous puissions lire dans notre boule de cristal ? Régime militaire ou simple transition vers un régime civil ? Il est encore trop tôt pour le dire. L’avenir nous le dira. Nous devons nous préparer à toutes les hypothèses des plus vraisemblables aux plus invraisemblables.

UNE TRANSITION POLITIQUE CIVILE ?

Les militaires qui ont pris le pouvoir ont affirmé vouloir mettre en place une « transition politique civile » devant conduire à des élections générales dans un « délai raisonnable » (l’on évoque désormais une transition politique de neuf mois7). « Nous, forces patriotiques regroupées au sein du Comité national pour le salut du peuple (CNSP), avons décidé de prendre nos responsabilités devant le peuple et devant l’histoire », a déclaré sur la télévision publique ORTM le porte-parole des militaires, le colonel-major Ismaël Wagué, chef d’état-major adjoint de l’armée de l’air. Il a affirmé que tous les accords internationaux du Mali seront respectés. « Notre pays, le Mali, sombre de jour en jour dans le chaos, l’anarchie et l’insécurité par la faute des hommes chargés de sa destinée », a accusé l’officier. Il a dénoncé le « clientélisme politique » et « la gestion familiale des affaires de l’État », ainsi que la « gabegie, le vol et l’arbitraire », une justice « en déphasage avec les citoyens », une « éducation nationale qui patauge » ou encore des massacres de villageois, le « terrorisme et l’extrémisme ». Le moins que l’on puisse dire est que cette description correspond à très peu de chose près à celle que les observateurs indépendants donnaient de la situation, y compris les experts en clairvoyance rétrospective8. Ce n’est donc qu’une surprise que pour les sourds et aveugles dont certains ont élu domicile au 55 rue du Faubourg Saint-Honoré, voire rue Saint Dominique ou au 37 Quai d’Orsay. De manière particulièrement habile, le représentant de l’armée a poursuivi : « La société civile et les mouvements socio-politiques sont invités à nous rejoindre pour, ensemble, créer les meilleures conditions d’une transition politique civile conduisant à des élections générales crédibles pour l’exercice démocratique à travers une feuille de route qui jettera les bases d’un Mali nouveau ». Il a demandé aux organisations internationales et sous-régionales de les « accompagner pour le bien-être du Mali ». « La (mission de l’ONU) Minusma , la force (anti-jihadiste française) Barkhane, le G5 Sahel (qui regroupe cinq pays de la région), la force Takuba (un groupement de forces spéciales européennes censées accompagner les Maliens au combat) demeurent nos partenaires », a-t-il également affirmé. La parole semble à l’apaisement et non à la confrontation.

Manifestement, la junte militaire semble désireuse de nouer le fil du dialogue avec l’opposition9 et de ne pas couper les ponts avec la communauté internationale dont le pays est dépendant sur divers plans. L’homme fort du régime a pour nom Assimi Goita. La quarantaine, il commande le bataillon autonome des forces spéciales, une unité d’élite de l’armée malienne. Sa plus récente apparition date d’avril 2019. Il participait à l’opération Finlock, formation financée par les États-Unis. Sa première tâche, non militaire, consiste à s’entendre avec la coalition des opposants plus politiques, en particulier le mouvement du 5 juin10. Pour avoir évincé le président IBK, les leaders du CNSP sont considérés comme des héros par de nombreux Maliens, mais ils devront convaincre le reste du monde encore incrédule face à ce coup de force largement prévisible qu’il ne semble pas avoir envisagé par conformisme ambiant de la pensée majoritaire. La première rencontre du CNSP avec un diplomate étranger a été pour l’ambassadeur de Russie à Bamako…

