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Contre- révolution en URSS
HOMMAGE A LA BOLCHÉVIQUE NINA ANDREEVA
Blog de Ferñent

vendredi 14 août 2020, par Comité Valmy


HOMMAGE A LA BOLCHÉVIQUE

NINA ANDREEVA

Nina Andreeva nous a quittés après s’être acquittée de sa tâche historique de pionnière dans la lutte contre la défaite du camp socialiste d’Europe et la restauration du capitalisme en URSS et les démocraties populaires d’Europe.

Le deuil est immense pour le mouvement communiste, le mouvement ouvrier et les peuples qui ont vu en elle l’espérance que le cours de la contre-révolution bourgeoise et impérialiste pouvait être stoppé avant que l’irréparable ne se produise.

Mais c’est l’aveu même de Gorbatchev en Turquie après son forfait et sa trahison qui montre l’héroïsme de cette femme qui avait adhéré comme militante de base en 1966 avant de se retrouver devoir affronter la direction corrompue révisionniste et bourgeoise du PCUS. Gorbatchev a déclaré : «  Le but de ma vie était l’anéantissement du communisme… ma femme m’avait pleinement soutenu et avait compris que, avant même de le faire… j’avais trouvé des compagnons dans la lutte – parmi eux, AN Yakovlev et EA Shevardnadze... Pour y parvenir, j’ai profité de ma position au sein du Parti et dans le pays, j’ai dû remplacer toute la direction du PCUS et de l’URSS, ainsi que la direction de tous les pays socialistes d’Europe » et les documents déclassifiés de la CIA confirment que « le magnat financier George Soros et la CIA ont aidé Gorbachev à parvenir à la dissolution ultérieure de l’URSS  » .

Le cheminement de la résistance de Nina Andreeva à la perestroïka et à la glasnost contre-révolutionnaire restauratrice doit être étudié par tous les communistes parce que ses analyses nous éclairent sur le processus qui a conduit à la défaite l’URSS et le camp socialiste d’Europe.

En effet les hommages rendus à notre héroïne communiste que vous allez lire ci-après montrent que Gorbatchev et son équipe de restaurateurs du capitalisme ne sont pas "une génération spontanée tombée du ciel", mais que le processus de dégénérescence révisionniste trouve sa source à la fin des années 50 dans la "déstalinisation" kroutchevienne, l’embourgeoisement de la bureaucratie à la tête du PCUS et de l’Etat, l’émergence et le développement d’une économie souterraine illicite non réprimée et la conciliation avec l’encerclement impérialiste sur fond de négation de la continuité de la lutte des classes interne et externe à l’URSS et au camp socialiste d’Europe.

En fait cette génération non spontanée de renégats a surgi en 1985 d’un terrain largement miné par le saccage progressif du communisme comme forces antisocialistes chargées de donner l’estocade au socialisme et ont trouvé en face la résistance héroïque de Nina Andreeva qui les a démasqué ainsi : " Je soutiens et salue la démocratisation socialiste, mais j’adopte une attitude critique vis-à-vis le processus de la démocratisation non socialiste. Il est reconnu que l’accroissement de la violence et de la brutalité dans le monde est lié aux mots d’ordre : ’liberté’, ’égalité’, "humanitarisme’ et à d’autres trésors de l’humanité bourgeoise. Tout ce qui est lâche, en règle générale, se justifie et se camoufle sous le masque de ce qui est noble et sain. Dites, donnent-ils le même sens à ces mots, ces trésors, par exemple, les parvenus coopérateurs et autres escrocs businessmans nouvellement apparus dans le pays et les ouvriers industriels et kolkhoziens honnêtes ? Il est évident que ces deux catégories de personnes attribuent des sens différents tout à fait opposés à la notion de ’démocratie’, de ’glasnost’, de ’perestroïka’ et ’d’humanisme’. La nouvelle bourgeoisie et ses idéologues instrumentalisent les mots auxquels les 43 millions de Soviétiques qui vivotent en dessous du seuil de la misère donnent un sens bien différent. De là, jeter dans les poubelles de l’histoire la notion de démocratie socialiste est dangereux. Quand on parle de démocratie socialiste, je conclus de là que la démocratie pour la démocratie est le chemin menant droit à l’anarchie et au chaos, à l’ochlocratie (pouvoir de la foule), à la destruction de la société et de l’Etat. La démocratie est avant tout le moyen, la manière et l’instrument politique pour la solution des problèmes socio-économiques et scientifico-idéologiques. C’est là où réside l’essence de l’humanité et de classe de la démocratie. La démocratie est nécessaire pour atteindre le résultat optimum dans la solution du problème concret du progrès social... Même si, par exemple, dans le Soviet de Leningrad, on discute des mois durant du problème d’assistance à l’agriculture de sa région, à quoi bon cela si les mauvaises herbes restent touffues dans les champs légumiers et que les légumes étouffent ? A qui est nécessaire une telle démocratie ? Il n’est pas fortuit que pour distinguer ce qui est démocratique de ce qui est pseudo-démocratique, Lénine ait posé la question toute simple : ’A qui cela est avantageux’ ? Au socialisme ou au capitalisme ?" ( Nina Andreeva, Les principes jamais offerts en présent ou histoire abrégée de la perestroïka).

