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OTAN – Commentaires d’un général français sur la déclaration finale du sommet de Londres par le Général (2S) Dominique Delawarde.

mardi 17 décembre 2019, par Comité Valmy


Le sommet de Londres de 2019 n’avait pas pour but principal l’approbation d’un nouveau concept stratégique mais la commémoration du 70ème anniversaire de l’Alliance et du 30ème anniversaire de l’effondrement de l’Union Soviétique. Il avait également pour objectif de tracer quelques pistes pour la révision décennale du concept dont la date de publication devrait être repoussée de 2020 à 2021.

Mes commentaires sur chacun des neufs articles de la déclaration finale du sommet de Londres s’intercalent entre chaque article

*

Déclaration de Londres par les dirigeants des pays de l’OTAN à leur réunion tenue les 3 et 4 décembre

1. Aujourd’hui, nous sommes réunis à Londres, là où l’OTAN a établi son premier siège, pour célébrer le 70e anniversaire de l’alliance la plus solide et la plus réussie de l’histoire, ainsi que pour commémorer le 30e anniversaire de la chute du rideau de fer. L’OTAN garantit la sécurité du territoire de nos pays et celle de leurs citoyens, au nombre d’un milliard, ainsi que notre liberté et les valeurs que nous partageons, parmi lesquelles la démocratie, la liberté individuelle, les droits de la personne et l’état de droit. La solidarité, l’unité et la cohésion sont des principes fondamentaux de notre Alliance. Alors que nous oeuvrons ensemble à prévenir les conflits et à préserver la paix, l’OTAN reste le fondement de notre défense collective et le forum essentiel pour les consultations et la prise de décision en matière de sécurité entre Alliés. Nous réaffirmons le lien transatlantique qui unit durablement l’Europe et l’Amérique du Nord, notre adhésion aux buts et principes de la Charte des Nations Unies, ainsi que notre engagement solennel, inscrit dans l’article 5 du traité de Washington, selon lequel une attaque contre un Allié est considérée comme une attaque contre nous tous.

Commentaire DD : La simple observation de l’histoire post-guerre froide montre que deux éléments importants de cet article 1 de la déclaration finale sont fallacieux, voire mensonger.

Depuis 1991, l’OTAN n’oeuvre plus pour prévenir les conflits et préserver la paix, bien au contraire. Elle les a suscités par des ingérences incessantes et meurtrières dans les affaires d’états souverains. Ses pays membres ont largué en un quart de siècle (1995-2019) plus d’un million de bombes sur la planète et provoqué, directement ou indirectement, la mort de plusieurs millions d’êtres humains. Tout cela dans le seul but d’affirmer leur hégémonie sur la « communauté internationale ». Relire à cet égard l’article : https://www.breizhinfo.com/2019/11/19/130735/lotan-artisane-de-paix-ou-fautrice-de-troubles-et-de-chaosgeneral-2s-dominique-delawarde-le-13-novembre-2019

Par ailleurs, les membres de l’Alliance ne peuvent « affirmer adhérer aux buts et principes de la Charte des Nations Unies » alors qu’ils violent ou ignorent quotidiennement les règles internationales fixées par l’ONU. L’occupation illégale d’une partie du territoire syrien, sans y avoir été invité par le seul gouvernement reconnu par l’ONU, par quatre pays membres de l’OTAN (USA, Royaume Uni, France et Turquie) et les bombardements incessants et meurtriers de territoires qui ne sont pas les leurs par des coalitions de circonstance fondées sur la solidarité otanienne sont les preuves de ces violations permanentes des buts et principes de la Charte des Nations Unies.

2. Nous sommes résolus à partager le coût et les responsabilités qu’implique notre sécurité, qui est indivisible. Grâce à notre engagement en matière d’investissements de défense, nous augmentons ces investissements pour nous conformer aux seuils de 2% et de 20% qui y sont définis, nous investissons dans de nouvelles capacités et nous fournissons plus de forces pour les missions et opérations. Les dépenses de défense hors États-Unis ont augmenté pendant cinq années consécutives ; un montant supplémentaire supérieur à 130 milliards de dollars des États-Unis est investi dans la défense. Conformément à notre engagement inscrit dans l’article 3 du traité de Washington, nous continuons de renforcer notre capacité individuelle et collective de résistance à toute forme d’attaque. Nous accomplissons des progrès appréciables. Nous devons et nous allons faire davantage.