UNE COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE DÉSEMPARÉE

L’Union africaine a appelé dans la soirée du 18 août à la « libération immédiate » du président Keïta, tandis que l’Union européenne condamnait une « tentative de coup d’État ». Elle a suspendu la participation du Mali. Par la voix du ministère des Affaires étrangères, Paris avait également condamné la mutinerie « avec la plus grande fermeté ». Quelque 5100 militaires français sont déployés au Sahel, notamment au Mali, dans le cadre de l’opération antidjihadiste « Barkhane ». Le Conseil de sécurité de l’ONU se réunit le 19 août 2020 en urgence à huis clos à la demande de la France et du Niger. Il appelle les mutinés à « regagner sans délais leurs casernes ». La Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest a immédiatement suspendu le Mali de tous ses organes de décision « avec effet immédiat » et a décidé « de la fermeture de toutes les frontières terrestres et aériennes ainsi que l’arrêt de tous les flux et transactions économiques, commerciales et financières entre les (autres) pays membres de la Cédéao et le Mali », invitant « tous les partenaires à faire de même ». Une visioconférence se tient le 20 août entre ses États membres. Ils réclament le « rétablissement » du président Keita. L’émissaire américain pour le Sahel, Peter Pham, a déclaré que « les États-Unis s’opposent à tout changement extraconstitutionnel de gouvernement ». Une fois encore, tous ces braves gens sont surpris par une évolution qui était largement prévisible tant les signaux faibles et forts ne cessaient de se multiplier dans un passé récent. En termes pudiques, cela s’appelle une surprise stratégique. Ce ne sont que des mots qui peinent à masquer le désarroi des principaux États qui peinent à comprendre le monde actuel, sans parler de leur incapacité structurelle à anticiper le monde de demain. N’est-ce pas l’exact reflet d’une politique conduite sur le court terme sur la base de l’émotion et non sur le long terme sur le fondement de la raison ? Condamner, c’est bien, agir en gardant à l’esprit le bien-être des populations victimes, c’est mieux.

UNE FRANCE AU PIED DU MUR

Ce changement à la tête du Mali tombe au plus mauvais moment pour notre pays. À y regarder de plus près, ce coup d’état révèle les errements de notre pays au Mali11en particulier et au Sahel en général12, voire en Afrique francophone plus globalement. Plusieurs réflexions incontournables méritent d’être lancées.

La première est de savoir si les autorités françaises, au plus haut niveau, étaient ou non informées de ce qui se tramaient dans les casernes de Bamako. Si la réponse est négative, cela en dit long sur notre ignorance du terrain en dépit de la présence de nos forces militaires, de notre ambassade, de nos coopérants, de nos services de renseignement (DGSE, DRM). Si la réponse est positive, notre réaction d’émoi serait le signe inquiétant de notre duplicité. La France n’a pas vu anticiper l’effondrement du régime à Bamako. Encore un loupé qui en dit long sur l’efficacité de notre dispositif au Mali, État aussi pauvre que failli.

La deuxième nous renvoie à notre complicité passive face à un régime corrompu jusqu’à l’os comme celui d’IBK durant presqu’une décennie13. Il était reçu régulièrement à Paris sans que nous lui réclamions des comptes sur sa gestion catastrophique du pays. Mais, l’on nous explique désormais que le poulain de la France était le premier ministre, Boubou Cissé, affairiste aux ambitions politiques démesurées. C’est pourquoi, nous sommes assez mal placés pour réclamer un retour des civils (lesquels ? pour quoi faire ?). Nous sommes également très mal placés pour administrer des leçons de la morale à la planète entière. Nous ferions mieux de balayer devant notre porte avant de nous pavaner en dehors de nos frontières en jouant les fiers à bras. Laissons à la CDEAO et à l’Union africaine la responsabilité de prendre en charge la situation !

