COMITE VALMY

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Source : Reuters

La Grèce dénonce une ingérence de l’UE et du FMI
Lefteris Papadimas et Ingrid Melander

dimanche 13 février 2011, par Comité Valmy


Ces deux représentants de l’élite de l’Internationale socialiste organisent actuellement la destruction des acquis sociaux en Grèce et installent misère pour le peuple. Strauss Kahn, clone rosâtre néolibéral de Sarkosy, est potentiellement candidat pour remplacer celui-ci à la Présidence de la République en 2012. Il semble avoir les faveurs de l’oligarchie financière euro-atlantique.


La Grèce a accusé samedi l’Union européenne et le Fonds monétaire international d’ingérence dans ses affaires intérieures après avoir été invitée par ses créanciers à accélérer ses réformes et à procéder à davantage de privatisations. Vendredi, des inspecteurs de l’UE et du FMI sont venus en Grèce examiner la mise en oeuvre du plan de sauvetage qui a permis à Athènes d’échapper à la faillite. Ils ont donné leur feu vert au déblocage d’une tranche d’aide de 15 milliards d’euros, mais ils ont été plus critiques que lors de leurs précédentes visites.

Après s’être vu reprocher par des médias locaux de n’avoir pas réagi à ces critiques, le gouvernement grec a déclaré que l’approche des inspecteurs était inacceptable.

Le Premier ministre George Papandréou s’est entretenu avec le directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn, et avec le commissaire européen aux Affaires monétaires, Olli Rehn, a rapporté son secrétariat.

Dans sa conversation téléphonique avec Dominique Strauss-Kahn, George Papandréou a "transmis le message du gouvernement grec concernant le comportement inacceptable des représentants de la Commission européenne, de la BCE (Banque centrale européenne) et du FMI lors de la conférence de presse d’hier", dit un communiqué du secrétariat de Papandréou.

Georges Petalotis, porte-parole du gouvernement grec, avait quelques heures auparavant déclaré : "Nous ne demandons à personne de s’ingérer dans les affaires intérieures (...) Nous ne prenons nos ordres que du peuple grec."

Les inspecteurs étaient venus à Athènes évaluer les progrès réalisés au quatrième trimestre sur le plan de consolidation budgétaire de 110 milliards d’euros.

PROGRAMME DE PRIVATISATIONS "IRRÉALISABLE"

Ils ont reconnu que le programme était "sur les rails" et ils ont débloqué une nouvelle tranche de 15 milliards d’euros, mais ils ont estimé que le gouvernement devait procéder à beaucoup plus de privatisations.

Les prêteurs ont fixé un ambitieux programme, estimant que les privatisations devraient permettre de recueillir 50 milliards d’euros en 2011-2015. Le précédent objectif du gouvernement était de sept milliards d’euros en 2011-2013.

Lors de la conférence de presse, Poul Thomsen, chef de la délégation du FMI, a invité les Grecs à ne pas laisser "ceux qui ont des intérêts" personnels empêcher le plus grand nombre de profiter des privatisations.

Evoquant des groupes opposés à l’ouverture de professions strictement règlementées, il a dit : "Certains des groupes qui descendent dans les rues, les chauffeurs routiers, les pharmaciens (...) se cachent derrière leurs privilèges qui leur permettent d’extorquer des prix élevés, d’imposer un lourd fardeau au reste de la société".

Le ministre des Infrastructures, Dimitris Reppas, a jugé que le nouvel objectif pour les privatisations n’était pas réaliste.

"Recueillir 50 milliards d’euros d’ici 2015 grâce à la privatisation de biens de l’Etat n’est pas possible", a-t-il affirmé samedi à la télévision publique TV Net.

Un responsable du ministère des Finances avait néanmoins assuré vendredi que la Grèce avait accepté le nouvel objectif de 50 milliards d’euros.