Commentaire DD : Cette déclaration sur l’effort financier à consentir pour leur défense par les pays membres de l’OTAN est évidemment trompeuse. Elle oublie de rappeler la division par deux des dépenses de défense depuis 1991 (les dividendes de la paix). Elle ne précise aucune date limite pour atteindre l’objectif de 2%. Elle n’est enfin pas tenable et ne sera pas tenue, à court ou moyen terme, compte tenu des difficultés économiques et sociales observées dans tous les grands pays membres de l’OTAN. On est donc là dans la communication et la déclaration d’intention fort peu contraignantes.

Par ailleurs, si course aux dépenses de défense il devait y avoir avec l’alliance concurrente, dite OCS (Organisation de Coopération de Shanghai), elle sera irrémédiablement perdue par l’OTAN à moyen terme pour trois bonnes raisons :

- La parité de dépense de défense est déjà quasiment atteinte en dollars PPA (parité de pouvoir d’achat) entre l’OTAN et l’OCS. Les pays membres de l’OTAN ont des budgets de défense cumulés de 1000 milliards de dollars (PPA). Les budgets PPA des pays membres de l’OCS atteindront la parité avec l’OTAN en 2020.

- Le taux de croissance annuel des dépenses de défense des pays de l’OCS est aujourd’hui de deux à trois fois supérieur à celui des pays de l’OTAN.

- L’OCS a une capacité d’élargissement à de grands pays (Iran et, pourquoi pas, Turquie) supérieure à celle de l’OTAN (Macédoine du Nord, Géorgie, Bosnie). Elle a également des liens de partenariat étroits et déjà anciens avec une dizaine de pays qui sont autant de candidats potentiels à une adhésion pleine et entière. S’agissant de la Turquie, le non initié doit savoir que la double appartenance OCS-OTAN n’est pas interdite puisque les USA, eux même, ont posé leur candidature à l’OCS en 2005, pour un statut d’observateur (candidature rejetée à l’unanimité des états membres de l’OCS, allez savoir pourquoi …).

3. Nous sommes confrontés, en tant qu’Alliance, à des menaces et défis distincts, qui émanent de toutes les directions stratégiques. Les actions agressives de la Russie constituent une menace pour la sécurité euro-atlantique ; le terrorisme sous toutes ses formes et dans toutes ses manifestations demeure une menace persistante pour nous tous. Des acteurs étatiques et non étatiques mettent à mal l’ordre international fondé sur des règles. L’instabilité observée au-delà de nos frontières favorise aussi la migration irrégulière. Nous sommes confrontés à des menaces cyber et hybrides.

Commentaire DD : Cet inventaire des menaces omnidirectionnelles, et l’éternelle mise en accusation d’une Russie, qualifiée d’agressive et menaçante, constituent les prétextes habituels et commodes pour justifier l’existence de l’OTAN. S’agissant des déclarations russophobes, l’OTAN est clairement dans l’inversion accusatoire.

Ce sont bien des états membres de l’OTAN et non la Russie qui ont largué plus d’un million de bombes et provoqué la mort de plusieurs millions d’individus depuis 1995. Ce sont bien des états membres de l’OTAN qui violent quotidiennement les règles de l’ONU en occupant militairement une partie du territoire syrien. C’est bien l’OTAN qui s’est montré agressive dans le coup d’état organisé en Ukraine, dans le démembrement de l’ex Yougoslavie, dans l’avancée toujours plus à l’Est, vers les frontières de la Russie, en contradiction totale avec les promesses faites à Gorbatchev par les dirigeants occidentaux en février 1990.

S’agissant du terrorisme et de l’instabilité observée au-delà de nos frontières, l’Alliance oublie de rappeler qu’ils sont les fruits de ses ingérences tous azimuts et sous tous prétextes dans les affaires d’états souverains. Ils sont les fruits des bavures dans ses bombardements sans fin, des humiliations d’Abu Graib et de Guantanamo, du remplacement des chefs d’état laïcs et forts par les situations chaotiques que nous connaissons aujourd’hui, des guerres conduites sous prétextes mensongers (Serbie, Irak, Libye, Syrie). Les migrations irrégulières qui en découlent ne constituent que l’effet « boomerang » des erreurs atlantistes.

