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Affrontements intercommunautaires à Dijon :
« des prémisses de guerre civile »,
estime Nikola Mirković

jeudi 18 juin 2020, par Comité Valmy


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Affrontements intercommunautaires à Dijon : « des prémisses de guerre civile », estime Nikola Mirković

Par Maxime Perrotin

La France, en voie de « balkanisation » ? L’idée a ressurgi à la suite d’affrontements intercommunautaires à Dijon. Nikola Mirković, essayiste spécialiste des Balkans –dont il est originaire–, revient au micro de Sputnik sur les signaux alarmants qu’envoient ces violences urbaines.

« Personne ne pensait que la Yougoslavie allait disparaître, vous savez. La Yougoslavie était une puissance régionale, avec 20 millions d’habitants, une puissance économique, elle avait une diplomatie et […] en quelques années, on a vu une dégradation
de la situation et en quelques mois,
le pays est entré en guerre civile. »

Abrupt, le constat de Nikola Mirković ? Peut-être, mais l’auteur du livre Le Martyre du Kosovo (Éd. Jean Picollec, 2013) n’est pas le seul à le penser. Depuis quelques jours, à la suite des violents affrontements entre Tchétchènes et Maghrébins à Dijon, des voix s’élèvent pour dénoncer la « balkanisation » de la France. « On avait l’impression que les rues de Dijon étaient les rues du Kosovo », s’indignait ce mercredi 17 juin Éric Ciotti, député Les Républicains (LR) des Alpes-Maritimes, sur le plateau de CNews.

« La France se balkanise, voilà le résultat de décennies de laxisme judiciaire et d’immigration massive ! », lançait quant à lui Nicolas Dupont-Aignan sur les réseaux sociaux. Le lendemain, depuis la capitale bourguignonne, Marine Le Pen brandissait le spectre similaire du Liban. Le même jour, Philippe de Villiers n’y allait pas par quatre chemins, en déclarant sur Sud Radio qu’« à Dijon, il y a une atmosphère de pré-guerre civile ». « Ça ne sera pas la partition, ce sera la sécession », « une défaite de civilisation », alerte l’ancien ministre, qui rappelle notamment les propos prononcés par Gérard Collomb, alors qu’il quittait ses fonctions place Beauvau : « aujourd’hui, on vit côte à côte… je crains que demain, on vive face à face ».côte… je crains que demain, on vive face à face ».

Une identité alternative

« Si cela n’est pas un signal d’alarme majeur, je ne sais ce que c’est », tacle Nikola Mirković, qui souligne que cette ville provinciale n’est pas particulièrement connue pour ses faits divers ou ses guerres de gangs. En 2019, le département de la Côte-d’Or était en dessous de la moyenne nationale dans la plupart des catégories de la délinquance, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur.

« Si ces personnes dans cette petite cité de Grésilles sont armées, on peut imaginer ce qu’il en est dans le reste des cités », s’inquiète Nikola Mirković.

Il souligne que face à la démission de l’autorité légitime, de tels groupes armés ne peuvent que chercher à étendre leur influence et leurs trafics. Pointant du doigt la passivité face à des scènes qu’il « aurait été impossible de voir il y a vingt ans en France », l’essayiste dresse une comparaison entre la situation yougoslave et celle de la France d’aujourd’hui. Pour lui, le rejet de l’identité commune est la cause de l’explosion de le la Yougoslavie. Une dynamique tragique que l’on retrouve à ses yeux dans la France de 2020.

La France n’a pas l’« excuse » de la fédération d’États slaves, encore « jeune » au moment de son éclatement, estime l’essayiste Franco-Serbe. La vieille nation française devrait selon lui compter sur son histoire pour assimiler les populations immigrées.

La France « ne peut pas permettre à des pans entiers de la population de la détester », alerte Mirković. C’est là l’une des « prémisses de guerre civile » les plus évidentes, qui doit impérativement être contrée : le rejet de l’identité française par une frange croissante de la population, qui s’identifie désormais davantage à leur pays d’origine ou à une appartenance religieuse.

Un discours qui tranche avec celui de la presse ou du maire socialiste, François Rebsamen. L’élu se réfère en effet à des « Français qui avaient tabassé ce jeune tchétchène ». Sans parler de l’un de ses adjoints à la mairie, Hamid El Hassouni, qui estime auprès de France Bleu que les jeunes individus des Grésilles auraient finalement « décidé de gérer eux-mêmes ce qui ne dépend pas du tout de leur compétence, en “ garantissant” la sécurité des habitants ».

« On a juxtaposé des peuples qui ont des envies différentes de ce que la France voulait globalement. Donc, vous avez des communautés de plus en plus importantes, qui deviennent puissantes, et cela ressemble à ce qui s’est passé en Yougoslavie ! » s’inquiète Nikola Mirković, qui ne comprend pas la passivité face à cet enlisement.

Principale cause à ses yeux d’une situation qui pourrait mener au conflit : le renoncement au modèle français basé sur l’assimilation au profit du multiculturalisme à l’anglo-saxonne.

« Il y a une génération où l’on a cessé de faire aimer la France », regrette-t-il avant d’ajouter « et on a été trop tolérants, on a été cupides en pensant que pour intégrer ces personnes, il fallait les respecter “dans leurs différences”, mais dans une Nation, cela ne marche pas […] il faut un socle commun. » Mais l’enseignement de l’histoire de France et de la langue française sont remis en cause, selon notre interlocuteur.

« La France doit se faire plus aimer, la France doit se faire plus respecter », martèle-t-il, avant de développer : « Comment voulez-vous intégrer une communauté étrangère quand vous dites que vous allez déboulonner les statues de vos grands hommes et réécrire votre histoire ? Vous ne pouvez pas être respecté […] je n’ai pas du tout envie de prendre la nationalité d’un pays qui n’a pas de respect pour lui-même ! Ça ne peut pas marcher. »

Face à cette faiblesse, la situation économique est pour Nikola Mirković l’ultime garant de la paix sociale. « Tant qu’il y aura à manger et du sport à la télévision, la tension montera, mais n’éclatera pas », estime-t-il. Pour rappel, la France est considérée par l’OCDE comme le pays qui pourrait économiquement le plus souffrir de la crise sanitaire provoquée par la pandémie du Covid-19. Reste donc à savoir si les télévisions resteront allumées.

17 juin 2020


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