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Libye : un front russo-algérien ?
Pars Today

mardi 30 juin 2020, par Comité Valmy


La base d’al-Watiya contrôlée par l’OTAN/AFP

Libye : un front russo-algérien ?

Cette guerre "libo-libyenne" que plus aucune raison au monde ne justifiait puisque l’Etat libyen n’existe plus depuis 2011 et que les richesses libyennes sont pillées le plus tranquillement du monde par l’OTAN et Cie n’a eu d’autres objectifs dès le début que de "finir le travail". Quel travail ?

relier le front de guerre USA/Etats souverains du Moyen- Orient à celui du Maghreb et faire ne sorte que les Etats anti-sioniste de cette zone ultra-stratégique soient "apprivoisés". D’où ce cirque turco-émirati qui dure depuis plus d’un an et qui a permis par un mystérieux rebondissement de la dernière minute et alors que le duo Serraj-Turquie se trouvait au fond du précipice, de faire tourner la situation au désavantage de Haftar, lui coûtant son élimination.

Au fait, toute cette pagaille ne visitant qu’à installer tous les terroristes formés et expérimentés d’Idlib, sur lesquels l’axe US/Israel travaille depuis 2011 à la porte de l’Algérie et de la Tunisie. Cette base d’al-Watiya que la Turquie a livré à l’OTAN sert d’ailleurs de tremplin à ces memes terroristes qui ne se contenteront pas de "déstabiliser les frontières algériennes, leur objectif étant de s’infiltrer en profondeur du territoire algérien et tunisien. Que faire ? Chercher évidemment à neutraliser cette offensive générale US/OTAN/Israël par voie diplomatique comme Alger en a si bien le secret. Mais cela semble ne pas suffire vu l’ampleur du complot dont les sources d’information algérienne en font l’écho.

Selon elles, dans le même temps que l’armée turque s’est implantée dans le nord-ouest de la Libye, en prenant le contrôle de la base aérienne d’al-Watiya, les terroristes au service d’Ankara , se rapprochent de la frontière avec l’Algérie. Alger s’inquiète que la base d’al-Watiya ne devienne une "base permanente de l’armée turque", alors qu’"un contingent de centaines d’hommes armés à bord de dizaines de véhicules blindés se sont installés dans la région de Brak".

La base aérienne appartenait à l’Armée nationale libyenne (ANL) depuis mars 2019 et l’existence de la base est importante pour les deux parties en lice, puisqu’elle permet à chacune des deux parties de prendre plus facilement le contrôle des champs pétroliers de Charara et d’El-Fil, tous deux situés à la frontière avec l’Algérie. Le GNA continue pour l’heure, à déployer des chasseurs et des bombardiers légers L-39, non loin de la zone.

La base aérienne de Brak est située à 400 km de la zone d’activité des champs pétroliers tout au long de la frontière algéro-libyenne et la base d’Al-Watiya est en contrepartie se trouve à 300 km seulement des frontières algériennes, selon la source d’information.

Il va sans dire que l’Algérie est préoccupée par les agissements militaires des forces armées jusqu’aux dents qui participent à une guerre par procuration, lancées non-loin de ses frontières par des puissants qui convoitent les richesses pétrolières et gazières de son voisin. Surtout que l’Egypte menace le GNA d’une intervention militaire en cas de poursuite de l’ingérence militaire de la Turquie en Libye, ce qui risque d’inscrire la guerre dans la durée. En même temps, trop remontée par le soutien US, l’armée turque cherche à renforcer ses capacités militaires en multipliant de vastes exercices militaires pour se préparer à toute offensive militaire éventuelle égyptienne. Quant au gouvernement algérien, il préfère une solution diplomatique pour la crise libyenne. Sauf que les autres ne la préfèrent pas. L’avant-projet de la nouvelle Constitution algérienne autorise l’armée algérienne à intervenir au-delà de ses frontières si les intérêts et la sécurité du pays sont mis en danger. En fait, l’attaque terroriste contre le site gazier de Tiguentourine en janvier 2013 a poussé le gouvernement algérien à changer son ancienne doctrine pour pouvoir faire front à toute menace au-delà des frontières. Et cette attaque a toute les chances de se reproduire, vu que c’est par les zones pétrolières que l’ax US/OTAN se rapproche de l’Algérie.

Dans ce contexte la récente visite du chef d’état-major algérien en Russie pourrait être parfaitement significative. Pour Alger le fait que la Russie, son allié, s’engage aux côtés de Haftar n’a pas été bien compris mais maintenant que Moscou tend à trouver sa voix dans ce dossier, la situation pourrait changer. Et si tout comme Poutine, Alger se mettait à investir sur des cartes libyennes capables de créer un front anti-OTAN en Libye même ? On pense évidemment au fils de Kadhafi. C’est une option qui pourrait être explorée, car le feu n’est plus proche mais il est presque en la demeure.

29 juin 2020


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