S’agissant des acteurs étatiques et non étatiques qui mettent à mal l’ordre international, force et de reconnaître qu’ils sont principalement occidentaux et otaniens (USA, FR, UK entre autres). La frappe conjointe USA, FR, UK sur la Syrie du 14 Avril 2018, sous un prétexte mensonger, en constitue une preuve parmi beaucoup d’autres. Par ailleurs les ONG anglo-saxonnes non étatiques, prétendument indépendantes mais instrumentalisées en sous main par des organismes d’état et/ou par leurs sponsors US (Soros, par exemple ….), sèment le chaos partout où elles agissent pour favoriser les stratégies atlantistes. Elles instrumentalisent nombre d’idiots utiles qui sont peut être, eux, de bonne foi.

Pour finir, la principale et seule cybermenace connue, révélée par Snowden, Assange et Manning, est bien US, et pas encore russe ou chinoise. Ce sont bien les USA qui ont placé tous les dirigeants politiques et économiques occidentaux sur écoute (NSA), et qui disposent ainsi d’atouts considérables pour faire chanter nos chefs d’état et s’emparer de nos entreprises.

Cet article 3 de la déclaration de Londres repose donc sur un océan de mauvaise foi.

4. L’OTAN est une alliance défensive et ne représente une menace pour aucun pays. Nous adaptons nos capacités, notre stratégie et nos plans militaires dans l’ensemble de l’Alliance conformément à notre approche à 360 degrés en matière de sécurité. Nous avons pris des décisions afin d’améliorer la disponibilité opérationnelle de nos forces pour qu’elles puissent répondre à tout moment à n’importe quelle menace, d’où qu’elle vienne. Nous restons déterminés dans notre engagement à lutter contre le terrorisme et nous agissons ensemble avec une plus grande fermeté pour en venir à bout. Nous agissons et continuerons d’agir d’une manière mesurée et responsable face au déploiement par la Russie de nouveaux missiles de portée intermédiaire, qui sont à l’origine de l’extinction du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI) et qui font peser des risques importants sur la sécurité euro-atlantique. Nous intensifions notre action pour protéger nos libertés, en mer et dans les airs.

Nous renforçons encore notre aptitude à assurer la dissuasion et la défense par une combinaison appropriée de capacités nucléaires, conventionnelles et de défense antimissile, que nous continuons d’adapter. Aussi longtemps qu’il y aura des armes nucléaires, l’OTAN restera une alliance nucléaire. Nous sommes pleinement attachés à la préservation et au renforcement d’un système efficace de maîtrise des armements, de désarmement et de nonprolifération, compte tenu de l’environnement de sécurité du moment. Les Alliés sont fermement attachés à la pleine mise en application du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) dans tous ses aspects, à savoir le désarmement nucléaire, la nonprolifération et les utilisations de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques. Nous restons ouverts au dialogue, et à la perspective d’établir une relation constructive avec la Russie lorsque les actions de cette dernière le permettront.

Commentaire DD : Les dirigeants occidentaux ne reculent décidément devant rien lorsqu’ils qualifient l’alliance de défensive et lorsqu’ils prétendent qu’elle ne représente une menace pour aucun pays. Il faudrait demander à la Serbie, à la Libye, à l’Irak, à la Syrie, à l’Afghanistan) et à tous les pays qui ont reçu une partie du million de bombes occidentales larguées depuis 25 ans ce qu’ils en pensent…

Quant à proclamer que l’Alliance agit de « manière mesurée et responsable » vis à vis de la Russie, cela prête à sourire. On atteint là des sommets d’hypocrisie. La provocation permanente d’une extension à l’Est en contradiction avec les promesses otaniennes de 1990 est elle vraiment « mesurée et responsable » ? Le coup d’état atlantiste en Ukraine était-il mesuré et responsable ? Le retrait unilatéral US du traité FNI (comme de beaucoup d’autres traités, dont celui du nucléaire iranien) est-il vraiment mesuré et responsable ?…

