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Question écrite du député José Evrard
à propos de l’inculpation de Hashim Thaçi,
président du Kosovo

mercredi 1er juillet 2020, par Comité Valmy


Question écrite du député José Evrard
à propos de l’inculpation de Hashim Thaçi

M. José Evrard interroge M. le ministre de l’Europe et des Affaires Etrangères sur l’inculpation de l’actuel président du Kosovo, province de Serbie, Hashim Thaçi. Il est accusé, par le procureur spécial du tribunal de La Haye, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.

Il y a, à l’évidence, des éléments fondés pour porter une accusation d’une telle gravité. L’accusation concerne aussi son bras droit, ainsi qu’une centaine de supplétifs, membres de ladite armée de libération du Kosovo.

Cet événement, en apparence éloignée de nous dans le temps, l’implosion de la République fédérale de Yougoslavie en 1999 et dans l’espace, les Balkans, dont est partie la Première Guerre mondiale, nous concernent au premier chef. L’exécutif français de l’époque y a joué un rôle de premier plan. Le président Chirac ne fut pas le dernier des chefs d’Etat à se prononcer pour les bombardements de la Serbie pour que celle-ci lâche le Kosovo aux albanophones et devienne ainsi "indépendant". Les négociations à cette fin se tinrent à Rambouillet.

Enfin, c’est un français, Bernard Kouchner, qui fût le responsable de la MINUK, organisme de l’ONU chargé de l’administration du Kosovo dans une sorte de préindépendance, et de fait participa de la promotion d’Hashim Thaçi qui effaça vite ses concurrents. Lors du procès qui se tiendra à partir d’octobre 2020, les rapports entre l’administrateur et Hashim Thaçi, pourraient confirmer les accusations portées par les témoins de l’époque, comme le procureur international, la suisse Carla del Ponte, ou le chef de la police de la MINUK, le canadien, Stu Kellock qui affirmaient que l’administrateur ne pouvait ignorer « l’implication d’Hashim Thaçi, actuel Premier ministre du Kosovo, dans les différents trafics pratiqués au Kosovo ».

Dans le contexte de contestation générale du passé de l’occident, cette affaire déconsidère encore la France. Récemment encore, lors des cérémonies du centième anniversaire de la fin de la Première Guerre mondiale, il fut accordé à Hashim Thaçi un meilleur accueil qu’au président serbe, représentant notre allié historique le plus fidèle.

Ce fut l’honneur d’un grand nombre de nos compatriotes, de nos soldats, de refuser, dans la tragédie que vivait la Yougoslavie, de participer de la destruction de la Serbie. Il est ainsi regrettable que nos plus hautes autorités, en se rangeant derrière la position d’une Allemagne souhaitant la destruction de la Yougoslavie, aient participé du déshonneur.

M. José Evrard demande à M. le ministre de l’Europe et des affaires étrangères, s’il n’est pas judicieux, devant les événements qui ne manqueront pas d’advenir, de revoir rapidement la position et l’attitude françaises à propos du Kosovo.


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