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Meurtre de Bayonne,
où sont les fascistes ?
par Régis de Castelnau

vendredi 17 juillet 2020, par Comité Valmy


Meurtre de Bayonne, où sont les fascistes ?

Le mouvement ouvrier français issu du XIXe siècle et organisé au XXe avait lui aussi construit un roman national, avec ses mythologies, ses héros et ses mythes. Parmi les figures les plus marquantes, celles qui constituaient l’aristocratie ouvrière, il y avait les mineurs, aujourd’hui disparus, les métallos, les cheminots qui payèrent un lourd tribut à la Résistance, et les traminots, ceux qui assuraient les transports dans les villes.

La deuxième mort de Philippe Montguillot

Philippe Montguillot était un traminot. Et c’est comme ça qu’on l’aurait appelé s’il y avait eu encore une gauche dans ce pays et un vrai Parti communiste.

Chauffeur de bus sur une ligne régulière à Bayonne, Philippe Montguillot faisait bien son boulot, c’était sa fierté. Et il voulait faire respecter les règles, estimant que c’était son devoir. Payer sa place c’est respecter les autres, ceux qui le font et sur lesquels retombe la conséquence de la fraude, et appliquer les règles de sécurité c’est protéger les autres.

Pour cela, il a été massacré par quatre représentants d’un lumpen à la violence duquel un État en faillite abandonne de plus en plus les villes et leurs habitants. Il s’est trouvé un ministre pour qualifier ce meurtre « d’incivilité » sans avoir peur de l’infamie.

La « gauche » d’aujourd’hui n’a pas bougé, pas un mot juste, pas une action digne, pas un hommage pour ce «  working class hero » comme disent les anglo-saxons. Jusqu’au président de la république rester muet sur son sacrifice lors de son intervention du 14 juillet.

On retiendra le tweet tardif de Jean-Luc Mélenchon, qui concentre à lui tout seul le désintérêt de cette «  gauche » pour les travailleurs de ce pays. « Deuil affligé après la mort du chauffeur de bus bordelais ( !). Ces assassins nous révulsent. Puisque les autorités être plus soucieuse de ces gens qui font fonctionner ce pays à leur poste de travail ». Sauf que le chauffeur de bus était de Bayonne, et qu’il avait un nom. Est-il possible d’être plus désinvolte ?

C’est que, le pouvoir et cette « gauche » ont d’autres préoccupations, d’autres héros à mettre en avant, d’autres comportements à saluer. Pour ces gens-là, les icônes, ce sont les membres de la fratrie Traoré. C’est face à eux qu’on va mettre genou en terre, c’est à eux qu’on va donner des façades d’immeubles municipaux pour y peindre des fresques à leur gloire, c’est pour eux que l’on va se précipiter ventre à terre à des manifestations pour imposer le mensonge.

Rappelons, qu’Adama Traoré n’a pas été interpellé parce que noir et que la preuve que son décès soit dû à des violences policières n’a pas été rapportée. En faire un martyr d’une violence policière raciste est déjà une imposture.

Mais il y a pire. On sait aujourd’hui de façon irréfutable que la fratrie Traoré était composée de délinquants d’habitude, et que l’arrestation d’Adama était liée à ce statut. Entendre aujourd’hui sa sœur Assa Traoré venir prétendre que ses frères incarcérés sont des « prisonniers politiques » est insupportable. Ils ont été condamnés pour des infractions particulièrement abjectes comme par exemple celles d’extorsion de fonds sur personne vulnérables. Et leurs casiers judiciaires continuent à se remplir.