Enfin, prétendre lutter contre le terrorisme dont plusieurs composantes sont ouvertement financées, soutenues, instrumentalisées par les occidentaux et/ou certains de leurs alliés arabes, c’est à mourir de rire. Les Atlantistes prennent vraiment les lecteurs de leur déclaration finale pour des cons. Il est vrai que ce texte n’est pas destiné aux lecteurs éclairés mais aux journalistes mainstream occidentaux, en charge de le relayer, et dont la servilité liée aux subventions étatiques n’a jamais été mise en défaut…

5. Nous nous employons à accroître la sécurité pour tous. Nous avons renforcé les partenariats dans notre voisinage et au-delà, approfondissant le dialogue politique, le soutien et la collaboration qui s’exercent avec les pays partenaires et les organisations internationales.

Nous réaffirmons notre engagement en faveur de la sécurité et de la stabilité à long terme en Afghanistan. Nous accroissons notre coopération avec l’Organisation des Nations Unies ; des progrès sans précédent sont enregistrés dans la coopération OTAN-UE. Nous sommes attachés à la politique de la porte ouverte de l’OTAN, qui renforce l’Alliance et a apporté la sécurité à des millions d’Européens. La Macédoine du Nord, présente à nos côtés en ce jour, deviendra bientôt le tout nouveau membre de notre Alliance. Nous sommes déterminés à assurer la réussite de toutes nos opérations et missions.

Nous rendons hommage à tous les hommes et à toutes les femmes qui ont servi au nom de l’OTAN, et nous honorons la mémoire de tous ceux qui ont sacrifié leur vie pour préserver notre sécurité.

Commentaire DD : Les conséquences des ingérences otaniennes tous azimuts et sous tous prétextes dans les affaires d’états souverains n’ont apporté la sécurité à personne, bien au contraire. Les chaos, les crises migratoires, la montée du terrorisme et de la haine antioccidentale qui ont suivi ces ingérences dans les pays victimes des actions de membres de l’OTAN ont provoqué plus de déstabilisation qu’ils n’ont apporté de sécurité, y compris en Europe. On ne largue pas impunément 1 million de bombes en 25 ans sur des pays qui n’ont agressé aucun des membres de l’OTAN…

Oui, il faut avoir une pensée pour les 5 000 soldats de 11 pays membres de l’OTAN tués pour rien en Irak, dans une guerre déclenchée en 2003, sous un prétexte mensonger, par certains chefs d’état occidentaux irresponsables. Il faut aussi et surtout honorer la mémoire des innombrables innocents (vieillards, femmes et enfants) victimes directes ou indirectes de la folie meurtrière US et des 10 états membres européens de l’OTAN qui ont accepté, eux aussi, de mentir et de suivre avec entrain leur chef de meute. Il faudra peut être un jour expliquer aux européens en quoi cette croisade a favorisé leur sécurité… On pourrait multiplier les exemples…

6. Pour maintenir notre sécurité, nous devons regarder ensemble vers l’avenir. Nous prenons en compte l’éventail et l’étendue des nouvelles technologies pour conserver notre avance technologique, tout en préservant nos valeurs et nos normes. Nous continuerons d’accroître la résilience de nos sociétés, ainsi que de nos infrastructures critiques et de notre sécurité énergétique. L’OTAN et les Alliés, dans les limites de leurs compétences respectives, sont déterminés à garantir la sécurité de leurs communications, y compris la 5G, conscients de la nécessité de recourir à des systèmes sécurisés et résilients. Nous avons déclaré l’espace en tant que milieu d’opérations de l’OTAN, reconnaissant ainsi son importance s’agissant de préserver notre sécurité et de relever les défis en la matière, dans le respect du droit international.

Nous étoffons nos moyens d’action face aux cyberattaques, et nous renforçons notre aptitude à assurer la préparation, la dissuasion et la défense face aux tactiques hybrides visant à porter atteinte à notre sécurité et à nos sociétés. Nous développons le rôle de l’OTAN en matière de sécurité humaine. Nous sommes conscients que l’influence croissante et les politiques internationales de la Chine présentent à la fois des opportunités et des défis, auxquels nous devons répondre ensemble, en tant qu’Alliance.