La troisième pose la question de la pertinence de notre dispositif au Sahel alors que les attentats se multiplient dans toute la zone et que, les uns après les autres, se transforment en États faillis (Mali, Burkina Faso, voire Niger14). Peut-on, dans ce contexte, qualifier l’opération « Barkhane » – dont la charmante ministre des Armées, Florence Parly affirme « qu’elle se poursuit » – ainsi que le G5 Sahel – sorte de coquille vide – de succès ? La France redoute l’augmentation de la tourmente sécuritaire dans laquelle le Mali est plongé15. Il serait temps de s’en préoccuper. Le coup d’État au Mali met en question la continuité et la pertinence de la stratégie antiterroriste française dans le Sahel. Pour être objectif et juste avec nos armées, l’on peut reprendre l’analyse du député Arnaud Denjean (ancien de la DGSE), aujourd’hui député européen, experts des questions de sécurité et de défense : « Barkhane a remporté des succès tactiques remarquables, mais une victoire stratégique n’est pas de son ressort »16.

La quatrième, liée à la précédente, interroge sur l’utilité de tous ces conseils de défense à répétition que réunit à tort et à travers le président de la République17. Servent-ils à se poser les bonnes questions ou à se donner bonne conscience ? Cessons de nous bercer d’illusions en imaginant que l’on soigne les maux en adoptant des lois, en créant des comités Théodule qui ne servent strictement à rien si ce n’est à amuser la galerie, à donner du grain à moudre à nos perroquets à carte de presse, à berner nos concitoyens crédules impressionnés par les titres ronflants.

La cinquième question concerne notre réaction de veuve éplorée. La bonne réponse aurait dû être un grand silence dans la mesure où, que nous le voulions ou non, nous aurons à traiter à l’avenir avec le pouvoir militaire. Notre intérêt bien compris serait de le ménager. C’est cela que l’on appelle la bonne diplomatie : garder toutes les options ouvertes pour ne jamais insulter l’avenir. Manifestement, la crème de la diplomatie (cellule diplomatique de l’Élysée et cabinet du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères) semble l’ignorer ou craint de ne déplaire à Jupiter. Ce qui est très mauvais pour sa Carrière ! Un classique de la Fonction publique française et de ses multiples gaîtés. Encore faut-il en être pleinement conscient lorsque l’on veut étudier sérieusement les relations internationales…

La dernière question, plus générale, concerne la nature et le contenu de nos relations avec l’Afrique francophone plus de six décennies après la vague d’indépendances des années 196018. Manifestement, la question semble taboue alors qu’elle est de la plus haute importance dans une perspective de prospective et alors que la France redoute une dégradation de la situation sécuritaire au Sahel. Peut-être aurait-il fallu y penser plus tôt alors que les experts annonçaient depuis plusieurs années que le Sahel se transformerait en notre « Afghanistan de proximité » (Jean-Claude Cousseran jamais invité sur les plateaux des chaines d’information en continu et pour cause). Comme le disait si justement l’humoriste Coluche dans son fameux sketch intitulé les journalistes, il y a plusieurs décennies déjà : « On ne peut pas dire la vérité à la télé : il y a trop de monde qui regarde ». Tout change pour que rien ne change.

ENTRE MENSONGES ET CONTRADICTIONS

« Les faits sont têtus. Il est plus facile de s’arranger avec les statistiques » (Marc Twain). Le Mali val mal. Le coup d’État en est le signe le plus révélateur. Les maux multiples du pays ne peuvent plus être soignés à coup de mots et d’opérations militaires, surtout lorsqu’elles sont conduites par des acteurs extra-africains à l’instar de la France. Même si ses objectifs sont altruistes, elle sera toujours accusée de visées colonialistes, impérialistes, de favoriser les dictateurs au détriment de l’intérêt des peuples. C’est une réalité incontournable dont on ne peut faire l’impasse. Ce dernier développement devrait nous conduire à nous poser, sans le moindre tabou, les questions qui fâchent depuis le début de l’opération « Serval » au Mali. Tel le sparadrap du capitaine Haddock dans la bande dessinée d’Hergé, Tintin, elle colle à la peau de tous nos dirigeants successifs !19 Pour donner de la chair à la chimère des bienfaits de notre présence au Sahel ainsi qu’à celle de l’ectoplasme européen qui a pour nom « Takuba », nous nous évertuons, depuis 2013, à repeindre une sombre réalité en rose et nous clouons au pilori tous les Cassandre. À la manière de Napoléon, nous pensons que l’imaginaire gouverne le monde. Or, nous en sommes encore loin. On ne fait pas de politique autrement que sur des réalités, avait coutume de souligner le général de Gaulle. Ce que vient nous de nous rappeler ce coup de tonnerre à Bamako qui résonne comme un ultime avertissement à Paris. Une sorte d’avertissement sans frais dans un été des crises pour Emmanuel Macron20. Saura-t-il en tirer les conclusions qui s’imposent ?