La promotion de la pègre

Ce qui est intéressant au fond est que la séquence qui s’est ouverte avec l’importation en France par le « comité Adama » des conséquences de la mort de Georges Floyd aux États-Unis, c’est le constat qu’ensemble, la bourgeoisie au pouvoir et les couches moyennes qui se prétendent de « gauche » ont choisi l’alliance avec et le soutien à ce lumpenprolétariat violent et délinquant dont la fratrie Traoré est le représentant achevé. Il n’a été que d’assister effaré aux réactions officielles d’Emmanuel Macron demandant à sa Garde des Sceaux de recevoir en urgence la famille Traoré, d’entendre le ministre de l’intérieur décréter pour eux une dispense du respect de la loi, d’apprendre le projet d’une cérémonie officielle dans la cour de la préfecture où les policiers se seraient mis à genoux. Depuis, toute la presse entre les mains de l’oligarchie met systématiquement en avant Assa Traoré, avec la volonté affirmée d’imposer le mensonge du faux martyr et d’en faire une icône intouchable. La revue des couvertures des magazines de papier glacé, de Paris-Match à Vogue en passant par le M du Monde, les Inrocks et autres permet de le constater en vérifiant que ce sont les mêmes qui avaient assurés la promotion massive d’Emmanuel Macron en 2017.

Ce type d’alliance a déjà existé dans l’Histoire, Karl Marx utilisant l’expression de « lumpenprolétariat » l’a pointé dans son ouvrage relatif à l’arrivée au pouvoir de Louis Napoléon Bonaparte. Le fascisme du XXe siècle ne se réduit pas à cette alliance, mais elle y fut extrêmement importante. Forme terroriste de la domination du Capital, le fascisme a pu s’instaurer par la combinaison de plusieurs volontés : d’abord celle de la bourgeoisie classiquement fascinée par la pègre et soucieuse d’une défense étroite et sans scrupule particulier de ses intérêts, fut-ce au prix de l’abandon des libertés démocratiques. Ensuite celle d’une petite bourgeoisie dépravée, base de masse classique du fascisme, et dont nous avons aujourd’hui l’expression avec ces habitants des métropoles défenseurs acharnés de la censure, armés de leur souverain mépris des couches populaires, et indifférents à la violence d’État qu’elles subissent. Et enfin, la pègre elle-même, celle qui aujourd’hui a pris le pouvoir dans les parties du territoire que l’État lui a abandonné, ou pire, confié la gestion. Gangsters et mafieux, grands ou petits ont toujours eu une place importante dans les dictatures fascistes, que ce soit en Europe ou en Amérique latine. Rappelons juste une petite anecdote, même si comparaison n’est pas raison, c’est l’histoire d’Horst Wessel petit proxénète nazi, transformé en martyr et qui donna son nom à l’hymne de son parti, devenu quasiment un hymne national dans le troisième Reich.

Il y a quelque chose de frappant lorsque l’on fait petit tour des autres pays occidentaux qui ont été marqués par le mouvement BLM. Partout, les grands intérêts soutiennent bec et ongles le mouvement et le financent massivement, faisant apparaître de façon criante les enjeux politiques. Aux USA c’est bataille du camp démocrate contre Donald Trump. Et pour ne prendre qu’un seul exemple alors qu’il y en a tant, le spectacle de ces personnes âgées priant autour de la statue de Saint-Louis dans la ville du même nom et faisant l’objet de la part de soi-disant antifas et de militants noirs d’une violence incroyable, réactive de très sales images.

Une ruse de l’histoire ?

Et si le risque n’était pas celui-là ? Par une étonnante ruse, l’Histoire, faisant apparaître non pas face à la crise du néolibéralisme, l’instauration d’une « démocratie illibérale », mais la tentation d’une solution autoritaire et répressive. Il n’y a peut-être pas aujourd’hui un risque immédiat de dictature fasciste en France, mais un certain nombre de symptômes peuvent apparaître très inquiétants. Dérives liberticides, censure, répression brutale des mouvements populaires comme celui des gilets jaunes, petite bourgeoisie arrogante et répressive, espaces publics abandonnés à la pègre, tout ceci fabrique un cocktail auquel il faudrait prendre garde.

Les fascistes ne sont peut-être pas là où on nous le dit.

Régis de Castelnau
16 juillet 2020/

Vu du Droit
Un regard juridique sur l’actualité avec Régis de Castelnau


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