Aiguisant son argumentaire contre les falsificateurs de l’histoire de la Révolution d’Octobre et l’édification du socialisme en URSS, Nina Andreeva assène : "Le bolchevisme a reflété avant tout la position et les intérêts des ouvriers, des paysans, pauvres et des salariés, à savoir des couches les larges des bas-fonds des villes et des campagnes donc de la majorité des populations. C’est pourquoi il a représenté la fraction de gauche dans le spectre des forces social-démocrates d’alors de Russie. Le menchevisme s’est affirmé comme porte-parole des intérêts des couches petites bourgeoises des villes, de l’aristocratie ouvrière et des intellectuels réformistes. Sous ce rapport, il a représenté l’aile droite de la social-démocratie. La terreur n’est pas l’initiative des bolcheviks. Dans les premiers mois de la révolution, ceux-ci ont relâché les ennemis de la révolution arrêtés en flagrant délit en acceptant ’leur parole d’honneur’ de ne pas recommencer... La terreur rouge ne s’est appliquée qu’après l’attentat contre la vie de Lénine. C’était une mesure indispensable prise par l’Etat de dictature du prolétariat face aux atrocités de ses ennemis. La révolution devait être défendue, autrement elle n’aurait aucune valeur. Dans tout Etat, où il y a les classes antagonistes, le pouvoir revêt une forme de la dictature de la classe dominante. Cette dictature est le contenu de classe de la politique de l’Etat. Elle n’est nullement les moyens et les méthodes de l’exécution du pouvoir. Les méthodes peuvent être bel et bien humanitaires et démocratiques, si personne ne menace le pouvoir de la classe dominante, surtout sur le plan économique (propriété socialiste ou propriété privée des forces productives). Mais au contraire, elles peuvent se durcir et être coercitive si une telle menace survient ... Il est prouvé, une fois de plus en pratique, que si pour le passage du capitalisme au socialisme, il faut un Etat de dictature du prolétariat, de même le recul vers le capitalisme est impossible sans la dictature de la néo-bourgeoisie et des rois de ’l’économie de l’ombre’, coalisés avec les bureaucrates corrompus et des intellectuels d’élites ; C’est pour eux qu’est préférable l’autoritarisme du présidentialisme. Comme le dit le député Tchobanou : ’il nous faut de nouveau un Tsar pour remédier à la situation, quelque appellation qu’on lui donne’... Les milieux gouvernants des grandes puissances impérialistes participent directement ou indirectement à la restauration capitaliste en URSS, se faisant fervents partisans de la perestroïka. Il n’est pas fortuit que la presse étrangère ait comparé la rencontre de Malte (Gorbatchev, Bush, Thatcher) à l’entente de Munich d’avant la seconde guerre mondiale, rencontre qui a donné le feu vert aux événements dans les pays de l’Est ; Le peuple soviétique est exposé au danger d’être esclave, danger évité à l’époque de la seconde guerre mondiale par la direction de Staline" (idem).