Un porte-parole du FMI a déclaré que lors de sa conversation avec Papandréou, Strauss-Kahn avait dit que le programme budgétaire était sur les rails et avait "réaffirmé son respect le plus profond pour le gouvernement et le peuple grecs dans leurs efforts pour relever les défis économiques auxquels leur pays est confronté".

Nicole Dupont pour le service français

1 Message

  • En lisant cet article, on ne peut s’empêcher de souligner quelques faits, soigneusement masqués par le nuage de propagande répandu ces derniers temps par le Gouvernement Grec et ses relais dans la Presse et la Télévision. PASOK, le Parti actuellement au pouvoir en Grèce, avait édité et distribué avant les élections législatives de 2004, quatre ans avant le déclenchement de la crise et six ans avant l’invasion des « mauvais garçons » du FMI, de la BCE et de la CE en Grèce, un livret intitulé

    2004-2008, Le programme de gouvernement de PASOK, Le Plan pour le pays. Notre conception. Nos propositions

    Voici traduites quelques lignes tirées des pages 12-13 de ce livret :

    « Qu’avons-nous fait

    Nous avons avancé avec un rythme soutenu la restructuration d’Entreprises Publiques en plaçant des paquets d’actions au Marché et en les cédant à l’initiative privée. Ces dernières années nous avons suivi une politique offensive dans le domaine des privatisations, aussi bien en promouvant l’actionnariat d’Entreprises Publiques comme les Télécommunications, le Pari Mutuel, l’Electricité, les Raffineries, la Bourse ainsi que la privatisation d’autres comme la Banque Ioniki, la Banque de Développement Industriel, les Chantiers Navals, le Canal de Corinthe etc. (…) Les nouvelles formes de privatisation contribuent encore plus à attirer des investissements étrangers et au renforcement de la concurrence et de l’extraversion de l’Economie.

    Libéralisation des Marchés et mécanismes de surveillance. Secteur bancaire : réduction du rôle de l’Etat (le nombre de banques directement ou indirectement sous contrôle Etatique a été ramené de 10 en 1995 à 3)… »

    « Télécommunications : totalement libéralisées (…)

    Energie. Le monopole de l’Etat a été officiellement supprimé au début de 2001. Dans le secteur de la production nous avons créé le cadre légal propice à des investissements privés viables (…)

    Dénationalisations. Accélération du programme de dénationalisations en promouvant privatisations et alliances stratégiques dans le but de diminuer encore la participation de l’Etat à l’activité économique ».

    Libéralisation des Marchés. Réalisation du programme de libéralisation du Marché de l’électricité, promotion de la libéralisation dans d’autres secteurs (transports, Poste)… »

    Programme exemplaire d’un Parti Socialiste Européen typique de la période après Maastricht. Il serait également utile de rappeler que le Premier Ministre Grec, lors d’une visite aux Etats-Unis en Septembre dernier, a annoncé devant un auditoire choisi d’Investisseurs que les biens (immobiliers et autres) de l’Etat Grec se chiffrent à 270 milliards d’euros et que le Gouvernement est résolu à les « valoriser ». Maintenant, le Gouvernement Grec de PASOK se déclare offusqué parce que les technocrates du FMI, de la BCE et de la Commission Européenne ont déclaré lors d’une conférence de presse « ce qu’uniquement le Gouvernement avait autorité à annoncer »….

    Il s’agit d’une opérette de mauvais gout ! Le Peuple se moque éperdument de savoir qu’un tel ou un autre fait telle ou telle déclaration ; les faits seuls l’intéressent. Et ceux-ci sont clairs et simples : le Gouvernement brade les biens publics. Tout le reste, y compris cette « dénonciation de l’ingérence de l’UE et du FMI » dans les affaires du Pays, n’est qu’une diversion, un écran de fumée pour que la discussion soit déviée vers la soi-disant bataille que le Gouvernement « patriotique » livre contre « les méchants envahisseurs étrangers ». Le but : il ne faut surtout pas que la discussion porte sur la politique de classe menée par le Gouvernement, en parfaite entente d’ailleurs avec le FMI, la BCE et la CE.

    NC - Athènes


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