COMITE VALMY

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La Turquie menace la paix et la Grèce
par Antoine Manessis

dimanche 16 août 2020, par Comité Valmy


Erdogan à Athènes (2017)

La Turquie menace la paix et la Grèce

La Turquie a ravivé les tensions avec la Grèce en Méditerranée orientale en déployant un navire de recherche sismique escorté par des bâtiments militaires dans une zone située sur le plateau continental grec. le navire turc est accompagné par sept frégates militaires non loin de l’île de Karpathos.

Athènes a réclamé l’organisation d’une réunion d’urgence du Conseil des affaires étrangères de l’Union européenne, "à un moment où la Turquie menace clairement la paix et la sécurité". Le porte-parole de l’Union européenne a rappelé "l’importance du dialogue entre les deux parties".

Face au viol du droit international l’UE demande le dialogue entre le violeur et le violé : étrange conception des choses. Il est vrai que l’UE confond l’URSS et le IIIe Reich et sanctionne le Venezuela ou la Biélorussie parce que les peuples de ces pays ne votent pas pour les forces néolibérales soutenues par l’impérialisme.

« Nous sommes pleinement déterminés à poursuivre nos recherches sismiques et nos efforts de forage », a déclaré le ministre turc des affaires étrangères. Comme on le voit le "dialogue" est bien parti...

"Nous appelons la Turquie à cesser immédiatement ses activités illégales qui violent nos droits souverains et sapent la paix et la sécurité dans la région" a déclaré le ministre grec des affaires étrangères et la marine grecque s’est mise en alerte suite aux récentes provocations turques d’exploration gazière en mer Egée.

En effet dix-huit navires de la marine turque ont été déployés au sud de la mer Egée, et deux avions F-16 turcs ont survolé les territoires grecs à plusieurs reprises. Signe de cette volonté de conquête : la Turquie signait avec le gouvernement d’accord national libyen (GAN) un accord qui délimite les frontières maritimes bilatérales en empiétant sur des zones exclusives grecques et chypriotes.

Confronté dans son pays à une sévère crise économique, le président turc tente de s’illustrer sur la scène internationale et d’étendre son influence hors des frontières turques, en Syrie, en Libye, en Méditerranée. Ankara veut notamment s’affirmer comme la première puissance en Méditerranée. Les vastes gisements gaziers en Méditerranée orientale a aiguisé l’appétit de la Turquie.

Pour Athènes, ces actions sont le signe d’une "escalade de la tension dans la région". Après la signature de l’ accord maritime turco-libyen bafouant les zones maritimes grecques, l’envoi de milliers de migrants à sa frontière terrestre en février, dernier puis la récente décision de transformer la basilique byzantine Sainte-Sophie en mosquée, c’est une nouvelle provocation.

La déclaration du secrétaire général de l’OTAN selon laquelle "la situation doit être résolue dans un esprit de solidarité alliée", centrée sur la cohésion de l’OTAN, montre une fois de plus que l’OTAN, comme l’UE, soutiennent de fait l’agression turque.

Que veulent dire les appels au "dialogue"(UE) de à la "solidarité alliée" (OTAN) si ce n’est de demander à la Grèce, une fois encore, de piétiner sa souveraineté et de se coucher devant les diktats d’Erdogan ? UE et OTAN veulent arriver à un compromis sur les exigences turques pour renforcer leur position impérialiste en Méditerranée face à la Russie et la Chine et cela sur le dos des Grecs.

Mussolini a cru faire céder les Grecs avec un ultimatum : ce fut la première défaite d’une puissance de l’Axe.

Certes la guerre entre les deux pays serait une catastrophe pour des peuples grec et turc déjà matraqués par leurs propres bourgeoisies et par les puissances impérialistes. Aux deux peuples de constater vers quelles extrémités criminelles les impérialismes et leurs gouvernements réactionnaires les mènent et de s’attaquer aux causes des conflits et non à leurs effets. Transformer cette situation explosive et guerrière en situation révolutionnaire et pour la paix serait évidemment la meilleure option. Mais pour danser le tango il faut être deux.

Reste que la défense de l’intégrité et de la souveraineté nationales face à l’agression turque peut imposer au peuple grec de se défendre.

Antoine Manessis.
12 Août 2020


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