Guillaume Berlat
24 août 2020

1 Éditorial, Impasse au Mali, Le Monde, 25 juillet 2020, p. 25.
2 Ali Baba, Mali ou la descente aux enfers, www.prochetmoyen-orient.ch , 27 juillet 2020.
3 Alain Léauthier, Coup d’État au Mali. Du chaos au… chaos, Marianne, 21-27 août 2020, pp. 21-22.
4 Paul Lorgerie/Matteo Maillard/Jean-Philippe Rémy, Coup d’État sans violence au Mali, Le Monde, 20 août 2020, pp. 1-2-3.
5 Rémy Carayol, Au Mali, les militaires doublent la contestation populaire, www.mediapart.fr , 19 août 2020.
6 Paul Lorgerie, Des cris de joies dans Bamako, Le Monde, 20 août 2020, p. 3.
7 Paul Lorgerie/Matteo Maillard/Jean-Philippe Rémy, Au Mali, la junte organise une transition politique de neuf mois, Le Monde, 22 août 2020, p. 5.
8 Cyril Bensimon, « IBK », le président qui « jouissait du pouvoir sans l’exercer ». Rares sont les voix qui expriment de la compassion pour le président déchu Ibrahim Boubakar Keïta, à la tête du pays depuis 2013, Le Monde, 21 août 2020, p. 2.
9 Paul Lorgerie, Mali : militaires et manifestants discutent. Le colonel Goita prend la tête de la junte alors que le coup d’État est dénoncé par la communauté internationale, Le Monde, 21 août 2020, p. 2.
10 Paul Lorgerie, Assimi Goita, béret vert pour le Mali, Ouest-France, 21 août 2020, p. 2.
11 Ali Baba, Mali : un désastre français !, www.prochetmoyen-orient.ch , 27 juillet 2020.
12 Ali Baba, Sahel-Libye : rien ne va plus pour Jupiter !,
www.prochetmoyen-orient.ch , 13 juillet 2020.
13 Rémi Carayol, Au Mali, le soutien « aveugle » pointé du doigt, www.mediapart.fr , 21 août 2020.
14 Le Quai d’Orsay daltonien au Niger, Le Canard enchaîné, 19 août 2020, p. 2.
15 Piotr Smolar, La France face à la peur du vide, Le Monde, 20 août 2020, p. 3.
16 Guillaume Perrault (propos recueillis par), Arnaud Denjean : « Mali : Barkhane a remporté des succès tactiques remarquables, mais une victoire stratégique n’est pas de son ressort », www.lefigaro.fr , 20 août 2020.
17 Claude Angeli, Le désolant train-train des Conseils de défense, Le Canard enchaîné, 19 août 2020, p. 2.
18 Yves Thréard, La France face à la dérive de l’Afrique francophone, www.lefigaro.fr , 20 août 2020.
19 Nicolas Barotte, Coup d’État au Mali : la France, prise à revers, va être contrainte de réexaminer sa stratégie, www.lefigaro.fr , 19 août 2020.
20 Piotr Smolar, Un été de crises diplomatiques pour Macron, Le Monde, 21 août 2020, p. 3.

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