7. Compte tenu de l’évolution de l’environnement stratégique, nous invitons le secrétaire général à présenter aux ministres des Affaires étrangères une proposition approuvée par le Conseil pour que soit mené, sous les auspices du secrétaire général, avec le recours à l’expertise pertinente, un processus de réflexion prospective visant à renforcer encore la dimension politique de l’OTAN, y compris la consultation.

Commentaires DD : Par cet article 7, les chefs d’état membres de l’Alliance ouvrent l’étude de la réactualisation décennale du concept stratégique de l’OTAN. « L’expertise pertinente » qui servira de base à cette réactualisation sera évidemment celle des néoconservateurs US et européens, comme pour toutes les réactualisations depuis 1991. Le cadre fixé par cet article 7 est clair : « renforcer la dimension politique de l’OTAN ». D’une alliance « militaire défensive » en 1949, l’OTAN a dérivé vers une alliance toujours plus politique et toujours plus offensive, depuis la fin de la guerre froide, dans la défense d’intérêts, souvent économiques.

8. Nous exprimons notre gratitude au Royaume-Uni pour l’accueil généreux qui nous a été réservé. Nous nous réunirons de nouveau en 2021.

Commentaires DD : Cet article 8 n’est pas anodin. La réactualisation décennale du concept stratégique qui devait intervenir en 2020 est donc repoussée à 2021. Pourquoi ? Peut être parce que les Européens espèrent que Trump ne sera pas réélu et qu’un nouveau président et de nouvelles équipes US sauront redonner à une OTAN en crise son lustre et son unité d’antan, au travers d’un nouveau concept stratégique 2021. L’imprévisibilité de Trump fait peur aux Européens …

9. En des temps difficiles, nous sommes plus forts de par notre Alliance, et nos populations plus en sécurité. Le lien qui nous unit et notre engagement mutuel garantissent nos libertés, nos valeurs et notre sécurité depuis 70 ans. Nous agissons aujourd’hui afin de faire en sorte que l’OTAN soit la garante de ces libertés, de ces valeurs et de cette sécurité pour les générations à venir.

Commentaires DD : Les états membres de l’OTAN suscitent, par leurs actions militaires en coalition de circonstance, beaucoup trop de haine et de chaos sur la planète depuis 1991 pour se poser en facteur de sécurité pour les populations européennes, aujourd’hui, et pour les générations futures. Jamais depuis la fin de la guerre froide les européens ne se sont sentis aussi peu en sécurité.

L’OTAN n’a jamais eu pour vocation à s’ériger en shérif de la planète et encore moins de constituer un outil au service de l’hégémonie US sur le monde. Ce n’est pas ce que dit la charte de l’Atlantique Nord. La dissolution de l’OTAN ou, au moins, le retrait de la France de l’organisation militaire intégrée seraient donc, aujourd’hui, la moins mauvaise solution, à moins que l’OTAN ne se décide à revenir aux fondamentaux : ceux d’une alliance défensive appliquée aux seuls territoires de ses états membres et qu’elle cesse de s’inventer, voire de susciter de nouvelles menaces et de nouveaux ennemis. Ceux ci constituent autant de prétextes bidons pour justifier des guerres d’ingérence dans le seul but de maintenir, le plus longtemps possible, l’hégémonie occidentale sur la planète.

*

Conclusion : L’OTAN est, peut être « en état de mort cérébrale », mais pas que… La solidarité survivra- -t-elle à la crise économique mondiale annoncée par tous les experts et au bouleversement inévitable de la hiérarchie des puissances qui suivra ? C’est peu probable.

La prospérité de l’occident et le financement de ses forces armées reposent aujourd’hui sur un océan de dettes, dont la progression toujours plus rapide est désormais hors de contrôle, et sur des bulles spéculatives qui peuvent éclater d’un moment à l’autre. L’histoire nous montre que rien n’est éternel et que les alliances et les solidarités se nouent et se dénouent en fonction des intérêts conjoncturels de leurs composantes.

Le futur n’appartiendra pas à ceux qui suivent ou subissent mais à ceux qui anticipent et agissent. Une vision à long terme pour conduire la politique étrangère est plus que jamais nécessaire. La Russie, la Chine et l’Inde l’ont compris depuis longtemps…

Général (2S) Dominique Delawarde
17 décembre 2019


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