Elle montre l’immoralité aliénante propagée par les restaurateurs du capitalisme pour lesquels tous les moyens sont bons pour détruire le socialisme : " la jeunesse représente l’avenir du pays. De là, on consent de grands efforts pour désorienter la jeune génération. On la déprave au moyen de la pornographie, de prostitution, de culte du lucre et de cruauté. Tout cela augmente la criminalité dans la jeunesse. Dans notre pays se forment visant la jeunesse le ’nouveau héros de notre temps’, les ’maîtres de la vie’, les ’supermans’, prônant les principes : ’tout est permis’, ’on ne recule pas devant rien pour l’argent’. Si bien que les jeunes gens les cherchent en même temps que l’on ’cherche’ les jeunes gens... La croissance de la déchéance sociale des gens et l’incertitude des jours futurs font que de plus en plus de gens se réfugient dans le mystérieux, l’irrationnel et la religion. La foi dans ses propres forces cède petit à petit la place à la confiance aux miracles, en une vision fantastique du monde qui constitue justement l’anesthésie au service de la quiétude spirituelle. Mais la fantaisie peut calmer un temps les gens, créer un confort spirituel qui tombe en poussière tôt ou tard face aux contradictions du monde réel" (idem) avant de conclure "Je pense que les impérialistes et nos restaurateurs de l’intérieur du capitalisme se trompent profondément en comptant qu’ils ont remporté la victoire. C’est une victoire à la pyrrhus, n’ayant pas de base sociale influente, se fondant sur la démagogie et la duperie des masses. Mais la duperie n’est pas éternelle, malgré qu’on la concentre sur le but principal. La pratique de la vie la dévoile. Les travailleurs, principale force de la production de la société, comprendront sans doute ce que signifie pour eux le passage au marché capitaliste. 70 ans après avoir vécu sous l’économie et les rapports sociaux socialistes, quoique peu développés dans leur forme, ils n’accepteront pas de plier sous le joug des exploiteurs de l’intérieur et de l’extérieur du pays... L’approfondissement de l’économie de marché et de la propriété privée renforcera nécessairement la résistance des travailleurs qui réaliseront tôt ou tard ce qui les attend. C’est l’aggravation de la lutte des classes dans les villes et les campagnes qui nous attend. Alors les antisoviétiques et et les anticommunistes tourneront le juste mécontentement des travailleurs contre les opportunistes de droite qui ont conduit le pays dans l’impasse, contre tout le parti en vue d’enterrer avec lui le socialisme et diviser la grande puissance en principautés morcelées" (idem ). C’est exactement ce qui arriva en 1991 avec l’implosion de l’URSS, malgré le vote de 76% lors du référendum pour son maintien, et la semi-colonisation par les impérialistes US et UE des États prétendument indépendants qui en sont issus.

Après les peuples soviétiques, l’humanité découvre aujourd’hui la nature sauvage et criminelle du capitalisme impérialiste : dictature du libéralisme, destruction des conquêtes sociales et démocratiques du XXéme siècle dans les pays impérialistes, montée du fascisme, guerres d’agressions destructives contre les pays insoumis, occupations militaires de territoires entiers par les troupes US et de l’UE, retour du colonialisme, néocolonialisme renforcé, dévastation de l’éco-système et de la nature. La défaite temporaire de l’URSS et du camp socialiste d’Europe a laissé les mains libres à la bestialité barbare inhérente au capital exploiteur et oppresseur et à l’imposition au monde de la tyrannie de la propriété privée des moyens de production base de la maximisation du profit des actionnaires.

Seuls les rescapés du camp socialistes d’Asie (Chine, Corée du nord, Vietnam) et d’Amérique du Sud (Cuba) ont résisté victorieusement à la déferlante réactionnaire et mieux, se développent pour devenir des puissances socio-économiques, scientifiques, technologiques, médicales, etc.

L’histoire a assigné à Nina Andreeva, de son vivant, la tâche de lutter pied à pied contre la restauration du capitalisme en URSS.

Ce faisant Nina Andreeva s’est acquittée avec honneur de ce combat titanesque de l’époque de la contre-révolution mondiale bourgeoise et impérialiste. Elle a laissé en héritage aux communistes de l’ex-URSS, du camp socialiste d’Europe, des pays rescapés de ce camp d’Asie et d’Amérique du sud et aux communistes du monde les prouesses accomplies dont un des résultats est le coup d’arrêt donné à la néo-colonisation de la Russie par la bourgeoisie patriotique russe, étape vers le retour au futur communiste de l’ex-URSS.

A ceux des communistes qui cherchent à faire le bilan, l’épopée de la lutte menée par Nina Andreeva est une source majeure dans laquelle il faut puiser pour continuer à redresser le drapeau rouge avec la faucille ou la daba qu’elle n’a jamais laissé à terre.

Nina Andreeva est partie, elle est à jamais dans nos coeurs et esprits, la lutte pour l’avenir communiste de l’humanité continue.

Août 2020

SOURCE :

https://fernent.blog4ever.xyz/

VOIR ÉGALEMENT LE LIEN CI-DESSOUS :

Nina Andreyeva

https://en.wikipedia.org/wiki/Nina_Andreyeva


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