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Réforme constitutionnelle en Russie : consolidation
de la population autour de la souveraineté et du conservatisme - par Karine Bechet-Golovko

vendredi 3 juillet 2020, par Comité Valmy


Réforme constitutionnelle en Russie : consolidation de la
population autour de la souveraineté et du conservatisme

Hier soir, 1er juillet, le vote populaire consultatif sur la réforme constitutionnelle en Russie a pris fin. Ce matin les résultats définitifs sont tombés : pour - 77,92%, contre - 21,27%, avec un taux de participation moyen de 65%. La réforme est passée haut la main, sans violation significative. Plus qu’un mandat à Poutine, le peuple russe s’est largement prononcée, alors que le drapeau LGBT flottait symboliquement pour l’occasion sur les ambassades américaine et britannique, pour une société conservatrice, pour un Etat souverain. C’est maintenant aux élites de faire preuve de courage politique, c’est maintenant aux élites politiques de se reconsolider autour du pays.

La réforme constitutionnelle russe, qui vient d’être largement validée par référendum, est avant tout un cadre politico-idéologique pour les gouvernants et les élites politiques. Le peuple reconnaît la place de Dieu - sans pour autant imposer de religion d’Etat, reconnaît la famille traditionnelle et la valeur des enfants - contre le progressisme inhumain qui dévore l’Occident. Le peuple s’est prononcé pour un Etat social et non néolibéral - il faudra en tirer les conséquences quant aux dernières réformes menées. Mais le peuple veut également un pays souverain, ce qui met un terme à la négociation du territoire (comme pour les Iles Kouriles) ; un pays dont la Constitution soit bien la norme suprême, qui ne puisse être modifiée par des décisions internationales ; un pays dont l’élite politique défende les intérêts, ce qui passe par la nationalité, mais si l’approche ne sera que formelle, ces élites à nationalité unique implantant en Russie les décisions des organismes internationaux (OCDE, par exemple pour les réformes de l’éducation et l’Etat-numérique), perdront le soutien populaire et conduiront le pays à sa ruine. Car à la différence de la France ou en général des pays de l’UE, les dirigeants russes tirent leur légitimité du soutien populaire, il n’y a aucune "protection" globaliste qui tirent les ficelles et arrondissent les angles.

Si le peuple russe s’est prononcé pour la nullification des précédents mandats de Vladimir Poutine, il s’est prononcé dans le sens de la stabilité politique, pas de la stagnation et ce sera le plus grand danger à éviter.

Suite à la publication des résultats officiels par la Commission centrale électorale, cette réforme sera adoptée dans les formes. Pour autant, bien qu’elle contienne de nombreuses règles techniques renfoçant l’interaction des pouvoirs (législatif, exécutif et judiciaire), l’assemblée parlementaire ne sera pas dissoute et le Gouvernement n’aura pas à démissionner. Les nouvelles règles s’appliqueront pour l’avenir aux nouvelles échéances.

La campagne médiatique a été extrêmement présente en Russie et a porté ses fruits. Le taux de participation est particulièrement haut avec 65% et le vote fut très largement positif - 77,92%.

Dans certaines régions, il a dépassé les 90% : en Tchétchénie (97,92%), à Touva (96,79%), en Crimée (90,07%) et en Karbardino-Balkarie (90,38%). Alors que le vote à l’étranger fut assez contrasté, à Kichinev en Moldavie, il a également dépassé les 90% (92%).

Dans les bureaux de vote à l’étranger, la situation dépend beaucoup du pays, de l’ambiance plus ou moins russophobe dans le pays. Ainsi, le fut positif à Pékin (59%) et au Mexique (56,2%). A Berlin (67%), en Autriche (60,32%), il fut négatif. Aux Etats-Unis, la situation est très partagée : à New York (ville Ô combien progressiste) le vote est négatif (310 voix pour contre 505 voix contre) et positif à Washington (395 voix pour contre 275 voix contre). Les résultats de Houston ne sont à ce moment pas encore connus.

De nombreuses régions ont voté à plus de 80% pour la réforme : Daghestan (89,19%), Karatchaïevo-Tcherkessie (84,8%), Adyghée (84,55%), Toula (83,09%), Voronej (80,07%), Tatarstan (82,81%), Sébastopol (84,60%), Tioumen (85,57%), Mordovie (85,60%), Volgograd (83,39%), Samara (80,55%), Astrakhan (86,73%), Iamalo-Nenets (89,16%), Kemerovo (87,29%), Stavropol (84,85%), Saratov (82,24%), Tambov (87,41%), Penza (85,25%), Tchoukotka (80,30%).

Les autres régions se situent dans la marge 60-70%. Moscou a voté pour à 65,29% et Saint-Pétersbourg à 77,60%. La région de Moscou (qui est une entité distincte) a voté pour à 78,96% et la région de Léningrad à 79,38%. Une seule région a voté contre, c’est la région nordique de Nenetsie : 44,42% des voix pour, 54,57% contre.

Ce vote est une belle réussite et il marque clairement le cours idéologique que revendique la population russe. Si le peuple est manifestement consolidé contre les "valeurs" et le type de gouvernance portés par la globalisation, c’est maintenant aux élites politiques d’en tirer les leçons .

PS : Voir ici mon interview pour RT France sur le sujet :

Karine Bechet-Golovko
jeudi 2 juillet 2020

Russie politics


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