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Intervention pour l’Enquête d’Utilité Publique sur le projet de parc éolien de la commune de Varzay par Jacques Maillard

mercredi 30 octobre 2019, par Comité Valmy


Jacques Maillard Docteur d’État en Physique

Intervention pour l’Enquête d’Utilité Publique sur le projet de parc éolien de la commune de Varzay.

La Couarde sur Mer, 27 octobre 2019

À

Monsieur le Commissaire Enquêteur.

J’ai l’honneur de vous faire part de mes commentaires et critiques sur ce projet de parc éolien

Inutilité, nocivité de ce projet

Ce projet de 14 MW de puissance totale s’il fonctionnait en permanence , devrait donner 124,44 GWh par an. Il de donne que 42GWh , selon le promoteur, chiffre sans doute surestimé car correspondant à plus de 33 % du temps à la puissance nominale. Mais il serait normal de donner plus de caractéristiques : puissance maximale, coût de l’investissement, description détaillée de la structure de base (poids de béton, d’acier), des connections (servitudes de passages des câbles et de la maintenance).

En premier lieu, ce fonctionnement implique la présence de fournisseurs complémentaires, en cas d’arrêt ou de faible puissance, ainsi que de structures de stockage d’électricité à la puissance maximale, Concernant les fournitures d’électricité les deux tiers du temps, et vu la fermeture prévue en 2020, de la centrale de Fessenheim, non remplacée par des centrales nouvelles (les deux réacteurs fermés, de 980 MW chacun, ne seront pas compensés par celui, non encore en service, de Flamanville, de 1300 MW), cela produira une augmentation de la production de gaz à effet de serre, par consommation de pétrole (pour les pointes extrêmes de consommation électrique), de gaz (que l’Allemagne, pays des propriétaires du projet, importe de Russie), et de Charbon (dont l’Allemagne est grande productrice et consommatrice pour produire son électricité). Nos centrales thermiques sont peu à peu vendues à des oligarques et firmes étrangers, ce qui augment le coût de l’électricité.

On peut donc évaluer la production de CO2 en plus que provoquera ce projet (au lieu de construire des centrales nucléaires et de ne point fermer celles qui existent) : Les 14 GW/H seront donc accompagnées de 28 GWHe de production thermique d’électricité. Il faut 0,222 de tonne équivalent pétrole pour produire 1MWwhélectrique, ce qui impliquera donc 6200 tonnes de pétroles, et environ 18600 tonnes de CO2 générés par an, et en 20 années de fonctionnement 372000 tonnes de CO2.

C’est donc une contribution substantielle à l’accroissement de l’émission de gaz à effet de serre qui sera faite. La technologie sera importée de l’étranger (Allemagne, Danemark ou Chine), et les profits exportés car le promoteur du projet est allemand. Les emplois locaux seront réduits au minimum, alors que la facture d’électricité pour les particuliers français sera augmentée du coût de cette installation et de la subvention faite au travers des factures d’électricité.

Malgré ce qui est affirmé dans les prospectus et documents divers, le paysage et l’environnement local sera gravement impacté : la hauteur des éoliennes est celle environ d la tour Montparnasse, ce qui interdit pour de longues années une vie paisible et reposante aux villageois, ainsi qu’à de nouveaux résidents.

Intérêt à agir : quelques raisons de s’opposer à ce projet

Etant résident à l’île de Ré et y possédant une maison, la remontée brutale prévue des eaux menace gravement mes biens et ma vie à terme. Cette remontée des eaux est due à la production de CO2 au niveau mondial. Or le gouvernement français, accompagné par les pouvoirs régionaux et départementaux, au lieu de lutter contre la production de gaz à effet de serre par des mesures réelles, soutient des projets comme celui ci qui augmente considérablement la proportion de CO2 dans l’atmosphère. Pour lutter réellement contre l’effet de serre, le France devrait maintenir et développer l’énergie nucléaire, pour la production d’électricité. Cette énergie permet à la France de produire, par Kwh produit par EDF, 10 fois moins de CO2 que ses voisins, l’Allemagne en particulier. Au contraire, le gouvernement prévoit de fermer ses centrales, en premier lieu, sans raison scientifique ou technique, Fessenheim, et de réduire le parc de production nucléaire, ce qui comme l’exemple allemand le démontre, augmente la production de CO2, malgré un gigantesque investissement dans les prétendues « énergies renouvelables ».

