COMITE VALMY

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Pendant que vous portez des masques,
on vous fait les poches
par Jean Paul Brighelli

vendredi 31 juillet 2020, par Comité Valmy


Pendant que vous portez des masques,
on vous fait les poches

Vous avez vu opérer des pickpockets : l’une vous demande l’aumône, son bébé accroché à sa hanche et ses marmots à ses jupes, l’autre vous fait les poches. C’est la technique du torero pour tromper la vigilance de la bête : la muleta dissimule l’épée, la véronique cache la mort. Il est très difficile d’analyser des messages simultanés et disparates.

Nous en sommes là : pendant que les « autorités sanitaires » (sur elles la bénédiction d’Allah le miséricordieux) vous parlent de deuxième vague, de reprise de l’épidémie, de la nécessité de porter des masques dans les lieux clos — et bientôt dans les lieux ouverts, promet Olivier Véran, illusionniste en chef depuis que Jérôme Salomon a disparu des écrans de télé —, le gouvernement s’apprête à lancer la plus formidable opération jamais montée contre les droits les plus élémentaires des travailleurs.

À vrai dire, il a tiré une première salve pendant le confinement, et bien peu de gens y ont prêté attention. Le gouvernement, en toute impunité, pendant que les médias vous parlaient de morts par étouffement, quelle horreur, a remonté les seuils de dépassement de la durée maximum du travail à 60 heures par semaine et à 48 heures en moyenne sur une durée de 12 semaines (après, on vous ramasse à la petite cuillère, inutile d’en parler). Et ce, sans autorisation préfectorale — ça, c’était avant.

Personne n’a moufté. Quand je pense que des crétins se demandent ce que le gouvernement avait à gagner à décréter le confinement, et y voient la preuve que l’épidémie était une chose sérieuse, et l’est encore, bla-bla-bla… On ne fait jamais faire à l’économie quoi que ce soit qui lui est absolument contraire, parce qu’elle est le facteur déterminant en dernière instance, comme disait le vieux Karl.
Elle, et non la santé. Quand on a eu besoin de reconstruire la France ruinée par la Première guerre mondiale, ou en plein Plan Marshall, ou que l’on a dû digérer les timides avancées sociales post-68, on ne s’est guère soucié de la grippe espagnole, ni asiatique, ni de Hong-Kong. De surcroit, le Covid-19 a l’extrême élégance de ne toucher, quasi exclusivement, que des gens à la retraite. Des bouches inutiles et qui coûtent cher. Ils creusaient nos déficits, le virus a creusé leur tombe. Et pour bien vous faire peur, on vous a interdit d’assister à leurs obsèques. 100 000 ans de civilisation effacés par décret — avec l’assentiment d’une humanité hystérisée. — et, de fait, déshumanisée Carton plein.

Et maintenant, que prépare-t-on, sous le masque ? Demandez donc à Agnès Verdier-Molinié, directrice de l’IFRAP, la Fondation pour la Recherche sur les administrations et les politiques publiques. Un Institut reconnu d’utilité publique par décret, en 2009. L’IFRAP a salué la loi EL Khomri, vous vous souvenez peut-être de cette réforme de fond du droit du travail, contestée par les petits et saluée par les grands — une vraie réforme socialiste-libérale votée quand le ministre de l’Economie s’appelait Emmanuel Macron. Mme Verdier-Molinié vient de se fendre d’une tribune dans le Figaro qui présente la suite des réjouissances : signature par les syndicats (FO a déjà commencé à montrer le bon exemple) d’accords sur la majoration du temps de travail, la majoration des heures supplémentaires — 10% à terme — et la réduction des RTT. Multiplication des CDD « sans justification du caractère temporaire et pour six ans maximum, comme dans le secteur public ». Contournement des syndicats, en passant par des organismes « maison » — comme en Allemagne.
Bientôt « baisse momentanée des salaires, réduction des majorations pour les heures supplémentaires, et suppression totale des RTT ». Travaillez, prenez de la peine…

Pour faire passer cette razzia sur les droits des travailleurs, on ne cherchera pas le rapport de forces — ça, c’était avant. On fera signer des « accords de performance collective » — une jolie trouvaille linguistique. « Cet accord permet de déroger aux clauses initiales du contrat de travail du salarié et donc de baisser les salaires plutôt que de licencier ». Comme tout le monde portera un masque durant la réunion patronat-syndicats, il sera bien difficile à ces derniers de se concentrer sur l’arnaque grandiose de ces « accords ». D’ailleurs, « une quinzaine ont été signés depuis le début de la crise » — mais septembre sera si noir que le rythme s’accélèrera, chère amie… Comptez sur le bon docteur Véran et sur les chaînes d’info en continu. Les quelques Français qui n’ont pas encore peur seront rattrapés par la trouille. Non seulement ils travailleront pour 50% de salaire en moins (c’est ce queBritish Airways vient d’imposer à ses pilotes — et 20% pour sa direction, on mesure le sacrifice), mais ils auront le souci de respecter les gestes-barrière en protestant. Magnifique.
On tolérera quand même les manifestations spontanées de la racaille des banlieues, afin de stigmatiser l’inconscience de ces jeunes gens — un autre écran de fumée qui sera rediffusé en boucle.

Que de bons esprits se polarisent sur cette question des masques sans comprendre que c’est une façon d’amuser le chaland, que le souci sanitaire est le lubrifiant d’un empapaoutage massif, voilà qui me sidère. Il n’y a de « deuxième vague » nulle part — sauf sur BFM-TV. Il n’y a de reprise de l’épidémie nulle part — sauf sur i-télé. Pour vous faire peur, on vous présente le nombre de nouveaux malades en pourcentages : passer de 6 à 8 cas pour 100 000 habitants, c’est une augmentation de 30% — mais cela ne représente rien en chiffres absolus.
Mais 20% de salaire en moins pour 60 heures par semaine, ça devrait vous parler, non ? Eh bien ça ne dit rien à personne, parce que le torero a agité la muleta, que le ministre feint de porter un masque — et vous foncez, terrorisés, vers l’épée qui vous tue, en croyant éviter ll’estocade. Allez, je parie que les mêmes ne protesteront pas, par peur du Covid, quand on décidera de saisir leurs maigres avoirs. Les leurs, parce que ceux des gens riches sont ailleurs — ou alors, vous n’avez jamais fréquenté de gens riches.

Jean-Paul Brighelli
le 30 juillet 2020


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