COMITE VALMY

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Quand le Royaume-Uni craint
un véritable monitoring de la Crimée
par Karine Bechet-Golovko

vendredi 5 juillet 2019, par Comité Valmy


Quand le Royaume-Uni craint
un véritable monitoring de la Crimée

A l’ONU, le Royaume-Uni demande de laisser passer une mission d’observation internationale en Crimée, créant par là même un problème là où il n’y en a pas. Au-delà des petites sorties de communication politique, c’est l’institution même de l’observation internationale qui retient notre intérêt. Ainsi, certains pays autodéclarés hautement démocratiques se sont reconnus le droit de juger du niveau démocratique d’autres pays et de décerner des "certificats" de bonne conduite. De la bonne conduite à l’allégeance, il n’y a qu’un pas. Celui là-même qui sépare l’observation internationale de la tutelle.

Lors de la réunion du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, le Royaume-Uni a exigé à la fois la garantie des droits LGBT (ce qui est devenu une "garantie" démocratique dans la conception actuelle de la "démocratie") et l’accès d’une mission d’observation en Crimée, la péninsule ayant été, comme chacun le sait, "annexée" (dans le vocable occidental) suite au référendum, lors duquel la population s’est massivement prononcée pour le rattachement à la Russie. L’on peut ainsi lire sur le site officiel de la mission britannique :


"We call on Russia to uphold the human rights of all its people, including LGBT people in Chechnya. We call on Russia to grant international human rights monitors access to illegally annexed Crimea and release all Ukrainian political prisoners."

La région ayant été "annexée", la mission sacrée du Royaume-Uni est bien de libérer les populations du joug de la Russie, voire directement de Poutine. Amen. Ils exigent donc l’accès, qui doit par conséquent être particulièrement difficile à obtenir, un peu comme en Corée du Nord. Sinon, à quoi bon exiger, il suffirait d’y aller ... Mais dans ce cas, où en serait-on de la communication, des faux problèmes créés pour pouvoir ensuite glorieusement les surmonter et les régler ? Ce serait trop simple ...

C’est justement la position du porte-parole de l’Ambassade russe au Royaume-Uni, quelque peu surpris de la demande. Non pas parce qu’en principe la Russie y soit opposée, mais parce que la Crimée, comme n’importe quelle région de Russie, est ouverte et au tourisme et aux délégations officielles.

Peut-être que le Royaume-Uni a simplement peur de ne rien y trouver ...

Au-delà de ces jeux de politique situative, un aspect flagrant de notre monde global est ici illustré : la mondialisation n’entraîne absolument pas l’égalité des acteurs, à l’inverse des rapports interétatiques dans un monde multipolaire d’Etats souverains. Certains pays, les occidentaux, sont les acteurs principaux d’un monde qu’ils ont créé à leur dimension et selon leurs intérêts. Leurs satellites sont acceptés, quelle que soient les atteites aux droits de l’homme, car ils ont fait allégeance et sont hors de la zone "d’examen critique". Les pays non-alignés, mais qui jouent dans le jeu, comme la Russie, sont en revanche l’objet de toutes les attentions, car il faut les faire plier. Et comme ils ne sont pas alignés, ils ne peuvent par définition être "démocratiques" dans le sens contemporain de ce concept dévoyé. Et ils ne pourront jamais l’être (dans ce sens), car soit ils ne seront plus, soit ils auront plié et seront, dans le meilleur des cas, des satellites, soit ils resteront non-alignés s’ils arrivent à protéger leur souveraineté.

Si cet agencement du monde craque, pour l’instant il n’est pas prêt de s’écrouler, l’intégration économique et la tentation idéologique des pays non-alignés garantissent aujourd’hui sa survie.

Karine Bechet-Golovko
jeudi 4 juillet 2019

Russie politics


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