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Grégory Roose : « Il n’existe pas de nation européenne »

jeudi 16 avril 2020, par Comité Valmy


Grégory Roose : « Il n’existe pas de nation européenne »

Emmanuel Macron annonce vouloir une Europe militaire forte. A l’Ecole militaire ou à la conférence sur la sécurité à Munich, le président français effectue des annonces pour donner, partager, la bombe atomique aux voisins de la France, en particulier à l’Allemagne. Pour Observateur Continental, Grégory Roose, fondateur du site Adoxa Info et du journal Le Coq Enchaîné, nous donne son point de vue.

Pouvons-nous croire en une Europe militaire forte ?

- Tout dépend de ce que l’on entend par « Europe militaire forte ». Il n’est pas souhaitable de mettre en place une armée européenne ou de type armée « Franco-Allemande » par exemple (même si une brigade existe depuis 1989), la vocation de l’Armée étant la défense de la Nation. Si les nations d’Europe partagent de nombreux traits communs et la nécessité de coopérer, il n’existe pas de nation européenne. La conscience européenne existe néanmoins. Je crois donc davantage au développement et au renforcement des coopérations opérationnelles et capacitaires au sein de l’Union européenne, qu’elles soient bilatérales ou multilatérales, pour former une alliance militaire européenne crédible face à d’autres puissances étrangères telles que les Etats-Unis ou la Chine.

Que pensez-vous de la volonté du président français de vouloir partager la force de frappe avec d’autres pays quand on voit l’Allemagne montrer son intérêt pour la bombe atomique française ?

- Ce n’est pas une faute, encore moins une erreur. C’est un acte de trahison. La force de dissuasion nucléaire française, telle que voulue par le Général de Gaulle, est un attribut affirmant le statut de grande puissance de la France. L’UE, l’avènement de l’euro ont été plutôt défavorables à la France qui s’est désindustrialisée au profit de l’Allemagne. L’euro a achevé de tuer le couple franco-allemand, l’Allemagne régnant désormais en seul maître au sein de l’Europe des 27. En toute logique, l’Allemagne cherche à s’approprier les outils du pouvoir sur la scène internationale dont la France bénéficie depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Suite à la signature du traité d’Aix-la-Chapelle, la France partage dans les faits son siège au conseil de sécurité de l’ONU avec l’Allemagne, le souhait de l’Allemagne étant que la France cède à terme son siège à l’UE.

Après avoir livré son industrie, abandonné son pouvoir de régulation monétaire, délégué sa souveraineté, la France devrait partager sa puissance de frappe nucléaire à l’Allemagne ? Pourtant, dès que l’Europe traverse une période de crise telle que celle du Coronavirus, la solidarité européenne peine à se mettre en place : guerre des masques, fermetures de frontières avec la France, Français insultés par des Allemands aux frontières. Partager la force de frappe avec un pays tiers, qui plus est l’Allemagne, c’est abandonner tout espoir de recouvrer l’équilibre entre nos deux pays qui fut par ailleurs le moteur de l’Union européenne, désormais vouée à l’échec, pendant des décennies.

Pourquoi faut-il croire en la volonté de Macron
de s’approcher de la Russie ?

- Les Européens sont physiquement proches des Slaves. Mais notre manière de voir et de vivre le monde est profondément différente. Néanmoins, les relations d’amitiés entre la France et la Russie sont historiques. Malheureusement, si j’appelle de mes vœux un rapprochement France-Russe ou plus largement entre l’Europe et la Russie, je pense que la stratégie d’Emmanuel Macron est conjoncturelle. N’utiliserait-il pas la « menace » d’un rapprochement Russie-UE pour répondre à la marginalisation de la France et de l’Europe au sein de l’Otan et rappeler aux Etats-Unis que la France peut encore rééquilibrer les rapports de forces sur la scène internationale ? Et que penser du fameux « en même temps » de Macron qui, en ouvrant la voie à un dialogue stratégique avec Moscou, fait un grand écart permanent entre sa volonté de rapprocher la Russie de l’Europe et sa dénonciation systématique des tentatives russes d’affaiblissement des démocraties européennes ?

Le rapprochement voulu par Macron répond enfin à une volonté d’engager un dialogue rapproché avec la Russie et de détendre les rapports de force engagés avec Vladimir Poutine, qui en est un fervent adepte, plutôt que de durcir des échanges déjà musclés dont le président Français sait qu’il pourrait difficilement sortir gagnant.

A quel personnage historique Macron vous fait penser ?

- Emmanuel Macron, qui a déclaré la guerre contre le Covid-19 sans être capable de fournir du matériel à ses armées, se voit en Churchill, en Clemenceau. En réalité, ce président parvenu est le digne héritier d’Alcibiade, homme politique athénien au destin tragique. Maître dans l’art du double jeu, traître à sa patrie, il intrigua avec les oligarques, vendit plusieurs fois son « pays » à l’ennemi. Mêlé à de multiples scandales, Alcibiade, victime de son ambition personnelle, fut chassé de sa partie et finit broyé par la défaite définitive d’Athènes.

Quel avenir voyez-vous pour la France ?

- La crise sanitaire inédite que nous traversons nous promets de sombres lendemains, mais aussi quelque espoir. Ce tremblement de terre sanitaire sera suivi d’un tsunami économique et financier. Après la stupeur, les larmes et la terreur, la France devra se reconstruire sur les ruines de l’incapacité progressiste à perpétuer son peuple, son rayonnement, son âme.

15 AVRIL 2020

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