En second lieu cette politique est dispendieuse, à nos dépens : la facture d’électricité porte une rubrique de soutien « au service public » qui est en réalité la subvention à ces projets . L’électricité française qui était deux fois moins chère que l’allemande, la rejoint peu à peu.

En troisième je travaille dans la recherche sur les réacteurs nucléaires, avec des chercheurs français et grecs. Cette recherche voit ses moyens (issus obligatoirement du gouvernement) drastiquement coupés par le gouvernement. En dehors de l’abandon du projet Astrid, nous avons aussi des projets reconnus, notamment par des publications dans des revues internationales et dans des conférences, dont la dernière à l’Agence pour l’Energie Atomique de Vienne. L’énergie nucléaire permet seule de réduire drastiquement la production de CO2, en notre pays, pour produire de l’électricité, ce que tous les organismes (GIEC notamment) reconnaissent. Il s’agit dont d’une distorsion totale de concurrence, et concurrence déloyale, au profit d’organisme privés et opaques, sans aucun gains « pour le climat », et au détriment des experts , spécialistes, ingénieurs, ouvriers, chercheurs du nucléaire.

Enfin à l’île de Ré nous bénéficions pour l’instant d’un cadre excluant de telles horreurs,une telle pollution visuelle, mais selon le principe de non discrimination et d’égalité, ce qui aujourd’hui est imposé illégitimement à un petit village peut aussi nous l’être imposé. Selon un participant à une réunion à Sainte Marie de Ré cette année, réunion sur la « transition énergétique », dont, en tant que membre du CESIR (Conseil Economique et Social de l’Ile de Ré), j’étais co-organisateur, « les 3 ennemis des énergies renouvelables sont les architectes de bâtiments de France, les sites classés et la loi littorale » (de mémoire).

Je dois souligner que, personnellement, sans aucune hésitation je préférerai vivre à proximité d’une installation nucléaire (si elle est construite de façon appropriée, sûre et s’intégrant dans le paysage, ce qui est nécessaire, impératif et possible) que près de ces engins « éoliens ». J’ai d’ailleurs vécu à Saclay, au CERN et à Athènes, 3 endroits où se situaient réacteurs, accélérateurs et entreposages de matières radioactives. Il existe aussi de ces matières à La Rochelle, suite à la fermeture de l’ancienne usine de Rhodia (voir ma contribution au débat national sur les matières radioactives).

Problèmes juridiques et constitutionnels

On peut souligner deux questions prioritaires de constitutionnalité :

1) Le fait d’imposer en réalité un impôt obligatoire sur les factures, en affectant la ressource à une dépense déclarée (les éoliennes et les panneaux solaires) constituent une violation du principe constitutionnel d’interdiction de l’affectation désignée des ressources à une dépense ciblée.

2) Ce plan monstrueux de « transition énergétique », au profit des prétendues « énergies renouvelables », coûteux et inutile provient d’une directive absurde de l’Union Européenne. Cette directive impose une proportion gigantesque de prétendues « énergies renouvelables » à la nation française, et amène à poser la question même de la constitutionnalité de ces directives. Etant donné que le peuple par référendum s’était opposé en mai 2005 à la « constitution européenne », par un vote clair, seul un référendum aurait pu annuler ce vote, qui fut imposé par voie législative sous le nom de « traité de Lisbonne, reprenant la perte de souveraineté et la quasi totalité des textes de la constitution.. Il s’agit donc d’un abus de droit, d’un abus de pouvoir, d’une violation de la constitution, dans sa lettre et son esprit, le peuple souverain ayant, une nouvelle fois dans son histoire, vu son vote non tenu en compte. Cette directive est donc anticonstitutionnelle, ainsi que toutes les décisions qui s’y appuient, le parallélisme des formes n’ayant pas été respecté, notamment.

Conclusion

Le plus sage pour l’État serait donc d’abandonner totalement un tel projet, en remettant sur la table les questions industrielles, nucléaires, énergétiques et climatiques. La destruction de facto de la vie de ce village, (comme d’ailleurs de milliers d’autres en France) pour une illusion écologique, au profit d’intérêts privés peu identifiés (qui ?, quels profits ? quels investissements ?…) est au minimum une immense erreur, une faute politique, écologique, industrielle, sociale, industrielle. Ce projet, comme les autres projets éoliens français, n’est donc d’aucune utilité publique, et, au contraire, est d’une totale nocivité publique, opposé à tout intérêt général.


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